‹ Le Cabinet historiqueChapitre 40 sur 162 · ROBERTET · texte numérisé non relu

ROBERTET

{Arch. de l'Emp., ut tuprà.)

5. IlOBEKTKr, A M. LE CHANCELIER d'aLENÇON, SEIGNEUR DE VILLAYNES.

Au sujet de la ratification du traité conclu avec le Roy d'Angleterre.

Monseigneur, Madame a veu tout ce que vous luy avez es* cript, et combien quelle vous y responde et satisface, ôy vous veulx je bien assurer quelle gardera, entretiendra et observera de point en point tout ce qui a esté par vous traiclé et promis, et tic s'y trouvera difficulté ne faulte. El pour commencer, elle commence au principal, qui est le premier paiement, lequel présentement elle envoie par delà. Et quant aux ratifications, obligations des princes et villes, et pareillement des Estats de Normandie et Languedoc, on est après a dresser le tout, et ce fait, il vous sera en toute diligence envoie, car, oultre qu'il y faull promptement et dedans le temps accordé, satisfaire, Madame désire vous mectre hors de l'obligation ou vous estes et vous y veoir en liberté de venir et retourner devers elle.

Monseigneur, au surplus, vous ferez souvent savoir de vos nouvelles à Madame, car ce luy est plaisir de les entendre de ce couslé là, •/. mesmement de monseigneur le cardinal , son bon tils, au jiiel elle a une merveilleuse et grande confidence, estimant, louant et reputant ses discours bons, sages et prudent, comme à la vérité ils sont et très-dignes d'estre ensuivis.

Au demeurant, Monsieur, vous ordonnerez à vos gens que tout ce qui sera requis pour votre affaire de Saint-Cbauryn, qu'ils le mandent et me facent entendre ce que il faudra, car

j'ai commandement de ma dame de entièrement le faire, car cela et trop meilleure chose, elle désire veoir ès-main de monsieur votre frère.

Monsieur, après tout, vous me commanderez vos bons plaisirs pour les accomplir, me recommandant à votre bonne grâce très et si humblement que faire puis, priant Dieu, Monseigneur, qu'il vous donne très-bonne et longue vie. De Lyon, ce xxv* jour de septembre de

Votre humble serviteur,

Robert et.

(Arch. imp., ut tupi à.)

6. LETTRE DE LA REINE, REGENTE DE FRANCE, A CEULX DE REIMS EN LEUR ANNONÇANT LA PAIX AVEC LE ROY d'aNGLE- TEBRE.

Elle leur mande que les princes du sang el les bonnes villes se sont rendus garants du traité, et elle les exhorte à répondre à ce que le Koi alleud d'eux.

De par le Roy,

Loyse, mère du Roy, duchesse d*Àngoulmois et d'Anjou, contesse du Maine et de Gien, régente eu France, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront salut. Comme pour le bien et utilité de ce royaume, paix et confédération ayant esté conclûtes et arrestés entre notre très-cher seigneur el fils, d'une part, et le Roy d'Angleterre, notre très-cher seigneur el cousin d'autre, par laquelle entre autres choses ait esté accordé cl convenu que, pour la seureté des choses prinses par nos ambassadeurs envoie! pour faire icelle paix, les princes du sang de notre dit seigneur et fils, et autres nommez audit traité, et pareillement aucunes bonnes villes de ce royaume se y obliget; savoir faisons : Que nous désirons icellui traicté estre . accomply et sortir son effect, prions et néantmoim

enjoignons, en vertu de notre povoir et régence, ànostrès-chers et bien amez eschevins, nobles, bourgeois et habitants de la bonne ville de Reims, de vouloir passer et octroyer les obligations en la forme que leur envoyons, et que icelluy roi d'Angleterre demande, sans à ce faire aucune difficulté: et de notre part nous leur promettons, en vertu de notre dît pouvoir et régence, de (aire et procurer envers notre dit fils qu'il aura agréable et approuvera ce que par eulx sera fait, et les gardera indemnes de leurs dites promesses et obligations, et de ce leur baillera telles lettres qui sera advisé pour leur seuretê : et Nous, comme régente, leur promotions de les relever de toute indemnité et dommaige qu'ilz pourroient avoir: en tcsmoîng de ce nous avons signé ces présentes de notre main et à icelles fait mectre notre scel. — Donné à Lyon, le xxnu* jour d'octobre, Tan de grâce mil cinq cents \ingt et cinq. Loyse.

Et plus bai: Rpbertet.

(Arch. de Reims, Franc. /".)

7. LOYSE DE SAVOIE AUX SIEURS J. BRINON, CHANCELIER DAWWÇOH, SIEUR DE VILLENES ET JEn. JOACHIM, SIEUR DE VAULX , SES AMBASSADEURS EN ANGLETERRE.

Elle leur envoie l'obligation des villes d'Amiani et de Reins.

Monsieur le Chancellicr et vous, Monsieur de Vaulx, pour toujours satisfaire aux choses qui ont esté promises et pcconlto par vous en faisant le traietc de paix avecques le Roy d'Angleterre, je vous envoyé l'obligation de la ville d'Amyens et celle de la ville de Reims que vous baillerez avecques les aulra que je tous ay puis naguières envoyées en prenant recoguojsstuce d'icelles, comme faire ce doit en tel cas. Et quant aux autre? qyi lestent à fournir ainsi que ou les recouvrera, je le vous .en-

yoyeray, car je veuil et désire entièrement satisffaire à tout, comme la raison esL Et à Dieu Messieurs, qui vous ait en sa garde : Escript à Saint- Just-sur-Lyon, le xiu' jour de décembre. Loyse.

Et plus bas : Robkrtet.

{Arch. de ÛEmp., ut suprà.)

8. LE CARDINAL WOLSEY, LEGAT, ARCHEVÊQUE d'tORCK, A LOYSE DE SAVOIE, RÉGENTE.

Félicitations au sujet de la délivrance du Roy son fils.

On sait le rôle important que joua, sous Henri VIII, le cardinal Wolsey. Fils d'un boucher suivant les uns, d'un riche bourgeois suivant les autres, Thomas Wolsey étoit né à Ipswich.dans la province de Suffolck. Produit sur la scène politique par Fox, évêqne de Winchester, il devint l'aumônier du roi, archevêque d'Yorck, chancelier du royaume, cardinal et légat a latere dans toute l'Angleterre. Charles Quint, François I r achetèrent tour à tour son amitié et ses services. Celte fortune si grande, mais que le despotisme du maître, comme il fit de tant d'autres, devoil briser un jour, Wolsey en jouisaoit au plus haut degré au moment qui nous occupe. Au jour de la bataille de Pavie, l'Angleterre ctoit toute aux intérêts de l'empereur, et la joie qu'y causa la prise de François Jir ne se sauroil décrire. On y chanta le Te Dtum, le cardinal Wolsey officia à grand appareil à Saint-Paul devant toute la cour, et Henri VIII se crut déjà rétabli sur le trône de France qu'il considérait comme son légitime héritage. C'est en ces circonstances que Loyse de Savoie envoya en Angleterre le chancelier d'Alençon, déployer en son nom près du cardinal-ministre toutes les séductions imaginables. — Mlle lui écrivoit de sa propre main et lui prodiguoit les louanges les plus excessives, l'apptloit son bon fils et souflfroit qu'il la nommât sa bonne mère ; c'éloit toucher l'endroit sensible du cœur vaniteux de Wolsey. la négociation réussit.

Ma dame ma bonne mère, bien humblement à votre bonne grpee jeme recommande. Le Roy mon maistre désirant monstrer ement la grande amour qu'il porte sincèrement à son

bon frère cousin et confédéré, le Roy votre fils, après avoir entendu de la conclusion prinse sur le retournement en son royaulme de sa personne, envoyé maintenant devers luy pour le veoir faire ses tres-cordyalles recommandations et demourar par de la avec le docteur Tailleur, comme son anibasadeur, messire Thomas Cheyney, Chevalier, son conseiller et gentilhomme de sa privée chambre; et pour ce ma dame ma bonne mère, que je désire faire au Hoy votre dit 01s tout service et plaisir de mon cousté, jel'ay requis faisant à sa haultcur mes trcs-hunibles recommandations, luy rendre congratulations de son dit bon retournement en son royaulme et semblablement à vous ma dame ma bonne mère, comme à la principalle conductrice par voslre accoustumée grande discrétion d'un tel affaire, à fin si laudable. 11 vous plaira atant, ma dame ma bonne mère, luy donner vostre favorable adresse et croire de temps à autres, selon que les choses s'offriront,

Ma dame ma bonne mère, je vous supplye au surplus ine advenir s'il y a chose par deçà à mon povoir ou vous puysse gratifûer. Et se Dieu plaist vous y rendray satisffaicte auquel je prye vous donner bonne et longue vie. — A ma place lez Westmoustier, le xxir jour de mars.

Vostre tres-humble serviteur et flli,

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