L. M. Destrées
Lettre autographe de madame Duchàtelet à Forcalquier,
Ce 1" octobre.
Enfin vous vous êtes donc résolu de vous souvenir de moy, je me croyois bien plus loin de votre imagination que de Paris, le peu de loi que vous avîes fait du hasard qui mi avoit fait revenir le même jour que vous, et qui vous offroit une occasion si aisée de me voir, me prouvoit bien sensiblement que la distance des lieux nétoit pas même votre prétexte et que vous trouvies qu'il y avoit aussi loin d'un étage de TOpera a lautre que de Paris a Cirey, cependant au moment que je mi attendois le moins, je reçois une lettre de vous pleine d'imagination, d'injustice, et de mauvaises excuses, c'est toujours une marque de votre souvenir et vous devés être sur quelles me seront toujours fort agréables jay mal pris mon tems pour vous respendre et il ni a pas de politique a moy d'avoir attendu les plaisirs brillans de Ihiver pour vous en détourner par une mauvaise lettre, il y a de la témérité sans doutte a ne me pas croire troprouillée pour vous escrire mais je vous avertis que quand je la serois encore davantage cela ne m'en empecheroit point, mou amour propre ne fera point le tort a mes plaisirs, on m'avoit mandé de Paris que M' do Bran-
cas (1) étoit norae plenipotentaîre pour le congrès futur mandés moy si cela est vrai, il y a déjà quelque tems que M' de Brancas ne m'a escrit, je vous donne toutes mes fontanges on n'a pas besoin dornemens a la campagne, je crois que vous les mettrés a votre bonnet de nuit, elles ne soutiendroient pas la lumière, et moi je ne soutiendrois pas longtems la métaphore je n'enemprunteray point le secours pour vous dire combien je seray charmée que vous vous souveniés quelquefois de moy, que vous bussies a ma santé en bonne tisanne (la vie minteresse a votre poitrine) et que vous parliés de moy a une personne a qui j'escriray au premier jours et que jaimeray tous leur de ma vie.
Voltaire me prie de vous dire mille choses tendres et respectueuses de sa part son attachement pour vous ne mérite point voire oubly.
Lettre d'Anquetil-Duperron à Me^ciei% bibliothécaire de Sainte-Geneviève,
Monsieur,
Un homme de lettres respectable a tous égards, et qui a lu avec satisfaction vos deux lettres aux auteurs et ma prié de vous faire tenir une note quila faite à l'occasion du plan que vous vous proposez de suivre dans la 3* lettre que vous annoncez. Je prens la liberté de vous Tenvoîer telle qu'il me l'a remise.
Je suis charmé Monsieur que les clameurs dun libraire, ne vous effrayent pas il pourroit se faire aureste qu'on
(1) Louis, marquis deCéreste, maréchal de France, né en 1671, mort en 1750.
vous eut grossi les objets. Vous ne devez pas redouter le public que fréquente M' Debure (1) pour moi je puis vous assurer que les amis les plus chauds prennent depuis vos lettres (2) le parti de Tabandonner. lU prétendent qu'il n'a pas en tout suivi leurs avis, cest ainsi quils s'expriment. Le reproche est il fondé ? Cest ce que je ne pense nullement. Quant au Catalogue de la Bibliothèque du Roy, on ne seroit pas fâché de vous en voir relever les fautes. Peutetre le coup d'éperon rendroit il rame au corps qui depuis longtems ne donne pas signe dévie.
J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération. Monsieur
Votre très humble et tre-î obéissant serviteur
Anquetil Duperron Ce 16 octobre
Lettre du cardinal de Fleury à l'abbé Besotgne.
Je ne puis vous rien dire encore de positif. Monsieur, sur la principauté du collège du Plessis qui vient de vaquer par la mort de M. Durieux, et dont vous avez la coadjutorerie, jusqu'à ce que je me sois mis au fait et que je sois plus instruit pour en faire l'arrangement mais vous ne devez point en faire les fonctions au préjudice de la lettre de cachet qui vous les a interdites,
(1) On sait que Mercier eut de violents démêlés avec Debure, et que les tracasseries dont il se vit Tobjet le contraignirent de donner en 1722 sa démission de la place de bibliothécaire qu*U occupait depuis douze ans.
(2) Mercier avait fait paraître dans le Journal de Trévoux de 1763, trois lettres critiques sur le !•' volume de la bibliographie de Debure
BU xvni® SIÈCLE 253
jusqu'à ce que vous ayez reçu des ordres de la Cour qui vous le permettent, et c'est au plus ancien du collège a gouverner pendant cet intervale. Mon temps est si rempli et le Roy reste si peu a Versailles que je ne peux vous donner ni de jour ni d*heure marqués, mais je n*en feray pas moins ce que je pourray pour vous marquer Monsieur que je suis parfaitement tout a vou»
le card. deFLEURY.
M. Besoigne au collège rue Plessîs. 1727.
Lettre de Madame de Graffigny à, , ..
Est il nécessaire Monsieur de connoitre les gens pour leur faire du bien ? doutez vous que votre approbation ne fit pas la gloire la plus haute de Génie ; (1) et celle dont je puisse être véritablement flatée? une lettre de vous monsieur eut été un titre d'immortalité pour la pièce ; on auroit du moins su dans la suitte des tems qu'elle avoit existée, et on croit un homme comme vous sursaparolle. Ce que vous ne me donnez pas je le prends. Je ne rendrai point a notre admirable amie la lettre qu'elle vient de m'envoier, et je vous fais monsieur mille remerciemens du plaisir dont je jouis, ce ne sont pas les premières gr&ces que je vous ai renduees ; vous êtes en possession de ma reconnoissance depuis le premier de vos immortels ouvrages, voila comme cela se tourne dans mon esprit. J'admire {mot$ indéchiffrables) dune belle pièce et prie de men crois obligée personnellement au génie qui répend dans mon ame celte charmante satisfaction qui ne demande plus rien que deremer-
(1) Cénief comédie en cinq actes et en prose.
cier de tout mon cœur. C'est ce que je prouve toutes les fois que je vous lis monsieur et ce bien être m'est trop cher pour ne pas le repeter souvent. Je suis charmée de trouver une occasion de vous le dire et de vous assurer de la sincère admiration avec laquelle je suis monsieur Votre très humble et très obéissante servante
d'HAPPONCOUR DK GRAFiaNY
a Paris le 12 décembre 1750.
Lettre de La Condamine à Suard.
Paris 23 mars 1773.
Je répons sur le champ, Monsieur a la lettre que vous me faites l'honneur de m'ecrire. Louvrage que j'annonçois dans ma préface de la relation de la rivière des Amazones sans m'être encore déterminé sur la forme et retendue que je lui donnerois etoit une relation historique du voyage des académiciens. Javois dans mes journaux et dans ma mémoire de quoi satisfaire a cet égard la curiosité du lecteur, mais il auroit fallu remettre sous les yeux une partie de ce qui a été écrit par les anciens auteurs espagnols qu'on ne connoit guère en France, Herrera, Acosta, Ravati, Oviedo, Ordones, Çivallos, etc., que jai tous lus, et faire la critique ainsi que d'autres voyages plus modernes de Rasbory, Thomas Gaye, les Hibachis etc. Je n'ai ni le temps ni le courage d'exécuter cette entreprise, je n'ai pas voulu répéter ce que d'autres avoient dit et par cette même raison je n'ai fait de ma relation de l'Amazone qu'un livre de géographie un peu ennuyeux mais ne contenant que du nouveau et de lutile.
J'ai cependant publié un ouvrage que M. Robertson ne connoit pas aparemment ; il a été imprimé en 1750- 1751 à limprimerie royale in-4° contient deux parties ; la plus importante est la mesure de (rots degrés du méridien dans r Hémisphère amiral qui contient le détail de toutes nos opérations quadratiques et de nos observations astronomiques et leurs résultats. L'autre partie est intitulée Introduction historique, titre que je lui avois donné quand elle ne contenoit que trois ou quatre feuilles dimpression, mais les obstacles quon me suscita pendant plus d'un an que je ne pus retirer de limprimerie royal ma mesure du méridien me donnoient le tems de suivre le conseil de quelques amis qui me firent observer qu'il n'y auroit que la partie historique qui seroit lue, hors d'un petit nombre dastronômes. En conséquence de cet avis jétendismon introduction historique et je fis une relation en forme qui devoit être intitulée Journal historique des travaux des académies qui ont fait le voyage de r Equateur, Elle contient y compris Thistoire des pyramides de Quito 28 pages in-4* mais comme je l'avois annoncée dansma mesure du méridien imprimée plus d'un an auparavant sous le titre d'Introduction je le lui ai conservée quoique l'Introduction soit aussi longue que louvrage astronomique. Cette relation n'est que la réponse à la question qu'on me faisoit souvent mais quaveZ'Vous fait labas pendant dix ans ? je raporte année par année et mois par mois quelles ont été nos occupations et quels obstacles nous ont retenus si longtems. Et je ne me suis écarté de ce plan que lorsque les évènemens ou les faits étrangers a nos travaux y avoient un raport assés prochain. Cela jette quelque intérêt pour le plus grand nombre des lecteurs sur quelques endroits de ma relation. Le reste se ressent de la silhouette du sujet. J'ai envoyé une douzaine d'exemplaires, à Londres, dont on ne ma jamais rendu compte ; ils sont restes chez
un libraire françois qui a raandé qu'ils ne se vendroient point. Il n'y a donc eu de répandus en Angleterre que ceux dontj'ai fait présent a quelques amis. M. Robertson peut en prendre un exemplaire chez le fameux libraire françois dont j'ai oublié le nom. Ce sera mieux chez lui que dans la boutique et jen fais bien volontiers présent a M. Robertson. Sil a quelques questions a me faire jy satisferai de mon mieux j'ai écritjour par jour pendant dix ans et j'ai dix petits volumes de ma main écrits, que je nai pas relus depuis 30 ans que pour chercher quelques dates dans le tems de ma dispute avec feu M. Bougues (1).
Quant a ce que vous me marqués monsieur des faits que raporte Kalm dans son voyage d'Amérique, cela m'est aussi nouveau qu'à vous et je ne vois point de meilleur moyen d'éclaircir le fait que desadresser a M. de Maurepas ou peutetre a M. de Choury. Les lettres civiles de M. de Maurepas ministre de la marine assure que je devrai trouver dans les bureaus de la marine M. Mesnard père de M. de Choury premier commis de ce département.
Voila, Monsieur et cher confrère, car je vous regarde comme tel et je vous ferai bientôt placer tous les éclaircissemens que je puis vous donner.
J'ai l'honneur detre avec une estime respectueuse monsieur
Votre très humble et obéissant serviteur
Là GOiNDAMUiE
A Monsieur Suard.
(1) n était mort en l'ToS.
DU xvin* siÊCLB 257
Lettre autographe de Marmoniel au prince héréditaire de Brunswick,
Monseigneur.
Le premier succès de Belissaire a été demouvoir lame d'un héros. Lorsque j*ai lu devant Votre Altesse Tesquisse de mon ouvrage, je lai vu tressaillir a chaque trait de magnanimité, et j*aila sensible joie de croire avoir saisi quelques nuances de votre caractère, dans celui que j'avois tracé d*un héros citoyen, d'un guerrier philosophe. Sensible aux vertus et aux malheurs d'un grand homme persécuté, vous avez daigné m'encourager a finir ce tableau touchant, et si j'avois eu le bonheur de réussir je le devrois surtout à l'émulation que vos bontés m'ont inspirées. En parcourant de grands objets, je n'ai fait que les effleurer, la foiblesse de mes talens ne m'a pas permis de les approfondir ; mais si Votre Altesse y appercoit des vues utiles a l'humanité, mes intentions et le zèle qui les anime obtiennent l'estime de Votre Altesse, je suis plus que dédommagé des soins que j'ai pris pour rendre mon ouvrage digne detre mis sous ses yeux. Je la supplie d'en agréer Ihommage avec la même bonté qu'elle a reçu les prémisses.
Je suis avec un très profond respect Monseigneur
De Votre altesse
Le très humble et très obéissant serviteur
kÀtlMONTEL
t*aris ce janvier* 1*767.
eABiMiT Hisi. — 1880. DOC. — n
25S ÉFÀVBS
Lettre de Paulmy cTArgenson à . . . .
A Versailles ce 9 octobre 1759
Quoique j*aye eu Thonneur de vous écrire ce matin monseigneur en vous renvoyant un de vos couriers je vous renvoyé le second pour vous apprendre la nouvelle de Msr le comte d* Artois et je vous accuse en mAme temps la réception de la lettre dont vous m*aves honoré le 2 de ce mois elle nous a paru monseigneur digne de toutte notre attention je crains que le roy de Prusse ne médite un projet offensif contre votre armée et celle de lempire en se reunissant a M' le Prince dAnhalt Dessau a Naumbourg et vu le peu de fermeté et de resolution de M' le prince dHilburghausen et de ses généraux je vous avoue que je craindrois de vous voir attaqué dautant plus que la position que vous aves reconnue & Gotba n'est pas d«q[>ffes ce que vous nous aves mandé* il y a quelque temps si bonne que celle dEysenach voila mon inquiétude je vous la^oue et vous le mande a la lutte, ii^ de Pampadour la partage comme vous pouves bien le croire lembarras ou je vous vois pour vos^ subsistances laugmente mais jay confiance dans la prudence et la fermeté et le sang froid que nous annoncent vos lettres et que je sais qui est dans votre ame je finis cette petite bien a la hâte en vous assurant dé lattachement fidèle et du respect avec lequel je suis monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur
R. de Paulmy
Lettre du maréchal de Richelieu à...
A Gnîssen ce 31 juillet 1757.
Je suis fort aise Je vous assure, mousieur, que Ion ait trouve le moyen de vous passer a Herfort ou vous seres bien mieux de toutes façons qua Yirsbourg qui ne menoit a rien je croit que vous doneres une grande inquiétude au Roy de Prusse dont les affaires ce délabrent tout les jours de plus en plus a ce Iquil me semble la prise de Mesmel que Dumenill me confirme ainsi que la marche en avant du maréchal Apraxin puis m' de Lonnal qui ce retire sont des présages presque certains dune décadence prochaine.
Dumenill me mande aussi dans la letre qui etoit jointe au paquet que vous m*aves envoyé qu'il a obtenu de lelecteur 2500 hommes de plus que Marsheul outre les 4000 tout cela est de bien bon augure pour la fin glorieuse de cette guère ainsi que lavantage que vient davoir le maréchal dEtree dont je suis encore fort mal informé du detaill, je suis très aflige du petit du Ghatelet dont la blessure me paroit très dangereuse,
J*ai vu dans le moment que je partoit le tableau de la marche de vos troupes que le chevalier de Nicolay ma envoyé je nai eu le tems que dy jeter les yeux avecMontemar il ma paru quil ny avoit que très peu de choses a concilier ce que le conte de Noailles fera fort aisément avec Amenvaga (?) que jen ai charge en les laissant a Hoecht pour le délai (?) de vos troupes et des mienes. Hs ont du envoyer aussi au chevalier Nicolay la soumission de la régence d'Hanovre (?)qui me futaporteeavec les assurance du grand ecuyer qui lacompagnat que... (Six mots illist-
bksj) il me demanda seulement de ménager Philips une petite maison de plaisance du land grave a un quart de lieue dHanovre et la maison et domestique dune vieille princesse de Sâie qui abite dans la ville ce que je lassuroi fort que je recomendoit au M. de Nicolay et il me semble que les principes du Roy sont asses conformes a ces sortes de menagemens.
Il m'aete aussi fort recomendé dans mes instructions destre en relations avec vous et je naurai point du tout de peine a me conformer a cett ordre que j'exécuterai très exactement des que je serai rétabli et que je saurai ou vous prendre, vousdeves cognoitre les sentimens que je professe depuit longtems pour vous et le vôtres et latachement très sincère avec lequel j'ai Thonneur destre monsieur votre ires humble et très obéissant serviteur»
le M. m^'* RiGHsusr.
(Ctnq lettres du 0« Debray)
Les cinq lettres suiTanteB sont [extraites de la correspondance manuscrite et inédite de Tabbô Caacellieri. Cet ecclésiastique Italien, antiquaire et savant du plus grand mérite, était en relations avec tous les érudits de son temps. Né en 1751, il mourut eu 1026. Voir dans la Biog. universelle Tarticle qui lui est consacré. Le comte de Bray qui écrivait À Cancellieri les lettres ci-après, était ambassadeur du roi de Bavière à Saint- Pétersbourg.
Ce n'est qu'a mou arrivée] ici mon cher et excellent abbé que j'ai trouvé vos deux lettres écrites à des années de distancep j'ai passé 19 mois en IJvonie séparé du
monde entier, maintenant me voilà en fonction ici à mon ancien poste. Je profite d*un courier autrichien qui part à Ilnstant, pour vous remercier sensiblement de renvoi de vos intéressans ouvrages, et vous dire que personne ne vous aime et ne vous esiime plus que moi. J'écris de la manière la plus pressante au G* de Montgelas pour lui rappeller la médaille d*or. J*espère enfin que cette cho.ne décidée depuis longtems s'exécutera. Je vous écrirai plus au long incessamment. J*ai Tespoir de vous revoir dans un couple d'années. Alors Je serai de nouveau vraiment heureux. Je le suis déjà d'apprendre que votre santé est rétablie. Conservez vous pour les sciences et vos amis. La perte d'un homme tel que vous ne se repare point ; croyez à mon estime profonde et à ma sincère amitié.
Le comte de Bray.
S'-Petersbourg le 4 f*' 1816.
StPetersb. 31 Juillet 1816
J'ai éprouvé une satisfaction bien vive cher et excellent monsieur Tabbé, en apprenant que vous étiez enfin sorti vainqueur de la lutte cruelle qu'une maladie opiniâtre vous a livrée. Que le ciel vous conserve pour les sciences, pour la religion, pour vos amis. Avec une aussi bonne tète que la vôtre on peut rendre a tous les trois de grandes et utiles services. Le bon M' Doublet m'a toujours parlé de vous avec le plus grand intérêt ; il savoit qu'il ne pouvoit me donner de personne des nouvelles aux quelles J'attachasse autant de prix qu'aux vôtres. — J*ai reçu un petit paquet de brochures ou plus tôt je sais qu'il est arrivé, car on a gardé le paquet en Bavière et on ne m'a envoyé que votre lettre du 6 mars
dernier. — Je ne sauroîs vous dire combien je suis sensible à tout ce que vous me dites de votre santé et aux preuves constantes que vous me donnez de votre amitié dont je fais le plus grand cas. — J'ai écrit plusieurs fois au c' de Montg* pour lui rappeller la promesse de la médaille d*or qui doit vous revenir. J*espère qu'enfin on réalisera une promesse faite si positivement. Dans le courant de Tannée 1818 j*ai l'espoir de revoir encore l'Italie ! Quel plaisir pour moi de me retrouver à Rome obéissante de nouveau aux loîx du Pape I Vous vous rappeliez tous nos regrets en 1811 et le tableau touchant que vous en retraciez avec les couleurs de votre vive imagination d'un tems qui paraissait ne devoir plus revenir et que la divine miséricorde a cependant rendu à nos prières ! Une seule chose m'afflige, c'est qu'on paraisse oublier un homme de votre mérite. Mon Dieu si j'étais souverain ou ministre d'Etat ou simplement particulier riche quel empressement je mettrois à employer un savant aussi distingué ! — J'écris encore aujourd'huy au c* de Mong» mais que le ciel vous conserve encore jusqu'à ce que je retourne en Allemagne et en Italie c. a. d, en 1818 et alors il faut espérer que mes efforts ne seront pas inutiles — en attendant conservez moi souvenir et amitié, vous le devez en retour de l'attachement que je vous porte.