LE MÊME AU MÊME
Le 18 décembre 1683.
J'appris hier avec bien du déplaisir la perte que vous avez faite : j'y prends je vous asseure beaucoup de part. Monsieur votre frère étoit un honneste et aggréable garçon, et comme toute sa vie il m'a fait l'honneur de me témoigner de l'amitié, sa mort me touche sensiblement, je ne suis pas le seul qui en aura du regret. Monsieur le chevallier de Sillery passa hier par cette ville et m'en témoigna de la douleur : je luy en sceus un fort bon gré. J'avois bien appris, et par M. Rainssant, que M. de Puymorins (1) étoit malade, mais je le cognoissois d'un ffcmpérerament vigoureux et je ne m'imaginois pas que cela put avoir de fâcheuses suites. Enfin, monsieur, il nous a appris ce qu'il faut faire : on ne vient au monde que pour en sortir. Je
(1) Pierre Boilcau de Puimorin, mort en 1683, à l'âge de 58 ans, frère palfcé de l'auteur du Lutrin, avoil clé l'ami de Maucroix, de Racine et de beftataine. Il y a dans noire recueil des OEuvres de Maucroix une lettre facétieuse à son adresse.
500 LE CABINET M8TORIQUE.
commence à (aire ces réflexions un peu plus souvent que je m
faisois quand j'estois plus jeune. Tant qu'il plaira au Seigoew
île me laisser ici, j<> vous asseurc, monsieur, que personne w
vous estimera plus que moy ny ne prendra plus de pari que je
lais au bien et au mal qui vous arrivera. Votre très-humble et
très -obéissant serviteur,
Maccroix.
Au dos : A Monsieur 31onsieur des Préaux } au Cloislrt k Xostre-Damc, auprès du puis, à Paris.