BATAILLON
TIUIÎUMUY.
JUSTICE DE PAIX. — 3« iBHONniSSl vu m
Présidence de m Badin
• <• iiIun Im'uii visage «lu monde!!!
Une charmante dame vêtue avec élégance el bon goût a .issil'i»- devant le juge de paix le gai Latourelle, le rapin le plus échevelé du monde ai tistique Madame de Saint- Vristide, car tel est son nom. possède une
fort belle réputation parmi les peintres d'histoire Son pinceau a de la correction, cl ses ouvres ont souvent attire au .Salon les regards et les Suffrages des connaisseurs.
Madame de Saint- Aristide. — Je réclame cinquante francs a M Latou-
telle, i a cause de la somme peu importante, M le juge, comme vous
le voyez, mais a cause du procède... (pu n'est pas deheat...
Latourelle. — Oh ! quelle injustice!., comme vous me calomniez, Madame! comme vous abusez de votre position pour influencer la justice !
Madame de Saint- Aristide. — Je n'influence personne, Monsieur ; je me contente de demander ce que vous me devez.
Le Juge. — Veuillez, Madame, articuler les faits.
Madame de Saint-Aristide. — J'avais l'intention de faire pour l'exposition de 1841 une Diane chasseresse; je voulais par un sentiment d'amour-propre assez naturel, la faire aussi belle que possible, mais je ne connaissais pas les modèles de Paris, et me souciais peu d'entrer en relation directe avec eux, vu leurs mœurs assez licencieuses. . . Je m'adressai 5 M. Latourelle, le priai de me procurer une femme qui pût poser pour mon tableau. Il me dit que cela me coûterait 50 francs. Je les lui donnai d'avance, afin d'accélérer le résultat de ses démarches.
Latourelle. — Ne vous ai-je pas présenté des sujets?
Madame de Saint-Aristide. — Oh ! ils étaient gracieux, ma foi !... Imaginez-vous qu'il m'a amené un jour une grande blonde, rouge comme une pomme d'api, et qui sentait le genièvre à vingt pas ; j'ai été obligée de brûler des pastilles après son départ, pour purifier l'air.
Latourelle. — Rien ne me démontre que Diane, de son vivant, n'ait pas été forte en couleur?... (rires), la mythologie n'ayant point donné les détails de son signalement... Ma blonde pouvait tics bien représenter la divinité de la chasse... Il est vrai qu'elle se livrait aux liqueurs épicées... Mais je ne devais pas m'arrêter à ce détail... Ça ne parait pas sur un tableau. (Rire général.)
Madame de Saint-Aristide. — Quelle folie ! . . . une Diane bourgeonnée ! . . .
Latourelle — Elle a pourtant posé pour Rebeeea et une bayadère, il y a un mois à peine... Il y a un an elle posa chez un de mes amis pour une statue de la Tempérance... Ça n'a pas fait un pli... (Hilarité.) Au reste je vous en ai amené une autre...
Madame de Saint- Aristide. — Oui, je vous conseille d'en parler, une femme noire comme une créole, et qui prisait comme un Suisse ! faites donc une Diane le nez barbouillé de tabac ; comme cela prête à l'illusion !
Latourelle. — Vous avez tort, Madame, il y a des gens qui la prisent beaucoup ; elle a posé pour Midie furieuse avec les deux enfans de mon portier. Je me permettrai d'ajouter qu'accompagnée de ces innocens, elle a généralement fait plaisir.
Madame de Saint-Aristide. — 11 ne s'agit pas ici de votre opinion, mais de la mienne. Vous m'avez promis pour modèle un des plus jolis visages du monde, n'est-il pas vrai ?
Latourelle. — C'est vrai.
Madame de Saint- Aristide. — Eli bien! Paris est grand, tenez votre promesse, ou rendez-moi mon argent.
Latourelle. — L'argent! j'en serais embarrassé à l'heure qu'A est. Mes deux candidats y ont fait des brèches. Elles en ont les deux tiers, uns deux candidats... quand au reste, c'est différent, avec le reste je me suis acheté un parapluie. (Rire général.)
Le Juge. —Cependant, Monsieur, il faut alors remplir vos engagemens; fournissez à madame un très joli modèle.
Latourelle, après avoir réfléchi. — Je le ferais bien, mais si madame trouve tout ce que j'admire très laid, il n'y a pas moyen d'y arriver.
Madame de Saint-Aristide avec grâce. — Non , je vous assure que je ne serai pas difficile ; au reste, choissez-moi un modéré sur lequel je puisse copier, et si deux personnes de goût le trouvent joli, eh bien ! je m'en contenterai et vous donnerai quittance.
Latourelle vivement. — En ce cas, ma cause est gagnée... j'ai votre affaire eu poche.
Madame de Saint- Aristide. — En poche?
Latourelle. — Oui, Madame, la créature la plus belle, la plus gracieuse, la plus distinguée du monde. La voilà ! (Ici le galant Latourelle tire un miroir, et le mettant devant la belle plaideuse , il lui l'ait voir la reproduction de sa propre image.
Madame de Saint-Aristide, rougissant. — Monsieur!... je ne veux pas ! . . .
Latourelle, galamment. — Ah! Madame, vous m'avez donné la liberté du choix ; appelez des juges, et s'ils disent que mon modèle n'est pas charmant... je vous rends votre argent.
Le Juge, avec malice. — Madame, ne feriez-vous pas bien de rayer la cause du rôle?...
Madame de Saint-Aristide, riant. — C'est le plus sage! mais je ne m'attendais pas à celui-là!... [Audience.)
GARDE NATIONALE DE PARIS
CONSEIL DE DISCIPLINE DE LA 4e LÉGION.
lia civilité puérile et honnête.
Gobsèc, le prévenu, s'avance d'un air officieux vers la barre: le sourire est sur ses lèvres.
Gobsec. — Messieurs, j'ai bien l'honneur de vous présenter mes hommages; comment va l'état de vos chères santés?...
Le président. — MM. les juges vous remercient, mais ce n'est pas de leur santé qu'il s'agit; c'est de vous qui ne montez plus vos gardes.
Gobsec. — Eu désirant m'assurer de l'état physique et moral de mes juges, je remplis les devoirs de la civilité... Je suis à cheval sur la civilité... j'adore les belles manières dont elle est le code.
Le président. — Cela ne doit pas vous empêcher de faire votre service.
(iol)sec. — Vous me mettez dans un embarras extrême; si je vous disque cela m'empêche, c'est presque un démenti... et la civilité s'y oppose formellement. Cependant', je devrais vous dire, pour être fidèle à la vérité , que les bonnes manières et le corps-de-garde sont incompatibles.
Le président. — Expliquez-vous-,
Gobsec. — Imaginez-vous que j'ai monté ma garde une fois, une seule fois... (Rires.) Je m'en repens... (Rire général.) Je me présente dans la cour de la mairie. Je présente mes respects à mes confrères, quand tout à coup l'adjudant m'empoigne par la buflleterie et me dit : Fourrez-vous dans le tiroir!... Je ne savais pas alors ce que signifiait ce nuit; aussi je m'écriai avec toute l'énergie que je me connais : Adjujant! me prenez-vous pour un vieux habit?
Le président. — Par tiroir, on entend le rang du milieu d'un peloton. C'est là qu'on place les plus hommes.
Gobsec. — Parce que je ne jouis pas de l'avantage d'être une perche, ce n'est pas une raison pour me saisir par mes vêtemens... La civilité dit : Les mains sont faites pour toucher les choses , non les personnes. Mais ce n'est rien encore; arrivé au poste, on crie: tt° -r>, en faction. Je ne faisais pas attention; tout a coup le lieutenant nie dil : Sacr... Dieu!... sortez donc, n° .3. — Je ne m'appelle pas n° 5, je m'appelle Gobsec, que je réponds; le nom que vous venez de me donner ferait croire que j'appartiens à un jeu de loto, tandis que j'y suis complètement étranger. (Hilarité prolongée.)— Sortez donc, raisonneur, me fait ce chef, allez en faction. — Oh! que je me dis, la civilité qui défend de jurer et de se mettre en colère!... Voilà un supérieur qui aurait besoin de la lire.
Le président. — Enfin, dans tout cela, il n'y a rien qui soit vraiment incivil?
Gobsec. — Oh ! si l'on peut dire! Ce fut bien pis avec le caporal ; des qu'il m'eut mené près du factionnaire que je devais relever, il me dit d'un ton très impérieux: Portez a mus! Présentez armes! Quand j'au" vu qu'il s'y prenait d'un ton si décidé, je n'ai pas plus bougé qu'un mort... Il ne faut pas encourager les infractions à la civilité.
Le président. — Comment eussiez-vous voulu qu'il dit.
Gobsec. — 11 devait dire : « Monsieur, voulez-vous bien prendre la peine de porter armes. » (Longue et bruyante hilarité.) Si le caporal
ni
m'avait parlé comme ça, j'aurais vu ce que j'avais à faire. Nouveaux rires.)
Malgré cette critique des manières un peu cavalières de la gardé nationale, l'ami de la civilité est condamné à v ingt-quatre heures dé prison.
i iùàîence.)
THEATRES
Renaissance.— La Fée aux Perla, vaudeville eh deux actes, de M\1 \ Comberousse et Deslandes, avec airs nouveaux de M. Carlini. Noos sommes en Bretagne: le jeune xhel est lé lils du sire de Raoul; la Fée aux Perte est tout simplement la lille du comte de Montfort, l'implacable ennemi des Raoul, qu'il poursuit avec acharnement jusque dans son frêle et dernier rejeton, le jeune Abel. Confié par sa mue atfi soins du vieux kerdall. ipii doil le soustraire à tous les dangers, le naît' enfant, qui croit aux fées et aux lutins, est élevé mystérieusement, et ne connaît du monde que sa cabane et un petit jardin muré comme un cloître.
M lis un beau jour la porte du jardin s'est ouverte; la campagne s'est déroulée immense aux regards émerveillés du jeune Abel ; il a [iris sa course vers l'horizon, et il a rencontré sur les bruyères un doux et blanc fantôme, une ombre souriante et fugitive, la Fée aux I'er/es enlin, dont il devient amoureux.
C'en est fait : le pauvre enfant, est entraîne par un sentiment inconnu ; il quitte la cabane et le petit jardin muré; il abanbonne le vieux Kerdall, et se trouve bientôt dans un beau palais enchante peuple d'une mole de fées en sous-ordre. (> palais n'est autre que le château du comte de Montfort. Mais là, au lieu de trouver la mort ou la captivité, Abel, au milieu de tous les enebantemens, de toutes les séchutions et d'une cour brillante de nymphes, de sylphides et d'ondines,
re itre la Péi aua Perte, qui lui donne sa main et son cœur, et
éteint, dans un heureux mariage, la haine mortelle des deux familles
deux petits actes, trop franchement naïfs, ont obtenu un petit sucées qui pourra faire prendre patience au public étalonner le temps de mettre en scène des ouvrages plus importons et surtout meilleurs. — Le rôle de la fee est joué avec grâce et distinction par une jeune actrice nommée mademoiselle Lorry, qui possède une fortjjolie voix. Les airs
nouveaux C poses pour Cette pièce par M. Carlini sont vifs et gracieux.
C'est un succès pour la Renaissance, mais un succès léger comme la gaze de l'écharpe vaporeuse de la Fée aux Perles.
\ m DEV1IXE. — lue Nuit au Sérail, vaudeville en deux actes, par MM, Deforgqs et Eugène Guinot — Lord Montàigu, ou plutôt lady Montàigu, sa femme, est ambassadeur d' Angleterre près la Sublime-Porte, uns le règne du sultan Ichmel III, Lad) Montàigu dicté des dépêches
aux secrétaires, expédie (les i mers, et fait de la diplomatie pendant
que son heureux .-poux fait de la tapisserie. Mais le soin des affaires ne l'empêche pas de songer aux plaisirs et aux aventures LaSévigné de I \n<.'leterre a promis a son éditeur de Londres des lettres sur les mœurs et les usages intérieurs du sérail, et elle venta tout prix pénétrer dans ce redoutable sanctuaire, même au risque de subir toutes les con- Séquences de son imprudente curiosité.
I He jeune esclave grecque, s'est échappée du sérail et s'est réfugiée dans le palais de l'ambassadeur d'Angleterre Lad'j Montàigu saisit
cette occasion, prend un brillant costume d'odalisque él pénètre au
sérail a la place de la jeune fflfe grecque Lé sultan là voit, la trouvé jolie et lui jette le mouchoir; mais la noble ambassadrice résisti Sauvasse) la séduit par ses grâces piquantes, lui enlève le pouvoir pour
une heure, lui l'ait servir un délicieux souper a la lin i. ose, et lui donne
dis leçons de politique et d'administration Mais tout à coupon annonce fambassadau d'Angleterre, qui est introduit, et demeure très surpris et
médiocrement satisfait de voir sa femme en tête à tête avec le sultan. Toutefois, cette visite mystérieuse tourne à sa gloire comme ambassadeur sans nuire h son honneur comme mari: car ladv Montàigu, dont la vertu a pour gâtant le public tout entier, a arrache au sultan un traité de coin merce que le cabinet britannique sollicitait depuis long-temps. Cette pièce de MM. Deforges et Eugène Guinot, sans être trop vive
d'intrigue ni trop pétillante d'esprit, a cependant c plètefcleni réussi,
grâce à la brillante décoration du second acte, qui représente l'intérieur du sérail, et surtout au jeu de mademoiselle Brohan, et de l.epeintre jeune.
P\lws-IU)\ il. — Mademoiselle Montansier, comédie-vaudeville en un acte, par MM. Bavard et Gabriel. — Le Palais-Royal est en verve de folie, d'esprit, de gaîté: après Madame de Croustignac , voici venir Mademoiselle Mnntansier. Vuloiir d'elle se pressent ses acteurs au nulieu desquels on reconnaît Folanges, dont le talent seul attira tout Paris aux représentations des Battus paient l'amende , pitoyable farce qui eut pourtant un succès égal à son triomphe des Trois Jumeaux vénitiens. C'est avec ces artistes que le théâtre du Palais-Royal a commencé sous les auspices de mademoiselle Montansier, directrice du théâtre de \ cisailles.
Le vaudeville nous ramené a l'époque du directoire. Mademoiselle Montansier a distingué dans la foule un jeune homme; il lui déclare son amour, et les deux amans prennent rende/vous pour neuf heures, avant que les salons de l'aimable directrice ne se ia rhplissent des personnages les pius célèbres de l'époque Mlle Montansier vient d'apprendre qu'un de ses anciens amis est proscrit; Barras seul peut le sauver. Mais Mademoiselle Montansier n'est pas en faveur.
Lu bracelet perdu dans une loue de son théâtre lui donne l'espoir d'un heureux succès. La maîtresse de Barras n'aura le bracelet qui lui appartient, et son secret ne sera respecte que si Barras consent à sauver le proscrit. Le plan de Mlle Montansier réussit ; il est neuf heures, elle re\ ienl à son rendez-vous et trouve son amant aux pieds de la lille de l'homme qu'elle vient de sauver. Les deux pauvres enfans s'aimaient depuis
long-temps. La généreuse directrice étouffe son i mr, cache ses
larmes et sacrifie encore une fois sou cœur et son intérêt au bonheur des autres.
Cette petite comédie de MM Bayard et Gabriel est pétillante d'espnl
et de gaîté Madame I.enienil a rempli ce rôle avec s 'iitrain habituel :
Alcide Tousez est délicieux dans le personnage ridicule d'un incroyable
de l'époque. H y a chez lui un laisser-aller. iëgligé plein de comique.
Germain a été, comme toujours, de bon goût dans son rôle d'amoureux.
Pobte-Saint-M un in. — Pauline, ou le Châtiment d'une Mire, drame en trois actes, par MM Ferdinand Laloue et Labroussc --
Bien de plus touchant et de plus moral que la donnée de ee drame Pauline, épouse et mère, est surprise, la nuil. en criminelle Cl
lion, par son mari, qui, pour la punir, i seulement se se|
niais lui enlevé son enfant. La malheureuse femme, pour revoir s'attache a ses p.is. .-I \ ici « I tomber, épuiser parla fatigue et les remords, a la porte du château qui la renferme. Le mari, louche de tant d'amour
maternel, est sur le point de pardonner, lorsque le séducteur, qui a persévère dans se^ odieuses ; 'suites, vient encore s'interposer entre eux
Mais, enlin, le jour de la réparation arrive: un autre mari, outra..' pal le même dandy, le me en duel; et Paul ■ délivrée de son obsession,
peut rentier en '.-race auprès de son i'poux et ouvrir ses bras a sou
enfant
Cette pièce a obtenu un véritable succès Pour être justes, nous dirons
que les acteurs j oui quelque peu contribué, ei nous citerons avec éloge Jemma et madame Jourdain, charges des deux principaux rôles.
iî
BALS
bals de la benaissance. — Les bals Je la Renaissance attirent de plus en plus la foule. Le 31 janvier plus de cinq mille personnes ont envahi la belle salle Ventadour qui, bientôt, ne suffira plus à la multitude des danseurs.
bals viviez ne. — La belle salle Vivieune avait réuni, samedi dernier, une foule de jolies danseuses. Le nombreux et puissant orchestre de Pellerin a exécuté d'une manière admirable le grand galop de la lielle- Poule. L'administration annonce pour samedi prochain une agréable surprise aux daines.
TABLETTES DES SIX JOURS
Faits divers.
30 janvier. — Ou lit dans les journaux de Saint-Pétersbourg du 16 janvier:
« S. M. l'empereur a ordonné de destituer M. Anatole Demidoff, attaché eu qualité d'assesseur collégial au département des affaires étrangères. »
31. — Un sieur M... avait un compte à régler avec un marchand de vins. Dans la soirée d'hier, le créancier et le débiteur se rencontrent au milieu de la rue, et une discussion s'établit entre eux. Des propos vifs sont échangés, des reproches, des injures s'ensuivent, puis des menaces. Le marchand devins, furieux, montre le poing à son débiteur; celui-ci fait un pas en arrière , croise son parapluie, sur lequel le marchand se précipite aussitôt. Par un hasard inouï et fatal, le bout ferré du parapluie entra dans l'œil du marchand de vins, qui, à l'instant, tomba mort sur la place. Désespéré du malheur qu'il venait de causer, M. M... s'est a l'instant et volontairement présenté devant un commissaire de police en s'accusant d'un meurtre involontaire.
— M. de Chateaubriand a été passer toute une journée dans la cellule de M. de Lamennais.
1er février. — On nous signale un fait d'une immoralité révoltante, qui se serait passé à Jouet, dans la nuit du 20 au 21 janvier :
« Un tailleur d'habits des environs aurait vendu, devant témoins, sa femme à un aubergiste de Marseille-les-Aubigny, moyennant la somme de 300 fr. et 25 fr. d'arrhes à manger. On ne nous dit pas si la livraison a eu lieu conformément au marché, mais il est certain qu'il y a eu commencement d'exécution , et que les 25 fr. d'arrhes ont été dépensés chez le sieur Pierre Delorme , aubergiste à Jouet. On ajoute seulement que le mari voulut ensuite retirer sa parole et rembourser les 25 fr., mais que l'acheteur les a refusés en exigeant l'exécution du marché. »
— Le Novo-Tcherkack, journal russe (pays du Don), rapporte le fait suivant :
« On a trouvé dans les effets du défunt colonel Tchernozoubof une montre en or à répétition, sur la boite de laquelle sont gravés les mots : Joachim Murât, capitaine de chasseurs à cheval. Un cachet porte l'inscription suivante : Êléonore à Joachim. — Ne m'oublie pas.
« Tchernozoubof, en 1812 simple cosaque dans le régiment de Jelovajski, avait reçu cette montre de la propre main du roi de Naples la veille de la bataille de Borodino. Voici à quelle occasion :
« Murât, à la tête de quelques escadrons , reconnaissant la route de Mojaisk, chassait devant lui une nuée de cosaques. Emporté par son ardeur, il se trouva près d'un groupe à demi-portée de pistolet. Les cosaques le visaient et allaient tirer, lorsque Tchernozoubof, qui avait reconnu son panache flottant, cria : » Présentez les armes ! hourra ! vive le roi des braves ! » Les cosaques, étonnés, obéissent à sa voix. Le roi de Naples lança son cheval au galop et, de sa .propre main, donna sa montre à Tchernozoubof. L'hetman Platof, instruit du fait, conféra le grade d'officier à ce soldat, et le lit son aide-de-camp.
« L'hetman par intérim Vlassof a voulu acheter cette montre pour en faire cadeau à l'héritier du trône impérial; il en a offert 20,000 roubles, mais rien n'a pu décider la famille de Tchernozoubof à céder ce glorieux souvenir. >>
2 — Le 1er janvier dernier, M. Amette, fils d'un ancien marin en retraite, embarqué à bord de la frégate la Junon, en rade à Toulon, s'est précipité à la mer parmi temps affreux, pour y sauver un homme qui venait d'y tomber.
Déjà ce jeune marin, 'aujourd'hui âgé de 2G ou 27 ans, a sauvé la vie, il y a trois et quatre ans, à deux personnes dans le port de Brest; il reçut alors une gratification pour le premier trait de courage, une médaille en, argent pour le second. M. le commandant du port de Toulon a adressé au ministre un rapport sur ce troisième acte d'intrépidité.