‹ Le Cabinet historiqueChapitre 17 sur 162 · LE ROY HENRY 11* A MONSIEUR DE HIJMYERES · texte numérisé non relu

LE ROY HENRY 11* A MONSIEUR DE HIJMYERES

De Montrcul, le 16 septembre 1519.

Mon cousin, j'ai receu deux lettres de vous, les dernières du il" de ce mois, par lesquelles j'ay veu comme mon filz le Daulphin se trouvoit mal d'un llux de ventre, procédé, ainsy que dient les médecins, des humeurs cuitles et accumullées dedans son corps, pour ne se moucher point la pluspart du

(I) Bévue universelle des Arts. — Paris, Borani el Droz. Prix d'abonwswuA: 16 fr.

temps. A quoy, pour l'advcnir, il faut bien que vous pourvoyez, l'admonestant par doulceur de se moucher, et luy mettant en avant ceste malladie qui par faulte de ce luy est advenue : et là où pour cela il n'en feroit rien, vous l'y contraindrez» car il seroit bien difficile que autrement il feust jamais sain. Vous avez très bien faict d'envoyer quérir Aquaquia et Fernel, — et suis très aise de ce qu'ils n'ont encores trouvé aucun danger en sa malladie, et atissy de ce que mon filz d'Orléans et mes filles sont en bonne santé; vous asseurant bien, mon cousin, que ne me scauriez faire plus agréable plaisir et service que de m'advertir souvent de leurs nouvelles. — Quant aux miennes, après avoir prins Amblelueil, Blacquenctz, le Montlambert et toui les forlz que les Anglois tiennent en Boullenois, réservé Boulongne et la Tour d'Ordre, qui n'est que une mesme chose, (lesquelles se trouveront devant peu de jours si bien bridées par mer et par terre, que avant que l'hiver soit passé, elles sont pour estre réduites en si grande nécessité, que j'espère en avoir bon marché), je me suis relire, voyant les grandes pluyes qu'il faisoit, telles qu'il n'y avoil plus d'ordre de tenir armée en campaigne et mesme en pays si froid et humide, sans du tout la ruyner, et m'en voys ù petites journées à Compieigne avec grande occasion de louer et remercier Dieu qui, en si peu de temps et avec si peu de perte et de dépence, m'a donné victoire si utille et si proufitable pour mon royaume. Sur ce faisant fin, je prieray Dieu, mon cousin, qu'il vous ayt en sa saincte garde.

Henry.

Et plus bas :

CutJMX.

{Lettres et mémoires du règne de Henry El: JSgerL 2 et 3.)

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