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QUELQUES USAGES DE L'ANCIENNE PROVINCE SE BOURGOGNE

pkocès faits aux animaux. — On se piquait , en Bourgogne, d'une telle rigueur ', dans l'observation des lois, qu'on les appliquait même aux animaux. — Guy, pape, célèbre jurisconsulte, raconte, comme témoin oculaire , qu'un cochon ayant tué un enfant à Chalon-sur-Saône , on lui fit son procès dans les formes ; il fut condamné à être pendu , et la sentence fut gravement exécutée.

En 1497, Jean Leclerc, juge de Saint-Magloire, au village de Charonne, fit le procès a une truie qui avait causé la mort d'un enfant, en lui dévorant le menton. La coupable fut assommée et sa chair distribuée aux chiens. — Le propriétaire de l'animal fut condamné à aller en pèlerinage à Notre-Dame-de-Pontoise, afin de faire pénitence et de crier merci dans cette église.

Eu 1640, d'après Courtépée, les magistrats et le clergé de Dijon arrêtèrent d'un commun accord que, pour remédier aux Jlurebcrs et vermines qui gâtaient les vignes, on ferait une procession générale; que chacun se confesserait, et que défense serait faite de jurer sous rigoureuse peine. Il parait que cette mesure fut efficace, car dans le XVIe siècle, en 1540, on y eut encore recours. — Parmi les procès fameux; on cite, d'après de Tliou, celui qui fut fait aux rats, à Autun, au commencement du XVIe siècle, et dans lequel le célèbre Chasseneux fut constitué leur défenseur. — « Il remontra que le terme qui leur avait été donné pour comparaître était trop court, d'autant plus qu'il y avait du danger pour eux à se mettre en chemin , tous les ébats des villages étant aux aguets pour les saisir. Et il obtint un délai. » Le président Bouhier, dans la préface de sa coutume de Bourgogne , traite ce récit de beau conte. « Chasseneux, dit-il, ne parle point des rats , mais des mouche* (muscis), qui détruisaient les raisins; l'official les avait excommuniées, et Chasseneux approuva la procédure. »

Vers le commencement du xv« siècle, « Les Français et les Bourguignons, dit Pasquier, considérant ce qui était de nécessité et non de vanité, portaient pendues à leur ceinture les clefs pour entrer dans leur maison, leur couteau pour s'en servir à table, leur bourse ou gibecière pour y mettre leur argent, et de plus leur épée ou leur écritoire, selon leurs différens états. De là vient qu'un homme, voulant faire cession de biens, était contraint, devant le juge, de quitter sa ceinture, non pour le noter d'infamie; mais pour marquer, par sa ceinture déposée, qu'il renonçait à l'administration de ses biens et aux communautés de la vie. » Il en était de même des femmes, lorsqu'elles renonçaient à la communauté. Ainsi, la duchesse de Bourgogne, veuve de Phibppe-le-Hardi, qui était mort couvert de dettes, par excès de générosité, annonça sa renonciation à la communauté en déposant sur le cercueil de son mari sa ceinture, ses clefs et sa bourse.

Habillemens au xvie siècle. — Voici quelques détails sur les habillemens des hommes et des femmes de la Bourgogne. — L'habillement des femmes se composait des pièces suivantes, énoncées en termes du temps : les soliers, escarpins ou pantophlcs, déchiquetés à la barbe d'écrevisse; les chausses (bas), les jarretières, la chemise, la vasquinc (sorte de jupon que les Espagnoles portent encore), la vertugaîe, la colle, la pièce d'estomach, le lacet, le demi-sein, Yespinglier,\a bourse, les coulleaux, la gorgerette, le pigne, le ruban, la coeffe, la templette, le diamant, la robe ou la marlote ou la berne, la ceinture, lespalenfitres, les gants, le chaperon et le mirouer. — On voit qu'une femme portait ainsi tout l'attirail nécessaire à la toilette (1).

Eugène Pontie.

[Mosaïque du Midi.)

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