SCIENCES HISTORIQUES
Antiquités bovi vinks découvertes iVienni Isi ri — En travaillant a l'entrée de la route de Beaurepaire, dans la ville de \ ienne, on a trume de précieux débris :
1 1 n magnifique chapiteau de marbre représentant un trépied entouré de serpens et surmonté d'une tète d'enfant. On voit déjà deux chapiteaux semblables, l'un au musée, l'autre à Valence, chez M. de Chièze,venu également de Vienne. Les attributs qui distinguent ces chapiteaux peuvent faire conjecturer qu'ils ornaient un temple d' \pollon;
l' 1 I ne statue d'homme , dont il ne reste que le bas du corps et une jambe, qui rappelle, par la richesse des chairs, la belle statue île M "•« Michoud . a Sainte-Colombe, que M. Mérimée croit être une Latone;
3° Des chevaux qui se mêlent et se précipitent, Ce fragment inestimable présente quelque rapport, par la confusion hardie et pittoresque des poses, avec les batailles de l'arc d'Orange
On a aussi découvert l'angle d'une mosaïque qui se trouve et dans le terrain d'un jardin. M. le sous-préfet s'est empressé de traiter avec le propriétaire, afin de pouvoir opérer l'entier de.r cn.eni 1 1 enlèvement de ce précieux débris, s'il y a lieu.
Wlloi [TÉS ROMAINES DÉCOI nr.ns \ SALZBOl RC On écril de
Salzbourg .Autriche,, le 7 mai : .1 On creusait depuis quelques joins la terre a la place de Saint-Michel de noire ville, pour jeter les fondemens du monument qui devait y être élevé à Mozart, et dont 1 ionétail
fixé au ■"> décembre prochain, cinquantième anniversaire de la mort de cet illustre compositeur, lorsque, hier au soir, lis pioches el les I"' lie! rencontrèrent tout ô coup une forte 1 1 On déblaya aussitôt les
SCIENCES FHYSIQUES.
Analyse de l'aie vtmosphébique. — Tandis que les savans français s'accordent a considérer l'air comme un mélange a peu près invariable de vingt et une partie d'oxigène pour soixante-dix-neuf d'azote, il règne encore a l'étranger une grande diversité d'opinion a cet égard insi Proust, Dobercciner, Falkner, Thomson , et beaucoop d'autres,
pensent (pie l'air est un véritable compose chimique formé de \ ingt volumes d'oxigène et de quatre-vingts d'azote. Dalton va même jusqu'à dire que la proportion d'azote croit avec la hauteur, en sorte que dans les couches les plus élevées ci les plus rares de l'atmosphère, l'oxigène existerait a peine. On comprend combien il devenait intéressant de reprendre une question si controversée et d'entourer sa solution de toutes les garanties d'exactitude et de précision qu'offrent les nouvelles méthodes d'analyses les plus parfaites. MM. Humas et lîoiissaiimault se sont donc mis ;ï l'œuvre. Leur procède a consiste principalement 11 faire armer un courant d'air privé d'acide carbonique et de vapeurs étrangères dans un tube plein de cuiv re et chauffé au rouge, L'air abandonnant au eu» re
loui s ixigène, l'azote vient se rendre dans un ballon où l'on a fait le
vide; il ne reste plus qu'à évaluer par l'emploi de la balance l'augmentation de poids du tube el du ballon. Ces expériences, variées à l'infini pendant plusieurs semaines, ont conduit MM. Dumas et Boussaigaull a conclure que l'air atmosphérique est un mélange de 20,8 d'oxigène pour tu 2 d'azote en volume, expression qui s'éloigne peu de l'opinion commune, et qui pourtant a exigé les corrections les plus graves sur la densité des deux ;.iz.
Il ne paraît pas que les causes accidentelles, telles que la pluie, la hauteur, les gelées, les vents, la respiration des animaux, la végétation des plantes, puissent modifier sensiblement la composition de l'air. MM. Dumas et Boussaingault se sont assures par eux-mêmes de la constance de cette composition, dans la plupart des circonstances que nous venons de mentionner. Les analyses laites par M. Gay-Lussac de l'air rapporté de son ascension aérostatique a cinq nulle nulles de hauteur, celles de M. de lliiinboldt sur les pics des Cordillières, el celles qu'a fuies plus récemment M Brunner sur le sommet du Faulhorn, dans l'Oberland, donnent aussi le même résultat. \ l'influence deséln uises répandus à la surface de la terre, les auteurs du mémoire fonl
l'hypothèse suivante si l'on suppose* que chaque homme cous me un
kilogramme d'oxigène par jour, qu'il v ail nulle millions d'hommes sur le globe ci que celle respiration de l'espèce humaine s..it quadruplée par l'effel de la respiration des animaux ci la putréfaction des matières organiques, eh bien, au boni d'un siècle, t. mi le genre humain réuni, ci même trois fois son équivalent, n'auraienl absorbé qu'une quantité d'oxigène égale aux huit millièmes de ce que l'atmosphère en contient !
H n est d ■ pas étonnant que depuis t| , oque où l'analyse
de l'air .. eie faite avec soin pour la première fois, les proportions d'oxigène et d' /oie n'aient pas changé Cependant, pour atteindre li borni plus extrêmes du problème ri di 1 ider si la composition de l'air di
invariable, ce n'est pas sur vingt-cinq grt nés d'air qu'il faudrait agir,
comme l'..ni Lui MM. Dumas et Boussaingault dans leur laboratoire du
Jardin des Plante r plusieui I le enrre-
iideroil le conc s d'un grand nombre de chimistes et des
corps savons. L'expérience , pour cire vraiment utile et concluante , devant être répétée sur un grand nombre d<> points éloignés à la fois, le même jour, à la même heure et par la même méthode. Nous espérons que l'Académie secondera de tout son pouvoir cette motion de MM. Humas et Boussaingault. Il serait glorieux pour l'Institut de prendre sous son patronage une opération scientifique de cette portée.
Nouveau perfectionnement apporté au dagierréot\te. — L'art photographique, vient de recevoir un heureux perfectionnement. Des images photogénées ont été obtenues en moins d'une demi-seconde, et en attendant la découverte que nous a annoncée M. Daguerre, nous nous empressons de divulguer cette nouvelle méthode, aussi simple que rationnelle. M. Ed. Becquerel a découvert récemment que certaines parties de la radiation totale, les rayons rouges en particulier, incapables de déterminer une action chimique sur les surfaces impressionnables, pouvaient très bien continuer celte action une fois qu'elle a été commencée sous l'influence de rayons plus efficaces.
Ainsi qu'on expose pendant un temps très court une planche iodurée au foyer de la chambre noire, les parties frappées par la lumière recevront une modification chimique tout à fait, imperceptible , sans doute, mais qui les rendra susceptibles d'être ultérieurement influencés par des rayons rouges, tandis que ces mêmes rayons n'auront aucune action sur les autres parties. Si l'on expose alors la planche à la lumière directe du soleil en la recouvrant d'un \erre rouge, l'action commencée dans la chambre obscure se continuera à loisir. Après un temps suffisamment long et qui n'excède pas dix minutes, l'action de la lumière est complète, et l'opération se termine comme à l'ordinaire. Les planches obtenues par ce procédé, et que M. Gandin a mis sous les yeux de l'Académie, représentent des portraits et des nuages poussés par un grand vent. Ces dernières images surtout sont d'un excellent effet. Nous devons seulement prévenir les amateurs que cette méthode exige que les plaques soint. préparées avec un soin extrême, l'insolation rouge mettant en évidence la négligence la plus légère.
Nouvelle manière de graver. — L'Académie des sciences a reçu deux communications relatives à un nouveau procédé qui permet de clicher les dessins lithographiques. Cette méthode consiste à attaquer la pierre par un acide qui atteint seulement les parties que l'encre n'a pas recouvertes; à couler un métal sur la pierre ainsi creusée et à tirer un cliché du moule obtenu. Un des inventeurs, M. Tissier, a présenté des épreuves reproduisant un dessin sur papier préalablement reporté sur la pierre.
Moisissures développées dans le corps d'un oiseau. — M. Audouin rappelle la belle découverte faite, il y a quelques années, par M. Bassi, de Lodi, qui a l'econnu que la muscadine, cette terrible maladie des vers à soie qui cause tant de ravages dans les magnaneries, est produite par l'invasion d'un petit cryptogame, d'une moisissure qui se développe dans le corps des vers à soie et ne tarde pas à les faire périr. Ce fait remarquable a prouvé qu'une plante peut vivre et se développer aux dépens d'un animal et dans l'intérieur même dé son corps, en détruisant le tissu adipeux ou la matière graisseuse.
Aujourd'hui, M. Audouin présente, de la part de M. Eudes Deslongcliamps, savant professeur d'histoire naturelle à Caen, un canard cider {Anas molissima, Latham), chez lequel des moisissures se sont développées pendant la vie, à la surface interne des poches aériennes, et ont causé chez cet animal une maladie qui l'a fait périr.
A cette occasion, M. Audouin rapporte comment, sur les cotes des mers du Nord, ces canards sont péchés en grand nombre : c'est au moyen de filets qu'on dresse sur les bords de la mer, qu'on lient soulevés assez pour permettre à ces oiseaux de passer, et qu'on laisse tomber lorsqu'ils sont arrivés sur la grève. Du reste, il parait que l'animal a l'instinct de s'enterrer dans le sable tout entier, ne laissant sortir que l'extrémité du bec pour respirer, et qu'il échappe ainsi souvent aux recherches des pêcheurs lorsqu'ils viennent relever les filets.
Squelettes d'animaux gigantesques découverts en Amérique. — La Gazelle de Casse! publie une lettre datée de Boonville, dans l'état de Missouri (Amérique du Nord), le 1G février dernier, qui rend compte d'une découverte très intéressante qui venait d'être faite par M. Eugène Koch, naturaliste wurtèmbergec-is, domicilié à Saint-Louis, capitale du même état.
« M. Koch, dit cette lettre, se trouvant dernièrement dans la petite ville d'Occola. située près du fleuve d'Osage, apprit qu'une tradition fort ancienne et répandue parmi toutes les tribus indigènes de cette contrée, porte qu'il y avait existé une race d'animaux gigantesques et terribles , qui faisaient les plus grands ravages, que ces animaux avaient fini par se faire entre eux une guerre acharnée, où ils avaient tous péri, et qu'ensuite ils avaient été enterres par le Grand-Esprit [Ihc greal spirit) dans le voisinage du ruisseau appelé actuellement Aschty.
« M. Koch fit exécuter des fouilles à cet endroit, et à la profondeur d'environ vingt pieds il trouva en effet deux squelettes (dont un est entièrement complet, et l'autrel'est à peu de chose près) d'une espèce d'animaux gigantesques et tout à fait inconnus jusqu'à présent. Ces squelettes ont seize à dix-sept pieds de hauteur, sur trente-quatre pieds de longueur et huit pieds de largeur. Les tibias ont quatre pieds de hauteur et quatre pouces de diamètre. La mâchoire supérieure a quinze pouces de saillie sur la mâchoire inférieure, et est armée de deux défenses recourbées vers leur extrémité inférieure. La tête, y compris ces deux dents, pèse onze cents livres.
« M. Koch a donné aux animaux auxquels ces ossemensont appartenu le nom de Slissourium, et il a envoyé ceux-ci à Saint-Louis, où il possède un riche musée d'histoire naturelle. Il se propose d'en publier une description détaillée. »
TRIBUNAUX