‹ Le Cabinet historique (volume 3)Chapitre 5 sur 148 · IV. - LA PRINCESSE DES URSINS · texte numérisé non relu

IV. - LA PRINCESSE DES URSINS

Noos ayons va comment, malgré ses ennemis si nombreux, madame des Ursins étoit rentrt^e triomphante en Espagne^ et comment^ rendue plus chère au roi et à la reyne, elle avoit soudain repris sur eux son irrésistible ascendant. Son retour à Madrid ftit le signal de la défaite et du renvoi de tous ceux qui ponvoient gêner ses Tues, et s'opposer aux grands changements que, presque tons dans l'intérêt de la couronne et de l'omnipotence royale, elle aToit concertés avec la cour de France.

Nous n'avons point à faire le récit des grandes choses qu'elle aeoomplit an milieu des guerres extérieures que le gouvernement de Philippe Y eut à soutenir, et des circonstances difficiles où se tiiNiToit le pays. L'Espagne, par sa politique, remise au rang des pndes nations : l'aristocratie comprimée, le redoutable pouvoir delinqnisition restreint et contenu, tant et de si grands travaux atainiflratifs ne peuvent être oubliés et resteront les véritables ttoM k la gloire de madame des Ursins. Mais de pareils résultats B6 tfiUâiBDl point réalisés, sans lui susciter plus de haines et dlMMtilttte qne celles dont elle avoit déjà si bruyamment triomébé. — Madame des Ursins ne fut pas sans prévoir qu'un jour, i rnenqile de tant d'autres privilégiés de la fortune, elle pourroil

~ > aa faveur diminuer et ses services mis en oubli; aussi avoit- I fongé i se prémunir contre l'ingratitude des cours en se menu abri, on refuge en cas de revers ou d'événements

ll« •née. Fifrier-Htn 1866. — Doc. 3

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contraires. — Mais si désireuse qu'elle fût de hâter cette indépendance qu^elie revoit, la mauvaise fortune arriva plutôt^ et la prévint. La mort prématurée et tout à fait inattendue de la jeune reine d'Espagne, son constant appui> fut l'acheminement, sinon tout à fait le terme de sa grandeur et de son autorité. -- Nous ne nous arrêterons point aux prétentions aussi folles que ridicules que lui prêtèrent ses ennemis d'aspirer, à Go ans, à la succession de la défunte reine et au titre d'épouse du roi Philippe Y. On pent hardiment mettre ces rêveries au nombre des calomnies dont l'intrigue se servît pour la perdre dans l'esprit du roi. La vérité est que loin de chercher à tenir Philippe dans le veuvage^ elle se hâta de le distraire de ses regrets et de ses douleurs en le di posant à une nouvelle alliance : madame des Ursins ne se réservoit pour elle-même que l'honneur et le proût de placer la couronne sur la tête d'une personne dont la reconnoissance lui fut assurée. — Mais où son habileté lui faillit, ce fut dans le choiTL qu'elle fît.

Entre les princesses proposées à Philippe^ elle fit pencher la balance en faveur d'Ëlizabeth Farnèse, nièce du duc de Parme, sur le caractère de laquelle on l'avoit assez mal renseignée. Le duc avoit pour agent, à Madrid^ i*abbé Jules Albéroni, depuis cardinal, et que le cours des événements alloit appeler à succéder à la faveur de madame des Ursins. — Ce fnt à lui qu^moglément la princesse confia ses vues. Celui-ci répondit et agit suivant les désirs exprimés, et son influence dédda le choix.

Nous ne saurions énumérer toutes les mauvaises inflnenees qui travaillèrent l'esprit de la future reine^ même avant son départ de Parme. Ce qui paroît certain, c'est qu'elle ne partît qu'avec le projet bien arrêté de congédier la princesse^ à la première rencontre; s'étant même à l'avance, dit-on, assurée de rassentiment de son futur et royal époux : tant est fragile la reconnoissance des grands et la faveur des cours ! C'est l'histoire de cette ëchtante^ indigne et ignominieuse disgrâce que nous fournissent tes documents qu'on va lire, et qui paroissent pour la première fols.

Le ministre françois, Phelippeaux de Pontchartrain, iongtenips Fami de madame des Ursins, entretenoit en Espsigne fle nomliraiix agents qui le tenoîent au courant des événements et des oscillations de l'esprit public. Il paroit certain qu*à cette époque, et avant d'être en complète disgrâce en Espagne, la princesse des Ursins étoit déjà condamnée^ abandonnée par la cour de France.— Aussi voyons-nous cette pensée percer dans les récits et rapporte des correspondants de Pontchartrain.

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