‹ Le Cabinet historique (volume 2)Chapitre 36 sur 240 · PARTICULARITÉS RELATIVES A L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS RELATIVES A L'HISTOIRE

cTÊlat jamais endormie. Quelle proie pour un curieux de sa qualité! En agissant même par o?*dre du Roi, ne peut-on pas admettre aussi qu*il ait représenté à Sa Majesté qu'un examen était nécessaire, utile pour divers motifs, qu'il prenait charge de raceomplir, sans emploi d'aucun témoin, qu'il en ferait rapport au Roi seul? Cela étant, ne peut-on pas admettre qu'une bonne partie au moins ait pu demeurer renfermée dans sa cassette, emportée plus tard etsauvegardée à Ghanteloup, passer môme, en un moment donné, à des mains très confidentes, pour éviter les conséquences de l'apposition du scellé qui se ferait certainement, après sa mort, au nom de cette même raison d'Etat dont lui-même avait fait jouer souvent les ressorts, durant son grand pouvoir ? Et de ces papiers, n« serait-il même pas intéressant, déjà, de connaître ce qu'il s'en est trouvéà la levée du scellé dont fut témoin le sieur Pigrais, délégué du ministère des Affaires Étrangères ? Ce délégué a dû faire rapport sur ce qui fut soumis audit scellé dans la maison seigneuriale de celui qui avait eu 'si grande part à la conduite d'affaires merveilleusement diverses, pendant une ambassade à Rome, une ambassade à Vienne, un ministère des affaires étrangères, un ministère de la marine et un ministère de la guerre. Où sont présentement les papiers du duc de Choiseul? Quelle famille aujourd'hui possède, par fait d'hoirie ou d'alliances, ce qui a pu rester, ce qui a pu se retrouver des papiers du cabinet et maison de M. le duc de Choiseul-5^amyi7fe ? Cette famille indiquée, — j'ai ouï dire qu'elle est celle de M. le duc de Marmier par les alliances, — c'est à vous, mon cher ami, à vous porter vers elle et à demander à son chef, sous les garanties de l'honneur et de la considération qui vous font cortège, qu'il veuille bien vous donner aide, facilité, consentement et accès pour faire œuvre d'historien. Je

VOUS le répète, vos travaux charmants et précis sur le temps où régnèrent Louis XV, Madame de Pompadour et le duc de Choîseul vous obligent; ils vous obligent, comme on dit que « noblesse oblige. »

Ne serait-ce point légitime et naturel que ce fût à vous qu'il advînt de retrouver le contenu du portefeuille politique et secret de Madame de Pompadour, dérobé par M. le duc de Ghoiseul, sous le manteau rouge qui fit le désespoir de M. de Marigny, mais que sans doute il avait revêtu par ordre du Roi et pour le service de la Raison d'État, deux choses terribles, en vérité I

Armand Baschet.

Septembre 1880,

A la forêt du Banel (Ardennes).

EPAVES DU XVIir SIÈCLE

Lorsque jo terminais mon premier article en i4Tiiif>nçant de nouveaux extraits des manuscrits de Sir W. Ffulkes, je croyais en effet trouver dans nt-'Ue coltocLion de quoi défrayer un second travail ; je me trompais. Les lettres suivantes sont tîrïîos des trésors du British Muséum (Fonds addit. 23, 102 et 23,186), et me semblent intéressantes 0 difTéreiits points de vue. Je les donne dans leur orLhograi>he passablement excentrique, et j'y ajoute seulement les notes les plus indispensables.

(luslave Masson.

Ilîjrrnw, ce U mai 1880.

lA'Hn* fie ftÀt-i/enson à Winslow, professeur d'analomie (Ut Jardin des Plantes.

A Versailles le 1 Septembre 1750.

Jay, Mun^iieiir, rendu compte au Roy des motifs qui \i\u^ util engni^^é à demander la permission de vous déjoeltre lie votre charge de Professeur d'Anatomie au jïinUn Royal des Plantes. Sa Majesté pleinement ins- (ruite des iienlimens de zèle, avec lesquels vous l'avez

ÉPAVES DU WIII* SIÈCLE 2:{î)

toujours remplie, les a reconnues dans la crainte que vous avez eue, que voire situation actuelle ne vous permit pas de continuer vos fonctions avec la même exactitude que ci-devant ; Elle a bien voulu agréer votre démission, et Elle a choisi M'Ferrein (1) pour vous remplacer ; mais en môme tems Elle a réglé, que conformément aux conditions qu'il s'est imposées luy iriôme, il ne pourroit rien exiger des emolumens de la place et que vous en joUirez votre vie durant. On ne peut vous être, Monsieur, plus parfaitement dévoué que je le suis.

M. D'Argenson.

Lettre autographe de Sylvain Bailly à ?. , ,

(U y fait quelques remarques sur le discours de réception de Condorcet à TAcadémie).

Monsieur,

Le préjugé de quelques littérateurs ignorans et de quelques savans médiocres ou jaloux dont parle M. de Condorcet me paraît un monstre qu'il a créé exprès pour le combattre. La distraction qui nait de plusieurs goûts, de plusieurs études, ne me semble pas devoir faire tort aux Sciences. Nous sommes sans cesse entraînés vers le but auquel la nature nous a destinés ; elle nous a donné en même tems les forces nécessaires pour l'atteindre ; mais il est fort douteux que nous puissions concentrer dans un seul point ces forces lorsqu'elles ont des desliiiatioQs différentes. On dit que le changement de travail

(1) Ferrein ^Antoine), médecin, membre do l'Académie des sciences (1741) ; né en 16a3, mort en I7ô9.

est une espèce de repos. Nous voyons que Ton semé différentes espèces de grains dans les mômes terres ; si on s'obstinait à leur donner toujours le même grain, elles ne produiraient que peu ou point du tout. On peut donc croin* que le lems et la force employés à une étude ne sont point prU.

Sur [e temps et la force que Ton pourrait donner à une autre, c*est l'emploi d'un tems qui aurait été perdu . D'ailleurs. Monsieur, les esprits ?ont de nature différente ; les lins sont nés pour approfondir, les autres avec moine de profondeur s'étendent plus en superficie. Il faut à cpux-ci plusieurs objets pour occuper leur étendue. 11 ii*y a point à craindre que ces esprits soient dclouraés de leur vocation naturelle : les esprits profonda ssoiit appelles par un instinct irrésistible à ce que les Si'iences^ ont de plus caché et de plus difficile. Croyezvous que les charmes de la poôsie ou de l'éloquence eussent pu égarer Newton et le détourner même un moment de hi recherche de la caiise des mouvemens célestes. Cette grande idée s'empare de l'esprit entier ; elle en occupe toutes les facultés et repousse tout ce qui lui eht clranger. Les esprits qui ont leur grandeur en étendue 'ç^M^neraient peu à se faire sur un seul objet. OuaudFontLMiellen'auraitpasfaitlapluralitédes Mondes, l'Iii^tuire des Oracles, les Dialogues des Morts, avec des Comédicfe et des Opéra, croyez vous qu'il eut découvert le ssccret de la nature et qu'il eut été le rival de Newton ? Non nous fîiisons tous ici bas ce que nous y devons faire ; Iraiiil mu qiicmque voluplas.

Tout ce que vous dites, Monsieur, sur ce passage du discours de M. de Condorcet est très juste, et ce que vous dites sur ce qui me concerne est infiniment obligeant. C'est une preuve de votre estime ; et quand il serait vrai ; ce que je ^uis éloigné de croire, que vous ne pourriez pas revèrîr cette estime d'une expression élégante et heu-

reuse votre honnêteté reconnue assurerait sa sincérité et la rendrait plus précieux que beaucoup d'autres.

Agréez, je vous prie, ces sentîmens et ceux du respect avec lesquels je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Batllit.

ChaillotcellMai 1784.

Billet du cardinal de Bemts,

Je ne dois pas craindre une conspiration que Monsieur le Chancelier a découverte, ainsi je me rendrai à ses ordres mercredi prochain, et je lui renouveleraî avec grand plaisir les assurances de tous les sentiments avec les quels je fais profession de lui estre iuviolablement attaché.

Le card. De Bernis.

le 2 décembre 1758.

Btllel du maréchal duc de Broglieau duc de Bouillon,

A Versailles le dimanche 7 au Soir.

J'ay été très peiné,Monsieur Le Duc, de quelques termes d*un écrit remis sous votre nom à plusieurs mem^ bres du Conseil de sa Msyesté, termes qui me sont personnels. Je ne ne puis croire que vous en aye2 connaissance, et je veux penser que vous les desavoués ; mais comme cet écrit existe, et est répandu, vous sentirez aisément quil est indispensable que vous me le marquiez vous même par écrit. Jay Tohnneur de vous

•ABtlIIT 11»!. — iSlO. DOC. — 16

en prier, et jay celuy d'être avec un parfait attachement, Monsieur le Duc, votre très humble et très — obéissant serviteur

Le maal Duc De Broglie

M. Le Duc de Bouillon a la Cour

Lettre du Maréchal de Castri'es à...

(Il y est question de quelques incidents relatifs & la guerre de

Sept ans)

A Paris ce 9 décembre 1757.

Je n'ai pu encore parvenir Monsieur a travailler avec M. de Paulmy (1) je retourne demain a Versailles et jespere que je pourrai rengager a Unir quelque chose en égard au rétablissement de vostre cavalerie.

Jai fait voir Ici chose tout au plus noir relativement a la dissipline ; tout le monde sent la nécessité de la rétablir et de faire un meilleur état a lofficier, mais on n'en fera rien, et on m deffend, en disant que les pays conquis ont éié si fort pilfes par les unS; et voles par les autres quils sont hors détat de fournir les sommes sur lesquelles on de voit compter et qui dévoient être, reparties sur le bien être des troupes.

Jai trouve M""^ de Pompadour pensant sur M. de Lupac comme vous en pencer et jespere quelle fera tout ce qui! Faut faire, pour le ministre jai tant de raisons pour douter de sa bonne volonté que je me suis borne a en dire tout le bien qu'il mérite. La scituation critique de M, de Richelieu occupe actuellement tout le monde elle

fl) Vôyer d Argenson de Paulmy était aloM ministre de la guerre. St rotralle, comme on sait, eut lieu le 22 mars 1758.

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ne peut durer, et ce sera le moment de preser toutes nos affaires, jattendrai un de vos couriers pour avoir Ihoniieur de vous écrire plus en détail touchant les choses qui vous intéressent.

La façon de pencer de vos amis est toujours la mesme sur vostre retour la mienne ne change pas non plus parce que je vois beaucoup de jens qui clabaudent et qui se tairoient si vous étiez icy, cepandantla position ou se trouve M. de Richelieu (1) est un prétexte très bon pour demeurer jusqu'au commencement de janvier dans le pays ou vous êtes.

Il me semble que dans quel cas que ce soit la droite de M' de Richelieu sera très dégarnie et quil nest pas a se repentir de vous avoir forcé a vous reculer jusqu'à Hanau jespere quil ne vous proposera pas de cet hiver a remarcher jusqu'à la teste des défiles. ... il est question de 24 mille hommes de la cour de Vienne, la Pomeranie est un objet important qu'on veut renforcer voila bien des projets quil faudra rédiger et je crois indispensable que voussoyes icy alors ce qui se pasera sur la basse elbe pourra faire changer le systesme de la guerre.

Si M' de Paulmy ne vous a rien repondu a mon sujet je vous suplie de ne lui plus parler de m'employer avec un conjé les grâces d'argent nestant pas faites pour être demandées vivement, ni plusieurs fois, je ne comptois rester que deux mois icy il est possible que jy reste davantage, je serai bien fâché quil put oposer aux autres Grâces ausquelles je puis prétendre un dedoraageraent aussi médiocre je ne doute pas quil ne le saisit pour couvrir ses torts avec moy.

Jespere que vous rendez justice a tous les sentiments que je vous ai voues ils sont graves dans mon coeur et

(1} La bataille de Rosbach avait eu lieu le 5 novembre.

dans mon ame et na ceseront qu'avec ma vie, j'ai rhonneur destre Monsieur avec rattachement le plus tendre et le plus inviolable vostre très humble et très obéissant serviteur

Castries.

Je vous suplie de vouloir bien m'envoyer copie de la lettre de M' de Paulmy au sujet de nostre réunion les uns mont dit que nostre reserve nestoît pas fixée les autres m'ont dit quelle lestoit, dans ce doute, je nai rien en a dire et il est essentiel que vous sachiez sur quoy compter.

Je suis certain que le m>^ Destrées a pris un interesl très vif a ce qui vous regardoit.

Lettre de M, de Chauvelin à.,. .

(U s^agit de la nomination d'un intendant dAlsace au poste de Conseiller dEtat).

Monseigneur

Me trouvant dans la nécessité de garder le lit par un gros rhume et un mouvemant defievrejeprensla liberté de vous écrire, les hontes dont vous honorez M. Deblair me font présumer que vous approuvés et que vous voudrés bien scunder Tactivitô avec laquelle je m'occupe de ses intérêts, je suis ausi sûr que le reglemant qui voudra Toption nécessaire outre les intendances et les pla« ces de conseillers d'État, est résolu, vous n'ignorés pas combien il serait onerant a M. Debair de quitter l'intandance d'Alsace, et d'un autre coté, il serait bien desagréable pour luy, que plusieurs de ses cadets eussent avant luy la place etle rang de conseillers d'Etat, il m'eit

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venu une idée que je me pressse de vous communiquer, ne seroit il pas possible en cas qu*on nomma les six nouveaux conseillers d'Etat, de lui en donner en même tems le brevet sans place et sans appointemens, en luy en assurant la place lorsqull quittera son intendance, et la faculté de reprendre son rang dans le conseil du jour de la datte de son brevet, par la il eviteroit le desagrément toujours sensible de voir passer ses cadets avant luj, et les intentions du Roi seroient remplies, puisqu'il y auroit le nombre déterminé .des conseillers d'Etat en fonction et en exercice, si cette idée vous paroit pratiquable Monseigneur, peut être voudriés vous bien en faire l'ouverture avec le vice chancelier, et si vous Taprouviés, je pourois en parler avec le duc de Ghoiseul a mon premier voyage de Fontainebleau, je nattacherai aucune valeur a ce plan jusqu'à ce que j'aye votre réponse, je suis avec un attachement et un respect infinis Monseigneur,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Chauveun Paris, ce 14 décembre 1765.

Lettre de Clavière à. . .

(Question des esclaves ; émancipation des noirs)

Paris le 30 septembre 1788.

J'ay eu un vrai plaisir, mon cher monsieur, de faire connoissance avec M. Taylor^ (1) et je suis fâché que son

(1) William Taylor,né en 1765, écrivain distingué, ami deSouthey et de Coleridge.

séjour ait été aussi court dans cette capitale. Il a eu la bonté de nous infornaer, quelques membres de la société des amis du moin et moi, de l'état des choses en Angleterre relativement à Tabolition du commerce des esclaves. Nous trouvons qu'il doit encourager votre société, et il nous semble qu'elle ne tardera pas à obtenir des succès tels qu'elle les désire. Les imprimés que M. Taylor nous a remis de sa part prouvent un grand zèle et une grande intelligence, ils nous seront fort utiles, et par tout où la même cause trouvera des défenseurs. Nous en remercions bien votre société.

M. Taylor vous rendra compte de notre situation. Le circonstances politiques nous arrêtent. Elles occupent tous les esprits, et empêchent que l'attention publique puisse se porter sur d'autres objets que sur ceux qui sont relatifs aux droits de la nation, et à la constitution du Royaume.

Il semble qu'une révolution se prépare, et chacun songe au raport plus ou moins grand qu'elle aura avec ses opinions ; voilà une grande cause de nos foibles progrès, une autre non moins grande c'est de n'avoir pas encore pu obtenir la permission d'imprimer nos regleraens et de les publier. Malgré cela notre comité s'assemble tous les huit jours pour conserver la forme, et nous avons institué une assemblée générale pour tous les mois. (1) Nous n'avons encore rien publié ; nous ne sommes pas assez riches. Nous allons cependant faire traduire et imprimer les questions. Ce moyen nous paroit avoir été habilement trouvé et doit avec de la persévérance, produire un grand effet. M. Taylor vous fera voir qu'on nous appelle Philosophes horaleurs.

(Ij Clavière s'occupait beaucoup à cette époque de questions ûnancières.

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Je sais bon gré à mon ami Warville (2) de m'avoir placé honorablement dans votre esprit, j'ai beaucoup d'estime pour les amis ceux qui ont la paix pour principe, et le travail pour habitude, sont les vrais bienfaiteurs de la pauvre humanité.

J*ai de bonnes nouvelles de notre ami; il m'a écrit de de Boston et de New Yorck, il est enchanté ; mais sa tète est vive, son coeur chaud pour la liberté ; j*espere qu'un séjour un peu long procurera aux Européens une bonne connoissance des Etats unis a tous égards. J'ai profltté de mon expérience dans les affaires de l'humanité pour diriger autant qu'il m'étoit possible ses observations.

Qu'est-ce qu'un livre du D' Tucker sur la manière d'observer dans les voyages ? s'il en vaut la peine, faite moi le plaisir de me l'envoyer.

Je suis bien sincèrement mon cher Monsieur votre ami et dévoué serviteur

E. Glaviére.

45 rue de Richelieu

Lettre du poète Néncault Destouches,

A Fortoiieau près Melun ce 12« février 1740.

Aux officiers de la maîtrise de Fontainebleau pour donner leur avis a Paris le 14 fevr. 1740

Comme ma terre de Fortoiseau et mon gouvernement sont dans le voisinage d'une terre qui est dans la censive dePabbaye du Lys, et qui s'appelle la Buvette, j'en

(2) Brissot de Warville, le célèbre Girondin ; on sait que ce fut surtout rinûueQce de ce parti qui fit arriver en 1792 Clavière au ministère des finances.

ai fait depuis quelque tems l^aquisition, et je suis dans le dessein de la défricher et de la marner, ce qui sera non seulement avantageux pour moi, mais encore pour Tabbaye, et même pour le public ; cette terre de la Buvette jointe à un autre bien que je viens d'acheter tout aupres; consiste en prés de deux cent quatre vingts arpents dont la plupart sont en friche et couverts de bruyères, quil faut brûler avant toute chose ; je n'ai point osé l'entreprendre sans y être autorisé par vous Monsieur; ainsi je vous supplie très humblement d'avoir la bonté de ra'accorder et de m'envoyer le plutôt qull sera possible, la permission de brûler environ deux cens arpens de bruyères qui sont dans le lieu que j'ai eu l'honneur de vous indiquer ci dessus, qui est à ce qu'on m'a dit du district du garde que vous avez a Ghailly. Je me flatte qu'en considération du bien public, et de l'avantage qui en reviendra à l'abbaye du Lys, vous daignerez m'accorder la grâce que je prends la liberté de vous demander dont je vous serai infiniment redevable. Au surplus j'ose vous assurer que je ferai prendre toutes les précautions nécessaires pour que la chose s'exécute sans le moindre inconvénient, et suivant les ordres qu'il vous plaira me prescrire. Je profite avec un extrême plaisir de cette occasion pour vous a^ssurer qu'on ne peut être avec plus de respect que j'ai l'honneur d'être

Monsieur

Votre très humble et très obéissant serviteur

Destoughes de l'académie françoise.

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Lettre du maréchal (TEstrées à.

Sans date, mais évidemmeDt postérieure & 1757, époque de la disgr&ce du Maréchal).

Ce 30 septembre a Paris.

Personne monsieur ne peut juger mieux que vous de mon attachement pour le Roy puis qu'il vous est connu dans toute son étendue. Il a ete mis a de rudes épreuves et quand jaurais Ihonneur de vous voir Je vous dirais des vérités qui vous étonneront. La bonté avec laquelle Sa Majesté ma reçu et avec laquelle elle a écoute les veritees que jay eu a mettre sous ses yeux à beaucoup soulage les peines de mon cœur car il a eu a souffrir de même que mon esprit. Je lay trouve très dispose par vos soins a juger de certains faits, que le publique sest diverty a déguiser. Jay mis les autres dans le tour le moins équivoque et après avoir rempli ce que je dois au Roy. et a moi même je vas penser à ma santé, elle va mieux jespere que lair de la campagne la rétablira. Jay ete deux fois me promener a Obervilier ou jay tué chaque fois douse perdreaux. Je ne veux perdre aucun de mes droits sur ce qui vous apàrtient et encore moins sur votre cœur.

Je souhaite que toutes les diffiqultees saplanissent devant vous, vous este asses heureux de ne voir que ceux du local qui peut être diminueront avec le temps; mais lignorance^ la noirceur le complot le plus infâme, se sont reunis pour moter le peu de réputation que jV vois du espérer de 40 ans de service. Jay lieu de croire que dieu vangeur des injustice me préserve d'un tel malheuril ne m*auroit pas fait perdre votre amitié par ce que vous ete vray et juste. Si la continuation de Tatta-

chement inviolable que je vous ay voue de puis longtemps peut vous plaire soyes sur que se seray contant et vouspouves être persuadé monsieur que personne na Ihonneur detre plus véritablement que moy monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.

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