DU DE SERVIS DE PICNORIUS
M EUchome a donné sur ce sujet dans le Bulletin bibliophile /<< que un mémoire dont nous allons présenter un aperçu.
Les noms des esclaves chez les anciens étaient : Familia, l'familiœ appellatione omnes qui inservitiosunteontinentur, dit le jurisconsulte t Ipien; 2° famulitium, mot venant àefamulus, dérivé lui-même de famel ou famal, un des derniers restes de la langue osque; 3°pueri, que l'on contractait en par, pour désigner d'un seul nom les esclaves d'une même famille ■. marcipor, quititipor, i»< ipores, signifient l'esclave
de Marciis. de QuintUS, les esclaves de Lucius : 1° li'unn. par Opposition
au mot vir; •">• servilium et servitia, qui s'appliquaient a la familia w7. a toute la gens servilis, que l'on qualifiait aussi de la dcn. .nunation humiliante de grex troupeau . 6' in rua ou vernula désignant les es. 'laves nés à la maison; on trouve chez quelques auteurs vernacvla multitudo. H paraîtque le verna romain était toujours prêt à flatter bassement les mauvais penchans de son maître; les Liai airiens anciens
disent vernililer id est adula toriè. Du reste, le caractère de l'esclave se devinait au nom de sa patrie, qui communément seiv.nl . le designer dans la maison: ainsi les enfuis d'Alexandrie, dissolus et espiègles,
étaient renommes pour leur chant; ceux de l'Asie , principale ni les
Phrygiens et les habitans île la Lycie, étaient bien faits de corps, les Sj riens, i.s Mèdes, les Mo siens, les Bithyniens, les Gaulois, Les Liburniens. robustes et vigoureux , étaient fort recherchés, tandis qu'on se
servait peu des Corses, indomptables et de mauvaise volonté . des malicieux enfuis de la Sardaigne, et des stupides Cappadociens Quant aux Bretons, «le haute et majestueuse taille, l'empereur luguste les .1. I . dans les jeux du peuple-roi. Il j avait les esclaves de la ville et
ceux de la C pagne, distinction .pu ne reposait que sur la nature même
de leurs fonctions
i m première ligni paraissent, au témoignage des historiens anciens, les
médecins, qui jouirent toujours à Rome d'une grande estime. Sous le titre général de mcdici étaient compris les chirurgiens ou médecins des blessures, les oculistes et les chirurgiens chargés de l'autopsie des cadavres (clinici) et des soins à donner aux morts ; parmi ces derniers, il faut remarquer l'embaumeur (soHinetor), qui avait sous ses ordres des valets de la plus basse condition. Les succulatorcs, répondant parfaitement à nos croque-morts, et les ustores, chargés du bûcher qui devait consumer le cadavre; enfin, des esclaves étaient préposés spécialement à la garde des malades et à la surveillance des fous. Quant aux dames romaines, elles avaient des médecins parmi leurs femmes, et des sages-femmes (obslatrices); les medicœ avaient, commme les médecins, sous leurs ordres, des esclaves qui frictionnaient les malades (Iractalrices et tractatores) ; le frictionnement était un remède fort usité chez les Romains, et on appelait iatraleptœ t«Tfo; , médecin aXeupw , oindre, les médecins qui s'en servaient usuellement. Il avait été inventé par un nommé Prodicus.
Les balncatorcs étaient les esclaves les plus occupés de la maison puisque le bain était continuellement employé à Rome comme remède et comme délassement. Parmi les nombreux esclaves qu'il faut ranger dans cette classe, on distingue le fornacator, dont la mission importante concernait le degré de chaleur à donner aux étuves. Les garçons de bains (aliptœ) se servaient pour frictionner et laver le corps, d'un instrument nommé strigil ou slrigilis, d'où vient le mot français étriller. Au strigil, qui devenait quelquefois un instrument de chirurgie, il faut joindre le lintea, linge à essuyer, et le gustus , vase rond et plat qui servait à verser peu à peu l'eau sur le corps, Yunguentarius devait composer et choisir les parfums. A côté de lui se plaçait Valipilarius ou alipilus, qui, avec des pinces, de la pierre ponce, de la poix résine et d'autres ingrédieus et instrumens, s'occupait à blanchir et à polir la peau. Quant aux capsarii, ils gardaient les vêtemens lorsque les riches romains allaient aux bains publics. C'étaient des femmes qui , dans le gynécée (1), remplissaient les fonctions de coiffeur {tonsores tonstri. ces).
Les esclaves employés dans les cuisines étaient en fort grand nombrei et tandis que des valets chargeaient la table de mets et de vins toujours nouveaux, venaient une foule d'esclaves distingués, la plupart de Grèce et d'Asie, qui charmaient les yeux, les oreilles, et l'esprit. D'abord, les symphoniacifamlliares, les musiciens dont le nombre faisait dire àSénèque : In commessationibus nostris plus cantorum est, quàm in thealris olim spectatorum fuit. Atticus n'appelait à ses repas qu'un lecteur pour tout délassement, mais il n'avait guère d'imitateurs. Chaque villa était remplie de musiciens et d"histrions de tous genres.
Le maître montait-il dans sa gondole, aussitôt les musiciens s'avançaient; et c'étaient leurs chants harmonieux, c'étaient les accensde mille instrumens qui donnait le signal : de là, le nauticum carmen, le nauticus cantus de Cicéron. La classe des musiciens était désignée sous le nom de chorus, et parmi eux se trouvaient des enfans et des femmes, psaltriœ,/idicinœ citliaristrœ. Le principal chanteur était celui qui s'accompagnait sur la harpe {citharœdus) ; sans lui un festin n'était pas complet. Leur surveillance était confiée à l'esclave prœpositus à ftbulis.
(Echo du Monde savant.)