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sures répétées, il lui survint « des duretés dans les mamelles », qui l'obligèrent à interrompre au moins pendant quelques jours l'allaitement. C'est sans doute à cette sage précaution que la nourrice dut la guérison de son sein, car les « duretés » se dissipèrent assez rapidement '.
la limite de Seine-ct-Oise et de Seine-et-Marne). Elle se retira vers i665 dans ce petit château.
Louis Ancclin fils, frère de lait de sa Majesté, se qualifiait d'écujer ; il devint conseiller du roi, contrôleur de la maison de la reine, et en 1703, il fit confirmer ses prérogatives nobiliaires. Les nouvelles lettres, datées de Marlj au mois de juillet 1702, sont données tant en sa faveur que pour ses frères et sœurs.
* La Reine, très superstitieuse, ne manqua pas d'attribuer la guérison à une intervention surnaturelle, ainsi que l'atteste cette curieuso pièce, reproduite par Jal, dans son excellent DicLionnaire critique : « Sa Majesté (la reine mère de Louis XI V'^) pour faire paroistre la crédule vénération avec laquelle elle révère la sainte relique quo V. E. (le grand-maître de Malte) lui a envoyée, me raconta comment par miracle la nourrice de Monseigneur le Dauphin (Louis, né le 5 septembre i638, à Saint-Germain-en-Lavc), nommée Pierrette, femme d'un charretier de Poissy, ayant eu des duretés dans les mamelles, ulcérées des dents de S. A. R., elle avait recommandé sa guérison à sainte Anne (patronne de la Reine) et même qu'avec dévotion on fit toucher la relique aux parties incommodées, ce qui ne fust pas plus tost faist que par miracle, — ainsi l'appela la Reine — les douleurs estant cessées, ces duretés se dissipèrent et l'intempérie de chaleur qui causait des douleurs au bout et environ du teston se modérant, la consolée nourrice continua de donner le lait à S. A. R. » Donné par Jal comme extrait de la Relation de l'ambassade, voyage et séjour à la cour de M, le Bailly de Forbin, ambassadeur extraordinaire de Son Eminence et de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, envoyé pour Jéliciter le Roi et la Reine de l'heureuse naissance de Mgr le Dauoh'ui (B. N., Msa. suppl. fr., n° 175).
Après ou avant Perrelle Dufour, se place une autre nourrice, qui dut jouer un rôle assez eflacé, Marie de Segneville Thierry, dont on voit le nom inscrit dans les comptes royaux. Un compte de l'an 1C67 mentionne, en outre, Jeanne Potteri, Anne Perricr, Marguerite Garnier et Marie Mesnil, avec le titre de nourrices du Roi ' ; mais ce devaient être plutôt des berceuses ou remueuses, car elles ne recevaient que 30 livres par an d'appointements.
Louis XIV eut une véritable affection pour sa dernière nourrice. Quand tout ce qu'il y avait d'illustre
* C'était toute une affaire que le choix d'une nourrice pour un prince. Les conditions exigées de 1' « aspirante » étaient les suivantes :
Elle devait être âgée de aa à 3o ans, — avoir un lait de trois mois, — avoir déjà fait une nourriture étrangère, — être d'un tempérament sanguin, — avoir les cheveux noirs ou d'un châtain brun, — avoir une constitution forte et robuste, — être assez grasse, — avoir bon appétit, — n'èlre délicate ni sur le boire ni sur le inangcr, — être gaie et de bonne humeur, — avoir toujours le mot pour rire, — n'être sujette à aucune incommodité, — ne sentir mauvais ni de la bouche, ni des oreilles, ni des pieds, — n'avoir point de dents gâtées et les avoir toutes, — avoir la peau blanche et nette, enfin, avoir tous les signes d'une bonne santé. Il fallait, de plus, qu'elle fût assez jolie, — gracieuse dans son parler, — bien faite dans sa taille, — ni trop grande, ni trop petite, ni bossue, ni boiteuse et qu'elle n'eût aucun accent prononcé. Mais ce qu'on exigeait surtout, c'était que la gorge fût bien faite et contînt suffisamment de lait. Quand une nourrice réunissait toutes ces qualités, on exigeait encore d'elle et par dessus tout, qu'elle fût de bonne vie et mœurs (Cf. la note 4 des Pièces justificatives du Joarnal de la sanic du Roi Loais XIV, par J. A. Le Roi. Paris, i66a).
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et de puissant dans le royaume se pressait à la porte du Roi, avant le grand-chambellan, avant celle foule de seigneurs, princes, cardinaux, maréchaux, ministres, qui attendaient respectueusement l'instant du réveil, tous les jours une femme entrait dans la chambre du Roi et courait l'embrasser dans son lit. Celte femme, c'était sa nourrice I Jamais, dans aucune circonstance, elle ne perdit ce privilège auprès de celui que son sein avait allaité *.
Une tradition qui a cours encore, veut que les enfants nés avec des dénis aient, comme les enfants nés coiffés, l'assurance du bonheur et de la fortune, leur vie durant. Pour Louis XIV, qui oserait prétendre que la tradition ne soit pas en défaut?
« Le Louis XIV des médecins, a écrit un de nos précurseurs, n'est plus le brillant héros que l'histoire nous a dépeint, mais bien un jeune homme valétudinaire, atteint successivement de maladies fort graves ; puis un homme toujours souffrant, condamné à un régime sévère, obligé de supporter de grandes opéra-
^Mémoires de Bricnnc, ci lés par Witkowsu.
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lions ; et enfin, un vieillard podagre, continuellement tourmenté par la gravelle, dont la gangrène vient enfin terminer l'existence * ».
Tel est, en efïet, le portrait exact du Louis XIV dépeint dans le Journal de la santé du Roi.
Ce journal, outre qu'il nous donne une idée des mœurs médicales au xvii^ siècle, des travers des médecins de ce temps, ridiculisés par Molière ; ce journal, nous ne saurions trop y insister, est un recueil unique, indispensable à qui veut étudier les mille et une incommodités dont fut affligé Louis XIV. Nous y avons puisé, quand nous avons recherché la nature du mal dont fut atteint le jeune souverain, à la suite d'excès de jeunesse; nous allons le feuilleter à nouveau pour nous renseigner sur les différentes incommodités dentaires dont fut atteint le roi, durant sa longue existence.
Grâce à un des archiâtres de Louis XIV, D'Aquin, nous savons que, toute sa vie, son royal client eut un système dentaire déplorable ; cependant il n'aurait commencé sérieusement à s'en plaindre qu'à l'âge de 38 ans, en 1676, C'était au moment de la campagne de Flandre. Le Roi avait été assez bien portant, bien que « les fatigues de la guerre ne fussent pas petites et que le sommeil fût souvent interrompu, jusqu'à passeï plusieurs nuits sans dormir ». Il n'en résulta
* Le l'.ui. Introduction au Journal de la santé de Louis XIV, p. n.
[Si
néanmoins aucun eflet làcheux sur la santé du Roi, sauf « des douleurs de dents assez opiniâtres * ».
Ayant les dents naturellement fort mauvaises "-, il était sujet à ces douleurs, qui étaient généralement calmées par une simple application d'essence de girofle ou d'essence de thym. Mais comme on redoutait d'employer des essences qui avaient l'inconvénient de brûler la bouche et d'exciter l'envie de vomir on n'y eut recours que « dans l'extrémité de la douleur ».
Deux ans plus tard, en septembre 1678, le roi, qui allait à la chasse par tous les temps, prit froid et il se manifesta un abcès dentaire. La joue droite, la gencive s'enflèrent et l'abcès ayant suppuré intérieurement, par l'usage d'un cataplasme fait de mie de pain et de lait, il fut ouvert avec la lancette, d'où il sortit du pus, et la douleur cessa avec la tumeur ' ». C'était évidemment une pcriostite supputée^
1 Journal de la santé du Roi, p. i35.
* L'abus que faisait le Roi des sucreries était certainement pour beaucoup dans le mauvais étal de ses dents (V. le Journal, etc., p. i45).
3 Journal, de la tante du Roi, p. i4o.
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En 1685, l'année de son mariage avec M™* de Maintcnon, le roi avait toutes les apparences d'une excellente santé, bien qu'il fût atteint d'une carie du maxillaire et d'une perforation du sinus.
On avait dû arracher toutes les dents de la mâchoire supérieure du côté gauche, tant elles étaient mauvaises et, à la suite de cette avulsion, il était resté im trou dans la mâchoire tel que, toutes les fois que le roi buvait ou se gargarisait, l'eau allait de la bouche dans le nez, « d'où elle coulait comme d'une fontaine * ». Ce trou s'était fait «par l'éclatement de la mâchoire arrachée avec les dents, qui s'était enfin cariée et causait quelquefois quelqu'écoulement de sanie de mauvaise odeur, d'autant qu'il était impossible de reboucher ce trou que par l'augmentation de la gencive, et qu'elle ne se pouvait reproduire que sur un bon fonds, c'est-à-dire en guérissant la carie de l'os de la mâchoire quelque profond qu'il pût être »,
Sur l'avis de D'Aquin, appuyé par Félix Tassy, premier chirurgien du Roi, et de Dubois, dentiste
' Journal de la sanié du Roi, p. i6a*