LA STÉRILITÉ DE CATHERINE DE MÉDICIS
de Catherine et d'Henri et c|ue, personnellctn(*nl, il avait pu entendre parler des succès de son maître, qu'il n'avait aucune raison de taire.
Brantôme % qui naquit vers 1527, h'avait qile 17 ans, lorsque la dauphine donna un fils au dauphin } c'est cependant un âge où l'on commence à lie plus être indiffèrent à ce qui se passe autour de soi, surtout quand on a le naturel curieux du sire de Bourdeilles. Plus tard, quand il fut gentilhomme de la chambre des rois Charles IX et Henri III, et cham* bellan du duc d'Alençon, Brantôme fut â même* de s'instruire sur bien des choses et ce point, si délicat soit-il, n'aurait pas échappé à ses indiscrètes investigations.
L'Estoile, qui commença à écrire son journal dès 1569 — et il pouvait tout se permettre, ce journal n'étant pas, dans son esprit, destiné à la publicité — ne dit mot de l'aventure dont Fernel aurait été le héros. Et cependant il aurait eu occasion de le rappeler, en parlant de la mort de ce Charles de Gondy, « fils d'un banquier florentin de Lyon, dont la femme aoait
* Brantôme, qui est d'un génie sans pareil pour appuyer ses flatteries de courtisan, trouve cKarmant d'attribuer un tel retard à des dispositions naturelles aux femmes de la maison de Médicîs, assurant qu'elles furent toutes tardives à concevoir : « Aussi, dit il, dans les dix ans elle commença à produire le petit roi {«"rançois deuxième. » Cf. Les Princes de V Europe au. xvi*sièc/e, par ArM. Bas- CHBT, p. 470.
aidé à la reine, qui avait demeUré dix ans sans avoir lignée, à faire les dits enfants... »
De quels remèdes mystérieux S de quelles mix^ tures alambiquées s'était servie cette matrone,^c'est ce queTEstoilea négligé de nous apprendre et c'est d'autant plus fâcheux que nous aurions pu connaître de la sorte le mot de l'énigme qui nous tourmente.
Scaliger, qui naquit en 1540, de Thou, qui vint au monde vers 1553, ne font aucune mention de l'anecdote si souvent rapportée après, eux. Ce n'est qu'au commencement du xvir siècle que des historiens *, se faisant Técho d'un bruit populaire, qu'ils ne prennent pas la peine de contrôler, rapportent à Fernel l'honneur d'avoir fait cesser la stérilité de la reine.
Louis Dorléans, « ce fameux ligueur, qui eut le bonheur d'échapper au châtiment qu'il s'était attiré par ses invectives réitérées contre le roi » ', reprit la fable imaginée par ses devanciers, et dans un livre qui porte le singulier titre de Plante humaine, dit expressément :
Henri II ne pouvant avoir d'enfants, fit appeler plusieurs
* Catherine quêtait de tout le monde des conseils, pour faire cesser un état qui Taffligeait. Aux sorciers, aux matrones elle demandait des prières mystérieuses, des remèdes. On sait, d'ailleurs, pombien elle fut toujours superstitieuse.
* ScévQle do Sainto-Martbe, CasteUanui, i^édeçla ^ Anversr etp^