DÉGRAISSAGE
Le Moniteur de la Propriété rapporte l'expérience suivante, faite par par un chirurgien-major ; elle nous parait mériter m des ména-
gère» :
La pariétaire officinale va devenir précieuse dans les ménages, les hôtels, chez les traiteurs, et généralement rands éta blics, par sou affinité spéciale pour tous les corps gras.
Vn soldat attaché à mon service particulier ayant employé cette plante pour nettoyer une bouteille qui avait contenu de l'huile, je fus frappé de sa propriété absorbante et aussi j'en lis d'utiles applications.
aies expériences multipliées m'ont démontré que la pariétaire pouvait server à laver à froid la vaisselle et tous les ustensiles de cuisine étantes ou en argent, ainsi que les dilférens vases qui ont contenu du lait, de l'huile ou tout autre corps gras.
Eile donne en outre du brillant au cristal et au verre, et rien ne nettoie plus promptetnentles glaces, les carafes, les huiliers, les vitres, etc., que cette hei
que soi utilité domestique pourra même être étendue encore, puisqu'elle ai 'a servi à dégraisser parfaitement une paire de gants de peau.
On emploie toute la tige, et principalement les feuilles ; on trempe dans l'eau froide les objets à nettoyer, on les frotte légèrement avec une demi-poignée de cette plante ; on en introduit les feuilles dans les carafes, les bouteilles, etc., etc., etc., en y ajoutant une certaine quantité d'eau, puis l'on agile ; pour les glaces et les vitres, on trempe tout sim- .;i dans l'eau un peu de celte plante qu'on passe sur la surface.
Lorsqu'elle a servi à laver la vaisselle ou à nettoyer des corps gras, la volaille mange entièrement cette plante, qui esi très commune et d'ailleurs fort innocente.
Ce nouveau mode de lavage à ican froide sera d'une grande utilité, et économisera en ouire beaucoup de combustible.
un aux.
JUSTICE DE PAIX
2e arrondissement. — V Inévitable.
Au moment même où l'on appelle la cause de M. Crépon contre M. Luci n Reniblin, ce dernier entre dans la salle d'audience. Sa mise est des plus rechi s : un élégant paletot blanc doublé de satin broché, croi-
sant : imènt sur un gilet de velours, et un chapeau Gibus compo-
sent sou accoutrement.
le voilà, répond-il gro .i en saluant le juge, et il roule dans
ses do i ii cigare de Havane, qu'il vient d'Ôter de sa bouche.
Crépon, le den . forme avec lui un contraste parfait. Un bonnet
de p délabré couvre sa tête grise ; la blouse et le pantalon sont
Le juge. • — M. Reniblin, Crépon vous réclame une somme de vingt
que vous lui devez.
Reniblin. — C'est à ;r dois rien à monsieur.
Lu murmure se fait < parmi les auditeurs.
instant, mon juge, monsieur manque de respect envers
la société... J'm pas un pantalon blanc, moi, mais je suis à cheval sur la
politesse; c'est pas moi qui garderais un cigarre allumé devant vous... A
ma pipe en entrait.
ilin s'aperçoit qu'en effet son cigare brûle encore; il ouvre la porte
et le jette sur le pallier.
Le juge, à Crépon, —Comment Remblin a-L-il contracté cette date en- \ i i vous ?
Crépon. — Il m'a promis ces vingt francs. Le juye. — Mais pourquoi ?
Crépon. — Oh ! ils me sont bien dus... Il voulait m'empêcher d'exercer ustrie dans la rue, il est juste qu'il me dédommage. D'ailleurs, une fois déjà il m'avait promis dix francs, et il me les a bien donnés.'
Remblin. — Je vais -eus expliquer cela, monsieur, si vous voulez me le permettre... J'ai l'honneur d'èire premier clerc dans une étude de notaire... Je vous dirai, monsieur, que j'aime la solitude... Aussi je suis resté garçon, tout à fait garçon, monsieur, je vous en donne ma parole d'honneur.
Le juge. — liais, monsieur, ces détails., .
Remhlin. — soin indispensables pour l'intelligence de ce qui \.i suivre. Or, comme j'aime la solitude, et que le soir, à Paris, les rues sont pleines de monde, je me rends assez, ordinairement au théâtre de la Gaité, dont les habitudes solitaires se rapportent parfaitement à mes goûts, li > a une huitaine de jours, je sortais dudil théâtre, lorsqu'en oi'enfonçantdans les rues les plui . je vis deux ombres au lieu d'une projet* s par
la lueur du réverbère. Connue jusqu'ici je ne m'en étais connu qu'une, je tournai la tète, et je vis monsieur qui me suivait pas à pas. Le lendemain, je retourne à la Gaîté : même bonheur de solitude, même infortune en regagnant mon domicile. Le lendemain malin, je descends de chez moi la ferme intention de taire ma - au i li saire de
police. Qui trouvai-je, assis sur la borne de ma port,' cochère .' Toujours monsieur. Enfin, fatigué de celle poursuite acharnée, je lui donnai dix francs pour qu'il me laissât tranquille. Le lendemain soir, messieurs, il était encore dernière moi à minuit et demie... La tète de Méduse n'aurait fait moins d'effet que la tête de... Eh bien ! où est-il donc?
Ici lU'mbiin aperçoit que depuis quelques minutes son adversaire a disparu.
Crépon, revenant. — C'est bon, c'est bon, me voilà.
Rcmblin. — Ab! je savais bien qu'il reviendrait. —Alors donc je lui dis : Mon ami, si vous voulez me faire le plaisir de ne pas me suivre, je vous promets vingt francs demain.
Crépon. — Voyez-vous, monsieur le juge !
Remblin. — .Mais comme depuis ce temps, monsieur n'a pas poursuites, j'aime mieux ne rien lui donner. Au bout du co ne suis
pas fâché qu'il m'appelle ici, je saurai enfin ce qu'il me veut... Je ne suppose pas [ue monsieur soit l'ombre d'une de mes victim s quelconque... (Souriant.) Mes victimes à moi i idcntqu'àc Jusardetde
soupers au vin de Champagne. Parole d'honneur, si monsieur icut :. .'expliquer la chose, je lui donne le- . . suite.
Crépon.— Ça va !... Vous fumez, n'est-ce i
Remblin.— Sans doute.
Crépon.— Et mo imprenez-vi
Remblin.— Pas du tout.
Crépon. — Vousjelcz vos bouts d s, cl moi je li
rite. ) Pure Havane, vos ciganes, mon bourgeois; je m'y connais j'étais à la piste, je ne vous ; mie.
lin, avec un soupir de salis faction. — Ah! cen'c je sois sauvé ; mes cigares sont finis , je viens de je ut à
■ en entrant ici.
loi! vous faire de la vous en priver ; tenez, le voilà. (11 le ti. nie à
Remblin qui reste stupéfait.)
Crcpon. - Parbleu, je l'ai été ra
Le juge lui peut garder son s iricux,
rôle au milieu de Phi raie.
Remblin.- acs, mais à compter de demain je ne
fume plus que des cin | cenliui .