‹ Le Cabinet historique (volume 3)Chapitre 57 sur 148 · XXXL - LETTRES D'ADRIEN DE SARRAZIN · texte numérisé non relu

XXXL - LETTRES D'ADRIEN DE SARRAZIN

Noos nous décidons difficilement à publier des lettres contemporaines^ notre recueil étant surtout destiné à remettre en lumière les faits et les hommes du temps passé. Adrien de Sarrazin^ quoique mort seulement en 1852, appartient plus particulièrement à répoque du premier empire et de la Restauration, et c'est à ce point de vue que nous tirons aujourd'hui de nos cartons les lettres qu'on va lire :

Adrien de Sarrazin était fils de Gilbert, comte de Sarrazin^ natif d'Auvergne^ officier supérieur sous l'ancienne monarchie, marié et retiré dans le Yendômois^ où il s'étoit fait considérer et estimer. Député de la noblesse de Vendôme aux états généraux en 1789^ M. de Sarrazin émigra durant la Terreur. Rentré avec les Bourbons, dont il continua à senrir la cause, il présida en 1816 le collège électoral de Loir-et-Cher et mourut quelques années après dans un lige avancé.

Adrien son fils, né en 1773 dans une campagne des environs de TendAme, fut d'abord élève de l'École militaire de cette ville, où il eut pour condisciple le jeune de Gazes, le futur ministre de Louis XYIII, avec lequel il noua une amitié qui ne devoit pas être sans influence sur son avenir. De l'École de Vendôme, Adrien passa à l'École royale d*artillerie de Brienne, et ses relations avec ion héroïque condisciple ne le rendirent point infidèle aux traditionft de famille^ qui lui avoient inspiré un inaltérable dévouement à la royale maison de Bourbon. Politiquement parlant^ Sarrazin s'effaça sous l'empire et se livra exclusivement à la culture des lettres. Ses essais n'annonçoient rien de son genre d'esprit, qui ne se révéla que plus tard. Le Printemps de Kkist, suivi du Premiernavigatenr et du Déluge de Qessner, son Cimetière de la campagne y avec ane petite comédie en vers, jouée sans succès au Tbéfttre-Français^ et quelques autres petits poëmes de l'École de Delllle, formoient Tm bagage littéraire assez mince et qui, certainement, ne l'eut pas tiré de l'obscurité. Vint le moment de la grande vogue des CMai TpenoM, autrefois publiés par l'orientaliste Galland sous le thxe des MlUe et une Nvits^ et dont le succès venoit d'être renou- Telé et constaté par plusieurs éditions successives, Sarrazin s'essaya âans ce genre, nouveau pour lui. Son Caraoansérail parut pour lit anéa. Norcmbre-Dteembre 1866. — Doo. tt

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jambes, et je ne sais quand il remontera. J'ai reçu de pénibles secousses ; j*en suis encore un peu étourdi ; et pour que ma philosophie aimable (comme vous voulez bien l'appelei) reprenne un peu le dessus, il me faut oublier tout ce que j'ai souffert, et, malheureusement, on n'oublie pas à volonié. Je conserve au fond de mon cœur et je me plais à noor» rir une haine et un mépris qui ne donnent pas des idées riantes; et mon goût pour la littérature ne reviendra que lorsqu'il ne me restera plus d'autre souvenir que celui de

mes amis

Adieu, mon cher Tézénas, que vos pensées se portent quelquefois sur moi et sur mon petit ménage ; les nôtres iront souvent vous chercher. C'est une consolation pour nous; ce sera peut-être un dédommagement pour vous. En attendant que des circonstances plus heureuses nous rapprochent, ne nous oubliez pas auprès de votre douce et aimable compagne, que ma femme aime toujours bien tendrement.

Tout à vous et de tout cœur.

Adrien de Sarràzin.

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