‹ Le Cabinet historique (volume 2)Chapitre 20 sur 240 · DEUX LETTRES DU FONDATEUR · texte numérisé non relu

DEUX LETTRES DU FONDATEUR

dans quelques villes conquises dont les gouverneurs ne veulent pas chagriner les nouveaux sujets du Roy. Il me reste^ du moins^ Tavantage d*aprendre à Tunivers, par leur moyen, ce que le Roy fait de grand et mon travail est trop bien payé par là. Le chagrin des envieux des prospérités du Roy fait ma Joye. J'en parle comme sçavant, après les propositions qu'on m'a faites, il y a déjà plus d'un an, d'aller travailler en Allemagne ; mais J'aurois cru faire un crime d'écouter seulement, et J'aymo mieux perdre en France que de gagner ailleurs (1). Ge n'est pas que les bienfaits du Roy ne m'accommodassent beaucoup. Je suis fils d'un homme qui est mort avec réputation^ après avoir perdu trois ou quatre charges, et qui ne m'a rien laissé que l'éducation de quatre frères et sœurs. (2) Trois vivent des bienfaits du Roy. Je n'en ay jamais rien receu, n'en ayant jamais rien mérité ; mais on sait aux deux bouts du monde qu'il n'a point de sujet plus zélé. Près de cent volumes y ont porté la gloire du Roy; au fonds des Indes, et je suis trop récompensé du plaisir de parler de Sa Majesté, et de ce qu'elle a la bonté de le ^ouflrir, et j'achetterois mesme cet honneur si je ne l'avois pas, et qu'il me fust possible de l'achetter. Je vous avoue que le Mercure seroit encore mieux travaillé (3) si sa fortune me

(1) Langage bien noble et bien fier, mais on se demande s*il était sincère, et si Ton avait beaucoup insisté auprès de notre homme pour l'emmener en Allemagne.

(2) Le père du Journaliste, Antoine Doneau de Vizé, était, en 1638, maréchal des logis de Monsieur, frère du roi. Il fut, plus tard, capitaine-exempt du corps du duc d'Orléans et gentilhomme-servant de la reine-mère. M. Jal mentionne deux sœurs de Jean de Vizé. Il n'a pas connu les deux autres enfants indiqués par le correspondant de Gaignières.

(3) Cet encore mieux vaut de Tor et achève de peindre le personnage.

laissoit Tesprit plus tranquile, et que je reirancherois de certaines choses qui ne devroient pas avoir rang parmy des matières aussy élevées, que celles qui regardent le Roy. Je croy avoir manqué à quelques circonstances de ce qui s'est passé dans le moment que Madame la Dauphine est accouchée ; mais il auroit falu, pour parler juste, une Relation du Roy mesme, puisque luy seul se possédoit dans ce moment là : mais je croy que ces fautes seront connues à peu de gens, et que ne regardant point TEtat, elles me seront pardonnées.

Pardonnez moy de mesme la liberté que je prens la liberté de vous importuner si souvent, et croyez que je suis,

Monsieur, Vostre très-humble et très-obéissant serviteur.

De Vizé.

A Paris ce 5» septembre 1682

Recueil des historiens des Gaules et delà France, Paris, Palmé, 1869-1879. 18;voL in-fol. (50 fr. le volume).

Multiplier le plus possible et rendre accessibles à tous les érudits les grandes collections des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, voilà le but que s'est proposé M. Palmé en réimprimant ces vénérables monuments qui ont nom le Gallia christtana, V Histoire littéraire et le Recueil des historiens de France. Sincère admirateur de ces modestes religieux, Thonneur et la gloire de Térudition française, je craindrais de paraître céder à un excès d'enthousiasme, si je ne le voyais partagé par tous ceux qui slntéressent aux choses du passé, en disant que M. Palmé a fait là une belle et patriotique entreprise. Grâce à lui, une nouvelle édition de V Histoire littéraire, publiée sous la direction de M. Paulin Paris, est maintenant dans toutes les mains. Cette édition, reproduite fidèlement sur l'original, ainsi qu'il convient pour une réimpression, a été complétée et enrichie de notes, qui la mettent au niveau des travaux les plus achevés de l'érudition moderne. Tel a été le succès de cette édition que plusieurs volumes sont depuis longtemps épuisés et qu'il sera né-

cessaire de les imprimer à nouveau. La réimpression du GalUa christiana marche plus lentement; six volumes seulement, les t. 1, 2, 4, 5, 11 et 13 opt paru. Il est permis d'espérer qu'elle sera menée à bonne fin ; il est permis aussi de désirer que dom Piolin se préoccupe de donner les additions et corrections que comporte rédition originale.

La nouvelle édition du Recueil des historiens est bien une des tentatives les plus hardies conçues et exécutées de notre temps. Infiniment plus étendue que VHistoire Uttétmre^ et tandis que le Gallia christiana s'adresse surtout à un public restreint, qui ne voit guère au delà d'un diocèse et souvent dans le diocèse que l'histoire d'une abbaye, le Becueil des historiens devra surtout au nom du savant éminent, sous la direction de qui il est réimprimé, un succès au moins égal à celui de VHistoire littéraire. Il a sa place marquée dans toutes les bibliothèques publiques et dans les collections des amateurs privilégiés de la fortune. Quant à ceux dont les études Aussi bien que les moyens sont limités, ils auront la ressource de se procurer celui des volumes qui leur plaira, chaque tome se vendant séparément.

Les lecteurs du Cabinet historique me sauront gré de leur donner un court aperçu du contenu des différents volumes, réimprimés exactement d'après l'édition originale.

Le 1. 1 contient tout ce qui a été fait par les Gaulois jusqu'à Clovis ;

Les t. II et III contiennent ce qui s'est passé dans les Gaules sous les rois de la première race ;

Le t. IV contient les lettres historiques, lois, formules, diplômes, etc., concernant les Gaules et la France sous la première race ;

Le t. y ce qui s'est passé sous les règnes de Pépin et de Gharlemagne, {(lus les lois, ordonnances, etc. ;

Le t. VI les gestes et les lois de Louis le Débonnaire;

Le t. VII contient les gestes des fils et petits-fils de Louis le Débonnaire jusqu'à Tan 877 ;

Lo L VIII ce qui s'est passé depuis le commencement du règne de Louis le Bègue jusqu'à la fin du règne de Louis V, avec les diplômes des fils et des petits-fils de Louis le Débonnaire ;

Le t. ÎX la fin des monuments de la deuxième race jusqu'au commencement du règne de Hugues-Gapet (877-091);

Le L X la fin du règne de Hugues-Capet jusqu'au commencement du règne de Henri I" ;

Le t, XI la fin du règne de Henri I" ;

Les t. XII'XVl comprennent les monuments des règnes de Philippe V, de Louis VI et de Louis VU. (A partir du t. XIV, le Recueil des historiens a été publié par llnstitut).

Enfin les t. XVII-XVIII comprennent les règnes de Philippe-Auguste et de Louis VIII.

M. Palmé promet au Recueil des historiens un supplément qui sera dû tout entier à M. Delisle. Est-il besoin de dire que tous souhaitent à M. Delisle les jours et la force iiécesâaires à la réalisation de cette promesse ?

Ulysse Robert

ou LES CATHARES

(Voyez p. 5.)

CRÉATION DE L UNIVEttS ET DE L HOMME ; PSYCHOLOGIE ;

Ar«TITHÈSE DES DEUX RÉVÉLATIONS DE l'aNCIEN ET DU NOUVEAU

Page 1