‹ Le Cabinet historiqueChapitre 86 sur 162 · Maixroix a M. des Préaux · texte numérisé non relu

Maixroix a M. des Préaux

Reims, le 2 novembre 1683.

Je vous supplie, monsieur de me faire une grâce, c'est de donner six louis d'or à notre ami Cassandrc (I). Il a besoin de

(1) Rons avons -rappelé dans notre Vie de Maucroix l'amitié qui lioit le duuurine de Reims à ce pauvre Cassandre, traducteur d Àristole,

celte petite somme pour achever une constitution de rente* et quelque bâtiment qu'il a entrepris. Quoy qu'il en soit, H et*' besoin : je vous prie de les luy donner et je vous les ferai rendre par monsieur Hninssant (1), qui sera dans quinze jours & Paris, car vous senurés que monsieur l'archevêque de Reims 1 levé noire Esculapc et le donne à monsieur de Louvoy ] médecin : il faudra îHrc bien mal conseillé pour tomber malade à l'avenir dans la cité du sacre : ce sera bien cette fois là qu'a» dira : Personne no voudra plus estre malade! Enfin M. Ratas» sant nous quille pour estre médecin de M. de Louvoy. New vous l'avons gardé jusques icy, vous en jouirez à Versailles et h Saint-Germain. Je luy dois cette justice de vous asseurer que il n'y a personne qu'il aime plus que vous : après qu'il a dit sur le bel esprit tout ce que tout le monde en dit : « Mais outre txk » quelle bonté d'homme ! Il m'a mené à sa maison de cam- » pagne, il m'a régalé, îl a fait cecy, cela, pour moy. » Il as s'épuise point la dessus : vous pouvez croire que je ne luy «h pose point silence quand il parle de la sorte, car assurément flft ne peut pas être plus votre très-humble serviteur que je le soif.

Madcboix.

On m'a dit (pie vous êtes délogé et que présentement tous tanne Boilcau s? cri lia d'une si impitoyable manière dans sa 1" saUre: Damon ce grand auteur dont la muse fertile Amusa si longtemps et la cour et la ville, Mais qui n'étant vOlu que de simple bureau Passe l'été sans linge et l'hiver sans manteau, VA de qui le corps sec cl la mine affamée [N'en sont pas mieux refaits par tant de renommée... Le service que Maucroix rend au malheureux Cassandre fait cotinste avec le procédé peu charitable de Boileau, cl prouve quelque peu, il MM ' tcmblc, que l'égoïsme et la sécheresse de ccrur n étaient peint te vicS* Maucroix, ainsi que quelques critiques sévères out au pouvoir te dira • rendant compte de notre édition.

(1) Nie. Rain&sant, célèbre médecin de Reims, garde des médaflMfc cabinet du Koi, que l'on trouva noyé dans la pièce d'eau des Mlrtf * Versailles, le 7 Juin 1689.

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bités le palais du silence, c'est-à-dire le cloistre de Nostre Dame, Dieu vous y conserve longues années; si je retourne jamais à Paris, je ne manquerai pas de vous aller rendre mes devoirs. Je vois votre maison d'ici. Mes baisemains s'il vous plaist à M. de Puymorins et à M. Racine. Je ne sais si Lafuntainc luy aura dit que monsieur de Colligni n'a pas ici les papiers dont vous avez besoin. Il sera bien tostà Paris, vous pourrés le voir. Il loge rue des Bons-Enfants, ce me semble. C'est une rue où sont les écuries du Palais-Royal, rue qu'on a -élargie et où Ton a fait beaucoup de belles maisons.

A Monsieur Monsieur des Préaux, au Cloistre de Notre-Dame, à Paris.

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