‹ Le Cabinet historique (volume 3)Chapitre 24 sur 148 · X. — NICOLAS BERGIER · texte numérisé non relu

X. — NICOLAS BERGIER

AtOCAT STNDIC DES HABITANTS DE REIMS, HISTORTOGBAPHB DE FIANCE

Htehi Bergier^ Tauteur du livre si connu des antiquaires, Hishêmdiiçrandi chemins de ÏEmpîrû romoi», uaqait à Reims, le 1" Btn 1567. Elève de rnniversité nouvellement fondée en cette * le cardinal de Lorraine, il y professa les tMlles-lettres; » piéoepteur pendant quelques temps des enfants du comte de t, il quitta bientôt l'enseignement et se fit recevoiravo- . Ses talents et son habileté lui concilièrent promptement les de ses concitoyens : il fat élu syndic de la ville, et à ce , chargé d'eo défendre les intérêts à Paris. Les archives muni- ( de Reims possèdent une vingtaine de ses lettres, dans les- I il rend compte des diverses affaires qu'il eut a traiter près " \ du roi, et des cours souveraines.

A ftft eetle précieuse collection, on rencontre bien rarement 4hm lai dépôts publics, non plus que dans les cabinets d'amatÊtn, dea autographes de Nicolas Bergier : celui que nous fournit 1»t» zr, Y. CUr; BM, imp., a pour bous un double inlérêt; car

lis LE GABINBT HISTORIQUE.

il nous fait assister au travail de ce grand ouvrage qui assura la célébrité de Bergier.

Bergier, pendant ses voyages à Paris pour les affaires de sa ville, avoit cullivé Famitié de M. du Lys, avocat général près la roar des aydes. A la suite d'une conférence sur Torigine des droits de haut-passage, péages et traites foraines, ce magistrat, frappé de l'importance des faits historiques allégués par Bergier, le pria de lui mettre par écrit ce qu'il lui en avoit dit de vive voix. ■ Ce que je fis très-volontiers, dit l'auteur ; et je pensois en être quitte pour deux ou trois heures au plus , bien éloigné du dessein d'en faire un juste volume. Cet écrit s'accrut insensiblement entre met mains... Or quoyque je reconnusse que je n'avois pas la suffisance requise poar une œuvre de si grand poids, et que je pensois m'excuser sur Vhistoire de Beims, jà de longtemps par moy commencée, si est-ce que les lois de l'amitié sincère qu'il (M. du Lys) me portoit, dès lors, me forcèrent de luy promettre une espreuve. •

V Histoire des grands chemins de l'Empire romain, dont nous avons donné ailleurs (i) une assez ample appréciation, parut imprimée pour la première fois en 1622; fut traduite en latin par Henricns, avec des notes de l'abbé Dubos, et en italien par le P. Bacchin! bénédictin. — Le mérite de ce livre fut donc promptement apprécié, et Louis XIII, sur le rapport de ses ministres, donna à Bergier te titre d'historiographe, avec une pension de six cents livres. Ses liaisons littéraires et d'amitié devinrent dès ce moment plus étendues et plus illustres, et le savant président de Bellièvre voulut le retenir chez lui. 11 y demeura quelque temps, et ce fut à Grignon, dans le château de cet illustre magistrat, qu'il mourut te 18 août 1623.

Outre l'important ouvrage dont nous venons de parler, Bergier est auteur du Dessein de Vhistoire de Reims, travail qui promettoit un livre bien précieux, mais dont les matériaux sont perdus. Un Traité du point du jour, qui contient la solution de quelques questions curieuses de cosmographie, un psaume d'environ 300 vers en l'honneur de Jeanne d'Arc, et divers autres opuscules.

Nicolas Bergier a M. du Lys.

Monsieur, J'ay rcceu des lettres de Monsieur du Lys, advocat général en la cour des Aides, par lesquelles j'ay veu que vous

(1) Reitns pittoresque^ 2* li?rai«>n.

NICOLAS BERGIEB. 113

aviez entendu quelque chose d'un œuvre sur lequel je suis, soubs le nom de Commentaires sur Vltinéraire d'Antonin. La vérité est que le subject dudit œuvre ne s'en eslongne guère, et qu'en quelque chose il pourra bien servir à mieux entendre ledit itinéraire, et y corriger de grandes et manifestes erreurs, que Hieronimus Surita, Espagnol, quoy que sçavant, y a introduict, pensant corriger les anciens manuscrits en plusieurs endroicts, où ils esioient sains et entiers; mais rinscriplion du livre sera : Traité des grands chemins de VEmpire Romain grande partie desquels chemins sont mentionnés dans ledict Itinéraire par postes, gistes et cités : que l'on appelle mutationes, mantiones, civitates ; et y aura quelques chapitres dans le troisième livre qui serviront à cela, mais l'œuvre tend a descrire entièrement Ttiistoire desdicts grands chemins» en la forme et manière que vous pourrez voir par la préface de l'œuvre que j'ay exprès envoyé audit sieur du Lys affîn que vous puissiez par là comprendre mon intention, et la portée de l'ouvrage. Geste entreprise a dû sa naissance par rencontre, sur un discours que j'en ûs un jour audict sieur du Lys; en faveur duquel je me suis grandement pieu e esbatu sur ce subject. Que s'il en réussit quelque chose, qui puisse servir au public, toute la grâce iuj en sera deuë : sinon, au moings auray-jc faict paroistre en cela la volonté que j'ay eue de bien faire, blntre aultres llrres dont je me suis servy, j'ay le livre que M. Velserve a faict sur les Cartes de Peutinger, avec lesquelles cartes. qui en recevront comme je pense quelques intelligences nouTelIes, aussy bien que T Itinéraire d'Ântonin. Je commence a faire mettre au net les deux premiers livres, pour cependant polir et achever les deux autres : et ne divcrseray i anlCre composition que celle-cy ne soit achevée, s'il plaict à Dien m'en donner la grâce. Or quoy que je n'aye jamais eu ee bonhenr que de vous cognoistre de veuê, si est-ce que je

lia nnée. knû ues. — Doc. 8

114 LR GAIINBT BliTOBIOUE.

TOUS cofna par renommée dès le jour, qae le tegUHiAnt 4« feu Monfieigneur le président de Tbou me fut monstre par Monsieur des Cordes de Lymoges, qui estoit l'un de ses grands amis. C'est par lui que je fu introduict en la cof* noissance de ce grand personnage : vers qui il me fit a?oir un favorable accueil. Le service que je lui avois voue lors, je vous le voue et desdie maintenant : et vous supplie de croire, que si jamais occasion se présente de vous servir^ icj où ailleurs, que je m'y porteray de toute mon affection. Et quant à la pièce que je vous envoyé, si vous me faites tant d'honneur que de la voir, vous me ferez un singulier plaisir de me donner ad vis du jugement que vous en ferez : je ne doubte pas que la lecture.d'icelle pour la bassesse du stille et aultres imperfections, ne rabatte beaucoup de Topinion que vous pouviez avoir conceu de moy : mais je n'ay laissé de vous la faire voir, et de la soumettre à vostre jugement; ne pouvant rien desnier audict sieur du Lys, soubs l'adveu duquel j'ay pris la hardiesse de vous escrire, qui sera Tendroict ou je vous baiseray très-humblement les mains : vous assea-

rant que je seray toute ma vie,

Monsieur,

Vostre très-humble et très-obéissant

serviteur,

Bbrgikr.

De ReiiiiA^ ce Si juillet 1619.

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