CHANSON SPIRITUELLE
Voie! mie chanson huguenote de 1567, que nous croyons inédilB, On y voit annoncée la chute du catholicisme et du la papauté. L'accomplissement de cette prognostication s'est quelque peu fait âttMDdn^ il est vrai : mais grài*e à la récente prise d'armes de nos grands philosophes du Siècle et de VOpinion nationale^ nous TDicI bientôt & Tévénement prédit. Seulement, d'après Texposé da principes des propagateurs du nouveau cuUe (la morale indépendante), il ne semble pas que MM. les huguenots puissent y fipier pins que MM. les cléricaux,--- Nous verrons bien.
Christ^ pour sauver ses brebys^ Que si chèrement il prise «
Yealt chasser ces loaps rabys Qai sont entrés en relise.
Haol bau! Papegotsl Faites place aax Hagaenots I
Ces béréliqaes mécbans Qq! noQs vouloienl faire croire Qu'ils faisoient, par lears faaix chants. Descendre Diea en Farmoire^ Haa I haa I etc.
Trop long temps ont abnsé Le paayre peuple fragile, Par leurs fanli Dieu desguysé^ Nous defTendant l'Evangile.
Haut bau! etc.
Dis, malheureux! qui t'a faict Sy bardy que d'entreprendre Contre le grand Dieu parfaict> Toy qui n*es que pouidre et cendre?
Hau ! bau t etc.
Jésus nous a sauvez tous Par son sacré sacriûce^ Et vous dites que c*est vous Par votre maudict service!
Hau! bau! etc.
Vous appelles Huguenots Ceulx qui Jésus veuillent suivre, El n'adorent vos marmots De boys, de pierre et de cuyvre!
Hau! bau! etc.
Et quand nous nous assemblons Pour prier Dieu en l'église^ Tous dites que nous allons Pour commectre paillardise!
Hau! bau! etc.
Mais ce n'est de ce temps cy Qu'on nous impose ce blasme :
CHANSON SPIBITOBLLK. 23
Ceulx qui ont vescn ainsy Ont endaré tel diffame, Haa t haa ! etc.
Il y a plus de mil ans Que l'Eglise primitive Se cachoit poar les tyrans, Qai tant la rendoit craintifve* Haa! haut etc.
L'on cognoisl trop yoz abbos, Ja D*est besoing les descrire»
Car desja, gros et menuz.
De Toas ne font plas qae rire.
Haa! haa! etc.
Vous estes, poar le certain^ Une race de vipère, Qui salves tonsjoars le train De Sathan, vostre grand père.
Haa! haa! etc.
Vos rases et vos efforts, Et tout ce que scavez faire.
Ne servira sinon, fors A voas destraire et deffaire.
Haa! haa! etc.
Notre Diea renversera Vous et vostre loy romaine; Et da toat se mocqaera De vostre entreprise vaine.
Hau! hau! etc.
Vostre Antéchrist tombera Hors de sa saperbe place.
Et Christ partoat régnera.
Et sa loy pleine de grâce.
Haa I haa ! Papegots, Faites place aax Hagaenots t
24 LE CABINBT HISTORIQrE.
HiSTOifiB DE LA Terreur ^ 1792-1794 — d'après des documents aathentiques et inédits, par M. Mortimbr-Ternaux. Tome V. — Paris, Michel Lévy, 1866.
Le cinquième yolame de VHistoire de la Terreur, de M. Moriimer-Ternanx, vient de paroitre : il est en tout di$^ne de ses aines, on peut même dire que l'intérêt y va croissant, avec le développement du grand drame de la révolution. Ce volume est surtout consacré au procès du roi-martyr, c'est dire à quelles douloureuses impressions le lecteur doit se préparer en l'ouvrant. En dehors de l'eicellent esprit dans lequel ce travail est conçu, ce que nous y pouvons louer sans réserve^ c'est le style^ qui, malgré la difficulté du sujet, reste constamment élevé, rapide et coloré, quoique empreint de la plus sévère impartialité. M. Temaux a parfaitement compris, venant après tant d'autres écrivains plus ou moins prévenus et fascinés, tout ce que le sujet lui commandoit de réserve et de modération. Aussi, quellesque soient ses sympathies, son récit, malgré le débordement des passions les plus aveugles et parfois les plus viles qu'il lui faut signaler, reste celui du véritable historien qui expose les faits, les discuta peu et en laisse l'appréciation à la consciencieuse probité du lecteur. Non pas que les convictions de l'auteur ne se fassent jour au milieu de ses réserves étudiées; mais alors, un mot^ une exclamation suffit comme point de repaire et de concordance avec la sympathique émotion du lecteur. Nous choisirons comme exemple de la manière de l'auteur cette scène si émouvante de la première comparution du petit-fils de Louis XIV devant les juges que la révolution lui avoit donnés.