DU MEME A LA MEME
Dans la lettre qui suit, Henry Yill félicite Marguerite du succès des armes de l'empceur Maximilien en Italie, par allusion à la campagne des confédérés de Cambray contre la république de Venise. Mats ces premiers succès obtenus, le pape Jules II. qui redoutoit plus en Italie le voisinage des François que celui des Vénitiens (dont il avoit du reste obtenu satisfaction), s'étoit détaché de la ligue et ▼enoit de traiter contre la France avec Ferdinand et son gendre Benry VIII. Celui-ci se rend Tiustrument de la politique de Jules II et des intérêts des Vénitiens : par Marguerite d'Autriche il espère détacher l'Empereur du roi de France Louis X.II, qui n'est pas encore son beau-frère. — Cette lettre est en outre remarquable par la commande de vaisselle d'argent que maître Jérosme Friscobalde, au nom de ce prince, a faite en Italie. On sait que c'est le bon temps de Benvenuto Cellini et des grands orfèvres de la Renaissance.
Trèd-baulte et excellente Princesse^ iiostre très-chère et irès-amée bonne cousine, à vous de fort bon cueur nous recommandons. — Parce qu'il nous semble desjà longtemps que nous n'avons eu ne ouy nouvelles certaines de la bonne prospérité et santé de notre très-honoré frère et cousin l'Empereur ▼osire père, et de la bonne victoire qu'il a eue en son entre prinse vers les parties d'Itallye, et que suymes fort désirant sur tous aultres Princes d'en ouyr et entendre, pour la bonne ajuour et très-cordialle affection que luy portons; nous vous pryons très-afifectueusement que de jour en aullce, ainsi que les nouvelles de luy vous surviendront, de nous en advertir, ensemble de celle de nostre cousin et beau-frère le prince d'Espaigne vostre nepveu, et des vostres pareillement; à quoy prendrons très-grau t ésjouissement, plaisir et consolacion.
j^CS LE CABINBT HISTORIQUE.
Et pour ce que la (ceux de) seigneurie de Venize nous ont bit instance et requérir par leur ambassadeur qui esticy vers nous, YouUoir escrîpre en leur faveur à l'Empereur voslre dit père à ce qu'il veuille donner audience à leurs ambassadeurs qu'ils entendent et ont délibérez envoyer vers luy ; nous, pour obtempérer à leurditc rcqucste, luy en escripvons présentement par nostre serviteur et officier d'armes et porteur, auquel nous otods donnécharge de vous aller présenter de nostre part certes, dedens lcs(]uclles vous envoyons le double des lettres que sur ce escripvous à nostredit très-bonouré frère et cousin l'Empereur vostredit père, à celle Gn que puissiez entendre le contenu en icelles.
Au surplus nous avons désiré et ordonné à maître Jérosme Friscobaldi de nous faire fairc« es pais de parla, certaine quantité de vaisselle d'argent, pour notre propre usage; dont,ainsi qu'entendons, y en a grant partie de faicte. Nous vous pryons, trèsliaulle et excellente Princesse, nostre très-chère et très-amée bonne cousine, que nous veuillez faire ce plaisir, de donner et faire avoir audit Jérosme, congé et licence de nous faire apporter et conduyrc icelle hors des pals de |>ar delà, quand elle sera parachevée, sans que pour ce luy soit donné ne à ses gens et SiTviteurs aucuns destourbiers ou empeschement, et vous nous ferez ung très-grand et singulier plaisir. Offrant de nostre part que s'il y a chose en nostre royaulme ou ailleurs en nostre oWissanco. que vous et nostre cousin et beau-frère le prince d'Ks|^igne, estes affectez et désirans d'avoir, nous serons bien joyeux d'en a^ vous complaire.
IVauhre )Kirt, nous entendons que vous e$te.s enbesoignée |HHir faire rapiH>inolement par delà, entre ledit maître Jérosme, el ceux qui donnoient empos<-hement aux alluns qui furent ndmeuozde Turquve : nous vous pryons que ceulx de par deçà, qui se s^^nl entremeslei dei^it5 alUms« puissent e^re oomprins audit appoîntenient et avxiir leur absolution aussi bien que les aultn*s. el vihis )xn>^f t$tre certaine de pamllemeut nous faire
HENRI VIII d'angleterrb. 269
en ce très-agrëable plaisir. Comme scayt noslre seigneur qui, irès-hauUe et excellcnle Princesse, nostre très-chère et très- ^mëe bonne cousine, vous doint bonne vie et longue. Escript en notre manoir de Eiitilde le ix* jonr de septembre.
Votre bon et loyal cousin,
nCNRY.
Et plus bas : Meautis.
Ei au dos est écrit : A très-haulte et excellente Princesse,
nostre très-chère et trés-amée bonne cousine la duchesse
douayrière deSavoye.
(F. Bal.,90^V,l^ 271.)