‹ Le cabinet secret de l'histoire (volume 4)Chapitre 23 sur 34 · LES AMOURS DU GRAND ROI I · texte numérisé non relu

LES AMOURS DU GRAND ROI I

Il fallut de suite s'occuper de trouver une fille, « pour senir de femme de chambre, en qui on pût se confier ». Colbert fixa son choix sur la demoiselle Du Plessis. « Tous les linges et généralement toutes les choses nécessaires pour cela » furent apprêtés, probablement par M"« Colbert, et introduits dans le palais Brion, (( sous prétexte de bardes » \ appartenant à la Du Plessis. Pour la nourriture de l'enfant, Colbert en avait chargé les nommés Beauchamp et sa femme, anciens valet et servante de sa famille, qui demeuraient « dans la rue aux Ours, sur le coin de la rue qui tourne derrière Saint-Leu-Saint-Gilles » ; auxquels, — ajoute-t-il dans sa narration — « j'ai déclaré pour secret qu'un de mes frères, ayant fait un enfant à une fille de qualité, pour sauver son honneur, j'étais obligé de prendre soin de l'enfant et de leur en confier la nourriture, ce qu'ils ont accepté avec joie. »

Entre temps, le Roi lui avait écrit divers billets

à Versailles, rue de la Pompe, un petit pavillon, qui subsiste encore. Plus élégant que l'hôtel Brion, il n'en avait pas l'importance. Cette demeure, élevée à l'amour, subit d'étranges fortunes. A la Révolution, elle servit de tribunal, puis de prison, et même, en 1792, une populace sanguinaire y égorgea un grand nombre de prisonniers royalistes (Lajr, op. cit.).

1 Les passages guillemetés sont extraits d'un manuscrit de Colbert, intitulé : Journal fait par chacune semaine de ce qui s'est passé qui peut servir à l'histoire du Roi, du iU avril 1663 au 7 janvier 1665; reproduit par la Revaè rétrospective, de Taschereau, t. IV, p. aSi et suivantes.

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sur cette affaire, a lesquels, dit-il, j'ai presque tous brûlés ; j'en ai gardé entre autres deux, l'un par lequel Sa Majesté me donne avis d'un accident survenu à la dite demoiselle (c'est de La Vallière qu'il s'agit), et l'autre par lequel il m'ordonne que le sieur Boucher * se trouve prêt ».

* Nous n'avons pas trouvé de notice biographique sur Boucher, autre que celle-ci, extraite de l'ouvrage du D'' Witkowski : Accoucheurs et sages-femmes célèbres ; encore ne répondrions-nous pas que c'est bien du même Boucher qu'il s'agit, dans les lignes qui suivent : « François Boucher ou Bouchet, gendre de La Cuisse, fut aussi en réputation. Il se tenait dans une garde-robe à côté de la chambre ovi Marie-Thérèse d'Autriche accouchait, pour la secourir en cas de nécessité ; « et même, dit Dionis, à la naissance de Monseigneur, il examina en quel état étoit l'enfant, sans que la reine s'en aperçut. » Dans ses Mémoires sur les grands jours d'Auvergne, Fléchier a consacré à cet accoucheur quelques hgnes qui ne sont pas dépourvues d'ironie. Boucher avait été appelé par le président de Novion pour les couches de sa fille. M"' de Ribeyre : « Toutes les dames faisaient leur cour en ces occasions et à M. le président et à l'accouchée, et même à M. Boucher qui reçut ici des honneurs extraordinaires. La ville le visita et lui fit des présents, comme on fait aux personnes qu'une grande dignité ou quelque grand emploi rendent considérables aux provinces. Tout le monde le regardoit comme une personne vénérable et la pauvre petite Faculté de médecine et de chirurgie de Clermont lui rendoit ses très humbles hommages. On l'appela par honneur à plusieurs consultations, et M. de >ovion le traita toujours avec toute la civilité qu'il croyoit devoir à un homme qui venoit de Paris pour son service, et qui quittoit des pratiques qui pouvoient lui être fort importantes. Il fut défrayé de ses voyages, il eut i .800 francs ; il remporta plusieurs présents, et tout cela n'empêcha pas qu'il se plaignit un peu de son voyage. M"* de Fleury, sœur de M. Talon, qui était accouchée depuis un

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