COUR CRIMINEILE DE B3.ES1AU
(Prusse).
Michael K auffmaun est aubergiste à Munsterherg, charmante petite ville renommée par ses bains sulfureux qui attirent dans ses mursde nombreux étrangers. 11 y a quelques années encore que Michael Kauffmaun était un pauvre diable ayant à peine assez d'argent pour payer au propriétaire de sa maison le prix de son loyer. Aujourd'hui Michael Kauffmann est riche, il possède de belles maisons à balcons de fer qui sont situées sur la place Bluchev, oii l'on a élevé la statue de ce guerrier prussien. D'où lui est venue cette opulence '.' Nul ne l'a su jusqu'à ce jour?
Michael est un homme à la physionomie sinistre. De larges sourcils roux cachent ses yeux d'un vert fauve. 11 porte à la lèvre supérieure une large cicatrice qui traverse la bouche, s'étend jusqu'à son cou; c'est un coup de couteau qu'il a reçu de sa femme, trouvée assassinée dans sa chambre. Michael, soupçonné d'avoir commis ce crime, a été renvoyé absous faute de preuves.
Dans Breslau, dans Munsterherg, sa ville natale, et même à Liepnitz, à Stralsund, et dans tous les pays arrosés par l'Ohlau et l'Oder, Michael passe pour un homme auquel, pour de l'argent, on fait épouser toutes les haines bien ou mal fondées. La terreur qu'il inspire dans le pays est très grande, cependant jamais ou ne l'a pu saisir en flagrant délit.
Il se trouvait , il y a quelques mois , à Breslau uue famille dont les membres étaient en grande hostilité entre eux. Le vieux Schwartz, en mourant, avait laissé toute sa fortune à sa nièce à condition qu'elle epou-
serait un de ses deux cousins. Le cousin repoussé devait ne rien de ses richesses. Les deux cousins furent assemblés et la cousine | Cari, qui avait été commis de son père. Le cousin délaissé jura de se venger de son rival.
— La noce est fixée à trois mois, se dit-il, elle ne s avant, vu qu'il faut attendre l'expiration du deuil, .l'ai du temps à moi.
Et Frantz alla par un soir d'hiver frapper à l'auberge de Michael Kauft'niann.
— Que demandez-vous, lui dit celui-ci en ouvrant la porte; il est minuit passé, la nuit est noire, et le ton: !e, laissez-moi.
— Maître Michael, répondit l'officier, h1 grand voile des ténèbres et la grande voix de l'orale sont les bienvenus, ce que j'ai - voi<s dire doit se dire à demi voix : c'est une demande que j'ai à vous faire.
— Entrez donc, -'dire hôtellier, si ni la foudre ni l'obscurité ne vous font peur, vous pouvez me suivre.
Frantz entra et voulut s'asseoir dans l'auberge, Michael lui dit :
— Suivez-moi par ici , seigneur officier, des entretiens cornu que nous nie demandez ne se font pas dans une aube1
Les deux personnages de cette scène nocturne an ins un corps
de bâtiment attenant à l'auberge. Arrivé là, Frantz ayanl raconté son infortune dit à Michael :
— Je veux que vous tuiez mon cousin.
— ( .!té.
— Ah hah ! un bon coup d» couteau entré jusqu'au manche.
— Je. lais d'instrument tranchant, dit j ntl'hôtellier.
— Alors une massue sur sa nuque par derrière.
— C'est une pièce de conviction qu'on laisse derrière
— En ce cas, un coup de fusil ou de pistolet dirigé à cent pas sur son cœur.
— Du tout, du tout... Voyons, seigneur officier t vit ce naïf commis-négociant qui vous souffle tant de thaïes.
— Seul ; quand le magasin de feu Sclvwartz, mon oncle, esl fermé, il se retire chez lui.
— Chez lui ? seul ?
— Seul.
— C'est bon; écoutez alors, je tiens déjà la vengeance.
Ici Michael parla bas à l'officier. Ce qu'il lui dit était terrible, car Frantz devint blanc comme un linceul.
— Eli bien, s'écria Michael, trois cents pièces d'or, es'. -ce un marché fait?
— C'est fait, s'écria l'officier pâle et troublé, Satan l'a emj
heure plus tard, on aurait pu voir l'rantz au n clairs,
courant éperdu dans les champs, pâle et couvert de sui
Cependant le temps du n lu défunt avec Cari, son
cousin, approchait, vingt jours seulement les séparait eureuse
époque.
— Etes-vous allé à Munsterberg? lui demanda sa fiai
— Oui, répondit Cari, j'ai trouvé à l'aubei ime qui devait me vendre les laines françaises que nous attendons... Mais une singulière aventure m'y est arrivi
— Laquelle?
— Imaginez-vous que j'y ai été plongé dans un somi ux fort extraordinaire. J'ai fait pendant
voyais des gouttes de sang tomber d poignard.
— Et ce n'était qu'un i ine.
— TJnrêi
me suis sentis blessé, eh ! légèrement au br
Cari souleva la maie trice qui s'y trouvait. C'était à peine une égratignure
— Quelque insecte de nuit vous aura mordu, Cari, dit sa Gancée, ce
as dangereux.' Pouri r de l'hymei t Pi itz, l'amant
liment paru prendre son parti Tout Breslau s'attendail à voir me terrible catastrophe vint frap-
per cetl ouvante et d'horreur,
une cousin préféré devint tout à coup triste et rêveur, puis
fraîcheur, son teint se plomba, ses yeux brillèrent d'une
luvage; bientôt il eut des envies étran ivies de mordre et
enfin ce malheureux fut \ n Cari
la rage est considérée comme une maladie incural l'effroi qui s'empara de chacun. Déjà
même au cœur de l'hiver, s de ce fléau de Dieu. On lia le malade, et après un i
commune, on le voua à la m
Cari, ne homme, fut étouffé sous des matelas. .. A
mesure que l'on pressait la victime, sa face se colorait d'une ra e freuse; il ex| ira en crachant une écume sanglanti '
Cari fut enterré par son deuil pour ne pa
ter long-temps. La pauvre enfant mourut huit jours après le trépas de son amant.
Cette lugubre affaire se serait passée sans exciter de commentaires, sans une ind i l'ofGcier Frantz qui, devenu l
. se livrait à >h^ déhanches journalières.
— Je sais bien, dil-il un ' . J'en s, os
On 1" le mit au secret. Là i
découvrir tout le secret.
Michael Eauffmann, l'hôtelier, avait commis ce crime. Il avait attiré re Cari dans son auberge maud | ndant un sommeil
obtenu au moyen d'un narcotique, il l'avait fait mordre par un chien : Les deux complices sont devant le tribunal pourrepondre du crime commis par eux,
Le président a Michael. — On a trouvé, en fouillant votre nul
iens de toul Michael. — Je l'ai il fe [es rend - quand il fallait
débarrasser la terre d'un homme.
Le président. — Coi niez-vous inoculer la rage au milieu
de l'hiver.
Michael. — On a trouvé chez moi un brasier énorme. Le chien qui é d'hydrophobie était enferme dans la chambn brasier étail allun er, i
fournaise ardente, l'anin
Le | risqué inti iduirc l'ani-
de la v ici h ne, vous pouviez cti'e mordu vous-même. . travaux rs un
costume, un masque et des ganl
ii qui m'a servi sans avoir rien a
Mich mort
pliol ie ; il a été | ousi idité. Ils sont !
prendre la Kauffmanu et Frantz, bas la place de au.
i i: indu
TABLETTES DES CIKQ JOUKS.
Faits divers.
20 juin. — Une scène sanglante s'est passée avant-hier après-midi rue du Musée. Un monsieur descendant dans cette ru? se trouva pris tout à coup entre une voiture et un brancard chargé de meubles porté par deux commissionnaires. Craignant d'être écrasé par la voiture , ce monsieur se réfugia contre le brancard, et invita les commissionnaires à s'arrêter ; mais ceux-ci ne tenant aucun compte de sa prière, le serrèrent tellement, que son habit ayant été pris dans un ciochet fut déchiré d'un bout à l'autre. Lorsque la voiture eut dépasse le brancard, il reprocha vivement cette mauvaise action aux ci lissionnaires qui n'avaient pas craint d'exposer sa \ je plutôt que de s'arrêter un seul instant.
L'un d'eux, fort mécontent du reproche et très irraseible, à ce qu'il parait, se précipita sur lui et lui assena plusieurs coups de poing. Le monsieur riposta, et une lutte acharnée s'établit entre eux, lutte dans laquelle le commissionnaire eut le dessous et fut forcé de crier merci, après avoir eu la Ggure tout ensanglantée. Les gardes municipaux du poste duChâteau-d'Eau, prévenus de cette rixe, se rendirent sur-le-champ auprès des combattans, et empêchèrent par leur intervention qu'elle n'eût un résultat plus funeste.
— La Gazette Turque du 25 relu (18 mai , contient un exemple de la manière dont les musulmans entendent la justice :
< L'u nommé Dscbilau, dit ce journal, employé au ministère du commerce, a commis un meurtre sur la personne du fils de l'effendi Kadreh- Allah. La culpabilité de Dscbilau, à défaut de témoins, n'a pas pu être prouvée, mais tous les indices étant contre lui, il a été condamne a dix ans de travaux forcés et à 10,000 fr. d'amende.
— On lit dans le nouvel Almanach royal de la Saxe:
« La population du royaume monte à 1,687,141 hommes. Les produits de mines ont rapporté, en 1839, la somme de 7 millions environ. L'industrie lainière est considérable. On compte 3 à -1,000 métiers qui donnent tous les ans 100,000 pièces de drap. Les principales fabriques de soie sont à Annaberg, a Pening et a Traukenberg. Le budget des finances présente, depuis 1840 jusqu'à 1*42, 15,896,176 fr. de re\euu, et 15,214,966 fr. de dépense. La dette de l'État monte à 30,908,327 fr. »
— Par décret du 21 avril 1841, approuvé le même jour par S. S. le pape Grégoire XVI, la congrégation générale de l'Inquisition romaine et universelle a déclaré l'exercice du magnétisme illicite. « Vsum magnelismiprout exponilur non licere. » Telles sont les paroles du décret de l'inquisition auxquelles est ajouté Vapprobavit du pape.
21 . — A l'occasion du prix de vertu que l'Académie vient de décerner à l'acteur Moëssard, le Temps rapporte l'anecdote suivante, qui jus!ifie à la fois les excellentes habitudes du lauréat et la bonne opinion qu'on a de lui : Moëssard était un jour en scène ; il avait à maudire une fille coupable; déjà il levait les mains avec toute la solennité voulue , lorsqu'une voix cria d'une loge d'avant-scène : » Moëssard ne la maudissez pas, elle peut se corriger. • Et Moëssard ne la maudit pas.
22. — Un fâcheux accident est arrivé hier à la barrière de l'Étoile, Dans un maison en construction où l'on est en train de creuser un puits, les ouvriers ayant rencontré un banc de roches, ont été obligés d'employer la mine pour en faire l'extraction. Au moment où une explosion venait d'avoir lieu, un ouvrier descendit pour en retirer les morceaux qu'elle avait fait éclater; mais la colonne d'air qui pèse sur l'orifice du puits avait empêché la fumée de s'évaporer, et lorsqu'il arriva dans le bas, il se sentit suffoqué et s'écria : » Remontez-moi! » Malheureusement, les forces lui manquèrent avant qu'on eût pu opérer son ascension, et il tomba au fond du précipice , ou il a été asphyxié. Cet homme , âgé de 29 ans, était marié et père de famille.