PREFACE
cholet a pu faire illusion aux gens du monde, il n'en a pas imposé à ceux qui prennent moins souci de la recherche des formules saisissantes, que de la vérité dépouillée des artifices qui l'altèrent ou la dénaturent.
Nous aurions beau jeu à rechercher quel mobile a poussé l'homme qui a écrit Y Amour, ce livre dont chaque page est un philtre, à se complaire à la divulgation des secrets intimes que, seuls, des professionnels, habitués à manier la langue technique, peuvent révéler aux initiés. Nous pourrions nous enquérir comment est venue à l'historien cette hantise du détail erotique, cette curiosité qui ressemble par endroits à de l'aberration sénile, cette obsessioxi de tout ce qui touche à la sexualité.
Qu'on ne s'y méprenne pas : si on veut que Michelet ait eu le mérite de montrer le bénéfice que l'Histoire peut tirer des notions physiolo* giques, il aurait ouvert une voie dangereuse, parce « qu'il n'a pas fourni une méthode sûre pour avancer dans cette voie, ou montré avec précision le but auquel on devait tendre1 ». Son style a été le manteau qui lui a servi à couvrir les assertions les plus hasardées, les paradoxes les plus spécieux.
' G. Mo.nod, Rtnan, Taine, Michelet.