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ANCIENNES PRISONS DE PARIS

le (.n\\i> en vTn.r.r.

Quelques historiens de Paris ont t'ait remonter l'origine du Grand- Cliàtelet à Jules-César; d'autres annalistes lui ont donné pour fondateur Julien l'Apostat: un plus petit nombre enfin a prétendu que Philippe- Auguste avait élevé cette forteresse pour s« rvir de point d'appui et de chef-lieu géni rai à l'enceinte de murailles dont il avait entouré la capitale. Sans nons arrêtera ces différentes versions et sans discuter les preuves que chaque auteur s'est efforcé de rassembler à l'appui de sis hypothèses, nous dirons que le Grand-Châtelet était de construction romaine.

Lorsque, vers le commencement de ce siècle, le gouvernemcnl lit abattre ce formidable édifice, on trouva dans les immenses fouilles qu'on fut obligé de taire un grand nombre de médailles du temps de Julien,

de Septime-Sévère et des Antonins; di s ar s. des boucliers, «les balis-

tes el des béliers, qui ren : à la domination romaine dans les

('■ailles, se retrouvèrent dans l'épaisseur d'un mur qui se prolongeait forl avant sur le quai de la Mégisserie. Enfin, la taille même des pierres, la cohésion des assises, la solidité du ciment employé pour relier entre elles ees masses énormes de matériaux déposent en laveur île ceux qui ont assure que les Romains turent les architectes et les constructeurs de cet édifice.

Philippe-Auguste a sans doute donne plus d'extension aux bâtimens et dut faire subir de grands changemens à l'intérieur de cette forteresse, qui devint, dès son replie, une prison et un siège de juridiction ; mais il ne l'a pas fondée, et c'est aux Romains seuls que revient l'honneur d'avoir jeté sur les 1 ords du lleuve, pris de Paris au berceau, cette gigantesque sentinelle de granit qui veilla sur la ville durant dix-huit siècles et que Paris a vu renverser comme il voil chaque jour renverser les monumens qui ont t'ait sa gloire ou sa Inné, sans sortir de sa muiel a ordinaire et de sa froideur.

Le Grand-Châtelet avait la ligure d'un parallélogramme régulier. Du côté de la Seine, des murailles liantes de quarante pieds étaient couronnées par des donjons, placés de distance en distance: des engins de guerre montraient leurs museaux de fer ou de bronze entre les crénaux de ce mur noir et lézardé que des guirlandes de lichen, de pariétaires et de lizerons garnissaient de toutes parts. I ne large porte di fendue [«aides herses et des meurtrières servait a la communication de la Cite pro. prement dite, avec la rue Saint-Denis et toutes les rues el quartiers qui y aboutissaient.

Du côté de la rue Saint-Denis, l'aspect du Grand-Chûtelel avait quelque chose de lugubre et de terrible : ses murailles , plus hautes de dix pieds que celles qui s'élevaient du côté de la rivière, liaient percées à (\va distances inégales par de hideuses lucarnes, toutes bardées, grillées et croisées de barreaux de fer. Quand ces effroyables fenêtres s'éclairaient par hasard de quelques lueurs misérables, ees clartés, disséminées sur cette muraille sordide, la faisaient ressembler a un vasle drap noir sur lequel un aurait jeté des larmes de flammes ( e mur était suri

dans toute sa longueur par une espè e de terrasse fort étroite Iraient

placées, comme autant de nids de piene. des guérites destinées aux factionnaires qui surveillaient jour et nuit les prisonniers.

Louis \l\ fit abattre une partie du Grand-Châtelet en 1684, el plaça les bâtimens abattus par des constructions nouvelles. Ce fut en 1804 que l'on détruisit entièrement tout ce qui resta ' de cel antique monument. La grande voûte de communication du quai à la rue Denis, le vaste Intiment qui faisait l'ace au pont au Change, les pai core intacts des murailles latérales, tout l'ut rasé au niveau du Iit.de la rivière.

Sur l'emplacement de cet antique édifice on fit la place du Châtelet, telle qu'on l.i voit aujourd'hui, et la colonne triomphale élevée a la gloire de la grande armée s où les aigles romaines s'abais-

saient. quoique victorieuses, devant les municipes et les magistrats de Lutèce.

lis prisons du Grand-Châtelel se divisaient, au rapport de Sauvai, en neuf parties ou [irisons particulières : le Berceau , le Paradis , la Grièche, la Gourdaine, le Puits, les Chaînes, la Boucherie, les Oubliettes 1 1 .

Dans l'ordonnance que Henri \ I, se disant nu de France et d'Angleterre rendit au mois de mai i 125, le nombre des prisons qui .-e trouvent nue mérées s'élève à quinze, au lieu de neuf. Dix d'entre elles étaient , à ce qu'il paraîtrait, moins horribles, puisque les lits y étaient payés plus cher, \ oiei quelles sont les dénominations sous lesquelles on les désignait : Beauvoir, Lamotte, i i Salle, les (liâmes, la Boucherie, Beauvais,la Grièche, Beaumont, Barbarie et G loriette. Les prisonniers j payaient par nuit quatre deniers pour un lit, et deux deniers pour la place, ce qi i revient a vingt-six s.ais et treize ious, selon la valeur actuelle di uai< s.

Dans la Fosse , le Puits, la Gourdaine, le Berceuil ou Berceaux, les Oubliettes , et entre deux huis portes, les prisonniers ne payaient qu'un denier par mut ou siv. sous d'aujourd'hui. En outre, a l'entrée , pendant le séjour et à la sortie, les prisonniers payaient le geùlage, Des ordonnances qui sont conservées dans le Recueil du Châtelet et dans les Ordonnances du Louvre, réglaient le prix selon la condition dis personnes.

Les prisonniers qui se rendaient coupables de quelque méfait étaient descendus au moyen d'une poulie dans un cachot dit la fosse par une ouverture pratiquée à la voûte du souterrain 2 . Cette fosse, dont plusieurs auteurs parlent avec emphase, s'appelait aussi la (..hausse d'Hv pueras. Sa forme était celle duo cône renversé, et les prisonniers, qui y avaient les pieds dans l'eau, ne pouvaient se tenir ni debout, ni couchi s. On homme ne pouvait vivre dans ce cachot [dus de quinze jours; mais hâtons-nous de due. pour l'honneur de l'humanité et malgré les assertions contraires de quelques écrivains modernes, que, dans l'espace de sept cents ans, on n'enferma dans ce cachot que vingt individus.

t n autre cachot avait reçu le nom livjinil'uisc. L'air en était si infect qu'on n'y pouvait tenir une chandelle allumée, Ce cachot était destine aux criminels que leur naissance, leur fortune ou leur position s, nul,' sauvaient de l'ignominie des écliafauds. En 1377. un certain Honore Paulard , bourgeois de Paris , empoisonna sou père, sa mire , ses deux sœurs et trois autres personnes de sa famille dans un repas qu'il leur avait donné dans sa maison des champs. Ce crime, dont une avarice ei une cupidité excessives étaient la cause, fut immédiatement dénoncé au prévôt de Paris, et le coupable fut arrêté et transféré dans les prisons du Châtelet I e procès s'instruisit. Mais Honoré' Paulard était allie aux plus respectables familles de la bourgeoisie de Paris ; une de ses su urs avait épousé Paton de la Tournette, un des écuyers du Roi : onjt propos d'éteindre l'affaire et de t. I raitre le criminel

I mille h QOt li d - 'I-1 il se indaleux. Uoi lard lut

descendu dans le cachot de fin <l l| avoir reçu les secours de la

religion. In mois après il avait cesse d'exister.

Sous le rapport judiciaire, le Châtelet n'avait pas une un. nuire importance qm- sous h- rapport monumental. C'était la juridiction ordinaire de la ville, pu voté et vicomte de Paris

La justice s'y rendait au nom du prévôl de Paris 3

I vnli piiles île Paris, par Sauvai, tome rt, ju. • 188.

i lit dans lei la p de Paris: poulie de cuivre servant

à la pris, n île la fos ■ du ( balelel: sis livres.

3) Nous avons déjà ci l'occasion de remarquer, dans le cours des articles que nous avons donnés ~ur les anciennes coûtâmes judiciaires, que la charge de prévôl de Paris était l'une des plus importantes de l'ancienne monarchie.

Le prévôl de Pari roi ou fait de justice ; c'était pour celte

Le procureur général du parlement avait le même honneur lorsque le siège était vacant.

Cette juridiction était composée d'un parc civil , d'un présidial , des chambres ch ile, de police, criminelle, de robe courte et des auditeurs.

A ces chambres l'on pourrait ajouter : 1° l'audience des criées, qui se tenait dans le parc civil à l'issue de l'audience, les mercredis et samedis, par un des lieutenans particuliers: 2° l'audience de l'ordinaire, qui se tenait également dans le pare civil tous les jours de plaidoiries, excepté le jeudi, par un des conseillers de la colonne du parc civil.

Les jours d'audiences et de criées, c'était le lieutenant particulier qui donnait d'abord l'audience à l'ordinaire, et ensuite celle des etiées.

On portait à l'audience de l'ordinaire les reconnaissances d'écritures privées, communications de pièces, exceptions, remises de procès et autres causes sommaires.

La justice y était rendue par un lieutenant civil, un lieutenant de police, un lieutenant criminel, un lieutenant de robe-courte, deux lieutenans particuliers, un juge appelé auditeur, plusieurs conseillers, un procureur du Roi, quatre avocats du Roi et des substituts. Iles avocats, des notaires, des commissaires, des greffiers, des procureurs, des huissiers audienciers et des huissiers-priseurs faisaient encore partie de cette juridiction importante.

Parmi les nombreuses attributions du Châtelet, il y en avait quatre principales attachées à la prévôté de Paris, et qui avaient leur effet dans l'étendue du royaume, à l'exclusion même des baillifs et sénéchaux et de tous les autres juges: 1° le privilège de sceau du Châtelet, qui était attributif de juridiction ; 2" le droit de suite, ou de faire continuer les inventaires par les notaires de Paris , lorsque les scellés avaient été apposés par un notaire du Châtelet; 3° la conservation des privilèges de l'université ; 4° enfin le droit d'arrêt que les bourgeois de Paris avaient sur leurs débiteurs forains.

Le Châtelet, comme on voit, avait donc une triple physionomie : il était château fort, prison civile, et siège d'une juridiction très étendue qui était, dans certains cas, tout à fait indépendante du Parlement de Paris. Les salles destinées à la distribution de la justice se trouvaient dans la partie occidentale du monument, la partie orientale était consacrée aux corps-de-garde du guet, des sergens de robe-courte, et aux bureaux des notaires et des huissiers qui dépendaient de la juridiction et instrumentaient en vertu d'offices délivrés par elle. Les prisons occupaient la partie inférieure qui regardait la rue Saint-Denis, et les cachots se trouvaient au dessous de ces mêmes prisons. Les souterrains qui touchaient à la rivière servaient selon l'occurence de magasins d'armes ou d'approvisionnemens. Trois portes, sans compter celle dont nous avons parlé plus haut et qui s'ouvrait aux voitures comme aux piétons, existaient sur la façade du monument; la première, du côté du quai de la Mégisserie, était celle qui conduisait aux salles de justice par des escaliers tortueux ; la seconde, où était le guichet, correspondait à une cour

raison qu'il y avait un dais au dessus de son siège ou du siège de celui qui le représentait en qualité de lieutenant civil.

Il était clief de la noblesse et la commandait au ban et à l'arrière-ban, sans être sujet aux gouverneurs.

Il était installé au Châtelet par un président à mortier cl quatre conseillers de la grand'chambre. L'on y plaidait ce jour-là uue cause dont le prononcé était un arrêt.

Le prévôt de Paris avait la garde du parquet lorsque le roi tenait un lit de justice ; sa place était au dessous de celle du grand chambellan.

Il était conservateur des droits de l'Université.

Les sentences et les contrats en forme étaient intitulés en sou nom.

Il avait voix dil.bcrative au Châtelet.

Le lieutenant civil, le lieutenant criminel et le lieutenant de police gravitaient autour du prévôt de Paris, mais sans nuire à son autorité.

L'exorbitant pouvoir de ce magistrat faisait dire à Pasquicr que l'homme le plus puissant du royaume, après le roi, était leprévOt de Paris,

sombre et peu spacieuse qui servait de promenade aux prisonniers détenus pour des délits peu graves ; la troisième conduisait aux salles des huissiers et des fonctionnaires de la juridiction. Celle-là était tout-à-fait au levant. Pour rassembler en un seul bloc tout ce que l'humanitéprésente de plus affligeant et de plus déplorable, on avait réservé, au quatorzième siècle, sous la grande voûte de communication, un sale et hideux réduit, qui n'était éclairé que par une moitié de fenêtre, pour exposer les corps des noyés et des assassinés dans les rues de Paris. TTn grillage informe et une rampe de fer séparaient le spectateur de cet amas de corps presque toujours en décomposition; nous disons le spectateur, parce qu'on ne pouvait entrer qu'un ou deux tout au plus à la fois dans ce cloaque infect, et que l'étendue totale de cette morgue n'était pas de trente pieds carrés.

Dans les cérémonies politiques et extraordinaires, la juridiction du Châtelet marchait après la Cour des monnaies. 11 ne sera peut-être pas hors de propos de citer ici l'ordre de cette marche dont le cérémonial est à peu près inconnu de nos jours.

Le chevalier du Guet, avec ses sergens et ses archers;

Le lieutenant criminel de robe -courte, avec ses lieutenans, ses exempts et ses archers ;

Le lieutenant de l'île ^1) avec ses lieutenans, ses exempts cl ses archers ;

Les sergens à verge, tenant à la main un bâton d'azur semé de (leurs de lis d'or;

Les notaires, en bonnets carrés et robes de drap;

Les sergerj à la douzaine, en hoquetons de drap blanc et tanné ;

Les huissiers audienciers, en robe et bonnet ;

Le greffier en chef, en robe de camelot noir, doublé de velours;

Le lieutenant civil ;

Le lieutenant criminel;

Le lieutenant particulier;

Le lieutenant de police, tous en bonnet carré et robes rouges ;

Les conseillers, en robe comme le greffier ;

Les avocats et procureurs du roi en robes rouges ;

Les substituts en robes noires ;

Les procureurs du Châtelet, en robes de drap noir ;

Les sergens à cheval avec un guidon, et le clerc de leur communauté, ayant en main un bâton d'azur semé de (leur de lis d'or, vêtu d'une robe à manches de tabis blanc et d'une toque de même étoffe.

A la juridiction du Châtelet appartenait aussi l'exécuteur des arrêts criminels qu'on nomme communément le bourreau. Dans la partie sud du monument on voyait une petite chambre voûtée et obscure qui avait reçu le sobriquet de Réduit aux Géhennes. C'était là que l'exécuteur se rendait le jour des exécutions pour recevoir la sentence et les ordres du lieutenant criminel.

Le Châtelet fut souvent le théâtre pendant nos guerres civiles de scènes dramatiques et sanglantes. Lors du procès des Templiers, il devint momentanément la résidence d'une grande quantité de troupes que Philippe-le-Bel avait fait venir à Paris. Pendant les troubles du règne de Charles VI, il servit tour à tour à la faction bourguignonne et à celle d'Armagnac, comme citadelle et comme prison. Sous les fureurs de la Ligue, il devint un échafaud perpétuel où les hommes les plus purs, les citoyens les plus fidèles, les magistrats les plus intègres allaient expier leur amour pour l'ordre et leur dévoùment à la patrie, en proie aux intrigues de la cour de Rome et d'Espagne.

Un l'ait que ne rapporte aucun des historiens de Paris, mais qui se trouve consigne dans quelques manuscrits de la Bibliothèque royale et indiqué sommairement dans les ordonnances du Louvre de l'an ia()S, nous semble digne d'être rappelé. On y voit que l'Université et ses priléges jouent le principal rôle dans ci! événement caractéristique de

(I) Le prévôt de file était un magistrat dont la juridiction ne s'étendait pas au dciii de 1 ile du Palais.

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l'époque. La loi et le pouvoir se soumettaient alors à l'intelligence, et | str ils, [ as plus que lès législateurs, n'osaient traiter légèrement les hommes, même coupables, qui avaient reçu la glorieuse mission de répandre les lumières de la philosophie, de la science et dis letti

Le 2 de septembre de l'an 1308, Pierre Jumel, prévôl de Paris, lit pendre un jeune iiomme nommé Pierre Barbier, natif de Rouen. Ce jeune homme avait été convaincu de vol commis sur un grand chemin. 11 se trouva que le condamné était un écolier de l'I niversité. Connue un des privilèges , s était que tous ses suppôts fussent exempts

de la justice séculière, le recteur indigné commença par faire fermer toutes les classes, et ayant dénoncé à l'évèque de Paris l'attentat du prévôt sur la juridiction ecclésiastique, il lit rendre le 7 septembre, a l'officialité de Paris, une sentence qui ordonnait i tous les curés de se trouver le lendemain, jour de la Nativité de la \ ierge, à l'église Saint- Barthélémy, à l'heure <le tierce, pour de la aller tous ensemble processionneilement, avec la croix et l'eau bénite, au Châtelet, puis à la maison du prévôt, contiguë à cette forteresse, contre laquelle chacun devrait jeter un pierre en criant : Retire-toi, maudit Satan; lais réparation à • ta mire sainte. l'Église, que lu as déshonorée et blessée dans ses privilèges. Autrement puisses-tu avoir le même sort que Datlian et ■ Abiron, que la terre ensevelit tout vivons.

Onze a douze mille écoliers suivirent la procession en manifestant hautement l'intention d'attaquer le Châtelet malgré le renfort considérable d'archers que le prévôt avait appelés à son aide. La sagesse du monarque vint mettre un terme ■< cette fâcheuse et inquiétante manifestation I n héraut, envoyé de la tour du Louvre, vint a toute bride annoncer ai» écoliers rassemblés sur la place du Châtelet que le roi allait prendre en considération leurs plaintes et que justice serait faite a l'I niversité. I.e roi tint parole; le prévôt de Paris fut destitue de sa charge, et par lettres-patentes du mois de novembre le roi assigna sur le Trésor public quarante livres de rente perpétuelle pour la fondation de deux chapelains a la nomination de l'I niversité de Paris, en réparation de l'injure qu'elle avait reçue.

lout fut alors oublié, et 11 niversité continua de vivre en bonne intelligence avec la prévôté et le Châtelet de Paris.

(Gazelle des Tribunaux .

NOUVELLES A LA MAIN

Extraits (l).

L'acteur Saint-Aulaire avait, dans sa jeunesse, trouve un moyen infaillible et uniforme de rompre lotîtes les liaisons qui lui devenaient incommodes.

Il écrivait sans autre explication ;

«Je sais tout; vous ne me reverri / jamais. Et, comme il y a toujours |uelque< lioseâ savoir, il prétendait qu'on ne cherche jamais a désabuser un homme qui parall -i sûr de Son l'ail.

Y La saison des Qeurs ne nous permet pas de continuer notre gui ri aux croix fantastiques que délivrent les petits états d'Italie cl quelques rois sauvages.

Tous ces faux capitaines de cavalerie ombragent leurs ordres de roses cl de camélias.

.Nous avons cependant revu un monsieur qui porleau cou, en manière de commandeur, le portrait du roi d'une Ile volcanique, habitée par des tortues.

(in ne vit jamais une époque plus pacifique et plus hussarde que la notre.

Connaissez-vous les cli de A ivi ux Partîtes

à pied qui exécutent la charge en don/,, temps, à plat ventre, el font la

(J La 'ivraison de mai vient de paraître, rue d'Engl

S »upe aux choux au pas de course? Les bédouins les ont nommés les 5 \ldatsde lu mort; et cependant, cène sonl pas les bédouins qui craignent

le plus ces lils de Satan. Si le kahavle sait qu'à deux cent cinquante pas, le chasseur de Yincennes lui envoie une balle dans l'œil droit ou gauche au choix du propriétaire de l'œil , il v a une race d'hommes qui v.nl aussi que lesoldat de \ meennes est plus adroil au tir que le uardc-clusse le mieux exerce . et que. dans les l'êtes foraines, il gagne tous les prix;

c'est ce qui explique pourquoi, dansée corps spécial, on mange a la gamelle dans des couverts d'argent, el on boil la goutte dans du vermeil.

I Ynm un naturel du chasseur de \ ineennes est dans le conseil municipal de toutes les localités ou il v a des ] rix d'argenterie au fusil, l n maire est llatic de voir un de sis administrés gagner une timbale : i a ne

sorl pas de la e une; ai. -m. v a-t-il coalili nuuieipalc contre les

chasseurs de \ incenues; ci, a la dernière fête de Puteaux , on lisait sur une afliche :

Tin m i i mi

/.rv conctirrens doivent déclarer, tous ser m cul, qu'Us n'appar

tiennent pas cl n'ontpas appartenu au corps de messieurs les soldats de la mort.

V Voici une petite scène d'intérieur dont uous garantissons l'authenticité.

L'hymen a transforme, depuis qitelqui :, en une jolie barOntn

une modeste figurante d'un des théâtres de Paris. Il j a quelqui s jours, M"' de C... . entre chez son mari, et, les larmes aux veux, le désordre dans les traits, elle lui annonce une révélation qu'elle croil de son devoir de faire.

I.e mari p.'iht el s'émeut en voyant entre les mains île la baronne plusieurs petits papiers plus dont il craint les conGdences.

Vous saurez tout, dit la baronne... lisez... el , quand vous aurez lu, vous comprendre/, qu'il est de mon devoir de quitter le domicile conjugal. »

Le baron fait un bond... Mille papillons jaunes passenl devant lui. Enfin, il se hasarde a parcourir un des billets révélateur*, el il lil :

Doil M de C à M'" M marchande île modes, 1,600 fr.

Doit Al"" de C a M'" Ch In: 2,400 fr.

Bref, le total du bilan était de 18,750 fr.

I.e baron prit un air sévère, mais il n'avail plus à souffrir que d'une attaque d'économie.

« — C'est mal, Madame, dit-il en affectant un air de hrusque mécontentement.

« —Je le sais, dil la baronne; aussi ré pare rai -je ma faulc par nus es ressources, l-'.t elle lendit a son mari un dernier papier...

» — Qu'est-ce que cela.' dit le baron en bondissant de nouveau

■ — C'est un engagement pour le théâtre de Toulouse, oit je vais remplir l'empioi de Dugazon!

« — \ ous, comédienne!... La baronne de c sur les planchi s! Mon

; chelî!

o — Je garderai L'anonyme, ou bien je me ferai appeler Cécile ou

A un I. .

— .Madame, vous n'en ave/ pas le droit... Voi en puissance

de mari, votre engagement est nul, et demain vos detl s seront p <

La baronne se résigna... Le baron fui assez heureux pour que le correspondant dramatique qui avail i n'exigeai pas de dm ages-intéréts.

Y l.c musée est fermé , Dieu : ton, mes croûtes vont disparaître pour rendre leur placi aux chefs-d'i livre de la vieille galerie.

Nous ne cesserons dédire « Iles son: d

, , qu 1 1| ne profitent qu'à certains bommi

lettres . i uxquels le bon Dieu a donne le don de critique, cl la faculté i des articles sa

Autrefois, il y a long-temps, il n'y avait pas de critiques, niais des acheteurs.

Aujourd'hui, tout le inonde peint comme tout le monde fait des vers: il parait que cela s'apprend; autrefois, cela se devinait.

V M"" ... vient de se brouiller avec M..., militaire, sur le retour et très chauve. A la suite d'une scène violente, on se reprit, comme dans le Dqnt amoureux, les bracelets, les gages d'amour qu'on avait échangés.

Voilà tout tout ce qui me rient de vous, dit Mmc... après avoir vidé ses tiroirs, vous avez cela d'agréable , qu'il n'y a pas de cheveux à vous rendre.

V Le millionnaire qui est mort le mois dernier et qui laisse sou immense fortune plus intacte que sa réputation, disait in extremis à son iils : Mon pauvre garçon , je vous ai suivi dans toutes vos affaires : écoutez le dernier conseil que je vous donne : Soyez à jamais honnête homme.

V Faire jouer des proverbes par Achard et faire chanter Grignokt par Lcvassor, voilà ce qui est devenu, dans le faubourg .Saint-Germain, le délassement grivois des douairières.

V Depuis quelques jours, Mmc de ... recevait les écrits anonymes les plus violens d'un amoureux inconnu, quand il lui fut remis une boite contenant un fort joli bouquet de roses, avec prière de vouloir bien eu porter quelques unes, par sympathies, au bal qui devait avoir lieu le soir même.

Ces (leurs furent dédaigneusement jetées dans un coin et remplacées par d'autres, d'une espèce toute différente.

Pendant toute la soirée, M. de ... ne cessa de plaisanter sa femme sur le choix des Heurs qu'elle portait , et l'assura, à plusieurs reprises, que les roses lui allaient incomparablement mieux.

Mrae de ... était inquiète et voulut se retirer de bonne heure.

A peine était-elle montée en voiture, que sou mari , se jetant ù ses pieds, lui dit avec une effusion de bonheur trop difficile à décrire pour que nous tentions de le faire : Pardonnez-moi, c'était une épreuve.

V L'hôtel d'Al...., restauré à neuf l'année dernière, est très richement meuble. Il contient des statues, des antiquités, et des objets d'art d'une très grande valeur, mais que le maître a eu le talent d'acheter à bon marché et dans de bonnes occasions. Mais on remarque qu'il est bien loin de porter le même luxe dans ses équipages. On le voit se faire trimballer par la ville et les faubourgs dans une caisse verte informe. On dirait que les chevaux blancs qui la traînent viennent d'être enlevés aux pénibles travaux du coucou et disputés à l'écorcheur. Le cocher a l'air d'un cultivateur, et jamais un valet de pied n'a suivi la voiture de M. d'Al.... 11 veut conserverie plus grand incognito dans ses promenades, et quand il doit entrer dans une boutique, il se fait descendre à la distance de trois ou quatre portes , ou de l'autre coté delà rue, pour n'avoir pas l'air de ce qu'il est, c'est-à-dire pour ne pas payer en raison de son nom , mais en raison de ses habits, qui sont peu magnifiques.

V La position la plus difficile a tenir est celle de mari d'une femme jolie et à la mode : à priori et sans motif, l'on est toujours porte a le croire un imbécile, et il ne peut échapper à ce soupçon qu'en n'ayant pas l'air d'être lui-même un adorateur de sa femme.

*/ Quelques personnes se sont demandé avec curiosité ce que signifie le bariolage qui orne le bras gauche des gens de la maison de .Montmorency, l'explication eu est toute historique.

Dans une bataille contre les Turcs, un Montmorency fut Messe au bras gauche après avoir vaillamment défendu un drapeau qu'il venait de prendre aux ennemis. Sorti vainqueur de cette lutte , il se servit de ce drapeau pour bander son bras dont le sang se mêla aux couleurs de l'étoffe : et c'est en mémoire de ce fait que la livrée de la famille porte ce chevron.

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