LE PJŒMIER ACCOUCHEUR A LA COUR DE FRANCE
le cadet, revêtu d'une charge de conseiller au grand Conseil.
Cest aux bons offices de Clément que Louis XIV eut recours, quand M™® de Montespan fut grosse de ses œuvres.
M""" de Montespan n'eut pas moins de sept, d'aucuns disent huit enfants de souche royale.
Le premier-né mourut à l'âge de trois ans, sans avoir été reconnu. Les quatre suivants, qui se succédèrent à de courts intervalles, furent : le duc du Maine, le comte de Vexin, M"*^ de Nantes, M"® de Tours. Puis vinrent le comte de Toulouse et M"® de Blois, qu'il ne faut pas confondre avec la princesse de Conti, fille de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière.
Les premières grossesses de M""** de Montespan furent soigneusement dissimulées à tous les regards. Quand elle ne pouvait faire autrement que de se montrer en public, M"*^ de Montespan revêtait une robe tellement ample et dont les plis étaient si ingénieusement disposés, qu'on était de suite prévenu de cç qu'elle voulait trop bien cacher. « Quand elle pre- HQit une robe de ce genre, consigne, avec sa malin
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gnité ordinaire, Madame, duchesse d'Orléans, c étoit comme si elle avoit écrit sur son front qu'elle étoit grosse ; chacun disoit à la Cour : M">« de Montes pan a mis sa robe volante, elle est donc grosse. »
Ces robes avaient été, par antiphrase, appelées des innocentes.
Une robe de chambre, étalée amplement, Qui n*a point de ceinture et va nonchalamment. Pour certain air d^enfant qu'elle donne au visage Est nommée innocente et c'est du bel usage,
écrivait Boursault dans ses Mots à la mode.
Celui qui nous renseigne le mieux sur la grossesse de la Montespan, est encore ce méchant bavard de Bussy-Rabutin, dont il ne faut accueillir les dires qu'avec précaution, mais qui écoutait assez souvent aux portes pour être bien renseigné. Voici comment Bussy * conte la naissance du duc du Maine (31 mars 1670) ; on n'est pas obligé de le croire, mais on ne saurait méconnaître que sa chronique est d'une piquante saveur. Nous lui cédons la parole.
Quelque temps après que M. de Montespan fut exilé dans ses terres par ordre du Roi, pour avoir donné un soufflet à M'"* de Montespan qui, ayant pris goût aux caresses du roi, ne pouvoit plus souffrir celles de son mari et ne lui vouloit plus rien accorder, Madame sa femme devînt grosse; et quoi -
* Dans la France Galante, publiée à la suite de Y Histoire amov^reyae des Gaules, de Bussy-Rabutin,