UN PÉCHÉ DE JKUNESSE DE LOUIS XIV ISQ
En sortant des mains de la Beauvais, le jeune roi n'avait plus rien à apprendre. Il eût même été, au besoin, capable de donner à son tour des leçons.
Est-ce à dire qu'il ait agi, dès ses premiers pas dans la vie, comme un roué de la débauche? A en croire cette mauvaise langue de Saint-Simon, le fait ne serait pas douteux. « Tout lui était bon, dit le satané cancanier, pourvu que ce fussent des femmes, paysannes, filles de jardiniers, femmes de chambre, dames de qualité, pourvu qu'elles lissent seulement semblant d'être amoureuses de lui. »
dans le recueil manuscrit du Chansonnier de Màarepas, conservé à la Bibliothèque nationale (Mss. Js, 13617, p. 489) :
Si la Beauvais b à cent ans,
Pourquoi ces jeunes dames, Pleines de jeunesse et d'appas, Pourquoi ces jeunes dames Ne b elles pas ?
Et la note a de la page suivante donne ce commentaire : « Catherine, veuve de... sieur de Beauvais, première femme de chambre de la mère reine, étoit fort lubrique et payoit grassement ses amants. Car, comme elle étoit vieille, laide et borgnesse, ses charmes ne les attiroient pas ; il est certain qu'elle avoit eu néanmoins le pucelage du roi Louis XIV, toute affreuse qu'elle étoit, car ce prince étant fort jeune, elle lui mit un jour la main dans les chausses, l'ayant trouvé seul à l'écart dans le Louvre où, pour ainsi dire, elle 10 viola {sic), ou du moins le surprit, en telle sorte qu'elle obtint ca qu'elle désiroit, le feu de la jeunesse ayant empesché le prince du réfléchir sur ce qu'il faisoit. » Cf. Mss.fs, 12617, p. 425, et laGi^ V- 549-
l30 LE CABINET SECRET DE t'ilISTOinB
Sa première passionnelle, — on ne peut vraiment parler de passion à cet âge, — eut pour objet une nièce de Mazarin. Olympe de Mancini * n'était point belle, elle était pire. Louis XIV la regardait « avec ces yeux qui, entre tant de femmes inconsciemment aperçues, semblent pour la première fois découvrir une femme.» Mais, trop jeune elle-même pour être touchée par ce naïf amour, l'Italienne, calculatrice précoce, que ces flatteuses espérances ne contentaient pas tout à fait, préféra à l'amourette royale un solide mariage avec le prince Eugène de Savoie, plus connu sous le nom de comte de Soissons ^,
L'adolescent enflammé ne réussit pas davantage auprès de M"^ de la Motte-Argencourt, bien qu'il se fût montré auprès de cette beauté beaucoup plus pressant. Il avait, à l'époque, dix-neuf ans, et, selon le langage de M™*= de ]\Iotteville,«il s'exprima comme un homme amoureux, qui n'était plus sage ».
Dans l'intervalle, et depuis son aventure avec la
* La familiarité de Louis XIV avec Olympe de Mancini et les autres jeunes filles de son intimité, écrit M. J. Cousin dans sa très intéressante monofrraphie de YHôtel de Bemwais, était celle d'une franche camaraderie, sans l'ombre d'une arrière-pensée. Il avait déclaré tout net, en dansant avec la princesse d'Ange, qu'il n'aimait pas les petites filles. Quant aux grandes, elles ne lui avaient inspiré jusqu'alors aucune réflexion. Cette indifférence commençait à inquiéter la reine, qui avait des raisons pour craindre qu'il ne ressemblât trop, sous ce rapport, à son père Louis le Chaste.
"■ TiATR, Louise de Le Vallière et la Jeunesse de Louis A7F, p. i4-
UN PÉCBÉ DE JEUNESSE DE LOUIS XIV l3l
Beauvais, s'était passé an événement qui, à travers les réticences de celui qui l'a rapporté, n'apparaît pas sous un jour bien lumineux. Voici en quels termes La Porte, valet de chambre du prince, conte l'anecdote :
Le jour de la Saint-Jean de la même année i653, le roi ayant dîné chez Son Eminence et étant demeuré avec lui jusque vers les 7 heures du soir, il m'envoya dire qu'il se voulait baigner; son bain étant prêt, il arriva tout triste, et j'en connus le sujet sans qu'il fût nécessaire qu'il me le dît ; la chose était si terrible qu'elle me mit dans la plus grande peine où j'aie jamais été, et je demeurai cinq jours à balancer ; mais considérant qu'il y allait de mon bonheur et de ma conscience de ne pas prévenir, par un avertissement, de semblables accidents, je la lui dis cnfm, ce dont elle fut d'abord satisfaite, et me dit que je ne lui avais jamais rendu un si grand service; mais comme je ne lui nommai pas l'auteur de la chose, n'en ayant pas de certitude, cela fut cause de ma perte, comme je le dirai en son lieu *.
De quel attentat peut-il bien s'agir? Les commentaires dont Voltaire a accompagné le récit de La Porte, dans son Siècle de Louis XIV, ne sont pas pour beaucoup nous éclairer. La Porte parle d'attentat manuel, et ajoute : a La Reine avait dit que j'étais coupable du crime dont je l'avais averti. »
* Mémoires de La Parle ; Paris, Genève, 1755 et 1756, p. 3i3 et Buiv.
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A la suite du manuscrit des Mémoires du valet de chambre, manuscrit que possède M. le vicomte Bégouen *, se trouvent des brouillons de lettres à la Reine sur ce sujet, lesquels diffèrent peu du texte publié dans les Mémoires. Cependant l'épithète « manuel » n'est pas jointe au mot « attentat » et, quoi qu'il ne l'en accuse pas formellement, on voit que pour La Porte, Mazarin ^ serait l'auteur de cet « attentat ». Dans ses lettres, comme dans la protestation contre sa démission, remise aux notaires sous forme de testament, il soutient énergiquement qu'il est innocent du crime dont on l'accuse.
Quoi qu'il en soit, et sans qu'il y ait, en l'espèce, une relation de cause à effet, le roi eut, au mois de jan\ier suivant, une « tumeur squirreuse au sein droit et des dartres par tout le corps ». 11 en fut guéri à l'aide d'un emplâtre, que Vallot avait inventé en faveur des religieuses de Sainte -Marie, très sujettes aux loupes des genoux, à cause de l'austérité de leur vie et de la nudité de leurs pieds.
*■ V. Chronique médicale, i5 avril 1902, p. 271-379.
2 Tyime d'Hautefort ayant fait observer à Anne d'Autriche, en i643, que le cardinal de Mazarin était encore bien jeune, pour qu'il ne se fît point de mauvais discours d'elle et de lui : « Laissez donc, lui repondit la Reine, il n'aime pas les femmes ; il est d'un pays à avoir des inclinations d'une autre nature {Mémoires de La Porte, p. i65), cité par Raspail (Revue complémenlaire des sciences appliquées, i"- mai i856, p. 3i3),
UN PÉCHÉ DE JEUNESSE DB LOUIS XIV l33
Deux années plus tard, le roi était atteint d'une maladie qui causa de tout autres inquiétudes à ses médecins. 11 faut lire, dans le Journal de la santé de Louis XIV, le récit, agrémenté de circonlocutions et d'éloges adulatoires, de cet épisode de la vie du monarque, pour se rendre compte des alarmes que dut causer aux Purgons et aux Diafoirus qui l'entouraient un mal qui leur parut singulièrement étrange par sa nouveauté.
On sait ce qu'est le journal intime où les trois premiers médecins du roi ont pris, chacun à leur tour, la plume, pour consigner, jour par jour, les moindres indispositions de leur auguste client, noter ses coliques ou ses éructations, tenir registre de ses déjections, le tout entremêlé de panégyriques outrés, arrosés de clystères et de saignées.
En 1655, Vallot fait fonction d'historiographe. On va voir en quels termes amphigouriques il rédige les bulletins de santé du souverain dont il a la garde.
Comme les plus grands rois ne sont point exempts des atteintes des maladies et des infirmités qui arrivent aux
l34 lE CABINET SECRET DE i'hISTOIBE
hommes, Sa Majesté, dans le plus beau de ses jours et dans
une jeunesse si tendre et si florissante, s'est ressenti d'un
mal si grand et si extraordinaire, que je me suis \u dans la
dernière confusion et dans un tel accablement, que je ne
. crois pas qu'aucun de tous les premiers médecins qui m'ont
! précédé ait eu jamais plus d'inquiétude que moi, ni remarqué
un accident plus étrange, ni plus considérable que celui qui
! est arrivé au roi à iâge de dix-sept ans.
C'est un début qui proinel, et notre malin confrère sait ménager ses ellets. Voyons la suite.
Les quatre premiers mois de l'année se sont heureusement écoulés sans la moindre incommodité du monde. Au commencement du mois de mai, ma joie a été troublée, après avoir reconnu les marques d'un mal auquel je ne m'attendais pas et qui m'a semblé le plus étrange du monde, n'ayant jamais rien vu de semblable, ni dans les livres, ni dans les expériences de tant de maladies que j'ai traversées en si grand nombre depuis vingt-huit ans; el, après avoir consulté les plus habiles médecins de l'Europe sous des noms empruntés, je me suis trouvé aussi peu instruit que la première journée. EnGn, après un étonncrnent ou plutôt une interdiction extraordinaire, je me suis si fort appliqué à rechercher la cause de cette maladie nouvelle et inconnue, et aux moyens de la pouvoir guérir, que Dieu m'a fait la grâce de rendre un service si considérable au roi et à son Etat, que j'ai sujet de reconnaître les bontés que Dieu a eues pour le roi et pour ma conduite, dont il s'est voulu servir pour le délivrer d'une incommodité de cette nature, qui le menaçait
UN PllcilK DE JEUNESSE DE LOUIS XIV l35
de ne pouvoir jamais avoir d'cnfanls et d'être dans une infirmité le reste de ses jours.
Quelle était donc la nature de cette maladie, qui mettait dans un si grand embarras le médecin Vallot? La suite du récit va nous l'apprendre.
Au commencement du mois de mai de l'année i655, un peu auparavant que d'aller à la guerre, l'on me donna avis que les chemises du roi claient gâtées d'une matière qni donna soupçon de quelque mal, à quoi il était besoin de prendre garde. Les personnes qui me donnèrent les premiers avis n'étaient pas bien informées de la nature et de la qualité du mal, croyant d'abord que c'était ou quelque pollution ou quelque maladie vénérienne; mais, après avoir examiné toutes choses, je tombai dans d'autres ïciiliaicnls et me persuadai que cet accident était de plus yu. àe importance... je n'avais pour lors de doute de la pureté de sa vie, non plus que de sa chasteté...
Brave et candide docteur, comment pouvait-il avoir une telle assurance? Au moins avait-il pris ses informations à bonne source? Il s'était simplement contenté de l'aveu du jeune prince qui avait, naturellement, protesté de son innocence, et qui, d'ailleurs, ne s'était jamais plaint de « cette décharge qui lui arrivait presque à tout moment sans douleur et sans plaisir », ignorant si elle était « une chose ordinaire ou non ».
l36 tB CABINET SECRET DE l'hISTOIRB
Y avait- il lieu cependant de se méprendre sur la nature du mal, quand on lit ces lignes:
La matière qui découlait sans douleur et sans aucun chatouillement, comme j'ai dit ci-dessus, était d'une consistance ^ entre celle d'un blanc d'oeuf et du pus, et s'attachait si fort à la chemise que l'on ne pouvait ôter les marques qu'avec la lessive ou bien avec le savon. La couleur était d'ordinaire fort jiune, mêlée de vert ; elle s'écoulait insensiblement en plus grande abondance la nuit que le jour...
Vallot va-l-il diagnostiquer, d'après ces symptômes, un écoulement l)lennorrhagique? Ce serait mal le connaître. Si ce lut son sentiment intime, il se serait gardé d'en rien laisser paraître. « Ces circonstances m'élonnèrent fort, dit-il sentencieusement, et me tirent avoir la pensée qu'un mal si extraordinaire ne pouvait survenir que de la faiblesse des prostates et des vaisseaux spermatiques. »
Restait à expliquer au souverain les causes de son mal. Mais Vallot est, quan.l il le veut, un esprit inventif. « Vous faites, dit-il au roi, trop d'équitaiion et de voltige. Vous éprouvez une faiblesse des parties qui servent à la génération ; vous avez besoin de grands mcnagenicnis. Cessez d'abord de monter à cheval. Quant au traitement, je vais m'en inquiéter ; il den:ande de mûres réflexions; songez que c'est la première fois que la science enregistre un cas semblable. »
UN rÉCHÉ DE JEUNESSE DE LOUIS XIV I07
La patience n'est pas toujours la vertu des rois, et de Louis XIV moins que de tout autre ; il avait hâte de partir en campagne, sans refuser toutefois de se conformer docilement aux prescriptions de la Faculté. Le traitement serait intermittent, mais il s'y soumettrait de si bonne grâce qu'on ne pourrait raisonnablement exiger plus.
La saignée fut naturellement le premier remède que l'on appliqua, mais une saignée en règle, c'est-à-dire précédée d'un lavement et suivie d'un purgatif. On répéta les mêmes opérations à quelques jours de distance ; après quoi « on usa des balsamiques et des émulsions ». Le traitement subit une interruption, les affaires obligeant le roi de partir pour Soissons, « où les remèdes furent continués avec l'usage de l'eau de pimprenelle ».
Survient la campagne de Flandre, pendant laquelle Sa Majesté monte tous les jours à cheval et se fatigue beaucoup. Vallot en est tout désolé, et laisse percer ses inquiétudes. Enfin, le calme renaît et le premier médecin en profite pour droguer d'importance son client. « Je commençai, dit-il, par l'usage de mes tablettes martiales, composées avec mon sel de Mars, mon spécifique stomachique, les pierres d'écrevisses préparées, les perles et les coraux. » Tous les matins, le roi prenait ces tablettes dans son lit, à l'insu de l'entourage. Entre temps, et pour n'en point perdre l'habitude, on lui administrait quelques clystères ra-
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fraîchissants, sans préjudice de l'eau de pimprenelle. Mais tout cela ne suffit point.
Le 7 septembre 1655, Vallot va trouver résolument le roi, et l'adjure de ne pas différer davantage à se traiter sérieusement. Il lui représente les terribles conséquences qui peuvent résulter de son indifférence, lui détaille par le menu toutes les infirmités qui l'attendent, exige enfin un témoignage indéniable de confiance. Le roi, vivement ému, s'en remet à son médecin de tout ce qu'il pourra décider, et accepte, pour commencer la cure, de prendre les eaux de Forges que lui conseille Vallot.
Peu de temps après, Louis XIV part de Paris pour Fontainebleau, où l'on fait apporter tous les jours, « par des officiers du gobelet à cheval », des eaux de Forges ; des relais d'hommes à pied en apportaient, . en outre, toute la matinée, une flottée, dont le roi usait à la manière ordinaire, non sans avoir été préparé par la saignée, après la purgation *. Commencé le 18 septembre, le traitement prenait fin le dimanche ,30 octobre. Un accès de fièvre tierce força les médecins à le suspendre,
i V. Chronique médicale, igo», pp. 5ai, 575 et 723.
BN PÉCHB DB JEUNESSE DE LOUIS XVT iSg
Nous sera-t-il maintenant permis de nous demander quel était « ce flux continuel d'une matière séminale corrompue et infectée » ; ce mal « qu'il fallait tenir caché »? Gui Patin' a beau dire que le roi est « sobre, continent, sain de tout son corps » ; ou encore qu'il est « un prince bien fait.., qui ne boit presque pas de vin, qui n'est point débauché, qui n'a nulle partie gâtée, ni intéressée », Vallot peut ajouter, en renchérissant, que « le mal ne provient d'aucun venin que les jeunes gens débauchés contractent d'ordinaire avec des femmes impudiques, parce que le roi n'avait pour lors couché avec aucune fille ou femme » ; et ailleurs, que « ce mal n'a point été produit par des pollutions sales et déshonnètes, puisque le roi vivait en une chasteté pure et sans exemple », nous avons notre conviction faite, après la lecture des Mémoires circonstanciés de Saint-Simon, de la Correspondance de Madame, etc.
D'ailleurs, même sous son règne, les libellistes
« «Personne, écrit Gui Patîn, ne sait ici la qualité du mal du roi. oucnaut même n'en fut pas d'accord avec Vallot. Inde irœ et lacrymx. » Gui Patiw, Leilre 445 à FakoneU
l4o LE CABINET SECRET DE l'hISTOIRE
ne se gênaient en aucune façon pour faire une allusion peu voilée aux nombreuses « passades » du Roi-Soleil. En 1655, l'année de la maladie dont nous recherchons les causes, Benserade ne craignait pas de représenter le monarque sous les traits d'un débauché. Dans le Ballet des Plaisirs, dansé par Sa Majesté, le quatrième jour de février 1655, il adressait à Louis XIV les vers suivants :
Quel spectacle pour nous
Et d'où peut procéder en nous
Le changement qu'on y remarque?
Sur quelle herbe avons-nous marché?
Quoy, faut-il qu'un si grand monarque
Devienne un si grand débauché ?
C'est Tordre que vos jeunes ans S'attachent aux sujets plaisants Et qu'ils ne demandent qu'à rire; Mais ne soyez point emporté, - Eivitei la desbauche, sire, \ Passe pour la fragilité.
■ Il n'est ny censeur, ny régent,
Qui ne soit assez indulgent Aux vœux d'une jeunesse extresmo.
Et pour embellir vostre cour, Qui ne trouve excusable mesme Que vous ayez un peu d'amour.
CN PÉCHÉ DE JEUNESSE DE LOUIS XIV l4l
Mais d'en user comme cela
Et de courir par ci par là,
Sans vous arrester à quelqu'une ;
Que tout vous soit bon, tout égal,
La blonde autant que la brune,
Ha l Sire, c'est un fort grand mal I
Ce dernier couplet est significatif.
S'il restait quelque doute, après cette lecture, la thérapeutique, toute bizarre qu'elle fût, mise en œuvre par Vallot, serait en faveur de l'hypothèse d'une maladie vénérienne.
Au début, le premier médecin administre des antiphlogistiques (la saignée) et des purgatifs/ Plus tard, il soumet son malade, pendant trois semaines, à un traitement topique.
Sa Majesté buvait pour breuvage habituel de la décoctîon de raclures de corne de cerf et d'ivoire, dans laquelle j'ai fait quelquefois dissoudre deux ou trois grains de sel de Mars.
Puis il varie avec d'autres tablettes, constituées avec « son or diaphorétique, ses perles préparées et son specificum stomachicam ».
On s'explique moins « les lavements sur les parties et la poitrine avec l'essence de fourmis ♦, l'esprit d'é-
* On voit que ce n'est pas d'hier que date l'utilisation thérapou- Hooe de cet insecte.
l4a LE CABINET SECRBV Dl L'hISTOIRI
crevisses préparé selon ma recette et le baume du Pérou ».
Le reste est plus rationnel.
J'ai pareillement préparé des fomentations de même nature ; mais, entre autres remèdes, les injections faites avec l'eau sucrée, le sel carabe ', fort adouci avec un peu de baume de Saturne, ont fort heureusement réussi ; ce à quoi j'ai ajouté un peu de teinture de miel rosat. L'opiat de rose de Provins vitriolé, avec les perles et le magistère de pierres d'écrevisscs, a aussi beaucoup réussi.
De l'opiat astringent, des injections d'acétate basique de plomb (extrait de Saturne), tout ne semblet-il pas indiquer une blennorrhagie, plutôt que des pollutions nocturnes ? Pourquoi, après tout, cet altier mais peu vertueux monarque aurait-il été affranchi des humaines misères ? Comme l'avait pressenti Malherbe :
La garde qui veille aux barrières du Louvn N'en défend point les rois.
•Acide succiniciue.