XXXIII. — LAZARJ^ HOCHE
Toas les parfis ont rendu justice à lai loyauté, à la bravoure et aux grands talents militaires de Lazare Hoche, Tune des gloires de Tarmée révolutionnaire. — Appelé au commandement des troupes dirigées sur Théroïque Vendée, Hoche engagea contre les royalistes de l'Ouest une lutte d'actes de rigueur envers les combattants et de douceur envers les vaincus, qui amena en peu d'années la pacificationdu pays. La pièce qu'on va lire est curieuse par tout ce qu'elle a de caractéristique et de personnel au jeune chef républicain. Puis Lazare Hoc!:e, d'abord garde d'un chenil royal, simple palefrenier, devenu Tun des grands capitaines de son époque, Hoche donnant des instructions et des ordres à Simon de Grandchamp, fils d'un trésorier de France, général des finances de Bourgogne et de Bresse, qui fait métier de partisan au service des sàns-culottes contre les der^ niers soldats de la monarchie déchue, c'est là un de ces nombreux contrastes que la révolution amena dans les positions sociales, et dont on a par la pièce suivante un témoignage de plus. Ce S(mon de Grandchamp, dont la vie aventureuse réclameroit une petite place dans la biographie bourguignone, est encore vivant aujourd^ui : âgé de plus de quatre-vingt-six ans, dans un état complet d'indi* gence, il vit au milieu de la génération présente qui l'ignore, et à deux pas du château de ses aïeux, où il n'a plus la liberté d'entrer que pour demander et recevoir l'obole de la charité. C'est du pauvre vieillard, autrefois condisciple de Napoléon Bonaparte au collège d'Autun, que M. Ph. Beaune tient les souvenirs de l'enfance du grand eoipereur, souvenirs d'autant plus curieux, que peu de documents écrits ont conservé trace de ce séjour de Napoléon au collège d'Antun ; ce séjour, de quelques mois seulement antérieur à l'entrée à Brienne, a suffi pour laisser dans la mémoire de Grandchamp des anecdotes piquantes sur plusieurs personnages de la famille impériale. Nous regrettons que le Cabinet historique, exclusivement destiné à la reproduction de documents écrits, se voie forcé de laisser à d'autres recueils la publication des Souvenirs de Simon GrandchcLtnf^ qui ne manqueront certainement pas d'éditeurs.
824 LE CABtfref ËtStdRIQUE.
Armée dé iêttë dé dliért)durg et Brest : Cartier général de KenneSy le 10 yendémiaire an m de la République.
tlVlSUE. — iSANtÉ. =— ACTIVITÉ.
Lazare Bocëé, géi\ji\rM eh chèf^ ait choyen StmoH ife UHfUihmnp, capitaine àù premlei^ tmiaillon de la 197* demi-brigadè^ i Morlaùs.
Se të pMyiehgj citoyen^ que tu es admis au nombre des btfi^ dets demandés à Tordlre du îS9 î)luvîÔsei eu cobséquehtfe, âpfès^ avoir pris congé du thét de ton bataillon, tu voudras bien te rendre auprès du général Duchesne, commandant la 8« division à Laval^ pour y .recevoir des instructions particulières et les troupes dont lé commandement t'est confié.
Rappelle-toi sans cessé, citoyen, pendant te cours de ton honorable mission, que ta conduite doit être celle d'un patriote édail'é^ d*un homme vertueux, d'un officier républicaitl et fhiil* çdiS; TU restes responsable de celle des honimes qui te sottt tonûés. Habitue-les à la fatigue, au feu^ à la victoire, et surtout Su respecter l'innocenl habitant des campagnes. Cette vertu et l'amour de ton pays doivent seuls t'animer. - Évite les pourparlers avec les ennemis, tU ne dois qiie les combattre; sMls veulent parler d'accommodement, etivoyé-leà au général commandant la division. Cependant sois toujours bon> humain et prêt à recevoir l'homme égaré qui abjurait soU erreur, viendrait se jeter dans tes bras t fais aimer la tt^uMi^ que et respecter ses ai^mes. Jttille personnes veilleront sur tes actions : comporte-toi donc de manière à recevoir des louanges de tes concitoyens.
J'ai réfléchi depuis l'impression du règlement que souvent les troupes ne pourroient pas trouver à se loger dans les censés, métairies et petits villages; qu'elles ne trouveroient ni boisi ni
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paille, ni tnarmitet ; tu les feras donc logel* dans les botirgs à t^ortëe desquels tu te trouveras. Ménage le soldat'; donne-lui le temps nécessaire hu. repos et à préparer ses aliments t la République pourvoit à ses besbins : il ne doit rien exiger. Tu feras des bons pour le bois et la paille et remettras aux municipalités des endroits où tu logeras.
Porté toute ton attention à bien connaître le pays que tu as à défendre et les habitudes des brigands. Redouble d'efforts pour surprendre ceux-ci ; ne néglige aucuns moyens ; fouille exactement les métairies et les greniers; munis-toi de perches aiguës avec lesquelles tu sonderas les meules de paille et de foin; recherche les armes scrupuleusement; ordinairement les brigands les ôdchent Sous les feuilles, daUë les genêts, danis leurs lits, entfe des fagots^ sous des branches ; soi« minutieux s'il le faut dans tes recherches, mais qu'elles soient scrupuleuses.
Tu prendras toutes les mesures nécessaires pour atteindre le but. N'hésite jamais pour attaquer; sois toujours en mesure pour le faire avec fruit; ne t'écar te jamais des règles contenues dans le règlement et l'instruction que je joins ici. Après la victoire, poursuis rigoureusement Tennemi, fonds sur lui la bayonnette dans les reins, écrase^le enûné Si tu es obligé par des forces infiniment supérieures à té retirer, fais^-le fttec ordre et après avoir i'écueilli toUt ton hibUdë.
Si dans le jour tu as fouillé quelques villages, reviens (lans l'an d'eux par une contre-iiiarche au milieu de la nuit ; fais-îe eutbu^er soigneusement et arrête les brigands qui s'y troUveroient. Ordinairement ils se trouvent datis les métâiHes, niafchèSy et jamais par les chemins qui conduisent d'un bourg à itn autre, mais bien par les sentiers» Afin de te fournir les moyens de les connottre, je t'autorise à requérir des guides du pays.
La plupart dés généraux dé la République ne doivent leUr avancement qu'à leur infatigable zèle pour le service de la pa- Irie^ Ataal eux les la Morlièref les Graffin, les Fischer ont co»-*
inencé comme toi le métier de partisan que tu entreprends; marche sur les traces de tous, et fais voir qu'on ne doit pas se repentir de l'avoir accordé une grande confiance. Les récits de tes travaux iront frapper les oreilles de nos législateurs ; ihsont justes, et indépendamment de la gloire dont tu peux te couvrir^ tes peines seront récompensées. ^
Lazare Hoche.
XXXIV. — DERNIERS MOMENTS DE LA REPUELIQUE DB VENISE. — QUINZE LETTRES DE NAPOLEON