‹ Le cabinet secret de l'histoire (volume 4)Chapitre 7 sur 34 · LA. STÉRILITÉ DE CATHERINE DE HÉDICIS · texte numérisé non relu

LA. STÉRILITÉ DE CATHERINE DE HÉDICIS

voyons alterner des esprits brillants, de hautes intelligences, avec des nullités complètes, de notoires incapacités *.

Cette alternance détalent et d'imbécillité, d'énergie et de faiblesse, est décisive aux yeux du médecin aliéniste. Cette particularité, que les personnes étrangères à la médecine considèrent comme toute naturelle, à laquelle elles ne prêtent aucune attention et n'attachent aucune importance, est pour nous un symptôme grave et significatif. Le fait, signalé parMichelet, que Catherine, comme presque tous les membres de sa famille, était « scrofuleuse au suprême degré ^ »,

testicules ; chez la femme, des anomalies diverses, imperforatîons et cloisonnements du vagin, troubles de la menstruation. » Le même auteur écrit, à un autre endroit : « Une époque difficile à traverser pour eux est la puberté qui peut être tardive. » Déjerise, L'Hérédité dans les maladies du système nerveux. Thèse d'agrégation, 1886.

* Jacobi, op. cit.

* « La nature de sa constitution se révélait dans sa physionomie. D existe un grand et magnifique médaillon italien, que cette princesse a fait faire d'elle-même, lequel donne et met en saillie le trait essentiel, le mufle traditionnel des Médicis, la forte face intelligente, mais bestiale pourtant par une bouche proéminente, qu'offrent leurs plus anciens portraits. Dans l'enfance des Médicis, la bouffissure héréditaire se surenflait d'humeurs mauvaises, trop visiblement héritées des deux grands-pères, François I", malade dès seize ans, et Laurent, qui meurt à vingt ans, consumé jusqu'aux os. » Michelet, Histoire des guerres de religion.

D'après la relation des ambassadeurs vénitiens, la reine avait les yeux gros et la lèvre forte, ce qui s'observe souvent chez les slrumeux.

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est de peu d'importance, en regard de ce que nous venons d'établir. Il nous est permis cependant d'en retenir cette tendance exagérée au développement du tissu graisseux, commune chez les lymphatiques et les scrofuleux, mais qui est encore un stigmate de dégénérescence.

On aurait une idée incomplète de la physionomie de Catherine de Médicis, si on s'en rapportait à un portrait unique, comme celui de Mézeray \ par exemple, auquel si souvent on se réfère. Il faut la suivre à des âges différents, pour se faire une opinion moyenne, et recourir surtout aux témoignages contemporains.

L'un d'eux, Jean Michiel, s'exprime ainsi sur le compte de la reine alors âgée de 42 ans :

« La reine aime fort les commodités de la vie ; elle est désordonnée dans sa manière de vivre et elle mange beaucoup ; mais après cela, elle cherche des remèdes dans les grands exercices corporels. Elle marche, elle monte à cheval, elle ne reste jamais en place. Ce qui est le plus étrange, c'est qu'elle va même à la chasse. L'année dernière (1560), elle n'a jamais

* Mézeray (tome I, p. i5o) écrit : « Cette reine était de médiocre hauteur, mais grosse et carrée, elle avait le visage large, la bouche relevée, le teint parfaitement blanc, mais peu vermeil, les yeux doux mais gros, qui se remuaient avec une grande volubilité, la tète fort grosse, ne pouvant marcher deux cents pas qu'elle ne rcùl tout en

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