‹ Le cabinet secret de l'histoire (volume 2)Chapitre 10 sur 37 · LA STÉRILITÉ DE CATHERINE DE MÉDIGIS · texte numérisé non relu

LA STÉRILITÉ DE CATHERINE DE MÉDIGIS

dit Michelet, « la femme est en instance de folie », la reine ne pourrait pas être fécondée. Le conseil aurait été suivi, et il en serait résulté... François III On ajoute que c*est de Fernel *,qui avait succédé à Louis de Bourges, dans la charge de premier médecin du roi, que H^nri II avait pris avis dans la circons* tance.

Bon nombre d'écrivains ont parlé de cette cure, devenue retentissante à cause de la qualité des personnages, comme d'un fait avéré et qui ne doit être soumis à contestation. Or, chose singulière, on ne la trouve signalée chez aucun des contemporains de cet événement, qui aurait pourtant dû laire quelque bruit.

^ Fernel n'a pas eu le mérite, si c*en est un, d^avoir trouvé que les femmes étaient plus aptes à concevoir à ce moment-là ; Hippocrate, Aristote, Galien, Avicenne, Pierre de Abano, François de Piémont, etc., professaient la même opinion.

C'est dans son premier ouvrage, publié en i543 et dédié à Henri, alors Dauphin, que Fernel fit connaître son sentiment sur la question. Plus tard, après que Catherine fut devenue enceinte, il laissa subsister le passage, mais sans le faire suivre d'aucune réflexion^ ce ^u'il n'eut P99 m»nc(ué do fmo^ s'il eù( ^gni^é à k rein§ h cpQse(l ^uo Ton ditf

16 L^ CÀBINËÏ SECRET t)Ë L HISTOIUG

Le preiiliei* biographe de Fernel *, Plancy, dont le livre parut pour la première fois en 1607, n*y fait pas là molhdre allusion. Il dit seulement que Ferhel fui appelé à la Cour par un ordre presque royal, quasi edicto regio, pour Une femme de qualité, nobllis^imse multeti, pour qui Henri avait une très grande affection, Henrico ciii illa charissima erat.

S'il s'était agi de la reine, ainsi que l'a judicieusement fait observer Goulin ^, il se serait exprimé plus naturellement et aurait mis reginœ. De plus, il n'aurait pas employé les mots quasi royal. Ne s'agissait-il pas plutôt du dauphin Henri, le futur Henri II, qui manda Fernel pour soigner Diane de Poitiers, alors sa maîtresse en titre (1544), dans le même temps où François P" était du « dernier bien > avec la duchesse d'Etampes ?

Si, au contraire, les talents de Fernel avaient réussi à ramener la fécondité dans le ménage royal, nul doute que ce praticien eût consigné ce détail important, que n'aurait pas manqué de nous conserver son historien Plancy: n'oubliohspas quece dernier n'avait que29ans lorsque naquit François II, premier fruit du mariage

* Cf. Diclionnaîre de Batlb, article Fernel ; Piron, VEmireman délai peste j p. 36-37; Scipion Dupleix, Histoire générale de France^ l. m, etc.

• Mémoires littéraires, critiques, philologiques, etc., pour servir à Vhisloiré ancienne et moderne de la médecine, année 1776, p. 3oo et suivantes.

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