‹ Le Cabinet historique (volume 2)Chapitre 27 sur 240 · E. MOLINIER · texte numérisé non relu

E. MOLINIER

Lettre circulaire de Carchevêque de Paris aux curén de son diocèse,

M. le comte de S* Florentin, Monsieur, m*a fait Thonneur de m'écrîre par ordre du Roi, touchant Targenterie des églises. Tous les évèques du Royaume ont reçu la même lettre. Cet objet a paru assez important pour mériter que les prélats, qui sont actuellement à Paris, en conférassent ensemble.

Quoi qu'il en puisse coûter aux églises, pour se dépouiller d'une partie des ornements, dont la magnificence des souverains et la piété des fidèles les ont enrichis, les prélats ont jugé que la Religion pouvoit faire ce sacrifice aux nécessités présentes de TEtat. En conséquence ils ont unanimement arrêté que chaque évoque écrîrolt aux chapitres des églises cathédrales et collégiales, aux paroisses, aux confréries, aux communautés, aux congrégations séculières et régulières, exemptes et non exemptes de son diocèse, de lui envoyer incessamment un état général de leur argenterie, et un état particulier de celle que ces églises pourront et voudront envoyer aux Hôtels des Monnoyes. Je compte qu'en vous conformant à cette délibération, vous ne différerez pas à me remettre ces deux états séparés, afin que, par la comparaison de la partie d'argenterie que vous desti-

nerez au secours de TEtat, avec celle que vous vous réserverez^ je puisse juger si la décence convenable au service divin n'en souffrira pas.

Je suis avec bien de la considération, Monsieur, vostre très humble et très obéissant serviteur,

Signé : -}- Car. Arch. de Paris.

A Paris, ce 6 décembre 1759.

(Blbl. nat. Coll. Joly de Fleury, vol. 1416, f« 117. Imprimé.)

Lettre de M, de 5' Florentin au procureur général. A Versailles, le 10 février 1760.

Je vous envoyé. Monsieur, les lettres patentes du 8 de ce mois concernant Targenterie portée aux Hôtels des Monnoyes, et les ordres du roypour leur enregistrement, après lequel je vous prie de me les renvoyer.

On ne peut être plus parfaitement que je le suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Signé : S* Florentin.

(Blbl. nat. Coll. Joly de Fleury, vol. 1446, f» 107. - Original ligné.)

Lettre du Roi au procureur général.

De par le Roy,

Notre amé et féal, nous envoyons à notre Cour de Parlement de Paris nos lettres patentes du 8 du présent

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tnois concernant Targenlerieportée aux Hôtels des Monnoyés pour l'enregistrement desquelles nous vous mandons et ordonnons de faire les diligences nécessaires qui sont du devoir de votre charge. Si n'y faites faute car tel est notre plaisir.

Donné à Versailles, le 10 février 1760.

Signé : Louis.

Phelippeaux.

[Au dos]. A notre amé et féal conseiller en notre con* seil d'Etat, notre procureur général en notre cour de Parlement de Paris, le sieur Joly de Fleury.

(Blbl. nat. Coll. Joly de Fleury, vol. 1446, f 109. - Original •igné.)

Lettre du curé et des fabriciens de S^ Pierre de Tonnerre au procureur général.

A Tonnerre, ce 3 février 1760,

Monseigneur, Les curé, procureur, fabriciens de la paroisse de S* Pierre de Tonnerre ont recours à Vostre Grandeur, comme protecteur des fabriques, pour scavoir la conduite qu'ils doivent tenir au sujet de l'argenterie de leur église. Monseigneur TEvèque de Langres a mandé qu'on envoy&t un état de l'argenterie. M. le subdélégué, par ordre de M. l'Intendant, nous a écrit qull étoit fondé de pouvoir de faire peser nostre argenterie, de l'envoier à la Monnoie, en suivant toute {sic) ce qui est ordonné par la déclaration, et nous invite très fort, ainsy que Monseigneur nostre Evéque,de nous soumettre au désir du prince. Nostre obéissance. Monseigneur, sera toujours grande lorsqu'il s'agira de sacrifier nos intérêts particuliers, parceque nous sommes les maîtres de dis-

poser ce qui nous appartient en propre. Mais en nostre qualité de procureurs fabriciens, nous pensons que nous ne sommes que les dépositaires des biens, des trésore de cette église, et que nous ne devons en disposer qu'avec le consentement de tous les paroissiens, en vertu de vos ordres, en vertu d'un édit du Roy, enregistré au Parlement, de peur d*estre recherché en suivant seulement la Déclaration du Roy, qui ne nous rassure pas de la crainte où nous sommes d'estre inquietté par la suite. Nous vous supplions. Monseigneur, de vouloir bien nous indiquer ce que nous devons faire, et nous nous ferons un devoir de nous conformer à ce que vous nous ferez la grâce de nous prescrire.

Nous avons Thonneur d'estre avec respect, Monseigneur, devostre grandeur les très humbles et très obéissants serviteurs.

Signé : Demarcenay, curé (1) Pain,

G. Bazille, Hiérosme.

(Blbl. nat. Coll. Jolly;de Fleury, vol. 1446, fo» 98-99. - Original signé.)

Copie de ta délibération fait te en rassemblée des curé, marguilliers et notables de la paroisse de S^ Cosme, du dimanche J29 X^' 1 759.

Aujourd'hui 29 X*»'« 1759, yssue de la grande messe paroissialle, en l'assemblée de messieurs les curéetmarguilliers, sur l'assemblée convoquée en exécution de la délibération du 21 du présent mois, a été fait lecture de

i; Une ^Ifnaluic illisible

la lettre mentionnée ez délibérations des 8 et 21 du présent mois.

Sur quoy, la matière mise en délibération, la compagnie, les notables assemblés, a arresté quant à la ditte lettre qu'il n*y a lieu a délibérer et que Timprimé de la ditte lettre sera rendu à monsieur le curé.

Quand au fond, la compagnie, pénétrée de Tamour le plus tendre pour la personne du roy et du zèle le plus ardent pour le bien public, touchée comme elle doit être des besoins de l'État aux quels elle voudroit pouvoir subvenir avec le même empressement qui a porté un grand nombre de cytoyens de tous les ordres à faire dans les circonstances présentes le sacrifice sans bornes de ce que chacun d'eux pouvait disposer en particulier, ne peut exprimer quant à présent que l'impuissance où elle est de satisfaire à son zèle sans une autorization légale et suffisante. En conséquence a arrestée que copies de la dite lettre imprimée ensemble de la présente délibération seront remises à Monsieur le Procureur Général par MM. Delamarre, Petit et Biet; qu'elle a prié de vouloir bien s'en charger.

Signé: Le Prêtre de la Motte, de la Lourcée, Bigot de Sainte Croix, de La Garde, Subtil, de TEspine, Robert d*e S» Vincent, Delamarre, Petit, Langlois, Tsnard, Tonnellier, Granget, Sorraize, Boivin, Le Fèvre, Cressonnier, Biet, Brunet; et formé.

rBibl nat. Coll, Joly de Fleury» vol. 1446, fo 116.;

Coppie de la lettre écriite par M. Èe) tin^ contrôleur général^ à A/. Joly de Fleury^ intendant de Bourgogne^ h i 4 février

Le Roy, qui s'est fait rendre compte, Monsieur, de la

i44 LES TRÉSORS DE otlELQUES ÉGLISES

liste de ceux qui ont porté leur vaisselle ou argenterie à la Monnoïe dans vostre département, a vu avec peine que plusieurs églises et communautés, enrichies la plus part par ses prédécesseurs, et beaucoup de parlicuUen?, distingués par leurs richesses et leur naissance et les dignités, charges ou emplois qu'ils tiennent de lui, n'ont donné dans le besoin pressant de Tétat nulle preuve du zèle dont ils auroient dû donner Texemple. Je \ous prie de m'envoyer un état des églises et communautés, m(>rac des particuliers aisés, qui sont dans le cas, pour que j*en rende compte à Sa Majesté, et il seroit h propos de mlnformer au^si des raisons que les diférentes communautés peuvent avoir allégué aux évoques diocésains pour excuser une mauvaise volonté aussi marquée. —îe suis. Monsieur, vôtre etc. Signé: Bertin.

(Bibl. nat. CoU. Joly de Fleury, vol. 1446, f« llOj

{À êuivrej

OU LES CATHARES

(Voyez p. 5 et 97.)

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