LE MÊME AU ROT FRANÇOIS I
Ce n'est pas de nos jours seulement que les revirements de la po« lîtîqiie sont étranges et prompts. Après la bataille des Éperons et la ruine de Thérouenne, rien n'empécboit Henry VIII de poursuivre ses entreprises contre la France. Mais la politique des puissances continentales s'étoit subitement modifiée. Ferdioandi satisfait de la possession delà Navarre, s'étoit rapproché de Louis XII; —le pape avoit révoqué ses excommunications, et l'empereur Maximilien trailoit du mariage de son pelit-flls, Charles, avec Renée do France : Henry crut prudent d'Imiter ses alliés et donna sa sœur, la belle Marie, âgée de seize ans, au roi Louis Xll, âgé de cinquaute-trois ans. — lii lettre suivante est un peu postérieure à ces faits : cependant le tliéâtre politique a déjà plusieurs fois changé d'aspect. L'honnête Louis XII est mort, après trois moisd*amour, d'ivresse et de bonheur, et le roi de France se nomme désormais François I***. Les traités {précédents sont d'abord maintenus, mais la France, sans le secours deTAngleterre, gagne la bataille de Marignan. Le cardinal Wolsey, qui n'a point tiré du roi François I<^^ toute l aubaine qu'il enespéroit, trouble un instant Tharmonie. Toutefois, au mois de juillet 1518, le roi de France, pour rétablir l'entente cordiale, députe NeuYilIc de Villeroy vers Henry VIII qui, de son côté, charge Wolsey lui-même d'une mission analogue. C'est dans celte négociation que se concerte le mariage de deux enfants au berceau qui ne se dévoient point con-
DOitre, François, dauphin, mort en 1535, et Marie, plus tard épouse de Philippe il, et rciue d'Angleterre sous le nom de Marie la Galholique.
Très-hault et très-puissani Prince, nostre très-cher et trèaamé frère et cousin, le plus adectueusement et cordiallement que faire povons à vous nous recommandons. Par vostre conseiller le sieur de Ville-Roy, vostre secrétaire des flnances et audicncier de France avons receu voz lettres contenantes sur luy crédence, laquelle il nous a bien au long très-saigement et prudcntement exposée de vostre part, à quoy avons prins trèsgrant joye, félicite et plaisir, congnoissant et enlendant par icelle la cordialle amour, zèle, très-singulière affection et fraternelle dilection que vous nous portez, et vous povez tenir tout seur et certain que vous nous trouverez continuellement et A jamais vosire cordial frère, cousin et bienveillant, aymant et désirant Taccroissement de vostre honneur, estât et bonne prospérité autant que faisons le nostre propre ; en vous ad visant au surplus, très-hault et très-puissant Prince, nostre très-cher et très-amé frère et cousin, que sur le contenu en sa charge nous av'ons eu avccques luy plusieurs bonnes et longues communiquacions et devises, et fait avoir eu plus oultre nostre très cher et très- féal conseiller le très-révérend père en Dieu, le cardinal d'York, légat du Saint-Siège appostolique , primat et nostre chanceliier d'Angleterre: et pour ce que de la resoliicion qui a esté prinse avecques luy touchant TefTect de ladîcte charge, vous entendrez bien amplement et à plain par luy, et que ne faisons aucune doubte, il vous en fera bon et loyal rapport, nous ne vous en toucherons rien en cesles, fors seulement que nous vous pryons très à certes et de bon cueur de souvent nous advertir et de temps à aullre de voz bonnes nouvelles, santé, estai et bonne prospérité, pour nusire consolation, et nous vous ferons le semblable de nostre part, ainsy que sç^yt nostre Créateur, auquel
HEURI Ylll D'ANGLETERRE. 271
nous supplyons vous donner très-hault et très-puissant, nostre
très-cher et très-amé frère et cousin, bonne vie et longue, et
vous entretenir de bien en mieulx en sa très-sainte et digne
garde. Escript à nostre manoir de Sovodestot, le x' jour de
juillet, Fan xv* xviu.
Votre bon frère et cousin
henrt viu.
Meautis.
Et ados : A. très-hault et très-puissant Prince, nostre très* cher et très-amé frère et cousin le roy François de France.