FRANÇAISE
( lhacun ji tte à I' '■• adémie sa pierre ou son grain de sabl de l'Institut sont plus criblés d ! ■ trc ismi • qu'il i ne I onl été de balles en 1830; ne fut-ce qu pat psprit de contradiction, je veux i
l'illustre assemblée sans aiguiser ma plume, et en lui faisant une profonde révérence
L'Institut est !>■ palais de l'intelligence, et, a ce titre, il a droit à quelque respect Nous l'avons vu souvent ouvrir «a porte à deux battans pour laisser passer le talent; quelques uns prétendent, il esl vrai, qu'il a aussi une petite porte secrète pour faire entrer la médiocrité, mais, n'en est-il pas de même partout? la chambre des députes et la chambre des pairs n'ont-elles pas aussi leur escalier dérobé ' 1 académie, pour rester digne de sa création, doit-être une sorte d'assemblée représentative; il faut cpie la littérature envoie là ses députés pour défendre tons ses privilèges, pour représenter touies ses gloires tous ses préférés divers doivent y trouver place-, les conservateurs, et les fondateurs, ceux qui veulent maintenir l'architecture grecque des vieux monumens de la pensée, ceux qui veulent bâtir de nouveaux édifices, et le génie doit v entrer royalement qu'il s'appelle Corneille ou Victor flugo.
\u lieu de partager cette conviction. Y académie a répondu à l'appel du poète et dn public par des retards incompréhensibles Elle a longtemps méconnu la haute mission dont elle s'est chargée: ce n'est pas elle qui fait la gloire, mais elle doit la constater: quand le public avait moulé le piédestal, il était beau d'être appelé a le couler en bronze. Elle a mieux aimé céder a de mesquines intrigues, et, lorsque M \ ictor Hugo frappail à sa porte, au lieu de la lui ouvrir avec empressement, elle tirait lentement les verroux.
— Qui est-là ? disait -elle.
— C'est le grand poète, répondait la foule; c'est l'architecte et le roi d'une nouvelle poésie. Il admire comme vous les modèles antiques, mais il n'imite pas, parce qu'il sait créer; loin de relâcher les chaînes poétitiques, comme certaines cens l'en accusent, il les tend plus fortement,
il brise les liens des rhéteurs, il resserre les liens du gOÛt. C'est le penseur profond, c'esl l'écrivain rigoureux, aux études sévi res, qui respi cte toujours la L'annuaire et la raison, mais qui sait les parer de vêtemens couleur du soleil C'esl le peintre et le sculpteur de la pensée, qui taille à ses idées une forme nette et svelte. et qui cent avec un pinceau.
I.' académie n'ouvrait pas; le poète et la foule frappaient une seconde fois :
— Qui est-là? disait P académie.
— Ce sont les Feuilles d'Automne, les Voix intérieures, les Hayons et les Ombres; ce sonl toutes les haut.- pensées du poète avec leurs draperies d'écarlate, tousses rêves orageux, toutes ses douleurs poétiques, toutes se- larmes cristallisi i -
Uors l'Académie relut ces recueils éclatans, et, quand elle eut bien vise le brillant passeport du poète, elle le laissa franchir la frontière Le :: juin était le jour fixé pour sa réception Laséance ne devail
commencer qu'a deux heures, mais la partie matinale du publie arrivait
a onze heures la patience dans l'ame el le journal du jour dans la poche on s'asseyait, on lisait, el l'on attendait A midi les bancs
mplis : une foule de femmes les garnissait : c'était a épuiser toutes les comparaisons hocagères el lleurics,
\ une heure, enfui, il ei'il failli è're impalpable ou aérien pour Se
glisser dans la salle Les bancs académiques écrivez fauteuils en style
noble restaient encore vides; bientôt deux ou Irois vieillards vinrent les occuper. \ la vue de leur visaçe flétri et de leur taille voûtée la foule partit d'un cruel celât de rire; nous le signalons comme une lâcheté; le respect pour la vieillesse doit eue la ■■■ ceux même qui n'en
ont pas Savail en d'ailleurs si <■' loues ou la pensée
ienl creusé leurs rides ' t fuelques instans après . les illustrations ,1,. |'V ce d'un essaim de femmes plus ou moins
pilies, et les lien, ris des lli urs de rhé-
r les académiciens célèbres on remarquait MM Lebrun,
Soumet,! harli • Nodi i Pon erville rissot, Dupaly, Dupin, Thiers el Guiznt
A deux heures enfiu M. Victor Hugo parut, escorté de tout son beau cortège de poésies: les Feuilles d'Automne volaient devant lui, et les Orientales L'illuminaient de leurs rayons. La foule salua le poète d'une salve d'applaudissemens; sa femme, toute émue, se plaça eu face de lui, et l'on se recueillit pour l'écouter.
La tâche de M. Victor Hugo était certes fort délicate; lui, novateur, il devait juger un homme que l'on couronnait du même titre, uu homme d'un mérite incontestable, mais que l'on disait sou frère en audace et qui n'était pas même son arrière-petit-cousin; poète ciseleur et brillant, il était chargé de l'épitaphe académique qui ne peut inspirer que des lieux communs et des phrases filandreuses; académicien, il devait parler avec respect de l'Académie , imposante d'ailleurs par son but et par ses illustrations; chef d'école , il devait en même temps rester fidèle à sa mission; après avoir conduit toute une armée d'intelligences à la conquête d'une nouvelle poésie, il ne pouvait pas l'abandonner : l'art lui aurait demandé compte d'un seul pas rétrograde. Placé entre toutes ces difficultés, il lésa surmontées CI). H a dessiné rapidement ses convictions littéraires, mais avec une mesure et une convenance parfaites. Eu abordant l'Académie, il s'est montré plein d'égards pour la maltresse de la maison, et l'a saluée de deux ou trois phrases remplies de politesse : il a commencé par immoler sa gloire à celles qui l'entouraieut , et s'est dit troublé par cet auditoire si imposant et si charmant; à ces mots, on vit poindre un soleil levant de gracieux sourires : l'auditoire imposant rajusta son amour-propre, et l'auditoire charmant rajusta ses dentelles.
Il restait à éviter les larmes officielles sur la tombe de M. Lemercier ; le poète ne pouvait accepter le rôle modeste et dolent de panégyriste; il s'est contenté de donner un coup d'œil rapide, mais juste, au beau talent de son prédécesseur, puis i! a cherché des généralités dans sa vie : il a tourné le dos à la partie littéraire, et fait face à la politique. Alors son discours s'est trouvé divise par grands tableaux : la vie publique de M. Lemercier embrasse toutes les scènes de la Révolution; il a vu tour à tour la Convention, qui se peint à nos yeux éclairée d'un reflet rouge, couleur de pourpre disent les uns, couleur de sang disent les autres; le Directoire renversant l'échafaud pour dresser la table de l'orgie ; les vautours devenus papillons, et adorant la belle tête de M"10 Tallien après avoir coupé la tête céleste de Mme de Lamballe; l'Empire et ISapoléon, les vieux grognards détrônant presque les Chloris, et la Révolution passant successivement du club au boudoir, du boudoir au bivouac.
Ces grands tableaux fournirent au poète, à l'artiste de magnifiques images. On retrouve dans ce discours sa manière constante quoique sous un aspect plus austère : les alliances de mots imprévues et brillantes, la phrase concise, nettement découpée, éclairée tout à coup d'une expression éblouissante, colorée d'un brusque contraste; la peusée immense enchâssée dans quelques mots brefs; la fermeté, l'énergie et la puissauce.
.AI. de Salvandy, chargé de répondre à M. Victor Hugo, s'était muni de ses mots les plus spirituels, de ses remarques les plus incisives, de ses aperçus les plus ingénieux ; mais il s'est plu a réfuter tous les raisounemens du poète, politiques ou littéraires; son discours qui peut passer pour un fort bon modèle de style et pour un chef-d'œuvre d'esprit de contradiction, ne nous a pas paru de nature à mettre son impartialité au dessus de tout soupçon; nous lui reprocherons surtout d'avoir indiqué plutôt que jugé les Feuilles d'Automne, les Orientales, les Chants du Crépuscule, les Voix Intérieures, tous ces livres rayonnais que nous avons tous dans notre mémoire, dans notre cœur, dans notre tête. Pourquoi les sacrifier ainsi au premier volume des Odes, au premier ouvrage de l'auteur, rempli sans doute de hautes inspirations, mais d'une forme moins arrêtée, d'une couleur moins riche que ceux qui l'ont suivi ?
Au résumé, cette séance sera un beau souvenir pour M. Victor Hugo,
(I) On ne doit point perdre do vue quo nous ne pouvons point apprécier lo discours do M. Victor Hugo sous le upport politique. (A'ofe du. Direotwr.)
Le poète doit être heureux d'avoir conquis l'Académie, l'Académie doit être fière du poète : le but qu'elle se propose, et qu'elle vient de remplir, est d'appeler à elle les génies lumineux: or, notre siècle comme tout autre, donne rarement des éblouissemens, et dans les lumières de la littérature il y a plus de crépuscule et de clair de lune que de soleil.
Anaïs Ségalas.
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Académie Royale de Musique. — Le Freyschulz, paroles de M. Émilien Paccini, musique de Werer, récitatif de M. H. Berlioz. — Plus d'une fois, nous avons eu occasion de dire que les succès théâtrals dépendent en général beaucoup plus de l'acteur que de l'auteur, de la lettre que de l'esprit, de la forme que du fond. On a repris, il y a trois ans, le Don Juan de Mozart dont les rôles avaient été confiés à des sujets du second ordre, et la pièce n'a pas fait d'argent, tandis que la Favorite, chef-d'œuvre de médiocrité, attire encore la foule, et que M. Donizetti se glorifie sans doute d'un succès qui appartient à Duprez, ii Barroihlet, à M"'0 Stolz et à Mme Carlotta Grisi, de qui l'opéra en question a absorbé le monopole.
On vient de fournir uu nouvel exemple à l'appui de nos assertions, en ajustant pour notre grande scène lyrique, le cliel-d'œuvre de Weber. Si ce maître illustre arrivait au monde aujourd'hui, parfaitement inconnu, et qu'il fondât sa renommée sur le Freyschulz tel qu'il vient d'être joué, Weber essuyerait une chute. Il a fallu tout le prestige de ce grand nom pour maintenir le public; mais on avait rendu cette musique tellement méconnaissable, on l'a chantée en si grande confusion, avec une mesure si fausse, que les motifs mêmes ne se ressemblaient plus.
Cet ouvrage est devenu la proie dss doublures, et c'est pour elles qu'on l'a monté. Parlons d'abord du livret. Pour rendre compatible avec le goût français cette lourde et indigeste composition allemande qu'on nomme Ver Freyschutz, il fallait un auteur adroit, intelligent, bien initié aux exigences du théâtre national : or. ce travail important, a été confié à unpoète qui peut savoir l'allemand, mais qui l'ignore à coup sur, s'il le sait comme le frauçais ; il fallait un homme habile, on a fait choix de M. Émilien Paccini!
Ce monsieur a tout simplement traduit et rimé le tout en strophes gluantes auxquelles M. Berlioz, homme d'un vrai, d'un profond et admirable talent, n'a pu accoler qu'un récitatif assez lugubre. On croirait toujours qu'il chante son malheur d'être obligé à empourprer d'harmonie les hémistiches de son collaborateur. Un écrivain distingué à qui un ministre proposait une traduction, refusa en disant: —Tandis qu'on traduit les autres, Monseigneur, on n'est pas traduit.
Comment M. Berlioz n'a-t-il pas opposé cette fin de non recevoir, qui eût été si convenable dans sa bouche ? Ce qu'il nous faut de M. Berlioz, c'est sa propre musique et non des ver micul âges ou des badigeons appliqués sur des monumensqui ne sont pas les siens.
L'opéra de Weber était bien placé à l'Opéra-Comique ; les morceaux en sont vifs, scintillans, originaux, mais en général la mélodie est courte et le récitatif qu'on y ajoute, hors de proportion aves le sujet mélodique, le noie et le fait paraître plus bref encore. Puis l'ouvrage est mal distribué. Ainsi, au premier acte, après le second chœur qui ferait un final magnifique, Bouché vient glacer la scène avec son grand air qu'il chante horriblement. Le deuxième acte est tel ou à peu près, que M. Castil-Blaze nous l'avait autrefois offert à I'Odéon. Mais la scène du carrefour de la forêt est d'une longueur, d'un ennui interminables. Le public de I'Odéon n'avait que trois balles à recevoir, on en décoche sept sur celui de l'Opéra; sept balles, toutes enchantées et qui endorment. Sept balles, et M. Bouché, qui est bien l'ouvrier le plus indolent que je
sache, se vautre par terre et s'amuse avec ses doigts une demi-heure avant de se mettre à la besogne. Les sept balles amènent sept prodiges qui sont inventoriés d*une manière assez comique dans un journal de musique duquel, au surplus, nous avons plus d*une fois blâmé la sévérité excessive.
• Premier prodige : Deux corbeaux traversent le théâtre. — 2e prodige : l'n Monsieur couvert d'un drap se montre dans un coin. — S" prodige : On voit passer un cabriolet, avec une fusée au train de derrière. — 4" prodige : Un hibou remue les ailes. — ô' prodige : On voit quatre marcheuses courir après cinq rais. — 6° prodige: On tire un pétard dans la coulisse. — 7« prodige : Boucbé tombe sur le nez et M rie lui tombe sur le dos. La toile baisse. »
Le troisième acte est trouble, mal expliqué, et les allemands y ont joint une sorte d'appendice moral et ridicule qu'on a conservé. L'action dénouée, quand il n'y a plus qu'à jeter deux ou trois accords, voici qu'un prince tartare avec une robe d'or, un cafetan, une barbe, etc.. (notez que c'est uu baronnet Bohémien du siècle dernier, survient et veut punir Max, l'amant d'Agathe, de sa complicité dans l'affaire des balles enchantées. Chacun tâche de lléchir ce nabab, mais en vain, et voilà toute une affaire engagée. Arrive alors un ermite qu'on prend pour arbitre. L'ermite pérore, et finit, comme tous les ermites, par pardonner aux coupables et par les marier; après quoi le chœur en dit Bon avis, le prince aussi, et l'on s'embrasse.
Tous les rôles ont été dénaturés et chantés d'une honteuse manière, sauf ceux de M ' Stolz et de Mi:' Nau. La première a fait d'admirables efforts pour conjurer les périls de cette journée, mais c'était l'imj Ici comme partout, cette admirable actrice a réuni la pureté du soi el de la méthode, a la profondeur de l'expression et du sentiment. Rien d'admirable comme la manière dont elle a dit l'adagio du deuxième acte.
Bouché avait l'air d'un commissionnaire en goguette , el il a chanté comme tel. Marié a été exécrable : on ne l'eût pas toléré à Carpentras, Massol, par extraordinaire, a chante faux ses couplets du premier acte, terminés par les éclats de rire des choristes, passage bien rétabli et fort bien exécuté par eux. Ferdinand Prévôt a été rrrridicule, comme d'habitude. Les divertissemens ont paru mal nommés.
Cette traduction nous a donnée une haute idée de l'esprit et de l'adresse de M. Castil-Blaze , et n'a rien changé à notre opinion sur le mérite de M. Émilien Paccini. Une version nouvelle, à moins d'être sublime, n'aurait au surplus jamais charme le public, habitue a fredonner cette musique sur d'autres paroles , et qui se trouve ainsi fort dépaysé. Le nom des personnages a été changé île même, modification désagréable. Le héros de la pièce, autrefois Tony, a repris son nom gothique de .Vax. Autant vaudrait, [murée qui concerne la sonorité, donner pour nom de baptême le bruit d'un coup de bâton sur un sac de plâtre, que ce monosyllabe de Max, aboiement sourd et étouffe.
.Nous avons vivement regretté que l'administration , dans ses efforts louables et consciencieux pour plaire au public, ait, en cette circonstance, déféré aux insinuations de ceux qui, sous couleur de religion de l'ait, la poussent à de telles entreprises. Espérons que le ballet deGiselle, qu'on monte avec grand soin et dont on dit le plus grand bien, dédon l'Académie royale de cet accident, et que l'exj érience conduira la direction , en ce qui regarde les doublures , dans la voie d'une salutaire défiance. F. A\ .
Gymnase. — Âdrienne, ou le Thiâlre el la Famille, vaudeville ni un acte, par MM. ItavEncEns et Dexatoi B. — Nous croyons faire acte d'indulgence en nous dispensant d'une analyse exacte de ce malheureux vaudeville, qui a succombé sous les sifllets du parterre, Autant qu'il nous en souvient , il s'agissait dans cette rapsodie, que nous nous sommes empresse de chasser de noire mémoire, d'une jeune actrice, modèle d'ordre et de vertu, qui pose en urecq:.c devant un pi lit peintre, et qui donne des leçons de morale à toute sa famille. Par ses soins, l'honneur de ses porens reste intact, et le sien tfi remis an gard du petit peintre qui, en échange, lui donne ion eceur et sa moin,
A.HBIGC— Fabio le novice, drame en cinq actes, par MM. |Cuuilf.s Lafont et Noël Pabfait. — Pendant la domination des Espagnols
à Milan , la famille italienne Manzoni s'est vouée à l'affranchissement de la patrie. Les deux comtes de ce nom échouent dans une nouvelle tentative reprimée par le gouverneur espagnol; l'un d'eux périt, el le survivant jure alors de consacrer sa vie à la vengeance de son frère, ou de
confier cette sainte mission à son fils encore fort jeune; mais sa femme, qui est la lille même du gouverneur, et qui ne peut supporter la pensée de voir son fils porter un jour les armes contre sa famille, conduit cet enfant dans un couvent et l'y fait élever secrètement sons le nom de Fabio.
Le jeune novice, dans les veines duquel bouillonne le sang des Manzoni, s'ennuie de la règle des Dominicains, et s'échappe du couvent. Ce sont ses aventures, un peu hasardées, qui font l'intrigue principale de la pièce. Une conspiration italienne, jetée au milieu de cette action, et dans laquelle Fabio se trouve mêlé malgré lui, esl au moment de détruire toutes les espérances de sa mère; il est arrête comme conspirateur et condamné a mort La comtesse Manzoni apprend cette nouvelle; elle sait que rien ne peut arracher son fils à ce funeste sort, rien qu'un horrible sacrifice dont l'amour maternel peut seul inspirer la pensée En effet, le comte Manzoni est poursuivi pour cette même conspiration, dont il est le chef, et le gouverneur a juré de donner un blanc-seing a celui qui lui livrerait la retraite du noble italien. La comtesse seule et un hardi conspirateur la connaissent, et, pour sauver son fils, la mère de Fabio livre son mari. Par bonheur, l'échafaud dresse pour le comteest renversé par la mort de Philippe II, roi d'Espagne; les Ivrans de l'Italie sonl chassés, el fabio retrouve sa famille ainsi qu'une jeune lille qu'il aimait.
o drame , joué avec talent par Albert , Fabio, Alexandre Mauzin , Policaslro, <t M01 Martin, comtesse Manzoni, est un sucées de plus pour le théâtre de l'Ambigu. D. H.
MODES
Ou emploie pour les robes la mousseline, l'organdi, la tarlatane, le barrèges, la gaze de tout genre.
Les chapeaux se font en paille de riz et d'Italie, en crêpe, en dentelle, en tulle, en tarlatane, en paille à jour; une voilette les recouvre eu partie.
Les écharpes, qui sont devenues à peu près indispensables aujourd'hui, se font généralement en étoffe semblable à celle de la robe, ou en dentelle, en filet, en tulle à guipure, Nous devons signaler comme une nouveauté les écharpes en mousseline, entonnes d'un entre-deux en Matines cl bordées d'une Malines légèrement froncée.
Mais ees étoiles si légères, presque vaporeuses, n'obtiennent point une vogue tellemenl exclusive que l'on ne puisse en employer d'autres qui, par la nature même de la matière première ou par l'effel de la maind'œuvre, présentenl une plus grande consistance. Celles-ci, mêle, -avec les premères dans la même toilette, peuvent former une agréable opposition; mais lucoup de discernemi ni
i s écharpes de soie, pour être d'un goût distingué, onl besoin de recevoir une garniture en étoffe semblable ou en dentelle. On commence à leur préférer les mantelets, dont la coupe offre pics de \
I., s cors iges des robes de • il être plais el former une pointe
peu sensible; les manches son! justes ,-t a coude: elles peuvent être orni i s dans le haut, soil de jokeis . ["entes ou arrondis, soil de plusieurs raies de garnitures assorties a celle delà jupe qui, souvent, reçoit elle-même pour tout ornement des plis ou des biais que l'on peut terminer, si on le veut, par des dentelles ou par des effilés Quelquefois aussi
ils sont garnis de ruches ou de pattes d, upéesjde diverses mani
posées en échelle sur I- di Ml de lu Jupe
avons vu une garniture nouvelle qui mérite une mention parti»
culière. Au bas d'une robe en poue de soie lilas à reflet blanc , on avait posé cinq biais tout à fait rapprochés. Chacun de ces biais était relevé à des distances régulières, et rattachés par un bouton de nacre, lue lierthe à quatre pointes bordées de biais également relevés par des boutons de nacre formait jockeissur les manches, et simulait le fichu sur le clos et sur la poitrine.
Les robes d'étoffe claire ont ordinairement le corsage froncé, quelquefois à la Niobé, à la Vierge ou à la gerbe; d'autres fois les corsages sont à fronces arrêtées par de scoulisses. Ce dernier genre convient parfaitement aux enfans. Les manches peuvent former trois ou cinq bouillons ou bien se terminer au coude. Les plis sont le mode de garniture le plus usité pour les jupes. Ils sont souvent surmontés de bouillons ou de broderies, quelquefois ils sont remplacés par des volans.
TABLETTES DES GIWQ JOUBS.
Faits divers.
10 juin. — On lit dans Ylmparlial de Besançon :
« Avant-hier au soir, un habitant du faubourg de Rivotte est mort des suites de la morsure d'une vipère. N'ayant pas voulu employer l'alcali, ainsi qu'on le lui conseillait, pour détruire l'effet du venin, il avait coupé avec une serpe les chairs qui entouraient la blessure. Mais cette opération tardive ou mal faite n'a pas empêché le progrès du poison, et quand le médecin appelé pour donner des soins à ce malheureux est arrivé, il venait d'expirer. >>
— Il y avait foule jeudi soir au théâtre Victoria à Londres, car on réprésentait un drame intitulé Simon Lee, qui jouit en ce moment d'une grande vogue. L'héroïne de cette pièce (miss \ incent) est constamment poursuivie par sa mauvaise fortune jusqu'au dénoûment où, selon l'usage, la vertu reçoit sa récompense. Tout à coup pendant l'une des scènes les plus pathétiques, lorsque toutes les femmes pleuraient et que les hommes se sentaient disposés à s'attendrir, un spectateur se leva du milieu de l'orchestre, et d'une voix entrecoupée de sanglots : « Que Dieu me damne, s'écria-t-il,si, tant que je posséderai un schelling, vous manquerez du nécessaire ! » Et tirant de sa poche une poignée de monnaie, il la jeta sur la scène aux pieds de la malheureuse héroïne. Cela fait, comme il continuait à gesticuler et assurer miss Vincent de son dévoùment, un constable de service vint le prier de sortir. Ce pauvre diable, qui est marin et qui arrivait du Brésil, a comparu le lendemain au bureau de police d'Union-Hall sous l'accusation d'avoir troublé le spectacle. Inutile d'ajouter qu'après avoir entendu ses explications pleines de franchise, le magistrat s'est empressé d'ordonner sa mise en liberté.
— Il a été consommé à Paris, dans le mois de mai dernier, 0,740 bœufs, 1,531 vaches, 5,304 veaux et 32,S20 moutons; le commerce a reçu 432,433 lui. de suif fondu.
11 avait été consommé, dans le mois de mai 1840, 5,CS0 bœufs, 2,258 vaches, 7,374 veaux et 37,458 moutons ; le commerce avait reçu 495,131 lui. de suif fondu.
La consommation a donc diminué dans le mois dernier, comparé au moi de mai 1840, de 727 vaches, 2,010 veaux et 4,038 moutons. Il y a eu une faible augmentation de 89 bœufs; la livraison des suifs a été aussi moindre de 02,598 lui.
La diminution dans la consommation a été, comme on le voit, tics considérable ; elle forme, en poids de viande, 040,290 demi-lulog. ; en argent, en moyenne, une somme de 109,717 fr. 50 c. Chaque marché amène une nouvelle hausse sur le prix des viandes ; lundi dernier, elles ont encore augmenté de 5 c. par demi-lulog.
11. — La riche collection rapportée du long voyage que l'Astrolabe a dernièrement accompli sous les ordres de M. d'Urville, est exposée dans la vaste Orangerie du Jardin des Plantes. Tous les règnes de la nature y sont représentés. Il y a des insectes comme n'en possédaient pas encore nos cadres, des oiseaux aux plumages merveilleux, des quadrupèdes dont on ne faisait guère que soupçonner l'existence, des plantes
qui n'avaient pas été décrites encore par les professeurs; puis, au milieu de tout cela, des sujets de toute beauté dans les races connues. Malheureusement dans cette collection les vivans sont moins nombreux que les morts. Presque tous ces beaux animaux , ces oiseaux aux nuances de mille couleurs sont empaillés; mais n'importe, leur arrivée sera saluée par les applaudissemens de tous les amis de la science, de tous les amateurs de l'histoire naturelle, et, dans ces applaudissemens, il y aura une bonne part pour les braves marins, pour les savans, les artistes qui ont été s'exposer à tant de dangers et de fatigues, pour ajouter aux richesses que possède déjà le Jardin des Plantes.
Parmi les curiosités que renferme l'Orangerie pour le moment, il y a une longue suite de tètes moulées. Ce sont celles des naturels des pays que l'Astrolabe a visités. Elles ont été moulées avec leurs protubérances, leurs tatouages, leurs joues saillantes, leur nez aplatis. La crânologie fera sans doute son profit de ces travaux exécutés avec beaucoup de soin et d'intelligence.
12. — Sous quelques jours, M. Mulot va descendre le tube de cuivre par l'orifice du puits de l'abattoire de Grenelle. Ce tube a 547 mètres de longueur, c'est-à-dire plus de cinq fois la hauteur du dôme des Ivalides. L'eau jaillit toujours en abondance.
— M. l'archevêque de Paris vient d'ordonner qu'à l'avenir les confessionnaux soint construits de manière à ce que le prêtre ne soit point caché aux regards du public. Tous les confessionnaux de Saint-Germainl'Auxerrois viennent d'être disposés de cette manière : les pénitens auront un petit prie-dieu de chaque côté, placé de telle façon que leur ligure ne sera point vue, tandis que le confesseur sera exposé à tous les yeux sur la sellette de bois.