‹ Le Cabinet historiqueChapitre 75 sur 162 · a m. d'esguilly, capitaine et gouverneur de la ville · texte numérisé non relu

a m. d'esguilly, capitaine et gouverneur de la ville

DE CHARTRES (i).

« Monsieur,

« Aucuns perturbateurs du repos public, voyant que le Hoi, la Reine sa mère et Monseigneur estoient partis de cette ville pour aller à la chasse, ont fait semer un bruit qui est allé de main en main par toute cette ville que l'on vouloit courre sus à ceux qui ont esté de la nouvelle opihlon et les achever d'exterminer; sur quoy les princes et seigneurs du conseil privé de S. M. qui estoient scéans et assemblés audit conseil, sçachants que c'est contre l'intention de sa dite majesté, ont incontinent donné Tordre que chacun des capitaines des dixaines se tiendront en leur quartier, sans toutefoys pretidrë lès armes, pour

(I) Celle lettre existe en original et en copie dans nos archives.

D. bk B.

264 LE TA Kl > ET HISTORIQUE.

garder qu'aucune rumeur ou lumulle n'advienne : et s'il se reimioit quelques uns, les einpcscher, s'en saisir et les mener à justice ; et afin que chacun puisse demeurer h repos et en toute sûreté la nuit, Ton a fait renforcer les corps de garde qui >e font ordinairement pour la nuit seulement, et on a fait publier l'ordonnance (!) que je vous envoyé par l'avis de mes dits seigneurs du conseil atin que si ce bruit est allé jusques en l'étendue de voire charge, vous regardés de faire une criée et proclamation semblable pour empescher qu'il n'y advienne aucun désordre; mais si le dit bruit n'est allé jusqu'à vous et que vous voyés qu'il n'y ait point eu doutte d'aucune esroolion, mes dits seigneurs du conseil privé sont d'avis que ne laisaiéi faire la dite publication, mais qu'a y es l'œil soigneusement ouvert à re qu'il n'avienne aucun désordre en votre dite charge et que vous donniés ordre que par les maisons estant au champs et villages il ne s'y fasse aucun tort et desplaisir à par sonne. Sur ce je prie Dieu, Monsieur, après vous avoir présenté mes bien humbles recommandations qu'il vous ait en sa saintfl et digne garde. A Paris, ce 19 novembre 1572.

» Monsieur, grâces a Dieu, la nuit s'est passée fort doucement et crois que le bruit qui couroit hier si chaudement sera, Dieu aidant, oublié par le peuple. On est après pour sçavoir d'où cela est venu afin d'en faire tel châtiment que ce soit exemple. A Paris, le 20' jour de novembre à 9 heures du matin.

> Votre très-humble serviteur

» PlNART. •

1 1. ORDOISNAMCE CO.NTRE les COLPORTEURS DE BRUITS SINISTRES.

De par le Roy, Estant le bruit commun parmy les peuples de cette ville*

(!) Nous le rapportons plus bas.

Paris qu'il y a entreprise et délibération de courir sus à ceux qui sont et ont esté de l'opinion nouvelle, qui sont choses inventées et que fout publier de main en main aucuns perturbateurs du repos public contre l'intention de S. M. : pour cesle occasion est deffendu sur peine de la vie à tous manans et habilans de cette ville et fauxbourgs et de toutes autres personnes qui y sont et pourront arriver de s'esmouvoir en quelque façon que ce soit, mais se contenir chacun en sa maison et li»gis ; defiendant aussy sur les mêmes peines de la vie à toutes personnes de quelque qualité et condition qu'ils soient de plus faire courir ces bruits : et afin que personne n'en puisse prétendre cause d'ignorance, cette ordonnance sera publiée incontinent par tous les endroits de ceste ville où il est accoustume de faire criée et publication. Fait à Paris, le 19 novembre 1572.

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