de février
Je vous ay déjà écrit aujourd'huy par la voye de H. de Breq. pour veoir si mes lettres vous seront plus fidellement rendues. Vous devez en recevoir deux fois la semaine. Mandés-moy par quelle voie et sous quelle adresse il faut que je vous écrive. Je me sers de celle-ci à tout hazard, car je la croiy bonne. On me
LBTTRJES DE MARlOffY. 121
vient de rendre votre paquet du 25 du mois passé, dans leq jel il y a?oit d*autres lettres dattées du 13, du 16, du 12 et du 22. Je ne sçay pas comment elles se sont toutes attendues pour marcher en compagnie : je n*ay rien à adjouter aux nouvelles que je TOUS ai mandées, sinon que Ton attend demain ou après le cardinal, que la reine envoyé toute la cour au-devant, gendarmes, clievau-légers, et gardes. M. de Guise est monté ce ' malin à cheval pour aller faire sa cour à ce nûnislre. Frizon, chez qui il loge, dit qu*il avoue que M. le Prince Ta fait sortir de prison, mais que, pour cela, il ne s'est engagé à rien. Tout le monde trouve son procédé fort étrange. On croit que les grâces se distribueront à Tarrivée du grand Pan, et que les rentiers s'en sentiront. Les bourgeois de Calais sollicitent afin qa*on leur donne des soldats et de quoy les entretenir pour maintenir leur place, qu*ils ne croyent pas en seureté : on l.es remet à Tarrivée du dieu tutélaire de TEstat. J*ai veu 00, il est fort obligé à 100, à ce qu'il m*a dict, et ce n'est pas d*aujourd'huy. Il est bien aise de sçavoir que rien ne s'est fait que par Tordre de 38 ; cela est fort généreux et digne de luy ; mais il ne bol pas pourtant qu'il se flatte de croire que l'on fasse grand cas de ses ordres en ce pals-là, car on y a fort peu de considération pour sa personne, et celuy mesme à qui il a fait parler 8'«i est mocqué, et 00 a de bons arrests et croit ses affaires aussi seares qu'elles peuvent l'estre humainement. Néantmoins, pour vous complaire seulement, il fera, à ce qu'il m'a dit, ce que vous lui demandés. Je vous envoie une lettre pour S. A. de GonU. Je ne sçay si le P. Talon luy en a rendu une que je luy escrivis sur sa maladie. Si je n'ay point de réponse, je ne prendray plus la liberté de lui écrire. Je ne sçay qui avoit mis la auscriptiou de vos lettres, mais elle n'étoit pas honneste pour 'inon ami, ni seure; car il y avoit deux noms et il n'en falloit ^u'un. Mettes sur la première enveloppe : à M. Cochet, con*- «eiller et secrétaire de S. A. de Mantoue, rue Froumenteau, près
RÉACnOlf THBRWDONBNNI. 137
membre de eomilë réyolutioonaire. U esl d'ailleurs notoire qh'il est souvent pris de vin.
2. GiRousT (Louis^ . —L* opinion publique reproche à Louis Giroust d*avoir cherché à dissoudre les assemblées sectionnaires de cette commune, d'avoir engagé la Société populaire à prendre un arrêté tendant à faire mettre en arrestation la plupart des présidents et secrétaires desdites as>emblécs , ainsy que cela venoit de se pratiquer àXroyes, ou les sectionnaires, suivant lui, dévoient bientôt passer à la guillotine ; d*avoir anfioncé différentes fois à la tribune que les Sociétés populaires représentotent le peuple. — L*opinion publique le regarde comme im homme immoral, qui s*est laissé entraîner dans le Terro* lisme ; eniln, elle Taccuse d*avoir abusé de ses moyens ora» toires pour calomnier et compromettre ensemble les diiîérentes aatorilés, et d'avoir cherché à leur faire perdre la confiance du peuple.
3. ViTRY (tonnelier). — L'opinion publique regarde Vitry, tonnelier rue Mon toison, comme le chef de presque tous les rassemblements et insurrections qui ont eu lieu dans cette commune.
Section du Temple,
4. Leblond-Chapelet. — ^L'opinion publique regarde Leblond- Chap^t comme un des meneurs en titre de la Société popubire, ayant cherché à propager le système de sang et de terreur, dénonciateur impitoyable, appelant sans cesse la hache du peuple sur les autorités constituées, dont il dénigroit toutes les opérations.
5. FRESsATiGonirr-WiLLET (Mathieu). — L'opinion publique reproche à Mathieu Pressaneoort-WIllet d'avoir prêché constaunnent le sysième de terreur, dont il passe dan» celte eôiii-
RÉACTION THERNIDORIEMfB. 129
d'avoir semé la terreur dans les visites domiciliaires qu'il a faites, de s'être comporté avec inhumanité à la maison de détemption dite le Séminaire^ en pluviôse l'an II et d'avoir fait déshabiller avec indécence plusieurs femmes et entre autres une religieuse; enûn elle le soupçonne, comme administrateur, d'avoir fait tourner à son proût différentes réquisitions.
8. DucHESNE-SiMON. — L'opinion publique reproche à Duchesne- Simon d'être un intrigant : d'avoir déclamé constamment après les autorités constituées jusqu'au moment où il a été élevé à une place lucrative par un représentant du peuple, influencé par ses amis et partisans, après en avoir refusé une qui ne rapportoit rien : d'avoir été un des meneurs delà Société populaire, d'avoir cherché par ses discours à égarer le peuple contre leè autorités constituées, d'avoir traité de Modérés et même d'Aristocrates ceux qui avoient de la fortune : de s'être servi de son influence dans la Société populaire pour maltraiter ceux qui y avoient été admis contre son gré : enfln d'avoir propagé le syslème de la Terreur en exerçant cependant un acte du plus violent despotisme par l'envoy, à plusieurs nouveaux reçus dans la société, d'une lettre ainsy conçue : « Tu t'abstienderas de voter. Signé j Duchesne-Simun, président. »
9.Vallery (Jean-Baptiste). —L'opinion publique regarde Jean- Baptiste Vallery comme un Terroriste exaspéré; elle lui reproche d*avoir coopéré avec d'autres individus, pensant comme lui^ aux indécences commises lors de la visite faite dans la maison de détemption dite le Séminaire, oii les femmes ont été déshabillées; elle le regarde comme ayant cherché à établir le système de la Terreur même au sein des comités révolutionnaires dont ilétoit membre, d'y avoir provoqué les dénonciations les plus odieuses: enfiu, elle l'accuse d'avoir soutenu et applaudi les meneurs en chef de la Société populaire.