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On lit dans la Gazette de Venise, du 27 avril

« La première pierre du magnifique pont qui doit unir Venise à la terre ferme, a été posée hier avec une grande solennité.

— La reiue d'Espagne Marie-Christine est arrivée, à sept heures ce soir, au Palais-Royal, où tout était préparé pour la recevoir depuis longtemps. Elle occupe encore les appartenons dits du cardinal.

1:5. — M. Victor Capouillet, de Mous, vient d'obtenir un brevet pour une machine monstre abattre monnaie; avec une machine à vapeur de lu chevaux, cet appareil peut battre 115,200 pièces de ■> francs en un jour, ou 180 millions en un an.

I l. — Un habitant de llailleul-la-Vallée, qui avait perdu une somme assez forte au jeu, s'est imposé lui-même une singulière punition. Après s'être revêtu de ses plus mauvais habits, il s'est retire dans une marnière où on ne l'a découvert qu'au bout de neuf jours, exténué, mais sans blessures. On ne sait c miment il était descendu dans cet abîme. 11 est proprobable que cet homme ne jouera plus.

— Jeudi, l'Académie française a prononcé sou jugement sur le concours de Poésie pour l'année 1811. Le sujet proposé était : Y Influence de la Civilisation chrétienne sur l'Orient.

Nous sommes heureux d'annoncer que le prix a été décerné à l'un de nos collaborateurs, n M. Alfred des Essarta, dont la pièce portail le n° 23.

L'accessit a été accordé au n° IG. Le nom de l'auteur de ce manuscrit ne nous est pas encore connu.

Les catholiques devant le siècle, par M. A. Madrolle, viennent de paraître, chez Albanel et Martin, libraires, rue Pavée-Saint-André-des- Arts.

— Faits remarquables de l'Histoire universelle, par L. M. Strecht, (241- édition.) Traduits de l'anglais, par M. le chevalier d'Auriol et précédés du tableau delà littérature en France, avant et depuis 1S30, 1 vol. in-8°, chez Girard libraire, rue Richelieu, 14.

— On trouve chez le même libraire, le Cours éllmentaire de langue anglaise en six leçons avec la prononciation figurée, d'après Walher, par le même auteur.

— Les En/ans de l'Atelier. Sous ce titre deux romanciers de talent, M. Michel Masson et madame Clémence Robert, vont donner un tableau exact et animé de la vie de l'artisan, des souffrances qui l'assiègent, des joies qui le consolent. M. Michel Masson, qui connaît si bieu la classe laborieuse à laquelle il a appartenu dans sa jeunesse, et madame Clémence Robert, qui, dans ses ouvrages, a fait si souvent preuve d'une extrême délicatesse d'observation et d'une philosophie éclairée étaient certainement les auteurs les plus propres à peindre les En/ans de l'Atelier; nous pouvons hardiement prédire le plus brillant succès à cet intéressant ouvrage.

— Tous les éloges donnés depuis six ans à la lampe Careau, dans des rapports qui ont été rendus publics, toutes les récompenses qui ont été décernées à cette magnifique invention qui a opéré une véritable révolution dans l'éclairage, ont été sanctionnés par le rapport que AI. le baron Séguier a consacré à cette lampe, à la suite de l'exposition de 183!), où elle avait obtenu la médaille d'argent, c'est-à-dire la plus haute récompense que l'on accorde au genre d'industrie qui l'a produite. 11 est inutile désormais d'analyser la lampe CabeàU. Simplicité de mécanisme, économie de combustible, élégance de formes, beauté de lumière, bon marché, telles sont les qualités de cette excellente lampe, qu'il sera difficile de perfectionner désormais, et qui ne coûte que 3ô fr. Le dépôt des lampes Cabeau est rue Croix-des-Petits-Champs, 17.

— Coupe-mèche circitlure. Ce Coupe-mèche est l'une des inventions les plus utiles et les plus commodes que l'on ait brevetées depuis long-temps. A l'aide de cet instrument, on tranche la mèche avec une admirable netteté. En l'achetant on se procure une véritable économie, car il dispense du nettoyage des lampes mécaniques, et l'on sait que le nettoyage, outre qu'il est très dispendieux, détériore promptement les meilleures lampes. Le Coupe-mêche se trouve chez tous les couteliers, quincailliers et lampistes, et à la fabrique, faubourg Saint-Denis, 152,

— Imposition de pianos. A partir du mois de mai, la salle de concerts de M. Henri Hertz, rue de la Victoire, 38, est exclusivement consacre a l'exposition de ses pianos, dont le public et les artistes ont si unanimement reconnu le mérite sous le double rapport de la solidité et de la perfection du mécanisme : Pianos a corues obliques et pianinos, d'après un nouveau plan, à tiois cordes et à six octaves et demi. Les instrumens destinés à l'exportation sont d'une construction particulière et fortifiés. Grand choix de pianos d'occasion à vendre ou à louer à des prix modérés. Exposition publique et manufacturière, rue de la Victoire, 38; dépôt, boulevard des Italiens, 10.

Le Gérant, TAOUARD.

Paris. — Imprimerie et lithographie de 81ATTLDE ei UE.NOU, rue Ujillcul, y ci 11, pies du Louvre.

12° Année. — N° 28.

Jeudi 20 Mai 18M.

SUtérature.

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ET LE CERCLE REIMS

GAZETTE DES FAMILLES

SOMMAIRS.

Pierre Landais [suite), par M. Emile Souvestbe. — T'ne dette d'honneur, par M. Auguste de Lacroix. — Promenade d'Athènes à Eleusis, pat M. Raoul Rochstte. —Précautions d'un médecin pendant la peste de Kimègue. — Sciences : A i 1 le romaine découverte en Ugérie; antiquités romaines découvertes prèsd' Uicenis; mosaïque romaine découverte en Angleterre ; rivière découverte à la Nouvelle- Uollande : des taches observées dans le soleil ; amplitude et profondeur de L'oscillation des vagues; phénomènes électriques; pluie observée à Constantine sous un ciel sans nuage; nouveaux eimens et pierres artificielles ; préservatif contre l'humidité; l'arbre saponifère et le coussotier. — Tribunaux: Tribunal de police correctionnelle ; Justice de paix. — Tablettes des cinq jours ; Faits divers.

PIERRE LANDAIS

\ "ii- les numéros du 30 avril et du l"> mai.)

I.a fille de Landais était accoudée a l'étroite fenêtre de son retrait, promenant les veux avec distraction sur la prairie de M iuve, la Loire et les coteaux de Saint-Sébastien qui serpentaient a l'horizon, quand son nom, prononce près d'elle, la lit sortir de sa rêverie.

Elle se trouva en face de SOn père

— Eh bien ! Marie, dil le trésorier, tu ne m'entendais pas?

— Je regardais! répondit la jeune lille en rougissant. Landais lui prit la maiu.

— J'avais une heure à moi, reprit-il doucement, j'en ai profité pour

venir. Depuis un mois que tu es ici. j'ai pu te parler à peine; nous ne nous connaissons point encore... Voyons, Mariette, veux-tu que nous causions '

I a jeune lille s'empressa d'avancer un siéseà son père; celui-ci, à son tour lui montra un tabouret, et elle vint s'asseoir à ses pieds

II fut quelques instans sans parler, la main posée sur la tête de Marie; enfin il l'attira à lui et la baisa sur les cheveux avec une indicible tendresse.

— Mon père! dit la jeune fille d'un accent ému et caressant.

— Enfin, dit-il, tu oses lever les yeux sur moi. Et voyant qu'elle semblait embarrassée

— Oh! ce n'est point un reproche, reprit-il doucement; ne sais-je pas que je suis pour toi presque un étranger? Quand ma sœur Olivette est morte, il a fallu te confier aux dames d'Auray. Qu'aurais-je fait de toi ici, seul comme j'étais, occupe a éviter les pièges et toujours en angoisses? Les saintes femmes ont été ta véritable famille, et leur couvent ta maison. Je le sais, tu «lois les aimer plus que moi C'est justice: l'abbesse d'Auray s'est montrée pour toi comme une mère; je ne l'oublierai point, et je veux des aujourd'hui la récompenser de ce qu'elle a l'ait. Tu lui enverras ces titres; c'est une nouvelle dotation'qui enrichit sa communauté. Le chapelain qui t'a instruite aura la cure de Guingamp qui vaut un évêché; ions ceux qui t'ont aimée sont mes amis. J'ai même pense ,i ce jeune homme qui l'apprenait a chanter...

— Albert !... interrompit la jeune fille ssaillant.

— Je viens d'écrire aux moines qui l'ont élevé pour qu'ils nous l'envoient ; je le placerai ici et je veillerai a sa fortune. Il faut que '! venir soit une bénédiction pour tous ceux qui t'auront connue.

Marie se jeta dans les bras de son père pour le remercier.

\h ! tu ne sais pas combein je t'aime, dit celui-ci, en la retenant sei i contre lui ; sans toi, vois-tu, je ne voudrais plus de rien ; je connais trop les hommes pour m triste jusqu'à la mort! Mais toi, tu me recommences la vie ! Quand tu me regardes, quand tu me souris,

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