I.a reine, | les deux officiers, monta l'i et sinueux
de la tour. \u deuxième étage on s'arrêta, et le bailli du Palais ouvrit rrures de la \ orte bard :e de fer qui gardait la chambre du condamne.
—Restez a celle porte. M. le prévôt, dit la reine, et vous. M le bailli,
allez vous mettre en obsi nation au guichel de la tour qui donne sur le Louvre. Quand vous apercevrez une lumière sur le balcon du roi, venez m'avertir Tous deux soyez prêts a paraître dans cette chambre au premier appel !
El Catherine entra.
Le prisonnier était étendu nonchalamment sur un banc de pierre. Il avait demandée une Bible, qui lui avait ete accordée , et. ,i la lueur sombre d'une lampe, il lisait quelqui du livre saint.
— Me reconnaissez-vous, Montgommerj ? dit Catherine en s'arrêtant, un flambeau à la main, sur le seuil.
— Vous «tes la reine de France, répondit Montgommery en jetanl sur Catherine un regard de mépris el d'indifférence.
— Je suis la reine de France; oui' je suis aussi l'arbitre de votre vie ou de votre mort. Montgommi rv '
— .le le suis, repartit le comte froidement; eh bien ' que me veut la
reine de France? si Catherine n'était qu'une Italienne, je devinerais
— Montgommery, dit la reine en déposant le flambeau qu'elle tenait à la main près de la lampe fumeuse du prisonnier, vous m'avez offensée, vous m'avez trahie, vous m'avez trompée. J'ai des reproches à vous faire ; j'ai sur vons des vengeances à exercer comme femme, comme épouse et comme reine.
— Le Parlement de Paris vOUSa laissé peu de chose a faire. Madame, interrompit Mont- nery, dont un sourire amer vint contracter convulsivement les lèvres.
— Vous savez si je vous aimais, Montgommery, continua Catherine i . et vous m'avez sacrifiée a la marquise de Saulx! Plus tard votre adresse fatale m'a privée d'un époux que j'honorai: enfin non content d'avoir doublement perce ce cicur qui avait eu la faiblesse de battre pour vous, vous vous liuucz avec les ennemis de mon tronc, avec les ennemis de la France; vous venez ravager votre pays avec des anglais et des huguenots, Montgommery, est-ce la agir en gentilhomme loyal, en sujet fidèle ?
— Ne suis-je donc pas condamne a perdre la vie. Madame.' Laissez-moi du moins le repos de mes dernières heures S'OUS s es
quittes.
— Nous sommes quittes ! s'écria Catherine. Quoi, cet homme est donc ir iid ws-a-vis de la mort comme vis-a-vis de tous les autres sentimens ' Mais écoutez. Montgommery, je puis vous sauver; je veux le faire, car je n'ai pas oublie ce que je fus et ce que vous-même vous clés Souscrivez aux conditions que je vais voir, imposer et vous serez libre, et le
Parlement plus tard cassera l'arrêt qu'il vient de fulminer aujou
et vous pourrez revenir a la cour, a la cour OÙ l'on vous revenait avec
bonheui oze années d'éloignement.
— Parlez, .pie faut-il faire, Madame?
— Montgommery, la puissance des Guise m'inquiète et me pèse; il faut que je délivre le trône de mi i igereux appuis. Venez-
I Celle entrevue el i ille conv i se trouvent rap|
et' lef tuche'e '-t d phlels publiés In »
ou quatre uns avint la satire Mcnippéc. La bibliothèque ovale et la bibliu-
. ,!eiil les te ■ • 1 ,;"'« ruiiinis de ee. . Il
moi en aide; renoncez hautement à la religion nouvelle, abjurez vos erreurs, courez en Guyenne vous mettre à la tète des troupes du roi, combattez les rebelles, à ce prix tout est oublié.
— C'est une apostasie que vous me proposez là, Madame.
— Une apostasie! mais cette apostasie vous sauve; vous recouvrez ainsi vos dignités , vos honneurs; en apostasiant ainsi vous faites disparaître jusqu'aux traces du crime d'avoir porté, les armes contre votre prince.
— Assez, Madame, interrompit le prisonnier; je n'achèterai jamais à pareil prix la vie sauve ni les laveurs de la fortune. Retirez-vous, reine,et laissez-moi mourir dans ma foi.
— Votre foi ! s'écria ironiquement Catherine, et vous n'avez pas su conserver votre ûdélité à votre roi !
— Du moins sais-je garder celle que je dois à Dieu, répartit Montgommery.
— Ingrat! s'écria Catherine, emportée par un de ces souvenirs que le temps même ne peut effacer du cœur des femmes, ingrat Montgommery, j'avais conservé pour vous cependant l'affection et l'estime d'une souveraine.
— Et moi je ne m'occupe plus que de l'éternité ! Que les Guise triomphent, que votre trône s'écroule: les affaires de ce monde me font pitié !
— Insensé, s'écria Catherine ! vous appelez l'éternité; vous aurez la mort, mais la mort ignominieuse réservée aux traîtres.
— Je l'attends, et je saurai la subir.
— Votre mémoire sera déshonoi
— On la réhabilitera quand la votre sera frappée d'anathême .. En ce moment, le bailli du Palais entr'ouvrant discrète:;:-
porte :
— Une lumière brille à travers des vitraux du cabinet du roi , dit-il.
— Catherine saisit violemment le flambeau qu'elle avait placé sur la table de Montgommery, regarda quelques instans le prisonnier avec des yeux ardens, et s'écria :
— Les Guise m'attendent !
Puis se retournant vers Montgommery après avoir fait quelques pas, elle dit avec une fureur sourde et concentrée :
— Mourez, malheureux, mourez. Après avoir tué le père, vous causerez la perte des eufans, maudit soyez-vous!
Et Catherine disparut.
Le lendemain, Montgommery marchait bravement au supplice et recevait le coup de la mort, debout, la tète liante, sans manifester la moindre émotion.
A dater de ce jour, la tour de la Conciergerie où il avait été renfermé recevait le nom de Tour de Montgommery, qu'elle porte encore aujourd'hui.
(Gazette des Tribunaux).
MSGRATXOKT3 ET CHASSE EE3 RESINES SSAîffS EE IJQE5.B DE EA SIBÉRIE (1).
La subsistance des habitans du nord de la Sibérie est presque exclusivement fondée sur la chasse aux rennes. Aussi le moindre retard l'époque ordinaire lions de ces animaux expose-t-il les Si]
à toutes les horreurs de la famine, ils n'ont souvent alors pour vivre, pendant la dernière partie de l'été, que les peaux qui forment leurs lits et leurs vêtemens, et si l'on tue un renne, il est à l'instant dépecé, divisé dans toute la tribu, et dévoré en entier jusqu'à la peau ; les cornes mêmes de l'animal servent (le nourriture.
î (1) Extrait de la relation du voyage de l'amiral russe Wrangel dans les mers polaires,
Les deux époques de l'année où s'opèrent les migrations des rennes, sont le printemps et l'automne. A la Cn de mai, ils quittent les forêts où ils trouvaient quelque abri contre le froid de l'hiver, et ils partent en grandes troupes pour aller vers le nord chercher les plaines voisines de la mer. Ils y sont déterminés en partie par l'avantage des meilleurs pâturages que leur offrent les moss lurulras, ou déserts immenses, qui n'ont d'autre végétation que des mousses et des lichens, et en partie aussi pour échapper aux mousquites et autres insectes, qui, à la lettre, les tourmentent jusqu'à la mort.
La chasse, dans cîtte saison , a beaucoup moins d'importance et île valeur que celle de l'automne. En effet, il arrive souvent que les rivières sont encore gelées au printemps, et n'offrent pas les moyens d'arrêter les rennes; il faut alors se contenter de les tuer en détail et en se cachant dans les ravins, à coups de fusil ou avec des flèches. Ce dernier moyen réussit rarement, et le haut prix de la poudre et du plomb rend l'usage du fusil bien difficile pour les pauvres Sibériens. De plus, les rennes sont alors si maigres et si maltraités par les insectes, qu'il n'y a qu'une nécessité extrême qui puisse engager à en manger la chair; aussi ceux que l'on tue au printemps sont-ils généralement abandonnés aux chiens.
La véritable récolte se fait en août ou septembre, lorsque les rennes reviennent des plaines dans les forêts. Ils sont alors vigoureux et bien nourris, leur chair est excellente, et comme ils viennent de prendre leur poil d'hiver, leur fourrure est épaisse et chaude. La différence de valeur entre une peau d'hiver et une peau d'été est telle, que celle d'un renne tué en automne se vendra 5 à G roubles, tandis que celle d'un renne tué au printemps ne vaudra au plus que 1 rouble ou î rouble et demi.
Dans les bonnes années, le nombre des rennes qui émigrent s'élève à plusieurs milliers, et quoiqu'ils soient divisés par troupeaux de deux ou trois cents, ces troupeaux se suivent de si près, qu'ils ne forment presque qu'une seule et immense masse, qui occupe quelquefois depuis cinquante jusqu'à cent werstes en largeur. Ils suivent toujours la même route, et pour passer la rivière près de Plotbitschtsehe, ils choisissent une localité oii une vallée sèche descend au bord de l'eau d'un côté, et où, de l'autre, un bord plat et sablonneux facilite leur débarquement. A mesure que chaque troupeau s'approche de la rivière, les rennes îe serrent davantage les uns contre les autres, et le plus grand et le plus fort prend les devans. Il s'avance, suivi de près par quelques autres, la tête, droite et comme s'il examinait attentivement la localité. Quand il s'est assuré de l'état des choses, il eutre dans l'eau, le reste du troupeau le suit, et, en quelques minutes, la rivière, en est couverte. C'est à ce moment que les chasseurs, qui se sont embusqués au dessous du lieu de passage, s'élancent de, leurs cachettes dans leurs légers canots, entourent les rennes, retardent leur fuite, tandis que deux ou trois hommes de choix, armés de courtes lances, se précipitent au milieu de la masse des rennes, et en tuent ou blessent un nombre prodigieux dans un espace de temps incroyablement court. Les blessés, lorsqu'ils arrivent à l'autre bord, ne peuvent fuir, et tombent entre les mains des femmes et des enfans.
Le métier du chasseur est très dangereux. Ce n'est pas une chose facile peur lui que de conserver son léger bateau à Ilot au milieu de la foule pressée des rennes à la uaiie, et ces animaux fout d'ailleurs une forte résistance. Les mâles combattent avec leurs cornes, leurs dents et ieds de den disque les femelles s'efforcent de renverser
i, en appuyant sur les bords leurs pieds de devant; si elles y réussissent, le chasseur est perdu , et il lui est impossible de de la cohue ; niais son habileté est si grande, que ces accidens arrivent rement. Un bon chasseur peut tuer cent rennes et davantage en ■ demi-heure. Lorsque le troupeau est nombreux et que la confusion s'y introduit, il arrive souvent que les bois des mâles s'entre- : ils ne peuvent alors se défendre et sont plus aisés à tuer. En même temps, les hommes qui montent les autres bateaux saisissent les rennes tués, et les attachent les uns aux autres avec des courroies, chai cun d'eux ayant le droit de garder ce qu'il parvient a retirer de l'eau. Ou
LE CABINET DE LECTITvE.
pourrait croire que de cette manière il ne reste rien pour les cb qui puisse récompenser leur adresse et le danger qu'il: u; mais
tondis que tout ce qui sur la rivière est la propriété de ceux qui
s'en emparent, tous les
comber appartiennenl mies ont!
périence de ces hommes - -. qu'au milieu même de :
lorsque leur vie est à chaque minute en péril et que toutes leurdoivent être mises à contribution pour la défendre, ils ont assez de présence d'espril pour mesurer la force de leurs coups, de mai . immédiatement que les plus petits animaux, el à ble plus beaux et les plus s s leur ôter la force de rivage.
œédé, qui n'est pas sanctionné par l'approbation utaivei être, néanmoins, presque toujours employé.
Toute la scène présente le caractère le plus étrange et le plus curieux. La masse immense des rennes a la nage, le bruit i1 qui se
choquent, les rapides canots qui se fraient un passage au milieu d'eux, i de ces pauvres animaux, le danger des chasseurs, les cris de précaution ou d'applaudissement de leurs amis, la ti i se répand sur l'eau, tonnent un ensemble que la plume ne saurait décrire. Lorsque la chasse est terminée et la dépouille distribuée, les :
- dans la rn eudant
quelques jours, jusqu'au moment où l'on doit les pour l'hiver.
Dans ce but, la chair i - l'air, fumée ou s
menée de bonne heur illeurs mor-
ceaux ; les langues sont la partie la plus délicate, aussi les conseil pour !
PRISE ET MORT 3'USI GRAIJD CAÏÏIAN DVNS LÎLE 1>K 1.1 ÇON, I
En 1831, le voyageur qui rapporte ce fait apprit qu'à Halababa, pies de Manille, un énorme caïman ou crocodille détruisait souvent des vaches OU des chevaux au bord d'une des rivières qui se jettent dans le lac. Cet animal attaqua même un Indien qui traversait le lleuve a cheval, et cet infortuné fut entraîné et dévore au fond du lac api. aureuse
née.
I ne chasse fut organisée dans le luit de se délivrer de ce monstre. Il venait de tuer un cheval a cinq milles au dessus i uchure de la
rivière; à cette nouvelle, et avant qu'il l'ut redescendu dans le lac, on en barra l'entrée par trois ri irts filets destin dre les
bufDes, et que l'on attacha solidement aux arbres du rive
Chasseurs armes de fusils, se tinrent sur les deux rives, et les Indiens, avec de longs bambi 'ire l'animal meut. Des qu'on l'eut découvert, ii mai ;iu fond du fleuve jusqu'au premier filet, i pour remoi .eut fut ri
•iian chercha à monter sur le bord. Il reçut alors une balle, .; comme celui d'un chien irriti .
dans l'eau, il ii l'autre rive, on il fut
niere par un coup de fusil dans .
qu'il repéta plusieurs fois, il fut criblé de bal lessures et
plein i! j'.euve,
puis il le remontait rapidement ji fonds poui
Enfin . rendu . irieiu par la sot s'éiançai
s tendus a l'en . ,; vint
s'embarrasser dans le
attaque de tous côl .ne les
balles de fusil. Il en
remplie d'écume n milieu
du dus, un ludien frappa dessus avec une forte bois comme
avec un marteau. On traîna l'animal sur le bord . au moyen d'un filet . ce que sa tète sorti! de l'eau, et on lui donna alors le coup de
:it nui! lorsque la lutte fut terminée, el le caïman fut mesuré à la il avait 11 pieds détour immédiatement au di
! :; pieds au ventre, dont l'ampleur s'étail accrue
par le repas fait aux dépens du cheval Sa longueur était d'environ
:;o pieds d'autres portions du cheval, trois
i entières qu'il avait avalées sans les n outre une grande
■ !,i ; ■ ■ La t était si b in recouverte de chair
s, que les balles qui y avaient pénétré s'étaient aplaties contre les os sans les avoir endommag
{Uibliolhèqw <■■■■ fi nève.
Théatbe Fkakçais. — Un Mariage sous Louis AT. comédie en cinq actes el en prose, de M Urxvxuiii. in vi \s. — La nouvelle comédie de M. Dumas a été représentée le I" juin devant toutes les notabilités littéraires de l'aris. t qui, comme M. Duo si éminemmei tre, l'art d'écrire, le ' s resétaiten droit de faire concevoir de magnifiques espé- Chacun.' attendait à un triompli visions ont été trompées. Un Mariage sous Louis AT est indigne brité et du méri tteùr. L'action en est faibl ssante, ée étroite i el il a fallu toute la vi : l'éclat du le pour arracher à la bienveillance du public c i ipplaulur M. Dumas, doivent être considères comme une ■ ur un au constitué un
La scène s'ouvre au moment où ■ i i deTho-
irrêté dès long-temps par leurs
familles, mais que les deux Qancés étaient loin de désirer, d'al i
r jamais vus, ensuite parce que le comte est épris de la quise d'Esparville, tandis que la aime le chevalier de Val-
cros. Or, les nouveaux époux sont bien résolus, le mari a voir une sœur dans sa femme. . à traiter fraternellement son mari. Us se l'ont
mém des confid r se re-
!.,i comtesse remarque pour la première M. de Candale es! un spirituel el beau jeune homme; le comte que , ■ Cependant le cl e ami du comte, celui-
ci qui ignore leur intelligence, le présente à la comtesse el ne s'étonne î assiduités ■ urité s'ava-
nouil . es airs triomphait* du chevalier, i a excitant la
jalousé lit' un
entiv eux.
I sparville, au lil l.i comprend une allui de Saillant insui' i hevalier. llendez- ■
lans un autre, : nie lui seul es! en droit
sur le teri I el
■'liant, or, la loi • red ins
• emparer de efforts .'iiii époux,
arrêter à la place du comte. Le reste se devine, (et s'est deviné dès les premières scènes): M. et Mm<" de Candale qui s'aiment, et qui ne rougissent plus d'en convenir, se décident enfin à jouir des privilèges de l'hymenée.
Si l'on doit justement blâmer dans cette pièce le néant de l'action et l'immoralité du sujet, s'il est à regretter qu'un écrivain d'un talent supérieur se soit si tristement et si complètement fourvoyé, en revanche des éloges sans restriction sont dus aux principaux acteurs. M11* Plessy est une charmante mariée, qui réconcilierait avec l'hymen les plus opiniâtres célibataires; Mlle Anaïs a toute la vivacité, toute l'espièglerie de la soubrette la plus accomplie, et Firmin est toujours le mauvais sujet plein de finesse, de distinction et de grâce que nous avons applaudi naguère dans le Richelieu de M"e de Belle-Isle.
BÉnÉMCT GALI.ET.
Cibque National des Champs-Elysées. — Une immense affluence de spectateurs se pressait jeudi dernier, dans la gigantesque salle du Cirque National des Champs-Elysées. Il est difficile de se faire une idée complète des magnificences que réunit cet élégant et poétique édifice. Des corridors aérés, des stalles garnies de velours, larges et spacieuses, de riches peintures, des dorures étincelantes, voilà pour la commodité et l'agrément du publie. Quant au spectacle en lui-même il méritait de tous points la curiosité qu'il a fait naître et les applaudissemeus qui l'ont accueilli. Les spectateurs ne savaient, en effet, ce qu'ils devaient admirer le plus de la docilité, de l'intelligence des chevaux ou de l'adresse et de la témérité des écuvers. Mmea Lejars et Cuzent, MM. Baucber, Lalane, Pellier et Auriol, ce clown si intrépide, ce sauteur si divertissant ont décidé le succès de cette soirée, qui sera enregistrée comme une éclatant triomphe dans les annales du Cirque- Olympique, B. G.
TAS2.ETTES DES Cffî-Q JQUSS.
Faits divers.
5 juin. — Les ouvriers qui travaillent aux fortifications du bois de Boulogne ont découvert ces jours derniers, près de la porte Dauphine, un squelette humain, enterré à trenle centimètres environ. Les gens de l'art, appelés sur-le-champ, ont déclaré que ce squelette était celui d'une femme, et qu'il était enfoui là depuis douze ou quinze ans.
Divers bruits circulent dans le village sur cet événement, et quelques personnes croient se rappeler, qu'il y a trois ou quatre ans, un écriteau, cloué sur un arbre voisin du lieu de la découverte, portait ces mots : Cest près d'ici qu'es! enterré le cadavre de la femme N...
{Gazette des Tribunaux.)
— M. le duc de Doudeauville est mort avant-hier à son château de Montmirail.
G. — Ces jours derniers, quelques jeunes gens de Morlaix allèrent, par partie de plaisir, en bateau à Roscoff. Ils se dirigèrent ensuite vers l'île de Joie ou du Jardin, et là se placèrent au pied d'une roche pour y prendre leur repas. Le soleil était très ardent. Le jeune de C..., remarquant plusieurs blocs agglomérés dont l'un, dépassant les autres, formait une espèce de grotte, y courut, et, de ce lieu, se mit à adresser à ses amis de gais propos sur sa découverte, qui lui donnait l'avantage de dîner à l'abri. Le repas achevé, chacun s'approcha de la pierre séculaire dont le temps avait lentement arrondi les angles. La conversation tomba sur les monurnens du culte druidique dont ils avaient ailleurs exploré des restes. < Cette niasse qui nous domine, dit M. de C..., me fait l'effet d'un monument druidique. » En parlant ainsi, du bout de sa canne il touchait un caillou au point de jonction des rocs superposés. Un craquement se fait entendre ; un des assistans entraîne avec effort son voisin ; tous deux échappent a la mort en roulant sur le sable pendant que le roc tombe.;. Quand ils se relevèrent, leur ami n'existait plus.'
Echo de Morlaie;.)
— Le 27 mai, après midi, à la suite d'une chaleur accablante, un orage affreux est venu fondre sur le territoire d'Arbois (Jura) et détruire l'espoir d'une des plus belles récoltes que l'on eut jamais vues. La grêle, d'une grosseur plus qu'ordinaire dès le commencement de l'orage, est tombée plus tard dans des dimensions inouïes, jusqu'à quatre et cinq pouces de diamètre. Les grains de la grosseur d'un œuf de poule étaient chose commune. Cette grêle était accompagnée d'une pluie tellement abondante, qu'en un instant la rue et la place de Faramand n'étaient qu'un fleuve qui charriait toutes sortes de matériaux, et dans lequel aurait péri le téméraire qui eût tenté de le traverser.
Dans les vignes, un vieillard nommé Lagier, n'ayant pu trouver un abri, a été entraîné par le ravin et s'est noyé; sa tète présentait des contusions que l'on doit attribuer aux grêlons qui l'ont frappé. Une chèvre a été tuée raide par un grêlon. Deux vignerons ont été grièvement atteints, l'un à l'épaule, l'autre à la tète, oii il porte une b es sure semblable à un coup de sabre. Un autre vigneron a été égalemtnt surpris par l'orage dans un canton qui n'offrait aucun abri, et il avait avec lui sa femme et son enfant dans un berceau. (Les nourrices qui travaillent y portent avec elles leur nourrisson et le berceau.)
Lin heureux expédient les a sauvés tous trois d'une mort presque certaine. Ce vigneron a d'abord mis sa hotte sur le berceau pour préserver l'enfant; puis le berceau, placé sur leurs tètes, les a préservés eux-mêmes, moins cependant les mains du mari, qui ont du servir à retenir cette couverture de nouvelle façon, et qui ont ainsi reçu des grains qui les ont meurtries et mises en sang. Beaucoup d'autres personnes ont couru de grands dangers dans les chemins et les ruelles du vignoble. Nombre d'oiseaux ont été assommés sur leurs nids. Il est inutile d'ajouter que les cloches et vitraux des jardins et des serres ont été brisés, ainsi que les vitres de plusieurs maisons. Il est même des bàtimens. surtout dans les vignes, où la grêle a cassé jusqu'aux tuiles.
7. — On lit dans le journal de Toulon , la Sentinelle de la Marine du 2 juin :
« On nous apprend que l'île volcanique qui était disparue au sud de la Sicile, est sur le point de reparaître. L'n navire anglais n'a trouvé qu'une brasse d'eau au dessus de son sommet. »
S. — On lit dans le Courrier Belge:
« M. Sax fils vient d'inventer un orgue à vapeur, capable de se faire entendre de toute une province.
« Cet instrument a lames vibrantes est destiné à jouer à quatre ou cinq atmosphères*, ses lames ne sont rien moins que des barres d'acier, d'une forte dimension, que la haute pression seule peut mettre eu vibration.
» Cet orgue monstre serait destiné aux solennités populaires et aux inaugurations de chemins de fer. Placé sur un wagon en avant de la locomotive, qui lui fournirait de la vapeur en même temps qu'elle mettrait enjeu son cylindre noté, cet instrument grandiose couvrirait de sa gigantesque voix les mugissemens des pistous, le bruit des roues et celui du tonnerre.
« Quel effet prodigieux cet instrument , placé sur la grande tour de Malines, ne ferait-il pas, à dix lieues à la ronde, le jour d'un grand jubile ? Ce géant musical produirait bien une autre sensation que les chars de coton, les cavalcades et les géans d'osier ! Voilà une grande conception digne d'être encouragée par un gouvernement, et que M. Saxe est seul capable de mener à bien.
9. — Aujourd'hui, ou a commencé à découvrir le fronton de la galerie neuve du palais du Luxembourg, faisant lac? à l'Observatoire. Huit ligures le décorent, savoir: l'Eloquence, la Justice, la Prudence, la Guerre, l'Armée et la Force. Les deux autres ligures, qui sont deux Renommées, couronnent l'encadrement de l'horloge, qui se trouve au milieu du fronton. Cette œuvre est due au ciseau de M Pradier.
BOUCULIV
Péris. — imprimerie ei lithographie de UATJLDE el KKNOl', rue Bailleul, V ei II, mes du Louvre.
12* Année. — N1 33.
Mardi 15 Juin 18U.
Sittcratuvc.
SCIENCES. BEAUX-ARTS, MŒURS
MEMOIRES KT VOYAGES
HISTOIRES ET NOUVELLES
DF.r\ GBAVCRM DE MODE n in i>r~-i! N rv« MOIS.
riv s'abonni à Paris rue du Hasard-Ri< n 9. Dans les départemens, cbei les Directeurs des Postes, les i ibraires, ël aux bureaux des Uessage ries royales, ol des Hessagi ries Laffilte el Caillai d.
Ou ne reçoit que les lettres affranchie».
•fteimce beo $cimc$.
JOURNAUX, EIVflES, TRÉATRIS.
modes et i elances, chronique des tribunaux,
EXTBAITS D'OUVRAGES l>KWTS II NOUVEAUX.
jp-, ,,,'■' Le Cabinet de Lecture parait touslcs cinq Jours
' — j , les J, 10, 1S, SO, as el 50 i chaque mois, l'un:
&•■* 13 Ir. pour trois mois, 83 Ir. pour six mois cl isir.
pour Tannée. — Pour l'étranger, C Tr. en >n. [..n an.
ADiionccs'sur ti rolonnt i : 7;; cent" la llsue.
ET LE CERCLE RÉUNIS
GAZETTE DES FAMILLES
SOMMAIRE
Faucon-Noir, dernier chef des Sauks lin . — Le combat des Trente. — Journal d'un voyage au Cliélif, par M. Charles de Toustain. —
r,i'ci'|iiion de M. \ ictor Hugo a l' académie française, par M A \ ù's
Ségalas. — rheâtres: Académie royale de musique; le Freischuslz, paroles de M Emilien Paccini, musique de \\ eber, récitatifs de M. il. Berlioz; Gymnase, Âdrienne ou le Théâtre et la Famille, par MM. Desvergers et Delatour; Ambigu; Fabio le- Satire, par MM. Charles Lafok el Koel Parfait. — Modes. — Tablettes des cinq jours : Faits divers.
Au ]u-rs<Mit numéro est jointe «no gravure do Mode.