LA PRINCESSE DES UBSINS
gneur, de Votre Excellence, très-humble, très-obéissant et tris-soumis serviteur,
Db la Loire.
A Madrid, 3& décembre 171ft.
14. DE LA LOIRI A M. DE PONTCHARTRAIN. Rédt de la disgrâce et de l'expulsion de la priDoeaae des Ursins.
Monseigneur,
Par quelques-unes de mes précédentes, Votre Excellence aura connu que mes réflexions sur le compte de la princesse des Ursins n'éloient pas sans fondement, et tout ce que j'eus i'bonneur de lui en écrire le 24 du courant auroit été accompagné de quelque chose de plus positif, sy je n'avois appréhendé de donner lieu à Votre Excellence de dire que je Teux m'érigcr en petit homme de cabinet, et augurer les cboses futures. Cependant, c'est la pure vérité que, depuis i'entreTue des deux Reynes, si la nouvelle (reyne) vouioit s'immortaliser, comme je Tavois dans la pensée, elle devoit foire ce qu'elle fit effectivement, dimanche dernier, au même moment que je formois la minutte de ma dépêche^ que je ne dattay et fis partir que le jour suivant, 24 du oouant; et lorsque je me servis de la comparaison des deux pUei^ l'arctique tomboit en cet instant en décadence. — Tûksi Monseigneur, comment on rapporte la catastrophe, 4ttA Yotre Excellence aura déjà sue par quelque courrier OttaonMnaire.
iM^circoDstances de cet événement, qui s'est passé entre taOw personnes seules et sans témoms, sont difficiles à péri mais on en peut conjecturer la vérité par quelques que la Reyne proféra d'une voix forte : Me parler iMfy, dtnoy, A moy/— L'on présume que la Reyne lui ayant l^tddes rejuroches très-aigres, d'avoir intercepté trois lettres
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de la Reyne douairière, et les aroir reteneiies dans la Tefle qu'elle avoit d'empêcher, en les supprimant, qu'elle n'obttnt du Roy la permission de s'aboucher avec la Reyne sa nièce, elle y répondit avec peu de respect» et se disculpa mal de ce reproche, ce qui fit que la Reyne appella quelqu'un de l'antichambre, et s'approchant de la porte^ elle dit à l'officier de garde, qui se présenta : Faites sortir cette folle de devant mof, La princesse ne l'entendit pas, car elle demanda au môme : Que dit la Reyne? A quoy il répondit : Que Votre Altesse se retire à son appartement. — Alors Sa Majesté, qui étoit en colère, fit appeler madame de Piombino, pour s'entretenir avec elle; quelque temps après, la Princesse, qui crut que la Reyne, qui étoit ëmûe^ se tranquilliseroit, lui envoya une ambassade pour supplier Sa Majesté d'accepter un bijou qne les premières dames d'honneur ont de coutume de présenter i la Reyne, etceluy qui en fut chargé luy parla au nom de Son Altesse. A quoy la Reyne dit : Qui est cette altesse? je n'en connois point d'antre en Espagne que Monsieur le prince de$ AsturieSy — et prenant le bijou, elle le présenta à madame la princc5^se de Piombino^ en luy disant : Tenez^ Madame^ voilà un présent pour votre femme de chambre.
La Reyne, qui n'étoit point revenue de son émotion, apella de Tantichambre, et dit à l'officier : Allez dire à madame des Ursins qu'elle se dispose à partir incessammeni pour sortir des États d'Espagne^ avec une femme de ckamhre^ un laquais^ deux ofiders en carrosse avec elle et rinquante gardes d'escorte. Comme l'officier sortoit pour faire c^te déclaration à la Princesse, la Reyne le rapella ea disant : Attendez^ je vais vous donner cet ordre par écrit. Ce qn*eUe fîr. Il faut savoir que H. Damezague, qui oommandoit le Uétachement des gardes, avoit en ordre d'obéir à la Reyne en tout ce qu'elle ordonneroit L'officier fui annoncer cet ordre i la Princesse, — q^gi le