‹ Le cabinet de lectureChapitre 207 sur 249 · XETTR.ES DE M. HORACE VIANET SUR X.A SYRIE · texte numérisé non relu

XETTR.ES DE M. HORACE VIANET SUR X.A SYRIE

Jérusalem, 11 décembre 1830.

Nous sommes à Jérusalem, et déjà j'ai entre les mains des souvenirs rapportés de Bethléem. Ce sont des pierres du rocher sous lequel le ber. ceau était placé, et de celui sur lequel la Vierge était assise lorsque les Mages sont venus pour adorer le divin enfant, .le ne te parle pas des chapelets, etc.. etc., bénis devant moi sur les lieux consacrés.

Parlons maintenant de notre voyage qui, comme à l'ordinaire, a été des plus heureux et fort pittoresque. Vu les circonstances de la guerre, nous n'avons pu trouver pour nous mener à un certain village qui est situé à deux jours de marche au delà de Gaza, qu'un vieux scheick du Mout-Sinaï qui ne voulait pas aller plus loin que ce village qui se nomme Dari, parce que, disait-il, plus loin il rencontrerait une tribu ennemie. Bien ! D'un autre côté, M. L.... nous assurait que c'était la route la plus courte, et que de ce point il nous serait facile de trouver de; moyens de transport pour Jérusalem, qui n'en [est qu'à un jour et demi de marche. Nous voilà donc en route pour le désert; le consul et quelques Français nous faisant la conduite pendant deux lieues, le moment des adieux avait quelque chose de grave et de solennel ; nous étions au milieu des tombeaux des califes, en face du désert, et n'ayant dans cette mer de sable d'autre boussole que l'intelligence de notre vieux sebeiek, qui, depuis l'expédition des Français à Saint-Jean-d'Acre, n'avait pas revu le pays que nous allions parcourir.

Notre caravane se composait : 1° d'un cuisinier; 2° d'un drogmau n'ayant qu'une oreille, espèce de Figaro, faisant de la chirurgie, parlant toutes les langues, renégat certainement, et, comme tous ces gens-là, ami de tout le monde ; vidant tous les restes de bouteillee, brisant par hasard celles qu'il avait bues, mais du reste intrépide, bon garçon, et faisant bien son métier de conducteur; le reste de la troupe était formé de nous, de M. J,..., du consul des États-Unis avec son ami; mais le second jour, ces messieurs ont pris la route de Suez, et nous avons continué la nôtre par Saillies, pour suivre les traces de l'armée française. Il faut des souvenirs pour trouver quelque intérêt à longer le Delta, qui n'offre rien autre chose que de temps en temps quelques bouquets de palmiers, sous lesquels habitent quelques misérables felahs dans des huttes ou par philanthropie nous ne mettrions pas les animaux les plus immondes. Ces misérables n'ont qu'une qualité, c'est celle de voler fort adroitement les voyageurs : aussi avons-nous eu grand soin de coucher le plus loin possible de tout endroit habité, et, de plus, chaque soir nous prenions de savantes dispositions et nous préparions nos armes de manière à pouvoir nous en servir promptement.

Pour arriver à Klarich nous n'avons pendant douze jours rencontré qu'un groupe d'Arabes à cheval, qui sans doute nous ont trouvés trop bien disposés, et qui se sont contentés de nous suivre pendant deux lieues à peu près. En arrivant à Élarich, le pays prend un aspect bien caractérisé; ce n'est plus que du sable amoncelé par buttes, sur l'une desquelles se trouve une petite forteresse environnée de quelques mauvaises maisons, au milieu desquelles s'élèvent une centaine de palmiers. Ces palmiers ont tout-à-fait la forme de plumeaux , et ils ont l'air de dire aux voyageurs : Venez vous épousseter ici ; et en effet, on en a graud besoin. Mais, je l'avouerai, c'est la dernière chose à laquelle on pense : de l'eau, de l'eau fraîche, voilà ce que l'on cherche. On en trouve d'assez bonue, c'est-à-dire on en trouve qui n'a pas été battue dans des outres.

Notre première visite a été pour le gouverneur, gros Turc, louche, que nous avons trouvé assis dans une pièce qui ressemble beaucoup à celles où nos paysans font leurs lessives. Auprès du gouverneur se trouve un soi-disant secrétaire, espèce de ligure de Curtius en cire jaune , louche aussi, mais très aimable pour nous, ainsi que son maître ; l'un et l'autre trouvèrent qu'un énorme mouton que nous venions d'acheter quinze francs n'était 'pas payé trop cher; l'animal fut égorgé à nos pieds,,

et malgré l'espèce de dégoût que m'inspirait cette sanglante exécution, j'avoue à la limite de ma sensibilité que je mangeai une tranche de nigot de l;i victime avec uu enthousiasme gastronomique digne du fameux

Daigrefeuil.

D'Elarich a Gaza, le pays change de figure; le sable se couvre de petits buisssons ; l'on commence a rencontrer des pierres, puis des Irou- • peaux, et enfin on entend un peu de bruit Le silence du désert cause une impression indéfinissable ; on cherche pendant long-temps ce qui manque ii In vie, et il suffit du moindre souffle de venl pour vous révéler soudain le grand mystère de l'isolement.

Ne ra pas croire cependant que la gravité des pensées que de si grandes circonstances taisaient naître dans nos esprits ait le moins du monde altéré notre galté. Mais avant de te dire de quoi il s'agit, un mot d'abord sur la fameuse ville de Gaza dont Samson a emporté les portes. Non seulement on a oublie de les remettre, mais les maisons même aujourd'hui ne sont pas fermées. Ku arrivant nous avons plante nos tentes dans le milieu de la grande place, sans trop nous alarmer de quelques gros nuages qui se balançaient sur nos tetes. \pres un bon souper l'ait du reste de notre mouton d'Elarich, nous disposâmes nos tartelettes de lits, et bientôt nous ne tardâmes pas a nous laisser doucement aller au plus délicieux sommeil. Tout à coup nous nous réveillâmes Qottans et soulevés par l'eau lu orage affreux venait d'éclater, et dans quelques minutes le lieu charmant que nous avions choisi [malgré quelques charognes qui en taisaient l'ornement se transforma en une espèce de naumacbie de laquelle nous sommes sortis de nos personnes, mais en y laissant tous nos effets trempés et abîmés. Nous-mêmes nous aurions pris un bain qui aurait dure de onze heures du soir ,t six heures du matin, si, par bonheur pour nous, nous ne nous fussions trouves à cote du cimetière, où, grâce à la peste qui, il y a trois mois, a enlève les deux tiers de la population de Gaza, nous avons trouve de très jolis tombeaux sur lesquels nous sommes restes perchés jusqu'au jour,

liais enliu, après l'orage, On voit venir le beau temps.

Le soleil parut en effet; avec lui parut aussi un homme à haute taille, ombrage sous un parapluie jaune et noir, emprisonne dans une petite redingote. L'ange Gabriel ne nous eût pas fait plus de plaisir avec ses formes divines que nous n'en éprouvâmes à l'apparition de cette espèce deSangrado, Nous courûmes a lui: c'était un Napolitain , agent sanitaire, remplissant les fonctions de médecin. Son premier mot fut de nuus prier de guérir son enfant qui avait mal aux yeux. Sur-le-champ je lui offre mes services; ma pharmacie sous le bras je prends avec lui le chemin de sa maison, toute notre bande me suit , et dans une minute nos bagages sont installés, nos chameliers s'emparent de tous les coins : nous voila maîtres du logis; notre Napolitain vit de suite qu'il v avait avec nous de l'argent a gagner et des macaronis a manger, aussi nous douna-t-il très volontiers l'hospitalité, et au bout de quelques heures nous étions sèches, ré shauffés, et prêts a repartir : cependant nous avons trouvé plus sage de passer une bonne nuit a couvert, et nous ne nous sommes remis en route que le lendemain matin.

De Gaza a Dari, rien de remarquable qu'un changement de nature; car du moment ou un entre a .svric, c'est un tout autre aspect : le pavs devient montagneux sans cependant être plus fertile. Dari est un village arabe par lequel ne passent que certaines caravanes, mais ou ne se hasardent jamais des voyageurs isolés. .M. I nous l'avait recommandé

comme 1res curieux; rien en effet n'est comparable a ce repaire de brigands; il y aurait trop a dire pour raconter tout ce que nous avons vu et entendu, Qu'il te suffise de savoir pour aujourd'hui que uous avons été retenus pendant un jour el demi parmi les gens les plus pitti i • squi du monde entier. Seulement, pour y reposer eu sécurité, une légère précaution était nécessaire : pendant qu'une moitié de notre troupe dormait, l'autre faisait sentinelle, le pistolet au poing el le sabre à la main. Apres avoir pave d'avance le pi i\ de six chameaux, qu'avec peine nous

avions pu obteuir pour nous conduire a Jérusalem, nous nous sommes mis en route a trois heures du matin, cheminant par des montagnes pierreuses ; tantôt descendant perpendiculairement, tantôt montant comme à une échelle. Nos conducteurs laissaient percer une inquiétude qui nous paraissait singulière, mais qui nous fut enliu expliquée, Iprès quinze heures de marche nous nous sommes trouvés dans une petite prairie, au bout de laquelle sont situes ce qu'on appelle les vasques deSalomon; ces vasques ne sont autre chose que trois immenses bassins tailles dans le roi' et qui fournissent de l'eau a neuf lieues de la a toutes Us fontaines de Jérusalem, l ne jolie forteresse arabe, d'un style original, s'élève au pied de la montagne ; rien n'est plus inattendu que cette délicieuse décoration; mais ce qui complétait le tableau d'une manière mirobolante, c'était un camp de cavalerie, commandé par le gouverneur même de Jérusalem, en marche sur Dari, pour châtier ses babitans coupables de quelques peccadilles, comme par exemple, d'avoir assassiné plusieurs

Officiers, d'avoir VOlé quatre-vingt bœufs el quarante chameaux, etc., etc.

Nos conducteurs voulurent passer bien vite: mais h' gouverneur nous lit inviter très poliment a ne pas aller plus loin, en nous priant de vouloir bien passer la nuit auprès de lui. Juge de ma joie de me trouver au milieu d'un bivouac semblable . des lances enipluniees plantées au milieu des chevaux, des Arabes, des Turcs couches à droite et .1 gauche, des drapeaux en faisceaux devant la grande tente noire du commandant, en un mol, une véritable mise eu scène de mélodrame. Quoique fort poliment arrêtes, nous ne savions pas trop ce que nous devions faire. Cependant nous avons marche 1res franchement vers le quartiergénéral pour y faire agréer DOS lenierciniens d'une invitation si gracieusement envoyée. I.e gouverneur nous reçut a merveille; il nous dit que n'étant pas a Jérusalem pour nous y recevoir, l'occasion de faire notre connaissance, etc.

Par ses ordres, on apporta un mouton pour nos gens, et il exi{ nous que nous restassions a souper avec lui. Ce souper fut la chose du monde la plus bizarre; ce ne fut point un repas, niais une véritable curée Vprès la pipe et le cale, et encore le cale et la pipe, chacun est allé dormir. Au petit jour un grand coquin d'Albanais nous a apporte des tartelettes au beurre qu'on appelle faulir, et il a fallu recommencer le café et la pipe ; est venue ensuite l'inspection de nos armes . nos fusils, nos pistolets, nos sabres, tout a été regardé, admire: il a fallu prouver qu'elles étaient bonnes, et j'ai eu le bonheur de briser une pierre a cinquante pas d'un coup de balle. Cette petite circonstance n'a nullement nui a la considération qu'avait déjà inspirée notre tenue guerrière, et pour terminer les choses convenablement, j'ai L'enereuseinent offert .ni gouverneur ma petite longue-vue quia ete acceptée avec reconnaissance. Nous avons renfourché nos montures, el deux heures après nous entrions a Bethléem, Voila de ces cvcnenieiis de voyages qui leur donnent tant de charmes : à peine une émotion passée, une autre toute différente commence.

En arrivant sur le haut d'une montagne, on von tout d'un coup Bethléem ; en portant mes yeux d'un bord a l'autre d'un ravin profond, le cours de mes idées a change avec autant de rapidité que m j'avais fermé un volume pour en ouvrir uu autre. Je n'ai plus vu que des bergers, des mages, de pauvres petits eufans égorgés, et cet autre enfant du berceau duquel devait sortir une législation destinée a cl ger la face

du monde. Ce n'est pas impunément qu'on se trouve sur le théâtre de si grands éveneiueus ; ce qui élève lame ne perd rien a être vu de près, et ce petn village en ruine parle bien plus au cœur que ces grandes pyramides qui n'étonnent que les veux.

Après ivou nuit visité dans le couvent, nous s nos repartis pour

Jérusalem ou nous sommes arrivés ■m soleil couchant, m. us malheureusement du côté ou la ville se présente de la i tière la moins avanta-

tageuse. \ peine entrés dans la ville nous nous sommes enfournés dans de vilaines petites rues Arrives au couvent; le supérieur, pour lequel j'avais une lettre de recommandation, nous a fait donner a souper, et loul de Suite nous nous sommeç fourres dans de bons lai-

lits, plaisir que nous n'avions pas goûté depuis dix-huit jours. A demain les descriptions, c'est-à-dire à la semaine prochaine, car demain nous partons pour la mer Morte, le Jourdain, etc., etc.; dans trois jours nous serons de retour. «

HOBACI! Ver NET.

Damas, 21 janvier 1840.

Le mauvais temps qui règne dans la montagne nous retient ici ; j'espère cependant que nous arriverons à Beyruth tout juste pour prendre le bateau, autrement ce serait un désappointement affreux, car nous perdrions quinze jours, et le tout pour retourner à Alexandrie. Mais je compte sur mon étoile qui brille d'autant plus à mes yeux qu'elle est maintenant tournée vers Paris , vers vous tous que j'aime si bien et vers nos bons amis. \ i >is-tu U*"? s'il a conservé un peu d'amitié pour moi , tu peux lui dire que j'ai pensé à lui en Syrie. Quant à H***, j'aurais bien voulu lui donner quelques nouvelles, mais ici il n'y en pas : on ne sait rieu même des événeinens qui se passent à une lieue. Ce que je pourrais lui dire ne serait que le résultat de mes observations sur les choses en général. Au fond elles se résument pour moi dans la conviction intime que Mohamed-Aly n'a de force extérieure que celle qu'il tire de l'embarras qu'il donne aux grandes puissances. Quant au pays qu'il gouverne, rieu n'est moins certain (pie la durée de sa domination, car il est exécré. Le pays est ruiné, les terres sont incultes par l'absence des paysans qui fuient à l'approche desagens du pacha. Les insurrections se multiplient de toutes parts , et un revers éprouvé par l'armée serait le signal non seulement d'un soulèvement général de la Syrie, mais aussi de l'Egypte, qui souffre des maux insupportables. Eu voici un simple exemple :

Lorsqu'un village ne peut pas payer le miri, le pacha s'en empare; alors chaque paysan devient ouvrier sur sou propre terrain pour la solde de cinq sous par jour. L'un d'eux est désigné pour conduire les travaux; c'est la ce qu'on appelle admettre les Arabes dans l'administration municipale. Ce chef improvisé restitue avec usure à ses subordonnes, pour leur faire sentir sa supériorité et pour plaire à l'administration , tous les coups de bâton qu'il a reçus dans sa vie , et en définitive c'est là le salaire le plus réel que reçoit le malheureux travailleur, car les cinq sous qu'on lui promet lui sont donnés en lions sur l'état que l'état De peut jamais payer. La solde de l'armée elle-même est arriérée de près d'une année. Voilà au juste le système financier de l'Egypte.

Le recrutement de l'armée se fait comme la presse des matelots en Angleterre. Des soldats se répandent sur les lieux où l'on doit l'exécuter, et au signal. donné, qui est un coup de canon, chaque homme s'empare de son voisin sans considération d'âge. Aussi voit-on des conscrits de trente ans ainsi enrôlés à côté d'eufans qui en ont a peine douze; les chrétiens et les juifs sont seuls renvoyés.

Si je devais entrer dans de plus longs détails sur tout ce qui se passe ici, il me faudrait écrire un volume, et je n'en ai pas le temps ni la volonté. Je ne te donnerai donc plus aujourd'hui que la relation d'un fait récent qui vient appuyer ce que je t'écrivais du Caire, savoir que le pacha n'envoyait en France des jeunes gens que pour qu'ils apprissent à aiguiser leurs rasoirs. Un élève de M. J..., Mohamoud Bey, commandant de Beyruth, investi de toute la confiance de son maître, a voulu, soi-disant, organiser la comptabilité à la française; l'administration a été changée, les employés remplacés, moins un vieillard remplissant lesfonctions d'écrivain depuis plus de quarante ans, au bureau des finances, et reconnu comme un parfait honnête homme. En dépit de cette réforme, bientôt les dilapidations reprirent leur cours, et les vols se réorganisèrent comme parle passé ! Mohamoud Bey, tout le premier, ne se fit faute de puiser largement pour son propre compte dans la caisse publique. Un inspecteur arriva : le receveur prit la fuite, mais laissa ses livres, sur lesquels le Bey se trouva inscrit tout au long pour une somme de 10,000 piatres. Pour se défendre, il accusa le vieil écrivain d'avoir falsifié les écritures ; celui-ci répondit

n'avoir écrit que la vérité. Mohamoud le fit arrêter et mettre à la question. Voici comment elle lui a été infligée : on a placé deux pierres de chaque côté de la tête de ce malheureux vieillard qui a soixante-dix-huit ans ; ces deux pierres ont été fixées par un cercle de fer à vis, et tous les jours on faisait jouer ce tourniquet de manière à augmenter graduellement son horrible pression ; pour surcroit de barbarie on avait mis au patient un collier hérissé de pointes d'aiguilles , qui lui tenait la tète re* levée de manière à l'empêcher de dormir. Pendant quatre mois et neuf jours, cet abominable supplice n'a ete interrompu que pendant quelques heures employées à interroger la victime pour arracher d'elle l'aveu qu'elle-même avait participé à la dilapidation des fonds. Enfin le pacha de Damas, instruit de l'affaire par le fils du martyrisé, l'a fait venir ici, et aussitôt qu'il sera rétabli une instruction aura lieu. Dieu sait comment elle se terminera (1).

Tu peux voir par ce fait seul comment les Turcs font usage de l'éducation qu'ils viennent chercher en France, et de quelle manière ils savent profiter de notre civilisation. Je suis certes loin de penser que des Arabes puissent être gouvernés comme des Français; nous avons la preuve du contraire chez nous en Afrique; mais la mission des hommes élevés en France devrait cire d'appliquer les peines, quelque sévères quelles puissent être, tout au moins avec justice. A la rigueur, qu'on fasse, si l'on veut, couper la tète à un malheureux qui a vole une pomme, mais faudrait-il au moins que celui qui le condamne n'en eût pas mangé la moitié. A mon sens, ce qui perdra Mohamed-Aly, c'est l'introduction chez lui du mécanisme de notre administration, qu'il veut appliquer à l'aide de l'arbitraire indispensable dans un pays ou il n'y a pas d'intermédiaire entre l'asservissement et l'insurrection. Du reste le mauvais usage que l'on peut faire de ce qui vient de chez nous, n'altère eu rien la vivacité de l'attachement que les Syriens portent à la France et aux Français. Malgré toutes les armées indigènes, malgré toutes les armées étrangères, si la possibilité existait pour nous de mettre de nouveau le pied sur ce sol, à l'instant même tout y serait en révolution. L'émir Bêcher, prince de la Montagne, commande à plus de cent mille chrétiens, qui souffrent de la domination égyptienne. Un a tout fait pour la leur rendre odieuse, quoiqu'il eût été au contraire de l'intérêt du pacha de ménager les habitans du Liban, sans le secours desquels il n'aurait pas pu se maintenir pendant la guerre avec les Turcs. L'émir Bêcher supporte impatiemment l'espèce de soumission dans laquelle on le tient. Qui lui rendra l'indépendance sera le bien-venu, mais il préférerait tenir ce bienfait de la France que le devoir à la Russie. Cette dernière puissance jouit d'une grande influence qui porte ombrage aux catholiques, et surtout a l'émir, qui craindrait de ne changer que de maître. La Russie a ici sur les puissances catholiques un immense avantage; elle agit directement sur ses coreligionnaires, tandis que ses rivales n'exercent sur la population catholique qu'une action indirecte par l'intermédiaire du Saint- Siège, peu soucieux des intérêts et des besoins de la politique. C'est ainsi que les agens de Borne laissent tomber en ruine les couvens catholiques qui, dans l'occasion, pourraient servir de bonnes et belles places d'armes et même de forteresses, et qu'ils les laissent même envahir par les Grecs schismatiques qui, dans l'éventualité d'une guerre, s'empresseraient de les remettre aux mains des Russes.

Mais voila que je disserte, moi pauvre peintre, comme si j'étais journaliste ou députe, au lieu de vous parler de choses essentielles.

Nous sommes bloqués ici par la neige ainsi que je te l'ai dit plus haut; il pourrait donc se faire que nous n'arrivassions à Beyruth qu'après le départ du bateau, ce qui nous retarderait de quinze jours ; ce retard pourrait vous donner de l'inquiétude, il est donc bon que vous en soyez tous prévenus. Nous avons discuté les moyens de vous faire parvenir nos lettres. Charles croit que la poste du gouvernement est plus sdre, moi je pense que la voie du commerce est plus prompte. Nous

t L'auteur de la lettre a vu ce malheureux Vieillard. C'est du fils delà victime qu'il lieut ces détails.

sons donc partir nos lettres chacun de notre côté; à notre retour vous nous direz qui de nous deux avait raison. Voilà M. G.., qui suit l s conseils de Charles; nous convenons de mettre chacun dans nos lettres cette même phrase: - Nous nous portons Lieu tous les trois; . ainsi vous ne pouvez manquer d'avoir en même temps de lionnes nouvelles par des \oies différentes.

Boba.ce Verni t.

THEATRES

Académie royale de musique. — Rentrée de Mme Nathan. —

Débuts : Al Emma et Roissy. — M. Boulot. — Le retour de Mmt Na-

than-Treillet, au théâtre de l'Opéra, nous aurait causé une satisfaction sans mélange, si nous ne l'avions pas reconquise au prix de M"° Julian, charmante actrice qui nous reviendrait à qui l'on a, je ne sais à quel propos, préféré M1:" Heinefetter dépourvue de style, de grâce, de voix et de méthode. .Nous avons retrouvé M""' Nathan, dans les Huguenots, telle que nous l'avions laissée Mais, en l'écoutant mercredi, dans la Juin', il nous a semblé qu'elle a fait des progrès sensibles. La \oi\ est bien blanche, la note ferme, soutenue, et la phrase musicale posée à à merveille. 11 faut aussi admirer la justesse de ce bel organe el : i wgueur avec laquelle il attaque le son 'i Sathan chante d'une très expressive, il es! impossible de mieux dire, qu'elle ne l'a fait, les couplets du deuxième acte pour lui, pour moi, mon père...), lesquels, néanmoins, sont unis assez, haut. Un autre mérite, chez cette jeune actrice, c'est qu'elle est bienet imperturbablement en scène. Pourquoi l'administration nous a-t-elle fourni l'occasion de lui adresser C( l élo

On avait confié le rôle de Léopold h M. Boulot, jeune choriste qui s'en est tire d'une effroyable manière: Alexis Dupont connaît seul l'art d'être plus mauvais ; mais \lexis a de lu plan/lie assez pour que ses défauts ne nuisent qu'à lui, tandis que M. Boulot n'est pas en scène, ce qui aurait pu c promettre le succès de M" Nathan. M. Boulot improvisait, ou a peu près, les vers qu'il débitait, et chacun de s'étonner que M. Scribe eut tant d'esprit et parlât si hou français. Mais M. Boulot a suscite un orae.e des plus violens,en se permettant la suppression d'une romance que le public l'a contraint de lui restituer: le public a mieux entendu les intérêts du débutant que ce dernier lui-même, car la romance lui a servi de planche de salut. N'importe, qu'il n\ revienne pas. Comment l'administration risque-t-elle des expériences aussi périlleuses? Certes nous ne sommes pas de ceux qui dédaignent les choristes, el jamais nous ne les trail comme l'a fait un certain d'avocat, vu qu'entre un avocat qui parle taux et un choriste qui entonne juste, notre estime n'hésitera pas à choisir le second, beaucoup plus rare que l'autre; mais un choriste doit reste]- a sa place, et le jour où M. Clavel quitterai! la sienne, il perdrait dans notre opinion.

Bientôt, sur ma foi, on abolira l'usage i' envoyer te pronu ner li dont on ne sait que faire, et on les enverra débuter a l'Opéra. Outre les débuts de Boulot, nous avons eu M Roissy, dans le rôle d'Alice de Jiobert; ce sujet n'a ni qualités, ni grands défauts: puis M11 Emma, seconde chant ■ Gand, et qui a bien voulu nous honorer d'une re.

présentation. Elle a ehante avec une bonne voix et SOUS ne il. ide, le | âge

dans les Huguenot» C'est une personne d'une laideur accomplie.

Maintenant, quelle nouvelle vous dire en ce moment où les théâtres languissent accablés par la chaleur? Le ballet de M. Théophile Gautier et d'Adam se prépare; on en dit merveilles. Il suivra le Freyschulz qu'on avait monte pour Duprez qui n'y chantera pas. Puisque nous avons nomme Duprez. vous savez qu'il va partir pour quelque ti chaque soir il nous l'ait ses adieux. Jamais d n'a été plus admirable que mercredi, dans la Juive; c'était la grande voix des jours du début; on

l'a couvert «l'applaudissemens. î.a chaleur convient à l'organe de Duprez ei lui rend toute l'étendue de ses moyens. Quel dommage qu'il nous quitte en un si beau moment !

Théâtre-Français. — la Protectrice, comédie en un acte, par MM E. Sot vesthe et Bai ne. — La Comédie-Française, privée pour toujours de Mlk' .Mars et pour quelques mois encore de MIU Rachel, devenue a Londres l'objet d'une infatigable admiration, travaille activement à conjurer la stérilité d une saison, de tout temps préjudiciable aux exploitations théâtrales. Plusieurs débuts Viennent de s'y succéder sans éclat, niais non sans sucées. .M I.emasson dans le personnage d'Elisabeth des En/ans d'Edouard; M. Munie, dans celui de Valère de Tartufe; enfin, M"" lugustine Brohan, dans le délicieux rôle de Dorine, ont été accueillis avec bienveillance et plaisir. Cette dernière actrice surtout, par une intelligence fine et pénétrante, un naturel rare, un organe lien timbré, des agrémens physiques heureusement appropries au genre auquel elle les consacre, nous a paru appelée a faire revivre la réputation qu'obtinrenl sous le costume de soubrettes, M"" Dumersan et plus tard M11'1 Dupont. Toutefois, comme des débuts, si brillans qu'ils

soient, ne peuvent suffire, en ce moment, aux exigences du public, le Théâtre-Français vient de représenter une petite pièce de MM. Souvestre

ei Brune, qui nous fera attendre, sans trop d'impatience, l'apparition de plus importans ouvrages.

l.e tissu de cette c imédie est exlréinenienl léger. 11 g'agil d'une certaine baronne, M1"" de Simiane, qui entoure d'une protection aussi généreuse que constante le fils d'une de ses amies, Léon d'Albreuse, qui,

après la mort de sa mère, est reste .sans ressources el sans position. Or,

la baronne est riche, veuve, sans enfans : Léon n'a que foire i\<> lors de s'occuper de son avenir. C'est la pensée de M"1, deSimianc; pensée qui, on le pressent, n'est pas absolument désintéresée. Léon cependant u'a pas devine la véritable cause de l.uil de sacrifices; mus M. de liercourt, qui aspire a la main de M"" de Simiane, en a facilement pénétré le secret, et il s'empresse de le révi 1er a celui qui se trouve bien innocemment son rival. Léon est atterre par cette révélation, car, s'il n'a pour .M1"0 de Simiane (pie du respect et de la reconnaissance, la nièce de la baronne lui a inspiré des sentimi us plus [tendres et le paie d'un juste retour. Par malheur, Laure est promise au neveu de M"" de Simiane, Charles de Borel, l'une de ces étincelantes nullités qu'on désignait naguère sous le titre de dandys et (pion appelle lions aujourd'hui. Ce mariage est sur le point de s'accomplir, mais M. de Bercourt s'entremet à temps pour l'empêcher. Apres avoir fait voir à Léon tout ce que sa position a d'équivoque, il le décide a prendre un emploi, en lui montrant Laure comme la récompense que l'avenir réserve a son courage, Bref, en dépit desrnsesde Mm* de Simiane, qui parvient à faire donner a Charles de Borel la place iditenucparM.de liercourl pour Léon d'Albreuse , celui-ci, nommé à la recette de Briançon, finit par épouser la nièce de la baronne, tandis que M. de Bercourt accompa ai M '"' de Simiane en Italie.

i eth sim| i a si n de ba e i une petite c idie pleine de fi-

el de bon goût. L'esprit des auteurs a trouve d'intelligens interprètes dans MM. Samson et Régnier. Drouville a dép tssé le modeste niveau de sa réputation, et M"« iio/.e a apporté, dans le rôle de i ture, toutes les séductions de sa gentillesse.

BÉNI 0I( l G vl.I.ET.

MODES

Costume de voyage. — Redingote amazone en coutil a mille raies, bordée de tous côtés d'une grecque en petit lacetde couleui assortie au coutil. Schall indien. Chapeau di i laise, garnie de velours avec

ornemens en paille.

Costumes e>e campaûnb, — Redingote en nankin, a ouverture reu-

versée et ornée d'une broderie de soie verte et nankin qui se continue sur le scliall du corsage très dégagé; manches demi-larges, attachées vers l'épaule sous une partie plate et brodée , puis terminées par un large poignet cintre également couvert de broderies Jupe de dessous en batiste avant une garniture plissée. Chemisette suisse bordée d'une Valenciennes. Chapeau de paille d'Italie garni d'une guirlande d'herbe mêlée de pâquerettes. Kebarpe semblable à celle de notre gravure de ce jour.

— Robé en jaeonas garnie d'un grand ourlet surmonte d'un grand pli; manches courtes; corsage très décolleté et couvert d'un fichu en mousseline et à la paysanne, que l'on garnit de Valeneiennes. Capote a coulisse en mousseline; voilette de A alenciennes sur la passe; bluets dessous. Écharpe en cachemire bleu. Gants demi-longs en peau de Suède et à boutons.

Négligé DU JOt n. — Redingote en barèges à dessins, garnie .le biais. Chapeau de paille a jours, orné d'une guirlande qui, étroite vers le milieu, se fixe derrière la calotte, puis, augmentant de volume, vient se croiser sur la passe pour rejoindre l'attache des brides. Mantelet en soie et dentelle noire, à l'Espagnole.

Toilettes du joi n. — Robe en poue de soie lilas garnie de trois rangs de dentelle noire posée à plat. Kebarpe en dentelle assortie. Chapeau de paille de riz sur lequel se balance une plume saule blanche mouchetée de lilas; violettes sous la passe; voilette et canezou sans manches en application d'Angleterre.

Toilette du soir. — Robe en mousseline de l'Inde garnie d'un volant de même étoffe que l'on pose sous une guirlande formée de très petites coques de ruban ; volants garnissant le devant de la jupe, disposés en échelle de façon à venir joindre la pointe du corsage, et surmontés de coques de ruban dont les extrémités sont terminées par des rosettes; semblables rosettes employées pour marquer le milieu du corsage décolleté en cœur, pour en fixer les plis sur les épaules, et pour relever les manches formées d'un volant que l'on pose sous des coques de ruban ; nœuds de ruban pareil composant l'unique ornement de la coiffure. Gants garnis d'une ruche de tulle au milieu de laquelle passe une ganse que terminent des glands.

— Robe en tarlatane à trois jupes dans les ourlets desquelles passe un ruban rose ; corsage plat ; manches à la laitière dont les retroussis sont, ainsi que la petite bertbe du corsage, doubles de soie de même couleur que les rubans déjà employés; guirlande de roses blanches à cœur rose eu étoffe diaphane, sans feuilles. Gants à retroussis roses.

TABLETTES DES S2S JOURS

Faits divers.

25 mai. — Samedi a eu lieu à l'église Saint-Louis-d'Antin un mariage qui offrait un attrait piquant a la curiosité.

M. M***, l'un de nos plus riches marchands de métaux, quitta il y a vingt-huit ans son village des environs de Saint-Flour pour venir exercer à Paris le métier d'étameur de casseroles.

Aujourd'hui ce même M. .M***, qui a plus de 400,000 fr. de revenus, mariait son fils unique avec Mlle Sophie S**', qui appartient à une famille aussi honorablement connue que fortunée; or, l'ancien chaudronnier a voulu convoquer à cette union tous les parens qu'il avait laissés au pays. et se trouve être le parent de tout son village... Grâce à lui toute cette population a émigré pour accourir à Paris, et le soir dans les salons de l'hôtel de M. M"*, le ménétrier du pays, qui se trouve être aussi un parent a fait exécuter au son de la musette les pas de bourrées et les you là là de l'Auvergne. On a donc pu voir les plus ravissantes toilettes parisiennes mêlées aux costumes des montagnes de l'Auvergne.

— C'est aujourd'hui qu'a commence la vente de la célèbre imprimerie de Jules Didot, (ils et successeur de Pierre Didot, vente qu'il avait fait annoncer précédemment. Les imprimeurs de la capitale s'empressent de ôo procurer ces caractères d'une si riche invention, d'une exécution si

parfaite, et d'autant plus précieux que jusqu'à présent M. Jules Didot n'avait consenti à en vendre aucun. Nous ne pouvons, en annonçant cette vente toute volontaire, qu'exprimer le regret de voir ainsi disperser ces presses qui ont exécuté tant de chefs-d'œuvre typographiques justement renommés dans toute l'Europe.

26. — La police vient d'arrêter un voleur nommé Clignv, qui, pour l'audace et la multiplicité des tours, rivalise avec le célèbre Chivaux. Ces deux grands industriels sont jaloux l'un de l'autre, et lorsqu'ils se sont rencontrés dans la prison, Clignv a voulu maltraiter son émule.

— Il vient de paraître une patente suprême par laquelle S. M. l'empereur d' Autriche établit l'ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans le royaume Lombarde-Vénitien.

27. — Deutz, qui a dénoncé la retraite où était cachée Mm0 la du» chessede Berry, vient de mettre fin à ses jouis en se jetant dansla Seine.

28. — On rapporte que des navires arrivant de la haute-mer ont rencontré par les quarante à cinquante degrés de latitude et la longitude de Terre-Neuve une quantité extraordinaire de glaces flottantes. Si cette affiuence des glaces polaires vers le midi, qui peut influer beaucoup sur notre été, est telle qu'on le dit, les premières nouvelles que l'on recevra de nos terre-neuviers ne manqueront pas d'intérêt.

— On raconte un mot de 51. de Montrond, dans lequel on retrouve tout l'esprit de M. de Talleyrand , son ancien patron. On parlait de la déconfiture du notaire Lebon , devant M. de Montrond , qui s'écria :

Ah! parbleu! voilà une affaire qui fera grand plaisir à M. l'ambas- « sadeur de P>elgique; il était si contrarié d'avoir un frère notaire, à présent il ne le sera plus. «

29. — Des accidens très graves ont été causés, avant-hier, aux abords de la place de la Concorde par un chien enragé de la plus grande taille; plusieurs personnes ont été mordues, et le chien s'étant ensuite jeté aux naseaux d'un cheval attelé à une calèche, l'attelage s'est emporté et a écrasé un enfant. Le chien, toujours attaché aux naseaux du cheval, a été tué par un passant, d'un coup de poignard. On a abattu le cheval sur place, et les personnes mordues ayant été conduites à l'hospice Beaujon, leurs blessures ont été cautérisées avec soin.

— M. le comte de Gorowski, dit une feuille de Bruxelles, a obtenu depuis trois jours la liberté de circuler dans notre capitale, sous sa parole donnée de ne point faire de longues excursions au dehors. Il s'est promené ces jours-ci a l' Ulée-Verte en calèche découverte, avec le prince Linoski, son compatriote, arrivé lundi de Londres à Anvers.

30. — Le Standard annonce que Mlla Rachel donnera, le ô juin, une représentation au bénéfice des Polonais résidant à Londres. Le duc et la duchesse de Sutherland mettront leur hôtel à sa disposition pour cette bonne œuvre.

— Un autographe de Shakespeare a été mis aux enchères dans une des salles des commissaires-priseurs de Londres, en présence d'un grand nombre d'amateurs. C'est le contrat d'acquisition d'une maison située dans le quartier de Black-Friars , et vendue, le 10 mars I(il2, par un sieur Henri A\ alker, à l'illustie poète, dont le nom, dans cet acte , est écrit Shakspere. Ce manuscrit a été adjugé à un M. Llkins, pour 165 liv. sterling 15 shellings (4,150 fr.]

— Tous les éloges donnés depuis six ans à la lviipk Cviuï.u', dans des rapports qui ont été rendus publics, toutes les récompenses qui i Ut été décernées a cette magnifique invention qui a opéré une véritable révolution dans l'éclairage, ont été sanctionnés par le rapport que M le baron Séguier a consacre a cette lampe, ii la suite de l'exposition de (839, où elle avait obtenu la médaille d'argent, c'est-à-dire la plus haute récompense que l'on accorde au genre d'industrie qui l'a produite, il est inutile désormais d'analvser la lampe Cakeau. Simplicité de mécanisme, économie de combustible, élégance de formes, beauté de lumière, hou marche, telles sont les qualités de cette excellente lampe, qu'il sera difficile de perfectionner désormais, et qui ne coule que 3ô fr. Le dépôt des lampes Cabeau est rue Croix- : s-Pétifs^Champs, 1JJ

BOT CHEIX.

Paris. — Imprimerie ei lithographie i!.' vi u t. ni', êl ni \"i tuo llullleul, !) fl U, pi'Js duLouii''.

12* Année. — Nn 31.

Samedi 5 Mai 1841.

-iïiUcratuve.

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