‹ Le Cabinet historique (volume 2)Chapitre 3 sur 240 · AU QUINZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU QUINZIÈME SIÈCLE

Le certificat d^étudiant, différent du certificat d'études, était Tattestation délivrée par l'autorité universitaire à ceux qui avaient été admis, après les formalités d'usage, à suivre les cours de l'une quelconque des facultés. Cette pièce était, si Ton peut ainsi dire, la carte civique de l'étudiant; elle lui servait de passe-port et lui garantissait, partout où il se rendait, la jouissance des privilèges octroyés à l'Université et à ses suppôts.

Rien de plus rare dans les dépôts d'archives que les certificats de cette sorte, quoiqu'il en ait été délivré chaque année des cents et des mille. Pas un seul, que nous sachions, n'a été encore publié. Le suivant, que nous donnons comme échantillon, se trouve dans l'un des précieux volumes de titres originaux nouvellement ajoutés aux manuscrits de la Bibliothèque nationale par les soins de M. Léopold Delisle (Fr. 26052, pièce 1108). Il concerne un certain Jean du Fossé, déjà maître es arts et bachelier en droit civil et canon. Cet écolier ifétaît plus un jouvenceau, car il ajoutait à ses titres scolaires celui de curé de la paroisse de la Gravière au diocèse de Bayeux. Il étudiait en décret, par conséquent se préparait aux grades supérieurs du droit canon, et son professeur était maître Jean Hubert.

Plusieurs choses sont à remarquer dans cette pièce :

l" La formule des considérants, où sont alléguées des sentences de Sénèque et d'Aristoto.

Le même protocole servait pour les certificats d'étude, ainsi que le prouve un certificat de 1508 publié par M. Jourdain dans son Index chronologique des chartes relatives â V Université de Paris.

CERTIFICAT I)*ÉTUDIANT AU QïïINZlilME SIÂCLE 21

2^ Le nom du professeur Jean Hubert. Une méprise a fait que ce personnage figure dans la plupart des histoires de Paris, et môme que son nom fut donné, au commencement de ce siècle, à une rue du quartier latin. Acquéreur d'une maison de la rue de Reims qui devint plus tard la propriété du collège Sainte-Barbe, il fut pris par des critiques superficiels pour le fondateur de cet établissement. L'erreur a été démontrée dans Y Histoire de Sainte-Barbe y collège ^ communauté^ institution^ 1. 1, p. 3, 12, 315.

3* La date du 20 juin 1429. C'est le jour que dut se répandre à Paris la nouvelle de la bataille de Patay, où Jeanne d'Arc avait achevé de dissiper par une victoire éclatante le prestige du gouvernement anglais imposé à la France depuis neuf ans. On peut se figurer Témotionqu'il y eut alors dans la capitale livrée à l'étranger, l'effroi propagé par les alarmistes qui annonçaient l'arrivée prochaine de l'armée française, l'inquiétude de ceux qui s'étaient compromis par leur dévouement à l'ordre de choses établi. On peut conjecturer que maître du Fossé fut de ces derniers, et que, sentant le sol trembler sous ses pieds à Paris, il se fit donner bien vite son certificat d'étudiant pour aller se mettre en sûreté eu Normandie, sous la protection de son clocher.

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