FIORI
Maire.
Notice sur la brandie de la famille Bonaparte résidant autrefois à Sarzane, et qui depuis s'est établie en Corse.
« Bonaparte de Cianfardo, notaire impérial et du Sacré Palais, ayant été chassé de Florence pendant les guerres de factions, se réfugia avec sa famille dans la Lunigiana vers le milieu du xiue siècle ; peu après, s'étant transporté à Sarzane, il y établit définitivement sa résidence. Il ressort de deux actes consignés au manuscrit Pelavicino des Archives Gapitulaires pour l'année 1270, et concernant un procès entre ledit Bonaparte de Cianfardo et l'évêque de Luni, Guillaume, — qu'il était déjà depuis quelque temps propriétaire déterres et de maisons.
« Gerini est d'avis que ce Bonaparte vint à Sarzane
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entre 1260 et 1264, et cite à l'appui les pages 16 et 17, vol. I du vieux registre des Archives communales. Mais un acte enregistré à la page 199, vol. I du Pelavicino, ferait supposer au contraire qu'il s'y trouvait déjà depuis 1250. C'est la copie certifiée conforme d'un acte de 1 180, à la fin duquel on lit : Ego Bonapars, S. Palacii Notarius, autenticum hujus exempli vidi et legi, in quo inverti ut in isto scripsi, nihil addens vel minuens quod rautet sensum aut variet intellectum, et hoc fecit auctoritate et de mandato domini Benetti, Vicarii in Lunigiana pro comuni Pisano, mihi facto Sarzana sub anno currenti MCCL Ind. VIII die Mercurii IX mensis Martii j !
« L'abbé Conti, très érudit curé-doyen de San Miniato, mort il y a peu d'années, recueillit sur la famille Bonaparte beaucoup de notes et de documents afin de compléter un travail qu'il avait l'intention de publier, — mais je ne sais s'il en eut le temps; il se proposait de démontrer que cette illustre famille était originaire de San Miniato, et que de cette souche commune étaient nées les branches des Bonapartes de Florence, de Sienne, de Trévise et de Sarzane.
« Quoi qu'il en soit, il est hors de doute que le rameau qui a pris racine à Ajaccio provenait des Bonapartes de Sarzane. Cela ressort clairement, non seulement des
1. Moi Bonaparte, notoire du sacré Palais, j'ai vu et lu l'original de cette copie, daus laquelle j'ai retrouvé ce que j'y ai écrit moi-même, sans rien ajouter ni retrancher qui puisse en changer le sens ou l'esprit; ce que j'ai fait par autorité et par mandat du seigneur Benetti, vicaire dans la Lunigiane pour la commune de Pise.
Fait par moi à Sarzane en l'année courante 1250. Ind. VIII. Mercredi 9 mars.
attestations des membres de la famille, mais encore d'actes authentiques, — attestations et actes cités dans les Mémoires historiques sur la Lunegiane de l'auteur susnommé. (Voyez page 70 et suivantes.)
« Le premier des Bonapartes qui alla en Corse et s'y établit avec sa famille fut Francisco di Giovanno, envoyé dans ce pays avec un emploi honorable par la République de Gênes vers l'an 1512.
« Il avait pour femme une certaine Catherine de Se Guidi, parente des Calandrini, comme en témoigne un acte de 1512 faisant partie des Archives de Sarzane, ainsi que le dit Gerini, sans cependant nous faire connaître ni le numéro des archives ni le nom du notaire.
« Voici le fragment qu'il reproduit de cet acte :
Cum alias domina Jacominetta olira uxor domini Ambrosini deCalandrinis, disposuerit per instrumentum publkum, quod Caterina qm Ser Guidi de Castelletto nepote ipsius dominée Jacomettse habere deberet, et sic sibi dédit pro suis dotibus unam possessionem 30 terrx campivœ, — Cumque dicta Caterina nupta fuerit Francisco olim Johannis de Bonaparte de Sarzana, et ad matrhnonium transducta et ex qua ipse Francisais habuit et habet filios legitimos et naturales et pro dotibus suis predictis consecutus fuerit in una parte ducatos quinquagenta auri, exactos per dominum Cesarem et Franciscum fratres et filios dicti olim Johannis de Bonaparte i.
1. ...Parmi d'autres choses la dame Jacominetta, ci-devant femme du sieur Ambroise de Calandrini, disposa par acte public que Catherine, de feu Ser Guidi de Castelletto, nièce de ladite
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« Le même écrivain transcrit deux autres fragments d'actes différents, l'un de 1529, l'autre de 1567, dans le but de prouver le départ pour la Corse de François Bonaparte de Sarzane, et la résidence de ses descendants dans ce pays.
« Il affirme qu'ils appartiennent aux Archives du Notariat. Voici le premier :
Cum sit et fuerit quod alias reverendissimus dominus César Bonaparte Canonicus Lunen-Sarzanen : inproprio nomine et nomme et vice ejus fratris Francisco... absentis a civitatis Sarzane et in Insula Corsicœ, ut assei'ilur, stipendiai' lus... dederit in solutem et titulo pro soluto ser Francisco qm Antonii Montant pro parte doctium et nomine partis dotis , domine Antonie fi lie qm Francisci Bonapartis neptis dicti domini Cesaris, et uxoris proeratis ser Francisci Montant, etc. i.
« Suit le second :
Cum ser Franc/ scus Mont an us Sarzanensis tanquam
dame Jacominetta, devait avoir, et en effet lui donna pour sa dot une propriété de 30... de terres et champs. Quand ladite Catherine épousa François, de téu Jean de Bonaparte de Sardane, de laquelle ledit François eut et a des enfants légitimes et naturels, il eut pour sa dot d'une part cinquante ducats d'or, reçus par les sieurs César et François, frères et fils dudit feu Jean de Bonaparte.
1. Qu'il soit et paraisse entre autres choses que le révérendissime M. César Bonaparte, chanoine de Luni-Sarzane, en son nom propre et aux nom et place de son frère François... absent de Ja ville do Sarzane et employé public dans l'île de Corse, à ce que l'on dit,. . . donna décharge et à titre de reçu au sieur François, de feu Antoine Montani, pour une part de dots et en particulier de dot appartenant à la dame Antoinette, fille dudit feu François Bonaparte, nièce dudit sieur César et femme du sieur François Montani, etc.
debitos Gabriellis qm Francisa de Bonapartis, habitatoris Aiacii Insulœ Corsicœ de scutis centum quinquaginta aari pro inlegro pretio domas et inrium alienatorum per dictum Gabriellem dicto se?' Francisco Montana, etc.1.
« Les membres de cette très honorable famille Bonaparte de Sarzane qui se distinguèrent le plus dans leur patrie d'adoption, tant par les services qu'ils lui rendirent que par les charges honorifiques qu'ils occupèrent, sont, outre Bonaparte de Cianfardo, qui fit partie des conseillers de la Commune : son fils Jean, également notaire impérial et conseiller municipal de la Commune, qui la représenta comme ambassadeur à Lucques en 1296 pour y traiter de la paix des Sarzanais avec les habitants de Carrare, Moneta, Castelpoggio, Serravalle, Sottignano, et fut encore chargé d'autres affaires fort importantes.
«Jacques, fils dudit Jean, fut nommé en 1324 maire de la Commune, et en 1327, Sarzane l'envoyait avec d'autres notables citoyens prêter serment de fidélité à l'empereur Ludovic le Bavarois, qui se trouvait alors à Pise. L'année suivante, 1328, nous le voyons vicaire de Castruccio Castracane en Amelia et Barbazano.
« Nicolas, fils du précédent, remplit lui aussi l'office de notaire impérial, comme beaucoup d'autres de sa
1. ... Comme le sieur François Montani de Sarzane, en tant que choses dues à Gabriel de feu François de Bonaparte, habitant Ajaccio dans l'île de Corse, de cent cinquante écus en or pour prix total de la maison et autres propriétés aliénées par ledit Gabriel audit sieur François Montani, etc.
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maison et de son nom. En 1367 il fut nommé Procurateur du marquis Obbizino Malaspina.
« 11 donne naissance à Jean et Jacques. Le premier est élevé en 1405 à la dignité de curé-doyen de la cathédrale de Sarzane ; le second, ayant épousé en 1391 Isabelle Calandrini, cousine du cardinal Philippi, fut en 1401 envoyé par la Commune comme ambassadeur auprès de Gabriel-Marie Yisconti à Milan, au père duquel, Jean-Galéas, la ville de Sarzane s'était donnée depuis 1385. Il avait pour mission d'obtenir, en faveur du pays qu'il représentait, des conditions plus avantageuses que celles qui avaient été précédemment obtenues de Galéas. C'est à la suite de cette mission que Visconti le nomma son vicaire ou commissaire clans la province de Lunégiane.
« César, fils de Jean ci-dessus nommé, ayant été élu Prieur des Anciens dans le Conseil communal, rendit de grands services, et contribua notamment à obtenir à Sarzane le titre de cité et à la doter d'un palais épiscopal pour la résidence des évoques, qui jusque-là n'y restaient que temporairement.
« De César et de son épouse Appollonia Malaspina, descendante des marquis de Verrucola et Fivizzano, naquit Jean Bonaparte, quatrième du nom, à Sarzane, lequel fut père de César, chanoine de la cathédrale, et de François, qui, envoyé à Ajaccio par la République de Gênes, comme il a été dit plus haut, devint la souche des Bonapartes de Corse.
« Il existe encore plusieurs actes de 1293, 1296 et 1305, contrats de mariage et autres, concernant les
alliances des Bonapartes. Nous y voyons les noms de Vita Pasqualino de Sarzane et de Jeanne SacchettL
« Il y a encore dans les archives d'autres actes de 132:2 et 1327, qui mentionnent Jean, fils d'un autre Jean, et frère de Jacques susnommé ; un acte de 1366, dans lequel on fait mention deNicolosio et d'Angelino Bonaparte, fils de Jacques; un acte de 1387, dans lequel sont nommés Jacques et Jean, fils dudit Nicolosio (Nicolas) ; une renonciation par acte public, faite le 26 juillet 1448 par Appollonia Malaspina, femme de César Bonaparte, de ses droits sur une maison située dans Sarzane, et qui garantissait une petite partie de sa dot.
«A ces différents documents on peut ajouter des délibérations municipales des années 1319, 1324, 1327, 1328, 1404, 1465, 1485 relatives aux ambassades et autres charges importantes confiées par la commune à certains membres de la famille Bonaparte.
(( Ce qui est en tout cas fort surprenant, c'est qu'il n'y ait à Sarzane aucun monument sépulcral, aucune inscription relative aux Bonapartes. Comme il faut néanmoins penser qu'il en existait, on peut supposer que leurs tombeaux étaient dans Saint-Dominique, et qu'ils ont été détruits avec cette église. »
11 n'en est pas de même à San Miniato, comme on peut le voir par la lettre que m'adressait à la date du 12 novembre 1886 le doyen du Chapitre de la cathédrale.
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« San Miniato, 12 novembre 1886.
« Monsieur le comte,
« Le chevalier Joseph Gonti, qui écrivit plusieurs généalogies de la famille impériale des Bonapartes, ne put les publier, étant mort le 6 novembre 1866. Conti envoya de son vivant copie de ces généalogies manuscrites à l'Empereur Napoléon III ; elles doivent aujourd'hui faire partie des archives privées de l'Impératrice Eugénie.
« La famille Gonti de San Miniato possède les manuscrits originaux, mais elle les cache avec un soin jaloux.
« Nous avons dans la cathédrale un monument élevé à la mémoire de Jacques Bonaparte, le poète philosophe et historien qui naquit à San Miniato en 1470. Il a publié le Sac de Rome, œuvre relative au pillage qui fut fait par les troupes de Charles-Quint et pendant lequel mourut le connétable de Bourbon.
« Cette tombe antique existe dans la cathédrale depuis quatre siècles. Elle porte l'inscription :