‹ Le cabinet secret de l'histoire (volume 2)Chapitre 8 sur 37 · RAIÏÇOIS I*' EST-IL MORT DE LA PÉRONNIÊRB · texte numérisé non relu

RAIÏÇOIS I*' EST-IL MORT DE LA PÉRONNIÊRB

mac, les rognons gastés, et les entrailles pourries, le gosier en chancre et le poulmon entamé. »

Tous ces documents n'établissent-ils pas qup Fran*çois I" est peut-être mort d'une affection des voies urinaires *, mais non des voies génitales ; qu'il avait une fistule périnéale, consécutive à un abcès, probablement entretenu par un rétrécissement, d'origine blennorrhagique, ou une prostatite chronique?

Est-il besoin de discuter d'autres hypothèses moins acceptables ?

Serait-ce une ulcération syphilitique du périnée, ayant détruit la peau, les muscles, les aponévroses, et ayant épargné les vaisseaux ? Mais le traitement en serait venu à bout.

Même observation serait applicable à une gomme suppurée, que si rapidement on améliore par la médication spécifique.

subsiantia gangrœnosa ; scrotum» parastatœ et partes omnes testes ambîentes simile vitium contraxerunt ; animne rationalis sedes integerrima. Tarn variorum affectuum, tam diverses focos obsidentium certe eum sint causœ, nullum tamen ad generationis primordia ro^ ferendum esse, aut in posteros transire posso affirmare non dubitamus ».

* Cette opinion semble partagée par notre distingué confrère espagnol, le D' Luis GoMENGE, à qui Ton doit de remarquables études sur la santé des souverains et grands personnages de France et d'Espagne. Nous nous excusons d'avoir ignoré l'existence de cet ouvrage lorsque nous avons écrit nos premiers travaux (Cf. Çlinica egregia, Barcelona, 1896.)

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Pourrait-on ne pas songer à une fistule vésîcopérinéale, traumatique, survenue à la suite d'exercices à cheval trop fréquents et trop prolongés ? Ce n'est pas impossible, mais les désordres n'arrivent que très rarement à être aussi profonds.

« Dieu me pupit par où j'ai péché », disait soiiyent François I", et l'on infère de ce propos que le roi. débauché impénitent, aurait été affecté d'une ipaladie des voies génito-urinaires, à la suite d'excès. Cette opinion ne pèche certes pas par l'invraisemblance, mais elle n'exclut pas celle qu'en fin de compte nous serions assez. tenté d'adopter.

La tuberculose ne peut-elle produire les désordres dont ^oiis venons de parler? Notre hypothèse se trouverait presque confirmée par le texte de la dépêche de l'ambassadeur Jean de Saint-Mauris, dépêche dont nous avons cité plus haut un extrait, et que nous reprod uisons à nouveau en la coriiplétant :

t^e péi\HUièpie du mois de mars passé, le roy mouriit \ Rambouillet, d'une fièvre qui lui avait duré trei^t^ JWW'. H

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fut ouvert après sa mort, et Ton trouva.., aposlume en «m estomacb, les rognons gastez et toutes Içs entrailles pourrie?; et il avait la partie du gosier enchîincré, le polmQU jà quelque pea entamé. . .

Ce membre de phrase e3t, cç n6us semble» assea explicite par lui-même, pour que nous nous croyions dispensé de le paraphraser.

n ne nous reste plus qu'à envisager une dernière conjecture, et c'e^t par là que nous terminerons.

Certains ont dit que l'origine de la maladie de François I" pourrait bien être rattachée à upe impression morale.

Si j^osaSs entrer plus avant dans le domaine de l'histoire, écrit Cullerier ^, je trouverais sans doute, en dehors de la pathologie, bien des causes à la tristesse et à l'amertume des derrières années de François I*^ Je montrerais sa position sauvent si difficile entre le cruel Henri Vill et Pastueieux Qharles-Quint ; je rappellerai^ la mQrt du dauphin* son fils, perte cruelle, qui dut lui être doublement pénible par les soupçons auqviels elle donna Heu, et qui çqïnçide à peu près avec répoque de sa première maladie...

Et Cullerier conclut, s'appuyant sur Mézeray :

1 Ds quelle maladie est mort François /p*") par M. Gulleribr, cbif^r|^^ 4? rHôpiUl d^ Mi4i (extrait ds h Qaz^tU kchàornadair^ de médecine et de chirurgie). Paris, Victor Masson. M DCÇjÇj 1«\1.

à8 LE CABINET SECRET DE L^HISTOIRS

Les dernières années de François I" furent un temps de calamités pour lui ; les souvenirs des malheurs où la mauvaise conduite de ses ministres l'avait engagé, le plongèrent dans un noir chagrin, qui Tempêçhait de connaître ses véritables intérêts et il s'affligea mortellement d'une chose qu'il avait dû regarder comme une bonne fortune, c'est-à-dire la mort de Henri VIII, roi d'Angleterre.

Martin du Bellay pense de même que « le roy porta grand ennuy » du trépas de Henry VIII.

Tant pour l'espérance qu'il avait de faire ensemble une alliance plus ferme que celle qu'ils avoyent commencée, que parce qu'ils estoyent presque d'un âge et de mesme complexion... mesme ceux qui estoient près de sa personne trouvèrent que depuis ce temps il devint plus pensif qu'auparavant.

D'après ces récits, on se laisserait aller à croire que François P^ serait mort... de chagrin! Or, voici un. document qui contredit absolument les précédentes assertions. S'il faut s'en rapporter au texte des dépêches de l'ambassadeur Jean de Saint-Mauris, François P"^ s'était au contraire réjoui de la mort du roi d'Angleterre.

Un de ses serviteurs le vit, au mesme instant, fort rire et se jouer avec ses dames, estant lors au bal ; par où il concep-^ voit que la douleur n'estoit si profonde que le dit amiral tesmoingnoit.

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