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ET LEÏCERCLE RÉUNIS,
GAZETTE DES FAMILLES
SOMMAIRE
L'amant mystérieux, par M. Hypolite Lucas. — Tinlin. par M. ai m: m. Aycard. — La Canonnière, par M F. Cochelit. — Les Guêpes, par M. Alphonse Karr. — Esquisse de Londres en 1840, par M. J. Gaberel. — Tribunaux : Police correctionnelle; Justice di Garde nationale. — Théâtres : Théâtre de la Renaissance La Fête dci Fous, par MM. Arnotjld et Fournies.; Théâtre <ln Palais Royal : JM"™ Camus et sa Bernois elle, par MM. lu \i\.\oinet Brisebabre. — Bals. — Tablettes des cinq jours, Faits divers
l'AMANT MYSTERIEUX.
La comtesse Mathilde, restée veuve à vingt-cinq ans après un an de mariage, allait bientôt quitter le deuil; mais le souvenir de son mari n'était déjà plus dans sa pensée qu'une ombre fugitive Hâtons-nous de dire aussi que le défunt méritait bien cette indifférence. D'abord, s'aviser de mourir lorsqu'on possède une des plus aimables et des plus jolies femmes de France; condamner a la solitude, a l'ennui une personne s, jeunejtoute disposée à se lancer dans le tourbillon du monde, il n'y a qu'un maladroit qui puisse agir ainsi, un homme qui veut être oublié et qui doit l'être: c'est un tort impardonnable. Encore si l'époux de Mathilde n'avait eu que celui-là! Le malheureux passait sa vie .i jouer sur les fonds publics. Il avait perdu sa forlunc et la dut de sa femme, dol considérable, dans les spéculations frauduleuses de la Bourse. Cette circonstance se trouvait ignorée de bien des L'eus On croyait que Mathilde était une veuve très riche. Elle n'avait plus qu'une modeste aisance, mais qui eût suffi à ses goûts, si elle avait rencontre l'amoul : car elle eu était encore aux rêves d'une chaumière el d'un cœur.
ince par un père, ancien officier retraite, plus occupe de cultiver les dahlias de son jardin que de l'éducation de sa Bile, Mathilde avait joui d'une grande liberté. Puisant a son gré dans une bibliothèque assez bien garnie de tendres histoires, elle s'i tait nourrie d'idées romanesques; elle avait vu le monde à travers les livres, perspective dore. Lorsqu'elle s'aperçut qu'à la : lace d n comte amoureux et galant il lui et it échu pour mari une es] d "i de change, elle souffrit de ce qu'elle appelai' le positvèisme de sic mari La délicatesse île ses sentimens était ar le contact d'u îhiffre ambulant qui la regardait
Elle ne regretta di qu'à demi un homme si peu digne d'elle. Il 3 !•'" lans l'ame de Mathilde Nulle tête
ne se , ier ] ' caprices de l'imagina-
,i(in . , j | riait à ce déjeunes femmes impressionna-
bles (|(,, v de ans a préparé l'esprit à toutes sortes
il aventures.
Mathilde avait ri mare Sur les pi m- mules un de nos jeunes et élégans fashional l é, lui accordait beaucoup d attention
11 avait une de ces tail pe qu'on oe rencontre qu'à Paris un
large ,.,,!!„. ,. ae | invoiture acrobatique d'un homme
a la mode, d'un ! P' ■ '" consacrée, bien que toul
courbettes tinssent pi l i dire vrai, de la nature du singe La connais- ^ sauce s'était faite 11 avait si bien manoeuvré, qu'il était
parvenu a s'introdi ■■'"'■ ■ dont lc' ''""' commençait a se
prendre d'une ri lie n il louait de la guitare I i pi ins
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i avaient I rir la porte du lo ;i On ai il voulu li rei
voir p le gronder e , herde revenir Depuis cette époqi i
mil i jour Mathilde; mais il e pril :
toute si -lue ta mpossible, et que la comti I i époux
et non un amant. Il pnldes informations C me Mathilde passait pi LU
lirsi I lin t di pa ,i contiiiuâ assiduités; il chargea même une honnête pan ;, lui d'entamer li s d gociations.
,1,1,. crut de sa probiti d onaîtn i u juste sa position
financière. L'envoyée de Frédéric (c'est le nom du personnage), répondit, saus hésitation, que sou jeune parent ne considérait en aucune façon la fortune; que la beauté et l'esprit de la comtesse le charmaient par-dessus tout; qu'on n'avait jamais vu d'amour si désintéressé; puis elle sortit pour aller se moquer de la pauvre Mathilde avec le perfide Frédéric. Cependant il n'avait pas été insensible aux charmes de la comtesse; mais cette confidence le surprit dans une circonstance déplorable. Il était poursuivi par des gardes du commerce. Il emprunta à un jeune héritier de ses amis une somme assez forte, sous prétexte de se délivrer limiers fâcheux qui le poursuivaient jusqu'au coucher du soleil, et partit pour Londres suintement, afin d'assister au couronnement de la reine Victoria. Il se flattait peut-être de l'espoir de devenir le mari d'une reine, comme s'il eût été un Cobourg.
Mathilde regardait cette fuite comme un affront. Pas même de lettres ! Ce silence absolu l'irrita. Elle entra dans un violent accès de misanthropie. Il lui venait parfois des idées de sauvagerie. Elle céda plus que jamais à ce penchant de solitude , puisque le monde lui manquait. Elle partit avec sa femme de chambre pour aller s'enterrer dans une gothique habitation, où jadis, avec son père, elle passait les beaux jours, aux environs du Havre. D'abord elle se félicita de sa résolution ; la vue de la mer la charma de nouveau ; le printemps, qui épanouissait les fleurs et et faisait chanter les oiseaux, lui parut presque une nouveauté au sortir de la vie artificielle des salons. Elle se rappela son existence de jeune fille ; elle se dit que la nature, dont les poètes parlent tant, devait satisfaire une ame expansive et aimante, et que la société des hommes n'était, après tout, qu'une chose superflue; nous ne dirons pas une chose de luxe. Mathilde avait trop de colère pour traiter favorablement le sexe auquel appartenait Frédéric. Il arriva néanmoins qu'au bout d'un mois une profonde mélancolie s'empara de la belle comtesse. Elle tomba malade. Les longues promenades la fatiguaient ; le parfum des fleurs lui causait des névralgies, le chant des oiseaux étourdissait ses oreilles. Elle s'ennuya prodigieusement , en s' étonnant du calme qu'elle avait goûté autrefois dans ces mêmes lieux.
Un soir, comme Mathilde revenait au logis, le long d'une châtaigneraie, en tenant à la main un livre qu'elle n'avait pas ouvert, un roman nouveau, tout absorbée qu'elle était dans sa tristesse maladive, elle distingua, de l'autre côté de l'avenue, une apparence de jeune homme; elle voyait clairement, au moins, une redingote élégante, serrée sur une taille aussi svelte , aussi dégagée que celle de Frédéric ; mais l'obscurité naissante l'empêchait de reconnaître les traits du personnage qui lui faisait de loin , des saluts multipliés avec toutes les gracieusetés des jeunes gens de bon ton. Il avait des gants jaunes et une petite canne à pomme d'or.
» Serait-ce Frédéric? se dit Mathilde ; a-t-il appris, à son retour d'Angleterre, que je me suis enfuie ici? » Elle fit une révérence et s'arrêta un instant; mais l'individu si poli ne s'avança pas.
« Je ne puis aller au devant de lui, ajouta-t-elle. » Et elle reprit son chemin plus lentement.
Mathilde fit semblant de lire , quoique la nuit qui s'étendait ne fut guère propice à cet exercice des yeux. De temps à autre elle jetait un coup d'œil derrière elle. L'homme aux saluts la suivait toujours à une honnête distance , réglant en quelque sorte ses pas sur les siens. La comtesse eut peur. Serait-ce un fou? Il y avait un certain décousu dans la démarche de cet être sigulier. Elle pressa le pas. Au moment de rentrer chez elle, elle se retourna ; son discret adorateur, bien qu'assez éloigné de la demeure , mit un genou en terre auprès du dernier châtaignier de l'avenue, contre lequel il appuya une de ses mains, et posa l'autre sur son cœur.
« Plus de doute, s'écria la comtesse, c'est Frédéric ! Revenu à de meileurs sentimens, Frédéric me demande à rentrer en grâce. »
La comtesse, à qui cette aventure ne déplaisait pas, donna ordre à sa femme de chambre de ne pas recevoir M. Frédéric, s'il se présentait, tout eu recommandant de le traiter avec une grande douceur ; il fallait
lui faire comprendre que deux femmes seules ne pouvaient donner l'hospitalité nocturne à un jeune homme ; il était permis d'ajouter que madame consentait à le voir le lendemain. La comtesse monta dans sa chambre ; elle fit sa toilette, malgré la consigne donnée ; elle attendit, elle éprouva de vives impatiences; elle redescendit, et se mit, pour tuer le temps, à gronder sa femme de chambre, en lui reprochant plusieurs maladresses, si bien que la pauvre fille s'écria en pleurant :
« Je ne suis pas cause que M. Frédéric ne vienne pas ! — Vous êtes une impertinente et une sotte, je vous renverrai, » répondit Mathilde.
Personne ne vint même frapper à la porte ; la comtesse, après minuit, de guerre lasse, se vit forcée de se coucher; elle était outrée. Mathilde ne dormit pas.
« J'étais folle, se prit-elle à dire enfin, d'attendre sa visite; il sait trop bien vivre pour se présenter si tard chez moi à la campagne. Il viendra demain. »
Mathilde se leva de meilleure heure que de coutume, et la femme de chambre fut encore grondée sur sa paresse. Cette pauvre fille sortit pour aller chercher de la crème à la ferme voisine, afin de préparer le déjeuner de sa maîtresse, et là elle apprit que toute la nuit on avait vu rôder un jeune homme qui avait fait d'étranges soubresauts autour du château. Ce jeune homme était resté une grande partie de la nuit mm, et quelques uns disaient sur un arbre, en face de la chambre à coucher de Mathilde. La fidèle suivante rapporta tout ceci à sa maîtresse.
« Quelle imprudence! s'écria la comtesse; il veut donc me compromettre? Mais il aurait mieux valu qu'il passât la nuit au château! Cela est bien mal. » Puis , attendrie par cette preuve d'amour, elle ajouta : « Pauvre jeune homme, lui qui est d'une complexion si délicate , quelle folie de risquer ainsi sa santé ! »
Aussitôt que l'heure à laquelle on peut raisonnablement sortir fut venue, la comtesse prit la route de l'avenue; elle regarda autour d'elle sans que ses yeux pussent rencontrer son adorateur; mais, en approchant de l'endroit où il s'était mis à genou la veille, elle aperçut un gant resté dans une fente de l'écorce du châtaignier. Ce gant la fit réfléchir. Cette ouverture, pratiquée sans doute par le bec de quelque pivert, présentait assez naturellement la forme d'une boîte aux lettres. Mathilde eût tout de suite la pensée que Frédéric demandait son pardon avant d'oser reparaître devant ses yeux, et qu'il indiquait ce moyen ingénieux de le lui accorder. Cette tentative de pastorale se trouva du goût de la comtesse. Elle rentra chez elle pour écrire une missive dont la forme était plus sévère que le fond. Elle y engageait Frédéric à retourner à Londres, ou tout au moins à Paris; mais il y avait tant de mollesse dans ses commandemens, que tout homme intelligent ne pouvait se méprendre sur les intentions de ce billet.
Elle recommandait surtout à Frédéric de ne pas recommencer les extravagances de la nuit précédente, en lui certifiant qu'un tel procédé les brouillerait à jamais, et rendrait impossible tout pardon de sa part. La comtesse n'eut pas plus tôt terminé cette épitre, qui contenait , Dieu sait comment , quatre pages d'une écriture très fine , qu elle courut la déposer dans le creux du châtaignier. Mathilde s'enfuit toute tremblante, comme si elle eût commis une coupable action, tant le mystère agit sur les nerfs des femmes. Elle ne tarda pas à se mettre en observation à la fenêtre de sa chambre à coucher, et, de là, elle vit se glisser, à travers les feuilles d'un taillis voisin , une ombre légère : c'était son visiteur de la veille. Il lui sembla, dans une échappée du bois, moins grand que Frédéric, mais l'éloiguement pouvait l'abuser. Pendant qu'elle se retournait pour adresser la parole à sa femme de chambre, qui vint maladroitement lui demander un ordre, le billet fut enlevé et le ravisseur s'élança dans le bois voisin. La comtesse eut à peine le temps de le voir; l'éclair n'eût pas été plus rapide. Quelle légèreté !
La journée s'avançait sans que Frédéric se montrât le moins du monde, et Mathilde commença à trouver qu'il y mettait trop de reserve. « Voilà bien ces messieurs qui s'intitulent les roués de l'époque,
murmura-t-elle; quand il n'y a pas un cachemire à envoyer, quand on ne peut pas conduire une femme chez Susse ou chez Girora ils ne sa\ eut
que faire. Je ne puis pourtant pas aller lui offrir la main pour le faire entrer de force chez moi. »
Maiilde sortit encore une fois, fit un troisième voyage à l arbre, et se convainquit bien que sa lettre avait Été enlevée EHe espérait en trouver une autre a la place, mais cette espérance fut encore déçue. Matlnldelut prise d'un vif dépil : elle trouva le souper mauvais. Bl l'éloge de son défunt mari, deux heures durant, à sa femme de chambre étonnée, et pourtant elle finit par se retirer dans son appartement en disant qu'après tout le meilleur des hommes ne valait rien. La femme de chambre était d'un avis absolument contraire ; le plus mauvais lui paraissait encore avoir son prix.
Pourquoi Mathilde ne se coucha-t-elle pas? Pourquoi aila-t-elle, sur la pointe du pied, s'assurer que sa femme de chambre était endormie? Qui expliquera jamais les secrets d'une femme honnête.' Mathilde, bien certaine que toute la maison était plongée dans le plus profond sommeil, s'approcha de la croisée après avoir pose sa lampe dans le fond de l'appartement; elle avait cru entendre un certain bruit de guitare contre le mur; ses vitres avaient frissonné. Elle entr'ouvrit la fenêtre avec précaution, et elle distingua au pied de l'arbre une forme humaine ayant un instrument à la main. Faut-il le dire, la romanesque créature sut gre au héros nocturne de ne s'être pas présente dans ia journée, et d'avoir préfère, maigre sa défense, cette sentimentale et musicale entrevue. « Il a un peu de poésie dans lame, » se dit-elle. Elle avança peu à peu la tète, comme une souris qui craint de tomber dans les griffes d'un chat ; elle s'aventura enfin jusqu'à se pencher sur le bord du balcon. L'amant mystérieux se leva et se mit à genou en posant la main sur son cœur, comme d avait fait la vedle, ainsi qu'il est d'usage dans la pantomime des ballets. Un léger clair de lune, qui illumina tout à coup l'élégant costume de cet humble serviteur des attraits de la comtesse, ne laissa plus de doute à Mathilde; elle crut reconnaître Frédéric a sa taille ainsi qu'au cercle de poils fauves qu'il portait autour du cou ; et comme il avait l'esprit assez plaisant, elle pensa qu'il voulait mener jusqu'au bout cette bizarre aventure, afin d'en égayer un jour leurs souvenirs. Elle prit le parti de parler la première.
■ Fi ! monsieur Frédéric , que votre conduite est insensée ! mettez tin a toutes ces singeries; vous ne VOUS rappelez donc plus qui je suis ' Vous me traitez vraiment comme une de ces femmes dont vous avez fait jusqu'à ce jour votre compagnie habituelle. Vous ne songez pas que vous me compromettez, avec votre guitare, aux yeux, des paysans des environ; tout se répète ici comme ailleurs. Le bruit en ira jusqu'à Paris. Si vous avez réellement de l'estime pour moi, si vous voulez que je consente à devenir votre femme, il faut changer de mœurs. Je ne dissimulerai pas que je suis touchée de votre repentir ; mais la se borne tout ce
que je puis, tout ce que je dois TOUS dire en ee lient, dans une pareille
situation. Si vous n'aviez vingt-quatre ans, si vous n'étiez encore dans ' des folies, je ne vous pardonnerais pas. Cessez donc, je vous prie . cette comédie ; ne prolonge/ pas davantage votre imbroglio espa.
Bt sans doute quelque membre du Jokey-Club qui vous aura donné l'idée d'une pareille équipée. Elle n'est pas de bon goût, monsieur i ri derie ; elle n'est pas de bon godt. Croyez-\nus que je veuille rester toute la nuit comme une châtelaine, a causer .née un troubadour du haut d'un balcon? Je vais vous souhaiter le bonsoir, monsieur, et je VOUS en fort a vous retirer prompternent. \otre destrier est probablement attaché h quelque arbre du taillis. Allez, beau ménestrel ; allez le retrouver. et partez, je VOUS l'ordonne : VOUS me revenez à I ,
A l'instant où Mathilde terminait son discours et taisait un mouvement en arrière commi pour se retirer, le mui une agilité prodigieuse dans les branches de l'arbre, de là sur te balcon; d'un troisième bond U se trouva au milieu de la chambre de la comtesse,
qui en sentant un visage pour ainsi dire velu près du sien , fut tellement saisie qu'elle poussa un cri perçant.
La femme de chambre, quoique profondément endormie, entendit le cri effroyable de sa maîtresse; elle accourut après s'être habilléi i la elle trouva Mathilde dans un agitation fébrile extraordinaire, elle était si suffoquée qu'elle pouvait a peine parler. La femme de chambre demanda a plusieurs reprises d'où venait cette épouvante; ta comtesse, un peu remise, répondit qu'une vision l'avait effrayée; qu'elle avait cru revoir l'ombre de son mari défont La femme de chambre se lut. voyant bien que sa maîtresse ne voulait pas donner d'autres explications; elle ne savait que penser, mais elle crovait plus aux vivans qu aux rts.
Le lendemain, au déjeuner, notre jaseuse eameriste. pour cclaireir le front Chargé de nuages de la comtesse, lui raconta un événement qui avait mis sur pied tous les paysans des environs Depuis quelques jours, le conducteur d'une troupe de singes apprivoisés cl dresses a la pantomime d'une sorte de ballet, était récemment débarqué au Havre. 11 venait de perdre son meilleur sujet, celui qu'il appelai; le guitariste ou l'amoureux. Cet intéressant animal, de la grande espèce des singes, sciait sauvé en grande toilette après une représentation vjctraoriliituiir ; poursuivi dans la ville, il s'etail refu-ie dans la campagne, OÙ C8 l.ovelace d'un genre nouveau avait effrayé l'innocence des lilles des champs ; enfin il avait été ressaisi le matin même par son conducteur, qui sciait mis à sa recherche. La femme de chambre assurait qu'il avait si bon
air que beaucoup de nos jeunes dandys, et M. Frédéric tout le premier, auraient envie ses manières. La brave tille riait aux éclats en raeOMant cette histoire, qui ne lit pas même sourire la comtesse ; elle impose silence a sa eameriste surprise, et lui ordonna de taire les malles pour retourner à Paris, ce que l'autre lit avec promptitude, car elle s'ennuyait beaucoup. A sou arrivée la comtesse apprit que le beau Frédéric était à Clichj depuis huit jours.
On trouve au Havre, dans le muséum d'histoire naturelle du sieur Lennier, sur la jetée du Nord, une troupe de singes composant un orchestre, parmi lesquels on distingue ta guitariste, qui, quelque temps
après l'aventure rapportée par la eameriste de la eomtessi . s'est échappe une seconde fois, et a été tué d'un coup de fusil par un mari jaloux, au moment OÙ il escaladait les murs d'un jardin. Ses derculemeiis L'ont conduit au muséum. Cette histoire est une grande leçon pour les singi S et pour les femmes romanesques
HllM'OLYTE LlCAS.
(L'Artiste.)