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( les |' upll S ont une rare industrie, qu'il est facile de reconnaître au travail de leurs armes et de leurs immenses lilets, a la construction de le ii- pirogues I ; de leurs maisons, et a la culture des plantes dont ils se
nourrissent, aujourd'hui, que les navires fréquentent ces parages et que chaqui i moins une hache, une pioche avec quelques
couteaux, e m. uns lies ouvr i ios insulaii
entreprendre et. suent perfectionner. Mais on a pi die comment il i utrefois, .née des pierres aiguës on de
simples coquill i i construire des |
lions ci des barq manquent ni i l'éléganci i un
- h s se i' m de cinquante a soixante
pieds, de la grosseur d'un \aste tonneau, plus minces ci rolevésen forme
de proue a leurs extrémités Sur e, s deux arbres places parallèlement a si\ ou sept [lieds de distance, on établit un ulanoher qui règne eni iron dans un tiers de leur longueur; au centre de L'embarcation s'élève une niaisonnette pour abriter les oavigateurs; puis, .i l'aide d'un gouvernail, d'un
ni.il cl d'une \oile faite de nattes, on va chercher aventure sur les mers. 11
y a encore des pirognes doubles qui peuvent recevoir plus de cent personnes, 1 1 avec Lesquelles on passe sans crainte d'un archipel .i l'autre,
.. Les maisons ressemblent assez, a un parapluie, qui, .m heu d'un seul soutien dans son centre, en aurait quatre places carrément dans le milieu de sa pente, et dont les bords ne seraient élevés de terre que de trois ou quatre pieds. Elles sont couvertes de feuilles si habilement cousues ensemble, qu'après avoir résiste trois ans aux intempéries de L'air, elles sont encore impénétrables à la pluie, v l'intérieur, le terrain est jonche
d'une couche épaisse de feuilles, sur lesquelles s'étendent, en gUISe de t,ipis, de belles Dattes de cocotier Ces cabanes son! en généra] construites sur le bord delà nier, ou ,i peu de distance, alin d'échapper et aux chaleurs étouffantes de l'intérieur de l'île, et a l'importunité des moustiques qui y formulent. Quolques unes de ces habitations sonl ,i la fois assez
spacieuses pour abriter près de trois cents pers tes, assez solides , ,,
résister aux coups de venl les plus furieux. Il y a dans chaque village nue espèce de cellule uniquement destinée a loger la divinité du lieu, lorsqui , revenant de la nuit séjour des dieux . elle désire prendre quelque repi s pendant le jour. C'est un asile inviolable pour les criminels. Toute bourgade possède [encore une maison des morts: elle s'élève ordinairement sur un tertre entouré de murs et d'une haie d'arbrisseaux ; celle sépulture conii ic est entretenue avec la plus grande décence.
« Les meubles qui décorent chaque cabane sonl un beau plat de Cava, un casse-tête, des lances, un ou deux gros paquets de tape, plusieurs oattes pour dormir, que pendant le jour on a soin de rouler cl de suspendre sous le loit, quelques paniers contenant la provision d'huile, des colliers en os de baleine et plusieurs éventails. Un trouve aussi dans quelques familles un ou deux fusils ; le roi et deux autres chefs en ont réuni jusqu'à si\. Plus heureux que tous ses compatriotes, un jeune
homme eu a quinze, avec une grande quantité de poudre ci de cartouches. Aussi se compare- t-i] a Bonaparte, dont le nom ci Les exploits lui
étaient connus avant noire arrivée
L'occupation des femmes ne se borne pas au soin de leur ménage; elles sonl encore chargées d'entretenir et de cultiver les plantes qui doivent servir aux vcieineiis de toute la famille. De son cote, l'homme four» ml les ahniens; à lui les travaux de la pêche et ceux qui préparent la moisson. Les vivres', d'ailleurs, sont ici en abondance et de bonne qualité; ceux dont on l'ail Le plus d'usage sonl ; le cochon, le poulet et les
poissons: L'igname, '.rosse ci excellente pomme-derterre, dont la tige ne diffère de celle du haricot que parce qu'elle est plus élevée; le fruit de l'arbre a pain, qui, dans la bonne sn.vni, lorsqu'il est bien cuit, a la plus appétissante saveur. Ce fnùt, île la grosseur d'un petit melon, n'a tx oin
pour toute préparation, que d'être coupé en quatre et mis au four, on cueille encore la banane, qui ne le cède pas ,i la poire beurrée d'Europe; C'est une grappe assez semblable a un énorme raisin dont les grains,
quelquefois au nombre de cent, auraient la grosseur cl la forme ilun
petit concombre, aussitôt le fruit ramassé, la plante meurt, laissant des rejetons à sa racine; sa feuille a souvent si\ pieds de long sur deux de les insulaires s'en servent comme de plais pour faire cuire leurs alimens. Le coco est encore une des productions les plus utiles du pays. Cet arbre providentiel est même l'unique ressource de certaines Iles
commenl i lumérei ions les services qu'il rend ! son bois, excessN il
dur, esi employé , i r les naturels a la construction de leurs cl, .mes; ses
Ëeui tinze pu vingt p n< m . foui nissi ni aux habitations
e et Les nattes qui les tapisseni ; sa Heur ri
ou du moins la principale torche du pays; le fruit renferme
- liqueur délicieuse c'est, après le cava, la
a de l'île. Sa noix est bonne à manger; si on la ra|
donne mi jus qui assais us Jui-raéme, des qu'on
le fait cuire, se transforme en huile excellente pour la [lampe. Avec la coquille on façonne ou de belles coupes pour boire le cava, ou des cruches pour porter l'eau; de la bourre qui lui sert d'enveloppe, on fabrique des cordages, etc. L'île produit beaucoup d'autres fruits sauvages, dont les naturels composent une étonnante variété de mets. Leurs richesses domestiques se sont encore accrues de plusieurs emprunts faits aux Européens : de ce nombre sont le chat et le pigeon, naguère iuconnus à ces climats.
« Ici la végétation est des plus vigoureuses. Il faut l'attribuer, non au travail de l'homme, mais à la fertilité naturelle d'un sol qui n'a pas même besoin d'être remué pour produire. Toute la culture se réduit à brûler le bois des forêts et à creuser les trous qui reçoivent les plantations d'ignames et de bananiers. C'est à peine si la huitième partie de l'île est cultivée en même temps : dès qu'une terre a donné deux ou trois récoltes, on l'abandonne, et les taillis reprennent, pour quinze ou vingt ans, la place qu'occupaient les plantes.
« Nos insulaires n'ont rien de bien réglé pour le nombre de leurs repas. Tantôt ils en font deux ou trois par jour, tantôt ils se contentent d'un seul : il est remarquable que les jours où ils travaillent le plus sont aussi ceux où ils mangent le moins. Je serais porté à croire qu'ils sont en grande partie redevables de leurs forces à l'usage fréquent qu'ils font du cava. La plante de ce nom est ici l'objet des mêmes soins que la vigne en Europe. Chaque matin, et plusieurs fois dans le courant de la journée, un certain nombre d'hommes se réunit pour la triturer en commun. Rien n'égale la solennité qu'ils mettent à cette préparation. La racine est d'abord présentée au plus noble de l'assemblée ; celui-ci, après le salut et les remercimens d'usage, la fait offrir par honneur et par amitié à quelqu'autre noble de la compagnie ; ce dernier l'examine un instant, félicite à son tour le donateur, et renvoie le présent à celui qui préside la réunion : des mains du président, la racine passe enfin dans celles des convives, qui se la partagent, l'approprient avec soin et la réduisent à une espèce de pâte. En cet état, on la recueille dans un vaste bassin ou, de nouveau triturée et délayée dans une grande quantité d'eau, elle est enfin distribuée à tous les assistons dans l'ordre indiqué par le tousa ou maître de cérémonie. La liqueur épuisée, une nouvelle préparation recommence et se répète quelquefois cinq ou six heures de suite. La plante du cava est presque l'unique nécessaire de ces peuples. C'est en effet par elle qu'ils honorent leurs divinités et se les rendent favorables; c'est par elle qu'ils se réconcilient avec leurs ennemis, et qu'ils entretiennent la bienveillance du roi et des chefs; les coupables lui doivent souvent leur pardon et même la vie; elle sert de talisman pour obtenir la santé et retrouver les choses perdues ; elle préside à toutes les alliances, à toutes les visites, aux moindres démarches religieuses ou civiles, publiques ou personnelles: en un mot, rien ne se fait sans que le cava ne soit offert eu signe d'adoration ou d'amitié. Prise avec modération , cette liqueur est réellement bienfaisante; mais l'excès en devient pernicieux: alors elle charge la tête, assoupit et énerve. Au commencement, les étrangers n'ont pour elle que de la répugnance ; bientôt ils s'y accoutument et Unissent par la boire avec plaisir. Je puis dire par expérience qu'elle remet fort bien des fatigues souvent extrêmes, qui, sous le ciel brûlant de la zone torride, se font sentir au plus léger travail. A la vue d'une Providence si attentive à placer partout ce qui répare les forces de l'homme à côté de ce qui les épuise, n'est-il pas vrai de dire que Dieu est grand et admirable dans toutes ses œuvres ?
« Les Wallisiens ont aussi leur bonne part des infirmités humaines. Tous les enfaus, sans exception, sont atteints d'une maladie qu'ils appellent Tessa; c'est la petite vérole du pays. Les blancs même y sont sujets lorsqu'ils font dans l'île un assez long séjour. Tout le corps se couvre de gros boutons, que souvent on ne peut faire passer qu'en les égratignant jusqu'au sang. Bien que cette indisposition dure six ou huit mois, elle n'est cependant pas mortelle. Parmi les adultes , beaucoup ont a souffrir de la grosseur démesurée de leurs bras et de leurs jambes, ou de larges et nombreuses plaies qui parfois les estropient. Je ne connais
que deux aveugles dans toute l'île , et je n'ai pas encore rencontré un vieillard à qui il manquât une seule dent. Ici, les cheveux blanchissent avant l'âge, mais ils ne tombent pas. Les maux de reins, les rhumes, les fluxions de poitrine , etc., forment le cortège ordinaire de leurs infirmités. Ces peuples pensent que. toute maladie leur vient des dieux irrités : aussi s'empressent-ils de les fléchir par des offrandes de cava. Il en est qui portent leurs malades auprès de quelque chef, comme si son autorité rendait son intercession plus agréable à la divinité. Celui-ci se contente de verser sur ceux qu'on lui présente un peu d'huile ou de lait de coco , et de leur palper la tête en murmurant certaines prières; car à quelque partie du corps que soit le mal, c'est toujours à la tête que s'applique le remède.
« Quant à la religion des naturels, je dois dire qu'elle n'adresse pas son culte aux idoles. Leurs divinités sont toutes de purs esprits, autrefois unis à des corps, à l'exception de certains dieux principaux qui n'ont jamais participé à notre nature, et dont l'origine est pour eux un mystère. Tous ces esprits habitent la région des nuages , ou viennent d'une terre éloignée qu'ils appellent Porstu (nuit de prières) : le nom générique de leur olympe est Epoouri (la nuit). Là, règne une hiérarchie pareille à celle qui est établie dans notre île, c'est-à-dire que tous ces esprits reconnaissent un roi ; les premiers après lui sont les ministres de ses volontés. A l'un il confie le soin de telle île , à l'autre celui de faire observer les tapus , celui-ci décidera de la paix ou de la guerre, celui-là est chargé de maîtriser les flots, de diriger les vents , de protéger les fruits. D'autres aussi, et c'est le plus grand nombre , composent seulement la cour du grand Esprit, et ne visitent jamais notre terre, si ce n'est par manière de promenade et pour boire une tasse de cava.
Les hommes et les femmes dans le corps desquels ces divinités descendent, sont appelés Taura et Atua, prêtres ou prêtresses de Dieu : on en compte plus de soixante dans la seule île de Wallis ; sur ce nombre, on ne fait guère attention qu'aux prêtres des esprits supérieurs. Pour ceux qui n'occupent qu'un rang très secondaire dans le royaume de la nuit, si les insulaires leur accordent quelque respect, c'est uniquement pour qu'ils n'aillent pas les dénoncer auprès des dieux constitués en dignités. Les rois sont très-redoutés après leur mort ; car on est convaincu qu'ils ne tardent pas à revenir au milieu de leurs anciens sujets. Un grand chef que j'ai connu vient, dit-on, de faire une apparition deux mois seulement après être descendu dans la tombe. Voici à quels signes on a reconnu sa présence : un vieillard, proche parent du défunt, et déjà possédé de plusieurs autres esprits, fut saisi d'un frémissement soudain, tandis qu'il faisait d'abondantes libations de cava : les syllabes qu'il articula n'avaient rien de commun avec les accens de ses ataas accoutumés, mais c'était le ton, la voix même du chef dont on avait récemment célébré les funérailles. Aussitôt l'assemblée se prosterne devant le vieillard, lui baise respectueusement les pieds, attend dans un religieux silence les oracles qui vont sortir de sa bouche. En effet, le nouvel esprit se nomma et confirma les assistans dans leur croyance: pour consoler ses parens, il leur apprit la dignité dont il était revêtu dans le royaume de la Nuit, consentit à vider une tasse de cava et disparut. Depuis, il s'est encore révélé à plusieurs reprises d'une manière tout aussi inconcevable, et le voilà dûment installé au rang des dieux du pays. Telle est à peu près l'histoire de toutes les divinités de l'île. Chaque prêtre a des signes particuliers auxquels on reconnaît quel esprit l'agite: ces signes se composent de cris sur tous les tons et de contorsions en tous genres. Quant aux propos débités dans l'inspiration, chez les uns ce ne sont •que bouffonneries ridicules ou plaisanteries indécentes ; d'autres, plus modérés, chantent, rient, sermonent la foule, ou demandent du cava. Quels que soient leurs discours, ils sont toujours accueillis par des bravos. Parlent-ils de se retirer, on les prie de continuer encore quelques instans à l'île le bienfait de leur présence. Enfin, ils disent adieu aux mortels et s'envolent au séjour de la nuit. Leur départ est pour le prêtre ou la prêtresse le signal de nouvelles contorsions : ils se frappent la tête, la poitrine, crachent et crachent encore jusqu'à ce qu'il ne reste
plus en eux rien de divin. Le dieu parti, son prêtre n'est |ilus qu'un homme ordinaire et n'a droit à aucun privilège; quelquefois même il parait ne se souvenir de ce qu'il a «lit sous l'influence de son otua, que pour désapprouve! ses paroles. Lst-ce la un calcul de la ruse, ou un égarement de l'imagination? il serait difficile de le préciser. Cependant, quand on sait quelle est la durée des séances que t'ont les limeurs de cava, le morne silence qu'ils y observent, et surtout la force de la liqueur qu'ils savourent a longs traits, on ne trouve pas étrange que quelques-uns de c.s énergumènes soient de bonne foi, et qu'ils prennent pour d.'S transports di\ins le délire ou les jette l'ivresse Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais été témoin de pareilles scelles, sans me sentir de plus en plus touché de compassion pour ces pauvres aveiiL'Ies.
Quel est maintenant le culte qu'ils rendent à leurs divinités? D'abord, la foi à l'es prétendus esprits qui empruntant nos organes pour s • re\elerau\ insulaires el solliciter leurs offrandes, n'est partagée que par un très petit nombre de personnes; la multitude doute; quelquesuns vont jusqu'à traiter ouvertement ces apparitions d'imposture : néanmoins la crainte du roi et des chefs les détermine a s'associer au culte commun.
( e culte consiste a offrir du cava , surtout lorsqu'on est malade; à invoquer kakou et Finas, les deux divinités plénipotentiaires de l'île; à entretenir les sanctuaires qui leur sont consacres, el qu'on orne parfois de guirlandes de fleurs. Chaque année, une fête en leur honneur réunit tous les habitans de Wallis. Leurs présens sont quelques plantes des champs, quelques fruits de la saison. Au nom de tout le peuple, un insulaire prie a liante voi\, a peu près en ces ternies : « Dieux que nous invoquons, cesse/ d'être si médians à notre égard! nous vous abandonnons le gouvernement de notre terre; rendez-la donc heureuse. Nous ne vous chassons pas comme cela est arrive dans d'autres lies; •• et néanmoins vous nous faites toujours mourir ! Vous ne cessez de « faire au roi de faux rapports contre nous ! Quand mettrez* n Gn • a une telle conduite? » On voit parce langage d'ailleurs assez peu révérencieux, que ce peuple n'attribue la mort qu'à la colère de ses dieux De la le desir que plusieurs des insulaires m'ont manifesté d'embrasser notre religion, parce que, disent-ils, li> Dieu des blancs parait plus doux et plus patient que leurs esprits toujours prompts a s'irriter; grâce a sa longanimité, ils espèrent vivre toujours.
Bataillon.
{La suite incessamment).
TRIIHJINAUX.