‹ Le cabinet secret de l'histoire (volume 2)Chapitre 33 sur 37 · L.-Henrt db Bourbon · texte numérisé non relu

L.-Henrt db Bourbon

 cette lettre était jointe la pièce à laquelle îe Duô faisait allusion dans sa lettre au Roi :

a8 âtrîl 1735.

Je sais. Monsieur^ les relations que vous avès avec M... qui vous donnent un accès facile pour lui parler. Je me reprocherais de ne pas faire passer jusqu'à lui ce que le hasard m'a fait apprendre dans mon voyage, touchant la princesse Sta* nislas. Une personne de probité, qui n'a aucun intérêt dans tout ceci, m'a assuré que cette princesse iomboit du haut mal ; qu'elle en avoit vu toutes les consultations écrites même dé la main de la reine, sa mère, à une religieuse qui avoit la réputation de guérir de cette maladie. Je lui ai fait écrire les noms de l'abbaye et de la religieuse qui a donné les Jremèdesj et de Tabbesse d'à présent qui ne l'étoit pas dans ce temps-là. Je frémis si ceci est vrai, comme je n'en puis douter par le caractère de la personne qui me l'a dit, du danger où le Roy seroit exposé et de l'horreur où M. le Duc Se trouveroit d'avoir

^ ïievue rétrospective y t. XV, p. 198-194.

COBiMENt MARIE LEQZlNSKA t>EYlNT REINE DE FRANCE ^4^

fait ce mariage, n*ayant d'autre intention que le bien du Roi et de TEtat, en ayant même donné des marques dans tout ceci, et que son intérêt personnel n'y avoit aucune part. Par bien des raisons mon attachement est grand pour M. le Duc. Si le hasard m'a fait apprendre à R. ce que je xiens de vous dire, il n'est pas possible que cela ne transpire à d'autres qui pourroient peut-être un jour et dans la suite des temps rendre par là de mauvais offices à M. le Duc, s'il n'a par devers lui des preuves certaines de l'information qu'il aura faite sur la santé de cette princesse. Je m'adresse à gens sages qui n'ont d'autre intérêt que celui de M. le Duc, bien de l'esprit, et par conséquent je n'ai rien de plus sur cela à vous dire'.

Vous me ferez, s'il vous plaît, réponse par cette même voie, c'est-à-dire si cette lettre vous a été remise en main *•

En même temps qu'il écrivait au roi Stanislas, le duc de Bourbon prenait des informations auprès du maréchal Dubourg, à qui il adressait Tépître suivante :

6 mai I7a5| à Versailles.

Le roi ayant pris le parti de rompre ses engagements avec rinfante, vous jugez bien, Monsieur, que c'est pour se marier promptement ; et, comme la princesse Stanislas est une de celles qtiî pourraient le mieux convenir, vous ne serez paJ surpris que je vous demande des éclaircissements, sachant la confiance que j'ai en vous. Je vous prie donc premièrement de me garder un secret exact, et de me mander ce que vous

* Archives nationales, K. 189, n" 24.

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en savez, surtout sur sa santé qui est le principal point, U Roi ne se mariant que pour avoir promptement des enfants bien conditionnes. Comme je sais que vous avez à Strasbourg un très habile médecin, il y a apparence qu*il aura été consulté plusieurs fois sur la santé de la princesse, et par conséquent il doit connaître son tempérament et savoir si elle a une bonne santé, et si elle a quelques incommodités ou si elle en a eu dans sa jeunesse, et de quelle espèce. G*est ce que je vous prie d'approfondir avec la dextérité dont vous êtes plus capable qu'un autre/ et de me mander tout ce que vous en savez, ou ce que vous en appréhendez. Vous sentez bien que, dans une pareille matière, il ne faut point de ménagement, mais qu'il faut parler naturellement. Vous n'en devez pas être inquiet, car il n'y a que moi qui verrai vôtre lettre, et pour cela vous n'aurez qu'à mettre deux enveloppes^ en marquant sur la seconde que c'est pour moi seul ; au moyen de quoi il n'y aura que moi qui la lirai. J'ai pris le parti de vous écrire de ma main, pour que cela fût encore plus secret. Je vous prie de me faire réponse le plus tôt que vous pourrez. Il ne me reste. Monsieur, qu'à vous assurer que personne ne vous estime plus, etc.

Louis-Henry de Bourbon.

Le chirurgien ordinaire de la reine, « le sieur Dupliénix », recevait, lui aussi, une mission confidentielle, qui lui était exposée dans le « Mémoire instructif secre/ », dont le texte suit :

Depuis que le Roi a jeté les yeux sur la princesse Marie, fille du roi Stanislas, pour épouse, l'on a reçu sur la santé de

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