On lit dans le Journal de Cherbourg
> Le vaisseau le Fricdland a enfin mis à la voile jeudi, vers une heure
de l'après-midi , et a quitté notre rade pour se rendre à Toulon. Nos quais étaient couverts de curieux pour le voir appareiller et pour juger de sa marche. Poussé par une jolie brise de N.-N.-E., le Friedtanâ, paré de toutes ses voiles, filait avec une telle rapidité, qu'eu moins de deux heures, il avait disparu. Il est allé louvoyer dans l'après-midi, sous les côtes d'Angleterre, et le soir il a été en vue, en dehors de la digue, à une distance d'un myriamètre et demi environ. Comme tous les navires faits jusqu'ici à Cherbourg, le Fviedland fait honneur aux ingénieurs qui ont dirigé sa construction. »
2 I. — Un télégraphe de nuit et de jour vient d'être inventé parmi industriel de Perpignan. Ce télégraphe emploie les signaux de la télégraphie ordinaire; seulement il les exécute avec des branches peintes en blanc, opérant sur uu fond noir, et la nuit il lui suffit d'éclairer son appareil par réfiection pour continuer a le faire marcher; alors les signaux se détachent en lignes de feu sur le fond noir. Un essai de ce télégraphe vient d'être fait a Perpignan, en présence de MM. Mathieu et Savary, de l'Observatoire royal .
Le Dboit, journal général des Tribuna ux, conserve la place éniinente qu'il a prise dans la presse. Il la doit non seulement à l'exactitude de ses comptes-rendus, dans les matières civile, criminelle, correcreelionuelle et commerciale, qui eu font un répertoire complet de jurisprudence, mais encore a (les travaux sérieux et varies sur la Philosophie, l'Histoire du droit, l'Économie politique, l'Art oratoire, la Magistrature, le Barreau, qui impriment à sa rédaction un caractère et un attrait particuliers. Le Droit s'associe au mouvement des faits et des idées, sans s'y laisser jamais entraîner, et sans oublier au milieu des querelles politiques la modération impartiale, qui convient à des écrivains voués, avant tout, à l'étude des lois et au respect des institutions de leur pays.
Parmi les articles publiés par lui, depuis le commencement de cette année, nous avons remarque les articles suivans, qui sont de nature a indiquer la marche qu'il doit suivre et le cadre qu'il s'est tracé :
Le chancelier Poyet. — Gustave 111. — Le Procès des Jésuites. — Le Procès de liamus. — Organisation du Parlement de Paris. — Les Avocats au Parlement d'Angleterre. — Histoire du Faux. — Les Arrêts d'amour. — Jurisprudence galante. — Institutions judiciaires de Rome.
— François Hotman. — Augustin-Nicolas Bodin. — De Thon. — Vico.
— M. Ballanche. —M. Persil. — M. Paillet. — M. Chauveau-l.agarde — M. Daunou. — M. Pardessus. — Cambacérès. — Barèrede Yieuzac, etc., etc.
A partir du 1er juillet prochain, le l)r<n't publiera :
Philosophie. Spinosa. Leihnitz. Ronald. Maiue de Biran. M. Cousin. — Histoike ji DiciAiBE. .Napoléon législateur. Les Prisons d'État sous l'Empire. La Magistrature consulaire. Les Magistrats depuis 1830. Les Avocats députes. Les Avocats sous l'Empire. Les Avocats sous la Restauration. Les Anciens Magistrats. Les Anciens Avocats. — Jurisconsultes anciens. Dunod. Le président Boubier. Catelan. Dargentré. Lainière. Le président de Brosses. — Mâgistbatube et baraeau modernes. MM. Franck-Carré. Sauzet. Plougoulm. Martignac. Ravez. Corbière. Peyronnet. Delangle. Marie. Romiguières. Garnier, président du Sénat. Cormenin. Marchangy. — Rédacteur du code civil. Real. Tronchet. Treilhard. Rerlier. Malleville. Régnauld de Saint-Jean-d'Augely. — Jurisconsultes modernes. MM Proudhon. Troplong. Duvergier. — Écoles de droit. MM. Blondeau. Pellat. Valette. Ortolan. Laferrière. Giraud (d'Aix). — Le barreau ex province. Barreau de Lyon. Barreau de Toulouse. Barreau d'Aix. Barreau de Caen, etc., etc.
— Mâgistbatube et babbeaii d'Angleterre. Les Avocats au Parlement. De la Corruption de la Magistrature. Histoire de la Torture. Suite de l'Histoire du Faux. — Le barreau de Belgique. De l'Instruction publique. Institutions judiciaires de l'Espagne. Etudes de Droit civil, criminel et commercial. Histoire du Guet. Les premiers Présidais du Parlement de Paris. Les Lieutenans civils. Procès anciens. Procès modernes. Tribunal révolutionnaire. Cours prévôtales.
Le Droit publie en outre :
1° L'Analyse des livres relatifs à la science C\u droit, à l'histoire et à la philosophie; 2° la Revue mensuelle contenant le résumé des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques; 3° la Revue analytique et raisonnée des cours de l'École de Droit, de la Sorbonne et du collège de France; 4° la SALLE des Pas-Perdus, chronique de tous les faits de l'ordre judiciairr, par un vieil avocat.
BOUCI1E1X.
Paris. — Imprimerie el lithographie de JIAULDKel RENOC, rue Builleul, 9 et 11, firC-s Uu Louvre.
12» Année. — N° 36.
Mercredi 30 Juin 1841.
fiittérahive.
SCIENCES. BEAUX-ARTS, MŒURS
MÉMOIRES ET VOYAGES
HISTOIRES ET NOUVELLES
PEtTX CIUVIT.XS UE MODE ET IN ULS-l-ï l'ir. MOIS.
Oi s'aboxxi à Paris, rue du Hasard Richelieu,
D* 9. Dans les departemens, chez les Directeurs des
les Libraires, el ,iuv bureaux des Uessage-
ries royales, el des Messageries Latliiie el Gaillard.
Qq ue reçoli que les lettres arfmuculeg.
JOURNAUX, I.IVK.ES, TWEA MODES I 1 mm INGKS.
CHRONIQUE DES TBIBDNAI \
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' ' '•'■ '•'' " "> parali ions les cinq Jours
■ ir. Ir. pour ii , , lK
- Pour l'étranger, i par an.
Aunouccs>ur U colonnes : ;-j cent" la ligue.
ET LE CERCLE REIMS
GAZETTE DES FAMILLES
SOMMAIRE
Monaco, par M. Alexandre Dumas. — Les anciennes prisons de
Paris; Pofficialité. — Une tentative d'évasion, par M F. 1 x. —
Voyage aux ruines de Palmyre, par M. Baptistin Poi jui lat, suite . — Les caïdjis, bateliers de Constantinople suite . — Tribunaux: assises de la \ille deLeeds; tribunal de police eorrectionelle. — Théâtres: Palais-Royal, les Economies de Cabochard, par MM. Dcmaroib et Sibai i < î n . — Modes. — Bibliographie. — Tablettes des cinq jours; Faits divers, — Tables semestrielles.
Au iiiL'SL-nt numéro est jointe une gravure de Modo.
MOÎJACO.
On sait l'histoire du prune de Monaco.
M1 de D... avait sum M. le prince de Talleyrand au congrès de "\ ienne.
— Mon (lier prince, lui dit-elle un jour. est-ce que \'nis ne fen pour ce pauvre Monaco, qui, depuis quinze ans, comme vous savez, a tout perdu, et qui avait été obligé d'accepter je ne sais quelle pauvre petite charge a la cour de l'usurpateur?
— Vli! m fait, répondit le prince, avec le plus grand plaisir Ce pauvre Monaco! vous avez bien fait de m'j faire penser, chère amie ! je l'avais oublié.
Et le pvii.ee prit l'acte du congrès qui était sur sa table, et dans lequel on retaillait a petits coups de plume le Mue européen qui- n > axait dégrossi ■> grands coups d'epée: puis de sa plus minime écriture,
après je ne sais quel protocole qui regardait l'empereur de Russie ou le roi de Prusse, il ajouta :
— Et le prince de Monaco rentrera dans ses États.
Cette disposition était bien peu de chose, elle ne faisait pas matériellement la mollir d'une ligne; aussi passa-t-elle inaperçue, ou si elle fut ue, personne ne jugea que ce fut la peine de rien due contre.
L'article supplémentaire passa donc sans aucune contestation.
Ki M' ■ de D,, écrivil au prince de Monaco qu'il était rentre dan» ses États.
I . février 1815, trois jours après avoir rein cette nouvelle, le prince de Monaco lit venir des chevaux de poste et prit la route de sa principauté
En arrivant au golfe Juan, il trouva le chemin barré par deux pièces non.
Comme il approchait de ses États, le prince de Monaco lit Limml bruit de cel embarras qui le retardait, ci ordonna au postillon de faire derau
ger les pièces ci de passer outre.
Le postillon répondit au prince que les artilleurs dételaient ses chevaux.
Le prince de Monaco sauta j bas de sa voiture pour donner des coups de canne aux artilleurs, jurant entre ses dents que. si les drôles passaienl jamais p ir sa principauté, il li s feraient pendre.
artilleurs il y avait un lion istume de général.
— I ii n, ' i Monaco ' dit eu voyant le prince l'homme i tume de général. Laissez passer le prince, ajouta-l-il aux artilleurs qui lui barraient le | un ami.
l.e prince de Monaco .se frotta les yeux.
— Comment, c'i D lui dit-il.
— Moi-même, mon cher prince.
— Mais, je vous croyais a l'île d'Elbe avec l'Empereur?
I li ' mon Dieu, oui, nous v (lions eu effet, mais nous sommes venus Lire un petit tour en France ; n'est-ce pas maréchal ?
— Tiens ! c'est vous. ' dit le nouveau venu ; et comment vous portez-vous, mon cher prince,
Le prince de Monaco se frotta les yeux une seconde fois.
— Et vous aussi, maréchal, lui dit-il; mais vous ave/, doue tous quitté
Elbe?
— Eh ! mon Dieu, oui, mon cher prince, répondit Bertrand ; l'air en £tajt ma, até, et nous sommes venus respirer celui de
France.
— Qu'y a-t-il donc, messieurs, dit une voix claire et impérative, de-
rqui entourait le prince s'ouvrit.
Ah ! ah ! c'est vous, Monaco ? dit la même voix.
co se frotta les yeux une troisième fois. Il croyait
faire un rêve.
Oui, sire! oui, dit-il; oui, c'est moi. Mais d'où vient Votre Majesté? où va-t-ell
je vicas de l'île d'Elbe, et je vais à Paris. Voulez-vous venir
, ioi, Monaco ? vous savez que vous ave/, votre appartement aux
Tuileries.
— Sire, dit le prince de Monaco qui commençait à comprendre, je n'ai point oublié les bontés de votre Majesté pour moi, et j'en garderai une éternelle reconnaissance. Mais il y a huit jours à peine que les Bourbons m'ont rendu ma principauté, et il n'y aurait vraiment pas assez de temps entre le bienfait et l'ingratitude. Si votre majesté le permet, je continuerai donc ma route vers ma principauté, ou j'attendrai ses ordres.
Vous avez raison, Monaco, lui dit l'Empereur; allez, allez ! seule-
vous savez que votre ancienne place vous attend : je n'en disposerai pas.
Je i ille fois votre Majesté, répondit le prince.
c fit v.n signe, et l'on rendit au postillon ses chevaux, qui avaient déjà mis ci! position une pièce de quatre.
istillon rattela ses chevaux. Mais tant la por-
; i vue i i l'Empereur, il ne voulut point remonter en voiture et
Quai iléon, il alla s'asseoir tout pensif sur un banc de bois à
la porl tite auberge, d'où il présida le à lient.
pu;s i arquement fut fini, comme il commençait à s.' faire
tard, il décida qu'on n'irait pas plus loin ce jour-là, et qu'il passeï nuit au bivouac.
Le priuce de Monaco tuellement régnant, est le même
en 1813, dans ses états, rencontra Napoléon au
Juan.
•ince de Monaco est né pour la spéculation, quoique toutes les spéculations ne lui réussissent pas, témoin la monnaie qu'il a fait battre en 1837 et q ei ent dans sa principauté, attendu que les
rois ses voisins ont refusé de la recevoir.
■ La principauté de Monaco a subi de grandes vicissitudes : elle a été tour a tour sous la protection de l'Espague et de la France, puis Répuicdérative, puis incorporée à l'Empire français, puis rendue, comme nous l'avons vu, à son légitime propriétaire en 1814, avec le protectorat de la France, puis remise en 1S15 sous le protectorat de la Sardaigne. ^.ous allons la suivre dans ces différentes révolutions, dont •■s unes ne manquent pas d'une certaine originalité.
■ curie héréditaire par la f son génoise qui avait di s posses-
sions c Milanais et dai ' ■ ' ; les.
1550, au m la formation des grandes pi i euro-
loflaco , ci. : d'une seule
.oie ou par les rois de France, se mit sous
pagne. Mais, en ÏG41 , celte protection lui étant
devenue plus onéreuse que profitable, Honoré II résolut de char i
téur et introduisit garnison française à Monaco. L'Espagne, qui avait dans Monaco un port et une forteresse presque imprenables, cuira dans une de ces belles colères flamandes, comme il en prenait de temps
en temps à Charles-Quint et à Philippe II , et confisqua à son ancien protégé ses possessions milanaises et napolitaines.
Il résulta de cette confiscation que le pauvre seigneur se trouva réduit à son petit État. Alors, Louis XIV, pour l'indemniser, lui donna en échange le duché de Valentinois dans le Dauphiné, le comte de Carlades dans le Lyonnais, le marquisat des Baux et la seigneurie de Huis en Provence; puis il maria le fils d'Honoré II avec la fille de M. Legraud. Ce mariage eut lieu en 1GS8 , et valut à M. de Monaco et à ses enfans le titre de princes étrangers. Ce fut depuis ce temps-là que les Grimaldi changèrent leur titre de seigneur contre celui de priuce.
Le mariage ne fut pas heureux ; la nouvelle épousée , qui était cette belle et galante duchesse de Valentinois si fort connue dans la chronique amoureuse du siècle de Louis XIV, se trouva un beau matin , d'une enjambée, hors des états de son époux, et se réfugia à Paris, tenant sur le pauvre prince les plus singuliers propos. Ce ne fut pas tout : la duchesse de Valentinois ne borna pas sou opposition conjugale aux paroles, et le prince apprit bientôt qu'il était aussi malheureux qu'un mari peut l'être.
A cette époque, on ne faisait guère que rire d'un pareil malheur; mais le prince de Monaco était un homme fort bizarre , comme l'avait dit la duchesse, de sorte qu'il se fâcha. 11 se fit instruire successivement du nom des différais favoris de sa femme, et les fit pendre en effigie dans la cour de son château. Bientôt la cour fut pleine et déborda sur le grand chemin , mais le prince ne se lassa point et continua de faire pendre. Le bruit de ces exécutions se répandit jusqu'à Versailles; Louis XIV se tâcha à son tour, et fil dire à M. de Monaco d'être plus clément;. M. de Monaco repondit qu'il était prince souverain, qu'en conséquent droit de justice basse et haute dans ses états, et
qu'on devait lui savoir gré de ce qu'il se contentait de faire pendre des hommes de paille
La chose lit un si grand scandale qu'on jugea à propos de ramener la duchesse a son mari. Celui-ci, pour rendre la punition entière, voulait la faire passer devant les effigies susdites; mais la princesse douairière de Monaco insista si bien que son lils se départit de cette vengeance , et qu'il l'ut fait un grand feu de joie de tous les mannequins.
» Ce fut, dit M'"Q de Sévigné, le flambeau de ce second byménée. » Ou vit bientôt cependant qu'un grand malheur menaçait les primes de Monaco. Le prince Antoine n'avait qu'une iilie et perdait de jour en jour l'espoir de lui douner un frère. En conséquence , le prince Antoine maria, le 20 octobre 1715, la princesse Louise-Hippolyte à Jacques-François-Léonor de Guyon-Matignon, auquel il céda le duché de \ alentinois, en attendant qu'il lui laissât la principauté de Monaco, ce qu'il fit, à son grand regret, le 26 février 1731. Jacques-François- Léonor de. Guyon-Matignon , Valentinois par mariage et Grimaldi par succession, est donc la souche de la maison régnante actuelle, qui va s'éteindre à son tour dans la personne d'Honoré V et dans celle de son frère , tous deux sans postérité masculine et sans espérance d'en obtenir.
iré h régnait tranquillement, lorsque arriva la révolution de 89. Les Monacois eu suivirent toutes les phases avec une attention toute particulière; puis, lorsque la République fut pri profitèrent d'un moment où le prince était je ne sais où, s'armèrent de tout ce qu'ils purent trouver sous leurs mains, et marchèrent sur ie palais, qu'ils prirent d'assaut, et dont ils commencèrent par piller les caves, qui pouvaient contenir douze à quinze mille bouteilles devin. Deux heures après, les huit mille sujets du prince de laco .« [aient ivres.
Or, à ce premier essai de liberté, ils trouvèrent que la liberté était une bonne chose, et résolurent à leur tour de se constitui r en république. Seulement, comme Monaco était un trop grand état, pour donner naissance à une république une et indivisible comme était la République française, il fut résolu entre les fortes têtes, du pays qui s'étaient consti-
\i:lM<T DU LECTURE.
tuées en assemblée nationale, que la république de Mi lil à l'in-
star de la république américaine, une républiqui :
de la nouvelle constitution furent donc débattui es entre
Monaco et Mantone, qui s'allièrent à la vie et à la mort; il restait un troisième villa [loque-] une. Il fut décidé qu'il appartien-
drait par moitié à l'une et à l'autre des deux «lies. Roque-Brune murmura; il aurait voulu être indépendant et entrer dans la féd unis Monaco et Mantone ne firent que rire d'une prétention aussi exagérée : Roque-Brune n'étant pas le plus fort, il lui fallut donc se taire: seulement, à partir de ce moment, Roque-Brune fut signalé aux deux conventions nationales comme un foyer derévolution. Malgré cette opposition, la république fut proclamée sous le nom de république de Monaco.
Mais ce n'était pas le tout pour les Monacois que d'être constitués en république: il fallait se faire, dans les États qui avaientadopté la même de gouvernement, des allies qui les pussenl soutenir. Ils pensèrent naturellement au* américains el aux Français; quant à la république de Saint- Marin, la république fédérative de Monaco la méprisait si fort qu'il n'en fut pas même question.
Toutefois, parmi ces deux gouvernemens. un seul était h portée, par sa position topograpliique, d'être utile à la république de Monaco: c'était la république française, j. a république de Monaco résolut donc de ne s'adresser qu'à elle; elle envoya trois députes à la convention nationale pour lui demander son alliance et lui offrir la sienne. La convention nationale était dans un moment de bonne liumeur ; elle reçut parfaitement les envoyés de la république de Monaco, , ; les invita à repasser le lendemain pour prendre le traite.
Le traité fut dressé le jour même. Il est vrai qu'il n'était pas long : il se compose de deux articles:
i. !-•. Il v aura paix et alliance entre la république française ci la république de Monaco.
i. %2. I, a république française est enchantée d'avoir fait la connaissance de la république de Monaco
Ce trait", comme il a\ait été dit, fut remis aux ambassadeurs, qui repartirent fort contens.
Trois mois après, la république française avait emporté la république i.aco dans sa peau de lion.
On n'a pas oublié, sans doute, comment, grâce à M1"0 de l>.. le tr lité ris rendit, en 181-1, au prince Honoré' \ . ses États, qu'il a heureusement conservés de;
\u reste, le prince Honoré \ . toute plaisanterie a part, est fort aimé de ses sujets, qui voient avec une grande inquiétude l'heure où ils changeront de maître. En i ffet, malgré le mépris qu'en fait Saint-Simi ils habitent un délicieux pays, dans lequel il n'y a pas de recrutement et presque pas de contributions, la liste civile du prince étant presque entièren deux et demi pour cent qu'il perçoit pour
les marchandises, et | il prélève sur les passeports.
Quant à son abiniers, cl
erute par des cm i ilontaires.
Malheureusement noi mous voulu.
de celte charmante orangerie qu'on appelle la principauté de Monaco ; une pluie atroce nous ayant pris à la frontière, et nous ayant pagni irts d'heure «pie nous
mîmes à traverser le pays, il en résulta que nous n'a| la capi-
tale et sa forteresse, dans laquelle tiendrait la population de ti principauté, qu'à travers une espèce de voile: il en fut ainsi t\u port, où nous disi ndant ui laquelle, avec une au-
tre qui, pour le mom
priie
t • C'est, m'-, h SOUV bc, (lu mile
;.u traversant Mantone, une enseigne nous donna une idée du degré d. civilisation ou en était venue l'ex-république fédérative, l'an de grâce
\,i deSSUS d'une porte on lisait en grosses lettres
Mariane Casan pain ri mo
A un quart de lieue de la ville, nous retombâmes dans une seconde ligne de douanes et dans un second \ isa de passeport ; le passeport n'était rii ii, mais la visite fut cruelle, et nous punies nous convaincre que, dans les états du prince de Monaco, l'exportation était ao-si sévèrement défendue que l'importation. Nous voulûmes employer le moyen usité en pareil cas, niais nous avions affaire ,i des douaniers incorruptibles, qui ne nous firent pas -race d'une brosse a dents; de sorte qu'il nous fallut, nOUS et nos effets, recevoir une contre-épreuve du déluge, attendu que,
sous le prétexte de la beauté du climat, il n'y a pas même de hangar. J« profitai de ce contre-temps pour approfondir un point de science chorégraphique, que je m'étais toujours proposé île tirer au clair à la première occasion ; il s'agissait de la Monaco, ou, comme chacun sait. Pou (■liasse et l'on (léchasse. Je lis en conséquence, pour la troisième lois
depuis que j avais quitte la frontière, toutes les questions possibles sur cette contredanse si populaire par toute l'Europe; mais là, comme ailleurs, je n'obtins que des réponses évasives qui redoublèrent ma curiosité, car elles nie confirmèrent dans ma première opinion, à savoir que quelque grand secret, où l'honneur du prince ou de la principauté so trouvait compromis, se rattachait à cette respectable gigue. Il me fallut donc sortir des États du prince, aussi ignorant sur ce point que j'y étais entre, el perdant a jamais l'espoir de découvrir un mystère que je n'avais pu éclaircir sur les lieux.
Alexandre Dumas (1),