Laudreau a m. de Pontghartrain
La Reine douairière. — Itinéraire de la Jeune Reine. — Conflit entre l:i noblesse de Béarn et les jeunes gens de commerce de Rayonne.
Monseigneur,
La Reyne douairière d'Espagne (1) partit d'ic; dimanche à sept heures du matin. S. H. C* coucha à Dax, lundi à Orthès, où elle a séjourné hyer : elle doit arriver aujourd'liuy à Pau. Un exprès que H. de Gibaudière avoit envoyé pour porter un paquet à H. de los Balbasès, est arrivé ce matin. Il m'a rendu une lettre de M. des Granges dattée de Carcassonne, du 18. — Suirant la roule qu'il m'a envoyé, la Reyne d'Espagne doit coucher aujourd'huy 21, à Gimont; le 22, à Auch; le 23, à Mirande; le 24, à Trye; le 25, à Tarbe; le 26, à Pan; séjour Ie27et28;le29, àOrthés; le 30, à Sauveterre; le !*■ décembre, à Saint-Palais; le 2, à Helette; le 3, à Saint^Jean-Pied-de-Port.— Son équipage est composé de SS chaises roulantes, 5 litières, 10 charrettes, 15 mulets et n cheTaux de selle. — L'exprès n'a pu me dire les particniiaritez d'un différend arrivé sur le chemin d*Orthez, entre la noblesse de Béarn qui a monté à cheval pour VéiUir au-devant de la Reyne dottairière, et quelques jeunes marchands de Bayonne, en surtouts rouges et en plumets^ parmy iesqneta il y a deux commissaires de marine^ les ÛBim de Lareteguy et le Bret, et deux officiers, les sieurs Ghipital et Cheval d'Esquille : celuy-cy n'a pu être de la iiMIiji aitant «n chaise avec un des musiciens de la Reyne. iffjSJj^^ iKfyonnoise entouroit le caresse de Sa M. et n'a .l' p. ■
fl) MM»iâniie:dè Baiidr» de Neabonrg, née le 28 octobre 16S7, vwfB daOsriai n, — l'étoit, depuis l'année 1706, retirée à Bayonne, où l'avolt m qoalqiiB aorte ÙA% reléguer la princeiae des Urnns, qui redoutoit son «prit dlntrigneetioii attachement bien connu pour la maison d'Autriche.
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messe fut ditte dans sa chambre et la table dressée auprès du lit^ où la Reyne douairière vint disner.
Demain 5, les deux Reynes partiront de Navarens pour se rendre en deux jours è Sainl-Jean-de-Pied-de-Port où elles arivront le 7, et d'où Ton tient que la Royne doiiairière retournera à Bayonne, et la Royne régnante à Ronsevaux qui est à trois lieiies dudit Saint-Jean-de-Pied-de^Port : et d'où Ton croit que la suite de Sa Majesté prendra congé d'elle, et où elle trouvera les gardes et les personnes que le Roy d'Espagne a envoyé au-devant d'elle pour la recevoir. La Royne sera menée de là à Pampelune, où le duc se prépare à divertir Sa Majesté par des courses de taureaux, y en ayaol trente destinées à ce fade sacrillice, qui est le plus grand plaisir des Espagnols: Ton dit que la Royne restera du moins deux jours audit Pampelune.
L'on ma asseuré^ Monseigneur, que la Royne estant à Tarbe, que M. le duc d'Ausonne fit demander permission à la Royne de luy parler à neuf heures du matin : ce qui luy fut accordé. Il luy remontra que la matinée estoit belle pour partir, que le Roy ne pouvoit qu'estre dans l'impatieDce de voir Sa Majesté : et que la Royne luy respondit, qu'elle vouloit mesnager sa santé : que le Roy avoit perdu une Royne, mais qu'elle tascheroit de luy en conserver une aulre. Il est vray, Monseigneur, que la Royne n'a fait que trois lieues par jour, et quelquefois deux, avec de fréquans séjours.
L'on fait courir par icy le bruit que le Roy viendra andevant de la Royne jusqu'à Galatayen, mais ce n'est pas la droite route. Si je puis sçavoir. Monseigneur, le destail de cette première entreveue, et de ce qui se passera dans le restant de la route de la Royne, je me donneray l'honneur. Monseigneur, d'en rendre compte à Votre Grandeur, ayant celuy d'estre avec un zèle infiniment ardent et un irèar
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profond respect, Monseigneur, le très^liumblc, trôs-obéiôsant et trés-soumis senriteur^
De la Couutaudièue.
A Oleroo ea Bëarn, le mardi 4 décembre 1714.