XXVIII. DOCUMENTS POUR SEHVIR A l'hISTOIRI DU
ARTS, DES LETTRES ET D8 L'iNDUSTRIE.
IHCERDIE DU CHANTIER DU SIEUR WQtiLLE,
Tout le monde connoil el recherche aujourd'hui le genre < terie auquel André Doullc a donné son nom. Cependant mmrepfiduisons ici la formule sous laquelle M. Anat. de Monlaigion txrmà' rise l'œuvre du maître. « On sait l'art particulier de Bonite doUK nom est passé dans la langue a Veut de substantif tedmtyëe, fl*
signifier l'incrustation, sur un Tond, d'écaillé, de dessin, de cuivre découpé et gravé; tandis que l'incrustation de dessin , d'écaillé sur un fond de cuivre qu'on se mil à Taire ensuite, eu renversant la donnée du premier inventeur, est désignée sous le nom de Contre bout le.» Ce nue l'on sait d'André Boullese réduit à fort peu de chose ; car le célèbre ébéniste, qui n'a point trouvé sa place dans nos grands dictionnaires, est plus connu par ses œuvre* que par sa biographie : c'est, du reste, le sort de bien des artistes. M. Anal, de Moutaiglon, dans le compte-rendu qu'il a donné (fiibl de V École des Charles, 1 1er de la 4« série, ann. 18V5, p. 81 > d'une courte notice ayant pour titre : André lioulle, publiée en 1853 par M. Ch. Asselineau, dans \t Journal (TAlcnçon, énumère eu quelques lignes les notions arc nuises sur cet artiste que, malgré son mérite littéraire, l'article de M. Asselineau n'augmente pas de beaucoup. Ces notions se bornent à quelques lignes de l'abbé de Fonlenay, dans sou Dictionnaire des artistes, qui ne sont que la reproduction du court article du Dietionntire de Roland le Virloys;— une lettre de l'outcharlrainà Manurt, datée du 29 aodt 1704, relative aux contraintes que les créanciers du malheureux artiste vouloicnl exercer contre lui jusque dans l'enceinte privilégiée des galeries du Louvre, —lettre récemment publiée par M. Dcpping dans la Correspondance administrante (II, 84:1) des Documents inédit*, et reproduite par M. Ch. Asseli neau; enfin les deux brevets du logement qu'il occupoit au Louvre, publiés pai1 M. de Chcnncvières dans les Archives de C art français (II, 222, h.t II faut aussi tenir compte des nombreux regrets que donne Mariette au cabinet ou plutôt au riche musée qu'avoit formé Bôullc dans son atelier; mais les regrets de l'auteur de VAbecedario semblent plutôt faire allusion aux conséquences d'une expropriation forcée quaux désastres d'un incendie. « Cet homme qui a travaillé prodigieusement et pendant le cours d'une longue vie, qui a scrv i oes roys et des hommes riches, es! pourtant mort assez mal dans ses affaires. C'est qu'on ne faisoit aucune vente d'estampes , de dessins, etc. où il ne frit cl n'achetât souvent sans avoir de quoi payer : il falloit emprunter presque toujours à gros intérêts Une vente non- Telle arrivoil, nouvelle occasion de recourir aux expédients. Le cabinet devenoit nombreux cl les dettes encore davantage, el pendant ce temps là le travail lauguissoit. Ce fut une manie dont il ne fui pas possible de le guérir. » M Ch Asselineau, qui cite ce passage, ajoute toutefois : « Pour comble de malheur, un incendie delruisil presque entièrement cette collection, une des plus belles, au témoignage des contemporains, qui aient jamais existé. •
Le récit suivaut achèvera de faire connaître cet atelier donl on étoit loin de soupçonner la richesse.
L'incendie arrivé le 30 aoust 1720 au chantier des sieurs it ébénistes du Roy sur la place du Louvre, a commencé loi trois heures et demie du matin, et les sieurs Boulle n'en
ont été avertis que sur les quatre heures. Ils ont été d'autant plus surpris de ce malheur, qu'ils ont veu le feu à un de leur* alteliers, voisin du chantier du sieur Marteau, lequel attelier, ainsy que les autres, étoit fermé à clef, après la visite que l'un des sieurs Boulle faisoit tous les. soirs avant que de les fermer; ce qui est certain, est que lors de la visite il n'est resté dans cet attelier, non plus que dans les autres, aucun feu à minuit. Les sieurs Boulle, qui logeoient dans ce chantier, en ont fait 1a ronde pour voir si tout étoit en ordre : ils ont apris que sur les une heure du matin, le sieur Bois Doré, logé vis-à-vis, dans h rue Fromenteau, à la Croix de Lorraine, étoit resté une demiheure à sa fenestre, et assure qu'il n'y avoit pas la moindre apparence de feu.
Sur les deux heures et demie du matin, le sieur Boulle le jeune s'est relevé de son lit et s'est promené sur une terrasse en jardin qui est plus élevée, sans qu'il y eût pour lors aucun feu, et s'étant recouché et endormy, il a été réveillé, ainsy que deux de ses frères, sur les trois heures et demie, ce qui les ayant (ail lever précipitamment par les cris de plusieurs personnes, qui crioient au feu ! ils ont d'abord aperceu dans un attelier d'en haut un grand feu qui faisoit de tels progrès, qu'en peu de temps il s'est communiqué à une gallcrie contiguë, on face du chantier du sieur Marteau. Au bout de la gallerie éloit la chambre du sieur Boulle père, à laquelle chambre le feu s'est communiqué si vivement, qu'il a élé impossible d'en retirer les effets, dont h plupart étoient renfermés dans quatre armoires fermant à clef, de manière que quelque perquisition que les sieurs Boulle ayenl pu faire, ils ne peuvent aprendre précisément la cause et l'origine de cet incendie. Ce qu'ils ont seulement pu découvrir est que par la voye publique on soupçonne un quidam ayant volé chez le sieur Marteau il y a environ deux mois et qui pria sur le fait, avoit été attaché par les ouvriers à un poteau pendant trois ou quatre heures, et avoit menacé tost ou tard de s'en vanger.
Sur les quatre heures, les sieurs Boulle commencèrent à recevoir du secours des voisins, mais alors la gallerie et la chambre du sieur Boulle père élant embrasées, tout ce qu'on put faire fut de retirer quelques effets les plus à portée; et toujours pressés par un feu vif et violent, on a été obligé d'abandonner absolument le reste aux flammes, qui ont consummé ce qu'il y avoit de meilleur en dessins, estampes, médailles anciennes et modernes, et autres curiosités, aussi bien que son lit, ses bardes et ses habits.
Ensuite on s'est attaché à un corps de logis séparé pour sauver plusieurs ouvrages faits, appartenant à Son Altesse monseigneur le Duc, savoir:
Un bureau de six pieds de long, couvert de maroquin.
Un gradin ou serre-papiers avec sa pendulle.
Une armoire de quatre pieds et demi de haut, en forme de bibliothèque.
Deux petites armoires plus basses, aussy en forme de bibliothèque, fermées avec des glaces.
Huit figures de bronze en couleur.
Sept pièces de porcelaine.
Suit l'état de la perte et du domage.
Dans la première armoire de neuf pieds de haut sur six de large île la chambre du sieur Boulle père, éloient dans des portefeuilles de trois pieds et de deux pieds et demi, papier de grand-aigle, tous les dessins et estampes de tous les plus grands maîtres qui ont excellé en peinture, sculpture, dessin et gratine, le tout estimé 00,000 livres, qu'on a voulu troquer au iriaar Boulle pour une terre et métairie de 20,000 écus.
• La seconde armoire de neuf pieds de haut sur six de large cootenpit tous les dessins des maîtres françois comme de M. Le Terdier, Loir, CoteUe, Anguier, Sarazin, Lemoine, •tannée.- Doc. ts
Perier, Mellan, Errard,Villeqnin, Monier, Licbery, Bonnet, Bourdon, Coypel, Dudot de Vauroze et autres, tous enfermés dans des portefeuilles de trois pieds de long, papier du grand-aigle, estimés 16.980 Ut.
Dans la mesme armoire, sur une aulre colonne, éloient rangées dans des portefeuilles de deux pieds et demi toutes les estampes choisies avec soin, repelées plusieurs fois, d'un grand nombre de maistres d'Italie, comme Michel Ange Buonarotti, André Manteignc, Dominique Barière, Raphaël, d'Urbin, Bonazone, Parmezan, Silvestre de Ravenne, Beatritius, Eneas Vicus, Marc-Antoine, Augustin Vénitien; six œuvres entières de Garrache, Raphaël de Rhege, Ventura, Salimbeni et autres anciens maîtres ; les Breugels, les ruailres au chandelier, Bourdon, le Brun, le Poussin, Stella, Corneille et Boulogne, etc. Et un recueil considérable d'estampes et dessins, de toutes sortes de vues les plus éloignées, dessignées sur les lieux par différents mailres, tout estimés 18,440 liv.
La troisième armoire de huit pieds de haut sur cinq pieds de large contenoit l'histoire des Roys de France naturelle, secrelte et particulière, en dessins et en estampes, et surtout celle de Louis XIII et de Louis XIV, et plusieurs pièces curieuses qui y avoient rapport : les événements de chaque temps» les entrées publiques, les pompes funèbres, les pasquinades, les rébus ; deux mil dessins de modes de toutes les nations* des charges pittoresques; deux portefeuilles de dessins de Caracbe dont un histoire sérieuse, et l'autre de pièces libres.
Plusieurs portefeuilles d'estampes en taille-douce de généalogie de différents cabinets de plusieurs curieux particuliers.
Deux assortiments des estampes du cabinet du Roy, dont Si Majesté avoit gratiffié le sieur Boulle, par les mains de M. de Villacerf.
Deux portefeuilles de dessins d'Estienne de la Belle.
Deux portefeuilles des œuvres gravées du mémo tuteur.
Deux mil dessins d'étude de Corneille et de Massé- Deux volumes de dessins très-finis du sieur Champagne.
Un manuscrit italien touchant Fart militaire, dont les figures de trois pouces de haut étoient dessignées par Callot. — Tout le contenu de cette armoire estimée. 9,950 liv.
La quatrième armoire, qui étoit d'ébaine, ornée de moulures et d'une corniche d'architecture avec des bas-reliefs sculptés, avoit sept pieds de haut sur quatre de large ; les quatre clefs en étoient d'argent ; elle étoit remplie jusqu'aux deux tiers de sa hauteur de petits tiroirs à médailles qui contenoient six mil médailles de cuivre ou de bronze : trois mil cinq cents modernes de toutes grandeurs.
Une suite de médailles d'histoire des Papes, aussy de cuivre.
Cent soixante bas-reliefs, tant grands que petits, du sieur Colombe, orfèvre françois.
Deux cents médaillons grecs moulés sur les antiques qu'avoit feu IL Fouquet.
Le restant de la dernière armoire étoit remply de volumes reliés, tant petits que grands, qui traitaient des matières des médailles et de leurs histoires.
Plus, il y avoit un recueil de quarante-huit dessins de la main de Raphaël, sujets de métamorphose.
Un manuscrit in-4° latin de la main de Rubens, contenant les remarques et études sur la peinture et sculpture qu'il avoit fait dans tous ses voyages, tant en Italie qu'en Lombardie, Gennes et antres lieux, le tout à la plume, par figures démonstratives.
Pins, un in-folio moyen contenant deux cent soixante-quinze figures coloriées, dessignées à la main par Eatienne La Belle, représentant toutes sortes de figures pour les opéras et les ballets, Tenant de la succession de M. Heinselin, maître de la chambre aux deniers. Vingt-trois manuscrits traitant toute sorte do jqjets d'éloquence, de poésie, tous venant de la tue-
cession de M. Perot à son inventaire, tout le contenu de cette armoire estimé 1 8,900 liv.
Sur des tablettes qui servoient de corniche au pourtour de la chambre, éloieut plusieurs portefeuilles papier de grand-aigle qui contenoient :
Trois œuvres de le Pautre, complettes en estampes choisies.
Un de Perelle, Silvestre $t Aveline.
Deux portefeuilles de dessins de Chauveau. .
Deux œuvres d'estampes complettes du dit sieur Chauveau.
Quatre portefeuilles contenant chacun un œuvre de clairs obscurs, belle épreuve et bien choisie.
Trente-six volumes de l'histoire de Pline, composés et remplis de toutes sortes de figures, animaux, fleurs, plantes, etc., convenables à chacun des volumes ; le tout dessigné et coloré la plupart en miniature à gouache et à l'huille.
Huit volumes de la Bible, avec tout le discours de Riche, enrichie et ornée de figures dessignées qui convenoient aux sujets, par toutes sortes de maîtres, avec le papier blanc du grandaigle, pour continuer et achever le dit ouvrage. Tous ces ai^ ticles estimés. 38,900 liv.
Plusieurs paquets de dessins venant de la succession de M . de Dieu.
Deux portefeuilles de dessins venant de la vente de M. d'Hozkr.
Unautreportefeuillededessins venanlde celle de l'abbé Quenel.
Six portefeuilles de dessins des maîtres de Fontainebleau.
Les estampes de Léon Daven et de Tliulden et autres qu'ils ont gravés.
Deux portefeuilles d'estampes du Titien en bois et an burin.
Huit œuvres d'Albert Durer en bois et au burin.
Huit portefeuilles contenant les œuvres communémentappeUs les petits maîtres.
Idem, les petits maîtres.
Une caisse de trois pieds, contenant quantité de pierres de
BOCUMENTS. 181
Florence, partie naturelle et partie représentant des oyseaux, fruits, et fleurs de pierres rapportées de différentes couleurs.
Une autre caisse contenant plusieurs estampes ou épreuves de la sainte face de Mellan, du cabinet des beaux-arts de M. Pérault et de la gallerie de l'Enfance.
Deux caisses de quatre pieds de long sur deux pieds et demi de large, qui contenoient les restes de tous les œuvres complets de tous les maîtres ci-devant énoncés.
Un portefeuille de vaisseaux de toutes sortes de maistres comme Francisque Bolognèse, Puget, M. Le Brun, Berain, Montagne et autres.
Trois portefeuilles de pierres noires de Smith et autres des meilleurs auteurs en ce genre.
L'œuvre de Martin Rota, double, parfaitement belle. - Un portefeuille de papier grand-aigle des dessins de Lesly.
Plusieurs portraits de sa main.
Plusieurs académies d'hommes et femmes d'après nature et antres études.
Un portefeuille de dessins de Lairesse, partie desquels sont les dessins faits pour graver le livre d'anatomie qui a été fait eu Hollande.
Trois œuvres complettes des estampes du même Lairesse avec son portrait - Un portefeuille de dessins de Cochin et de Desoa.
Un de dessins de Brebiette en grand nombre.
Un portefeuille d'estampes du même Brebiette et Cochin.
Un portefeuille de dessins de paysages de Cochin de Venise.
Un portefeuille de cent soixante dessins de M. Lederc, dont peu sont gravés.
Un autre petit portefeuille de dessins fins de la main de Guillembour, dit Verner, de Corneille Poclembourg et autres.
Trois portefeuilles de Vanloo, d'histoire et de paysages.
182 LE CIBOTT MUTOUQIIB.
Un portefeuille d'estampes contenant les œuvres de I bourg doubles.
Un portefeuille d'estampes de Yischer, Ostade, Sortie et antres, répétées plusieurs fois.
Quinze portefeuilles papier grand-aigle de plans de TiDes et de fortifications de M. de Vauban, avec des manuscrits de sa main et son portrait, le plan, veue et elération de sa maison en Bourbonnois et autres qui y aroient rapport.
Trois autres portefeuilles papier grand-aigle de dessins de feu M. Mansard et de ses oncles avec leurs portraits dessignés par de Namur, et plusieurs plans, profils et aérations de Pi maison Desagonne.
Deux grands portefeuilles de dessins de ponts-etrcbanssées, de machines et de forces mouvantes.
Trois portefeuilles de dessins et manuscrits qui regardent b physique, dont les figures sont en partie colorées.
Cinquante-deux belles cartes, tant grandes que moyennes, montées sur leurs rouleaux et leurs gorges. . . . 20,750 In.
Tableaux péris et brûlés avec tours bordnres.
Un crucifix de Lesueur avec une Hagdelaine an pied de h
croix, valant 150 Kf.
Le portrait de la reyne Marie-Thérèze, peint par
Lebrun 100
Une Sainte Famille dans un paysage, de Pesarese. 400
Une bataille de Bourguignon 100
Un tableau duCorrege d'un pied, représentant Ce-
phale et Procris. . 600
Un Berghem , . . . . 200
Deux petits Théodore 4M
Un Paysage de Patel le père. ISO
Un Germanicus de Mignard,d*après le Poussin . 1,100
UnTillebour. lOOliv.
Une Nuit, de M. Lebrun 200
Une débauche de figures à la mode, peinte par
M. Lebrun 100
Un grand paysage de Paul Bril, représentant une Teue du canal de Villevorde et de Bruxelles en
Flandres 2,000
Un tableau du cavalier Josepin 300
Deux tableaux de fleurs à gouache 200
Une chasse de Sneyders 500
Deux paysages de Fouquie 200
Deux paysages de Bourdon • . . 150
Quinze paysages de Forets • . 1,500
Tous ces articles faisant la somme de 9,020 liv.
Un bureau de roarquetterie de bois de raport, couvert de velours vert garny de trente-deux tiroirs fermant à clef, remplis de quantité de curiosités, comme pierres gravées, petites médailles d'argent au nombre de deux cents.
Trois bas-reliefs d'argent de six pouces environ. Un petit bas-relief d'or de trois pouces. Plusieurs modèles de Boutmy.
Sept petits modèles de cire colorée enchâssée dans des bordures d'ébène du sieur Verrin.
Environ oent cinquante glaces de boites de pendules, tant grandes que petites, de différentes formes, tous lesquels articles montent à la somme de. . . 1,350 liv.
Plus un serre-papier de six pieds de long sur deux pieds de haut, contenant huit tiroirs fermants à clef, et seize espaces ou distributions dont le corps étoit de marquetterie et de pièces de raport. Le premier de ces tiroirs étoit rempli de différents ouvrages d'ivoire de sculpture de Dieppe.
Le second tiroir étoit rempli de tabatières d'argent, d'acier, <ÏÏToire et de bronze.
Trois autres tiroirs remplis de différentes entrées de serran dorées, de plusieurs modèles, et deux de chapiteaux et base Corinthienne, dorés d'or moulu.
Le huitième étoit rempli de clefs neuves d'Angleterre, de toutes sortes de grandeurs pour des bureaux, commodes et armoires.. Les espaces contenoient trois. tableaux de miniature de Verner, cent cinquante petits animaux d'autres maistres, un vase à deux pièces de serpentine.
Trois tasses cmaillées, quelques cachets de pierres gravées, cinq cachets d'Angleterre d'acier à trois faces, plusieurs pièces d'agathe et de cornaline, non gravées.
Douze petites figures et enfants de bronze, sept petits chevaux et taureaux sur des piédestaux d'ébène.
Le tout estimé la somme de 1,690 Uv.
Item trois boistes d'ustensiles de mathématiques, compas, equaires, porte-crayons, servant à dessiner.
Huit boistes d'outils neufs d'Angleterre et d'Allemagne, d!acier et de fer.
Une table d'ardoise sur un pied dans le tiroir de laquelle il y avoil plusieurs petites boistes de la Chine et autres petites curiosités.
Trois chapiteaux de bronze d'ordre Corinthien de neuf 1 dix pouces de haut, dont un fait par Claude Ballin et les deux autres de Duval.
Deux bas-rêliefs de cuivre de dix-huit pouces de long, représentant deux bacanalles 1,320 liv.
Item une autre armoire séparée en deux corps d'environ six pouces et demi de haut sur quatre de large, contenant un grand amas de portraits en taille-douce et autres recueils;.
Savoir : sept portefeuilles de papier de grand -aigle, contenant sept œuvres de Nanteuil parfaites et des plus belles épreuves.
Six portefeuilles de mesme grandeur, contenant six œuvres de Hasson, parfaitement choisies.
Trois portefeuilles papier du grand-aigle, contenant trois enivres de Vandick et des plus belles épreuves*
Onze mille portraits de tous les Empereurs, Rois, Princes et autres personnages de considération et de marque, tirés des oeuvres des plus savants mais Ires.
Troisportefeuilles d'estampes de Falda, Dominique Barrière, et autres, qui regardent les places publiques, palais, fontaines, jardins et réjouissances de Rome.
Trois portefeuilles des œuvres de Lefèvre de Venise, qui a gravé et dessiné d'après le Titien, Paul Veronese, et qui a été gravé à Venise par les soins de M. Palin.
Douze assortiments de Silvestre complets, un portefeuille de desseins de chapiteaux François de toutes sortes de maistres, dont un dd sieur Doulle, fait lors de la construction de la face du Louvre, et un dessein pour le gros dôme du Louvre.
Trdls portefeuilles de portraits en pastel de Janet, de Dumoutier, Gribelin, Nantcuil et autres différents maistres.
Trois portefeuilles de desseins et maquette de H. Le Brun, Hignard, Champagne, Lefebvre, Rigault et autres maistres.
Deux portefeuilles d'études de peintres, d'après nature, tant de figures que de paysages, animaux et autres.
Un portefeuille de Paul Bril, Bariholomée, Gausselin et autres.
Un portefeuille de dessins de la Fage et Bodard.
Trois portefeuilles, papier de grand aigle, d'estampes, d'antiquités de Rome.
Trois portefeuilles de vases antiques et modernes de tous maistres. 24,348 liv.
Etat des ouvrages de commande, bruslés etperis, à quoy les $ieur$ Bculle faisoient actuellement travailler.
Premièrement. Quinze boites de pendulles presque toutes de différents modèles et quasy faites.
Une grande table dont le dessus étoit de marbre de huit pieds
486 LE CABIHET HISTORIQUE.
de long, avec un pied de marquetterie de cuivre et d'écaillé de tortue, et tous les bronzes faits.
Cinq bureaux de cinq à six pieds de long, de marquetterie d'écaillé de tortue et de cuivre, et deux de bois de couleur trisavancés.
Huit commodes différentes de marquetterie, de bois vioflet et autres couleurs, ornées de bronzes.
Trois armoires en bibliothèque avec des glaces devant les portes servant à mettre des livres.
Huit feux ou grilles différentes pour des cheminées stirdes modèles neufs.
Neuf paires de bras de différentes grandeu rs et différentes façons.
Neuf paires de bras dedifférentes grandeurs etdifféreutesfaçons.
Deux lustres de bronze à huit branches.
Deux médailliers de trois pieds 1/2 de haut
Tous lesquels ouvrages pouvoient monter étant achevés à 90,000 lir.
Sur quoi il a été donné à compte par ceux qui les ont commandés, la somme de 18,000 liv. . . 79,000 lit.
Ouvrages qui nétoient point de commande, brusléë ou péris.
Douze bureaux de six pieds de long, plus ou' moins avancéi
Quinze armoires dont douze de huit à neuf pieds de haut fermant à deux portes pleines.
Cinq serre-papiers de six pieds de haut sur quatre de barge, à moitié faits.
Vingt cabinets anciens à plusieurs tiroirs dont un étoit <T6bëne et de pierre de Florence; sur un pied doré.
Dix commodes de différentes formes et grandeurs.
I^uzecoffresavecleurepiedsdedifférentesgrandeunetibtm^
Soixante boistes de pendulles de différentes grandeurs et ds différents modèles, plus ou moins avancés.
Due domaine et demie de guéridons de marquetterie, garnis de bronze.
Douce tables d'environ quatre pieds de long.
Six lustres de bronze de différentes formes.
Tous lesquels ouvrages en l'état qu'ils étoient pouvoient bien monter à 30,000 liv.
Cinq caisses remplies de différentes fleurs, oyseaux, animaux, feuillages et ornements de bois de toutes sortes de couleurs naturelles, la plupart du sieur Boulle père, faits dans sa jeunesse.
Douze caisses de toutes sortes de bois de couleurs rares, servants aux ouvrages de pièces de rapport. Valant les deux articles ensemble. . • 8,000 liv.
Item, une petite gallerie de vingt pieds de long sur six pieds de large , dans laquelle estoient toutes sortes de modèles de terre, cire, piastre de la main des meilleurs sculpteurs , Michel Ange, François Flamand, Girardon, Le Comte et autres, tons les modèles de cire et terre que le sieur Boulle a fait faire depuis qu'il exerce sa profession, luy et ses enfants.
Toutes les figures antiques en petit, dont on a les bosses trèsblanches et très-conservées, et autres morceaux d'étude.
Gel article y compris deux chefs-d'œuvre en bois qui estoient deux tableaux de fleurs de Honbouge 37,000 liv.
Item, tous les modèles en bronze de lustres, bras et de grilles qui te trouvent cassés et ruinés, et vingt bas reliefs isolés, moulés sur les yvoires de VanObstal qui sont dans le cabinet du Roy 9,000 liv.
Vingt établies et affûtages d'ouvriers, dont deux pour les et dix-huit pour les ébénistes tous complets , les I, les presses, villebrequins et autres équipages brûlés.
Les outils et ustancils de six compagnons limeurs, monteurs 6t ouvrier* en bronte, recuits, cassés et brisés , valant les deux iKtida* ensemble « 4,300 liv.
Tons les bois de sapin , de cbesne , de noyer, de panneau
ou mairin , bois de Norvège , amassés et conservés depuis longtemps pour la bonté et qualité des ouvrages. . 12,000 lit.
Plus tous les matériaux, bois de charpente, fer, plomb, qui appartenoieut aux sieurs Boulle, ayant fait tous ces bâtiments à leurs dépens.
Somme totale de toutle la perte. ...... 370,770 Et.