‹ Le cabinet noirChapitre 21 sur 58 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le lieutenant de police du Rhône et le sieur Antinori. — Un agent de Murât. — La politique secrète. — Perplexités d'un Directeur de la Police.

Les documents que l'on vient de lire établissent d'une façon rigoureusement impartiale l'état des esprits en 1820, tant chez les particuliers que chez les hommes d'État; ils permettent au lecteur de former son jugement en toute connaissance de cause sur cette époque si curieuse et encore si peu connue de notre histoire.

Je tiens à compléter le dossier par la production de quelques pièces qui proviennent non du Cabinet noir, mais des Archives de la police secrète, et qui n'en sont pas moins intéressantes pour cela. 11 me semble que tout ce qui peut démontrer que le crime de Louvel n'a pas été imprévu, n'a pas été le fait d'un assassin isolé,

mais bien d'un parti puissant qui lui a mis le poignard à la main, est bon à faire connaître.

Le sieur Joseph Antinori a prévenu le ministre de la Police, quelques semaines à l'avance, que l'assassinat du duc de Berry allait avoir lieu. La correspondance échangée entre lui et le Département central de la Police est fort instructive, et indique qu'il avait connaissance de l'existence de Louis XVII. Ses premières lettres n'attirent pas l'attention ; mais il insiste, envoie des Rapports; et comme il en savait fort long sur bien des choses, celui qu'on traitait au début d'aventurier, de chevalier d'industrie et d'escroc, est enfin mandé à Paris, où il aura été sans aucun doute grassement payé pour parler de certains faits, plus grassement encore pour se taire sur certains autres.

Le lieutenant de police à Lyon écrit au ministre de l'Intérieur:

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