JOSEPH DE 7.EDL1TZ
a LES FEMMES M&U
Pieu n'égale la surprise d'un Européen , lorsqu'il ss trouve rour îa prend :c fois face à lare avec une femme maure. An beuder.es gracieuses et souples odalisques orientâtes à demi-nues, dont la descripton seule avait enflammé son imagination inexpérimentée, il n'aperçoit qu'une masse bldnche, informe, qui se mont avec pesanteur, et ne laisserait guère soupçonner la vie, si des yeux , généralement noirs et fort be nix , ne brillaient d'un éclat très vif dans !e faible espace ir.éngi eatre deux voiles , doat l'un descend jusqu'au milieu du front, tandis que l'autre couvre toute la partie inférieure de visage. I! iaut une certaine habitude pour deviner à travers cet amas d'étoffe, sous lesquelles la jalousie des maris musulmans s'efforce de dérober les femmes aux regards des profanes, l'âge , io degré de beauté et même le degré de vertu d'une dame Algérienne. Mais l'œil d'un observateur exercé triomphe en tous ces obstacles , et par le peu qu'il lui est permis d entrevoir il sait juger de ce qu'on cherche à lui cacher.
Ainsi, par exemple, la présence ou l'absence de certaines rides sous la cheville du pied suffit pour faire reconnaître si une f::ame est en deçà de la limite qui sépare la jeunesse de la maturité ou si elle l'a dépassée. C'est sans doute pour dissimuler ce fâcheux indice qu'un grand nombre de Mauresques oui adopté avec tant d'empressement l'usage, européen, déporter de5 bas. Dans cette d raiera hypothèse, il existe un autre moyen d'obtenir la donnée chr'onologi pis q'i'on recherche : si l'arcade sourciliiere présente uu arête miure et vive; si le globe de l'œil s'enfonce profondément dans l'orbite, on peut en conclure avec vra'isemblauce que le sujet observé a atteint ipoque de la vieque ies beautés algériennes redoutent particulièrement, car l homme n'edme sa; compagne qu'autant qu'elle conserve sa fraîcheur et ses attraits, et ia femme de trente n , loin de t* trouver, comme dans les s île M. de Balzac, a l'apogé - de son empire .et de ses triomphes, est devenue depui un obj 1 d'indifférence, quelquefois mime de mépris.
Ajoutons aux carael" .res indiqués p"us haut qne ie mouchoir destiné à voiler le visage élan! :ment derr, ère la tête, s'applique avec beaucoup d'exaelitade sur la tVe. La figure d'une iemme maure produit alors l'e.'fet assez peu gracieux d'un masque moulé en plâtre, et l'étoffe, qui se trouve collée à la peau, traduit ave.; une désagréable fidélité les dépressions et les saillies anguleuses de l'âg i mûr. Les femmes maures jeunes et belles qui ne peuvent que g'g . r à si! laiss irdevin ir, oit soin de faire usag : d'un mouchoir d'une extrême transparence, ce qui permet d'apprécier les traits soir le double rapport de la forme et de la couleur; elles trouvent ainsi le moyen de concilier leur coquetterie naturelle avec une exigence qu'elles maudiss nt toutes en secret.
Il est assez facile de distinguer les trois classes qui, au point de vue des mœurs, composent ia population fémiuiue indigène. Cesonld'abo.d les dînâtes femmes honnêtes, celles dont la position est réputée régulière souslerap.
GI
céder par inductions. A ce litre, l'auteur établit que le sanglier fut choisi comme un symbole naturel de la force farouche des Gaulois et de leur vie sauvage dans les forêts et les marécages qui < ivrai ui ia plus grai partie de leur territoire, Ct quant à la valeur religieuse que sa présence fait reconnaître sur la monnaie, elle parait nus-i avoir dû son origine à la vie habituelle du sanglier dans ces forets qui étaient honorées ^'an culte spécial, ei où il se nourrissait du finit même de l'arbre sacré par excellence, le chèn -, placé j la tête de tous les objets d'adoration . comme le simulacre du dieu unique des Druides. A l'appui de ces propositions, M. de la Saussaye a présenté un choix de médailles empr uni i .1 m colli c lion particulière et h celle du cabinet du roi. Après avoir suivi Tordre des différentes provinces de la Gaule, il fait une excursion dans les autres contrées où les Gaulois ont existé, soit comme nation, sou à l\ tal de colonie. Ain>i il décrit les médailles de la Narb innaisc, de I' aquitaine, de la lyonnaise ou Celtique, de la Belgique , cl il retrouve sur tontes le sanglier de • Gaulois. L'ile de Bretagne, habitée par. des populations dont l'origine était commune avec celles de la Gaule, devrait aus.-i placer sur ses monnaies le symbole de la grande famille gallo-kimriquc. On le voit en effet Pguror sur un grand nombre d'entre el ... t il forme ordinairement le type île l'une des faces; on le voit aussi chez les Ccllibères, et l'on remarque au revers de la médaille la feuille et le fruit de l'arbre sacré qui fournil sait au sanglier sa nourriture habituelle. Enfin les médailles de l'iîlyrie, de la lialatie, nous offrent encore le même s\ m
Si l'on ajoute à l'autorité de ces médailles l'examen des innombrables statuettes et amulettes du sanglier qui sont continuellement rencontrées dans toutes les localités antiques de notre territoire; si l'on se rappelle les enseignes gauloises figurées sur l'arc d'Orange et le bas-relief encore inexpliqué de DOnon, on regardera sans doute comme démontrée la proposition qui faille sujet de ce mémoire.
SUR QUELQUES PIERRES SACRÉES CHEZ IIS CELTES ET IIS ORIENTAUX. — Le plus multiplié peut-être des monuinens celtiques est le Cromltach ou tombe-autel que l'on n n : e dan • béai coup de contrées de l'Europe au^si bien qu'en Vie, .•: qui montre, par la force et la grossièreté de ses matériaux, le véritable carac ère de ;.■ relij . u ancienne; il se voit aussi en Irlande. 11 est rem que tous les au ■ miels
trouvés dans ce pays, et connus maintenant sous le nom de Cromt a h on pierres inclinées, furent appelés dans le principe de Dieu, et paraissent avoir et: de la m imc e ce que ceux dont il est parlé dans le livre de la G< m se, el appelés ; ai . m >t
qui a la même signification que le Botliat i; landais. Du mot Belhel vient évidemment celui de Bittyli, appliqué aux pierri i sacrées rlc i païi 11s.
Une chose moins ancienne cl moins général :s nations 1 Itiqucs,
c'était le cercle de pierres dre un autel ou '1 ■
an centre, et qui, comme le prototype qu'on en a\ ervait
quelquefois de temple pour le culte, el quelqui ur ! • con-
seil. L'ancienneté tl . ■ , de
cette nature résulte clairement d'un conseil d enceinte de pierres taillées, que l'on voit représenté sut chille. Les restes d'un len tire près . faisaient :
on le suppose du moins d'un { celui de lloiii
étant ouvert du côté du levant, et formé 1
et Giraldus dit que, de son temps même, l'on| msla
plaine de Kildart un im a une ni de pici rc qui coi : espond exac-
tement, pour la forme et pour la ton iûaltoneli
Les Irlandais palans, dans leurs sentimens de respect pour certaines pierris. et cei rs, ne fais re l'exemple de
part des nations de l'Orient; et la vertu mené lieuse ami.,, meuse Lia Fait ou pitrre de la De. di ni on scservail dans
lion des monarques irlandais, peut être roui: i à c lie de Vatizo>! ou /' '"' dVg nt desPei à ordaient un semb
charme dans le choix de leurs sauvera ns.
Les monuinens connus sors le nom de pierres mouvantes que l'on trouve en Irlande, comme dan; les Cornouailles et h prin ,
les, paraissent aussi rcssembli : à cette sorte de merveilles naturelles ou ariiûcielles que les Phéniciens 1 egardaienl comme sacrées sdus le nom de ou pierres animées. Le fait que ces pierres que l'on disait être a :ili - p 11 un i 1 lisaient partie des <■, remontes païennes de l'Orient, est clairement démontré par la mention qu'en 1 m faite quelques auteurs an iens, qui déclarent les avoir vues eux-mêmes au siège principal du culte du soleil, à Héliopoli.', l'ancienne Balbcc.
Parmi le- co Unes 1 tombt aux sa ; 1 s de l'Irlande, le lieu le plus célèbre élaii la coltin Wl snea, h, parce que son sommet réunissait les limites des cinq provinces dé l'Irlande. I. a pierre qui formait ce point de réunion s'appelait le nombril dt Clrlande, comme le site du temple de Delphes était nommé le nombril de il nivers. Dans le caractère sacré que l'on attachai: a ia colline d'I sneach, ou retrouve cette an ienne 1 irme d'idolâtrie qui naquit du respect naturel que l'on accordait généralement aux bornes et aux frontières, et dont la trace se voit dans les anciennes 11 ; titions de la plupart des contrées de l'univers. Il a été démontré que les monlagn s saint s des anciens Grées, i\,'> Asiatiques et des Egyptiens étaient toutes situes sur les marches ou sur le terrain des frontières.
Ceux lie ces mou!-, sacrés qui sont artificiels, ont été appelés généraient nt Barows ou Cairns, suivant qu'ils sont formés de terre ou de pier- 1 ■.. Hsncforcni dans l'origine que dt simples tombeaux. Parmi les Grecs, il n'était pas saiis exemple d'élever une colonne au sommet du tertre [Burrow), comme celle du tombeau d'Elpenor, décrite dan, l'Odyssée, et celle plus célèbre d'Achille dressée sur le promontoire de Sigée, (pie l'on dit conserver encore les traces de la colonne sépulcrale dont d était autrefois surmonté. Les antiquaires signalent en différentes parties de l'Irlande des monuinens de forme semblable, et le grand Barrow de New- Grange passe pour avoir eu originairement à son sommet une pierre d'une grosseur considérable. Ou trouve dans l'antiquité des preuves que les Cairns et li s Barroœ étaient consacrés au Soleil : et de mémo que le mot
Grian, nom celtique du soleil, Apollon lit ait évidemment si rigine de
Crynœus : ainsi le mot carn , qui ertàexpt . ces sortes de tombeaux dans la lau ue des Celtes, adonné aussi à ce même dieu la' qualification de Carn . [Echo du Monde savant.)
VOl AGE AUX RU1.VKS DE t ILV1YRE i:v DÉCEMBRE 1 GUrail c'une relalio 11 uciiqu I ciélé de G
A peine installés dans no c I ;cmei t, non loin du le n tuscoui ruines, qui, bien qu'embras-
sant une étendue d'environ trois quarts de lieue, nous parurent iufi ri sous tous les rapports à celles de l'bèbes. On> trouve d ■ pet.;, temples isolés, quelques colonnes cannel ,d taux, des corniches,
deporti s, de fer : ricu y observe le me e 1
à réui.ir les pierres en bronze dont on trouve partout des
- : il nous semblait sur !■■ une avenue di stations de repos
1 ur ; parti i es de loin en 1 du
par des piédestaux massil : m evoir sa statu
1 1 - profdsdes nu it, parii r bi .n ion, en
harmonie avec tout IV lai de 1 ; 1 tiincs. Quelques jardins de dattiers.' avoisi 1 ndeen-
du temple] qui d'ailleurs ne manque pas d'eau,
pourrait être environ.:.- d'un • belle vet lut \ et al Imii tble la-
bié iu ! Le, totale n'cxi 1 mètres,
; a [i '■ nous n'avons obset 1 e nul c part ; c'est un
éperon saillant, taillé en même temps qi I <-t qui, sans doute, d- ■ \ ait recevoir une st. nue. Si cctl ■ multitude
on | . 1 culée par de artistes de la-
quel beureu v 01 nemi r cette barmoni cusc arclii-
icctui ■
passâmes les journées des 21, 22 et 2? décembre, '.antôt à deesi»
ner, tantôt à parcourir le terrain. Si l'on veut comparer entre elles les ruines les plus célèbres du monde, relies de Palmyre et colles de Thèbes, on accordera toute la supériorité aux dernières, comme étendue, conception cl exécution. La seule partie de Palmyre qui puisse entrer en parallèle avec les constructions d'Égvpte, est le temple du Soleil. Il a conservé une cella obstruée par les cahutes* des Bédouins et par une mosquée. Nous remarquâmes sur une magnifique porte d'entrée un aigle scuipté sur des boules, comme l'épervier d'JÉgypte sur le globe ailé. La cella était environnée de colonnes, dont quelques-unes seulement sont intactes; elles c< «(posaient un vaste portique, qui était lui-même entouré de riches colonnes encore debout et de mais largement construits. En sortant de ces murs on entre dans l< s rang< > s de colonnes, dont on peui porter le nombre à &00. Thèbes oppose à cela ses longues avenues de sphinx et des colonnes qui, au lieu de 7 à S mètres, ont jusqu'à 25 mètres de hauteur sur 8 mèires de circonférence.
A une demi-heure du temple sont les tombeaux bouleversés qui semblent avoir reçu toutes les richesses de la sculpture. On y voit d( appuyées sur des urnes, des g<> rriers mi:- leurs casques, des demi-n de la Fortune ailée sur un globe, lue partie des sépultures consiste en sarcophages, les autres h: - dans des tours très curieuses à visi-
ter. Les morts y étaient \ I es auges ou fos?es, les uns au-des-
sus des autres. Daes les parois des tours se sont consi i eurs bus-
tes sculptés : les plafonds sont peints et portent des rosaces semblables à celles des arcs de triomphe anciens et modernes. On entrait à Palmyre comme à Poaipéi, par la rue des tombeaux.
On nous a souvent demandé, à notre retour snr le littoral, si nous préférions les ruines de Palmyre à celles d . Nous n'hésiterions
pas encore aujourd'hui à répondre affirmativement ; car Palmyre a, comme Bâlbek, un beau temple du Soleil, et de plus que une forêt de colonnes au-dehors: il faut y joindre l'intérêt et la surprise qu lent les merveilles sur 1 squelles on tombe toi.t à coup au milieu dudé-
SCi't.
La forteresse turque, abandonnée aujourd'hui, n'a que sa situation, qui lui donne l'air d'un refuge de vol ss doutons
que la forteresse pro] i lilé. Quant
au\ belles constructions d'architecture, Wood les fait remonter au i d'Antonin-le-Pieux. %
De beaux et antiques souterrains conduisent l'eau de la source sulfureuse jusqu'aux jardins < t au i ousnousglis .s le conduit, et nous confiant dans les assura
avoi,' i s l'eau l'espace Je quatre ou cinq mètres, arrivâmes
en effet a la source dans une excavation n ;.;e que stature
d'hommes. Nous y prîmes un bain d'auta la tempéra-
ture extérieure : . On voit : au fumer et
dégager une forte odeur de sou rc. La population, qui n'en boit pas a'., litre, est remarquable par son air de san'.é, et les femmes par leur beauté.
On sait que Palmyre e t un poil et d'approvisionnement pour
aravanesqui vont de Bagdad à Damas. Les Anasès, avant !a dominalion égyptienne, venaient souvent piller ces dernières, sella Palmyre, soit plus au loin dans le déserî, et ils T:e per !
aux Européens que moyennant une ti et une somme très-forte ;
on voit combien nous trouvâmes cet état de choses changé.
ADOLPHE DE CARAMAIY.