LE JARDIX DE L'ARSENAL
Bésistance et inquiétude de l'hôtel de rillp sur quelques bastimens que le Roy faisait faire à rArsenac,
2 avril IGOl.
Sur ce que quelques bourgi'ois de la ville et môme le cappitaine Pouldrac, logé en la maison du boulevart des Celestins, estant venu trouver en la maison de la ville MM. les prévost des marchands et eschevins, leur auroycnt fait entendre, comme quelques jours au précédent Ton auroit prins certains alignemcns pour faire une muraille, depuis le long de TArsenac jusque sur la rivière; pour quoy faire il y aoroit trente ou quarante ouvriers, qui auroyent commencé la tranchée pour les fondations;
Sar quoy, M. le prévost se seroit voulu plus particulièrement informer, et même par MM. Robineau^ Garnier et des Jardins, eschevins et^lc maistre des œuvres de la ville qui se seroient transportez sur les lieux, le jour ensuivant; et luroieut Reconnu comme, dans la ciosture que Ton entendoit faire, l*on enfermoit le grand boulevard de la fortification du coing de la rivière.
Pour quoy M. le prévost, dés le a* dudit mois, auroit esté tronyer Sa Majesté, à son retour de Saint-Germain, pourluy fûre entendre la conséquence de cet affaire : luy disant oomme il estoit de son devoir et de la charge à laquelle il aoroit plu à Sa Majesté de rappeler, de luy donner advis de tout 06 qui se faisoit par la ville, mesme en une chose qui wmbloît de si grande importance ; et remontré comme par le moyen de ce que Ton enfermoit dans TArsenac ce bouimrt. Ton ostoit aux habitans les moyens de la deffence de lov Tille» de s'en pouvoir servir en temps et nécessitez de guerres; que l'on comprenoit deux cazemfttres, dans l'une desquelles estoit la chaisne qu'on avoit de coustume, en cas de troubles, de tendre au travers de la ville. Ce boulevart
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et forteresses, comme . . . . el autres. Qu'au Roy seul appartient permettre de les construire^ rompre ou changer, à sa discrétion et volonté, et qu*ii sçaura bien garder et fortifier les villes contre les efforts de leurs ennemis.
A quoy ledit sieur prévost luy auroit respondu quMls re^ connoissent assez que la conservation du salut commun de leur ville, leurs vies et libertez dêpendoient de luy, prindpalenient aussy le seigneur et maislre, non-seulement des forts et ceintures des villes, mais encore des cœurs, affections el volontés; — mais qu*il ne pouvoit moins que de demander à Sa Majesté estre maintenus et d'en user présentement comme ils auroyent fait par le passé et comme leurs prédécesseurs en avoyent bien et fidèlement usez : — que son peuple ne lecraignoit point, mais qu'il Taimoit naturellement : le suppliant néantmoins qu'il plaise à Sa Majesté maintenir la ville en ses privilèges, en le bien servant, puis qu il avoyt rendu au plus fort des guerres la liberté et usage des privilèges des villes, et au plus grand ennemy mesme. Et loi*s le Roy nuroit fait entendre audit sieur prévosl qu'il ne pouvoit estre bien content de l'ombrage que ses sabjets avoyent prins de cette entreprise qui n'estoit à mauvaise intention ni volonté contre eux. Remonstrant combien la place de l'Arsenac estoit faible et mauvaise pour donner allarme et crainte à ses habitans de Paris ; les murailles de tons costez basses et ouvertes, sans flanc : que depuis deux ans musme il avoit fait remplir les fossez et bastions qui estoyent du costé du pavillon, pour en faire Testendue d'un grand jardin : qu'il n*avoit oncques entendu d'y faire autre chose qu un séjour de plaisir : qu'il n'y vouloit comprendre le lieu où Ion avoit accoustumé d'asseoir les sentinelles de ta ville, el qu'il entendoit laisser le passage de cazenutiB« mesme^ celuy où est la chaisne de la rivière : que la mnnilie n*avoit que trois pieds de hauteur au dedans, et que ce qoe-
LÉVIS UIBBPOIX, BARON DE LÉRAN. 153
elle avoit es(é fondée de 8 pieds, estoit pour soustenir les terres et pour conduire en forme de terrase, la grande allée jusqu'à la rivière, où il enlendoit baslir un petit [lavillon de plaisir, pour se venir rafraîchir^ au sortir de la rivière, quand il viendroit de se baigner, et pour trouver un basteau pour retourner par la rivière en son palais du Louvre : — que c'estoit son plaisir et qu'il avoit assez fait pour ses subjets, assez de perte, labeur et travail, qu'on le devoit laisser maintenant jouir des ayses et esbats du repos public : — qu'il garderoit si bien ses subjets qu'il n'en pourroit advenir ny mal ny peur; mais aussy qu'il croiroit pour ennemis ceux qui Toudroyent si mal interpréter ses actions qui ne tandoyent qu'au bien et tranquillité de tout le public, et qu'il Toaloit que ledit sieur prévost le fist aussy entendre aux habitans de sa bonne ville.
(y«Col6., 2o2,i). 495.)