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12^1 LE CAniNET SECRET DE L*11IST01RE
des armées, inspecteur général des hôpitaux militaires, et maire de Paris pendant deux mois à peine, mais deux mois qui comptentpourdes années, du 8 décembre 1792 au 4 février 1793.
De l'enfance do Chambon^ rien de saillant h mettre en hmiiôre. Issu d'une viiiillo famille cbaniponoiso, il avait conservé de ses ascendants cet esprit de terroir qui lui servit, en maintes circonstances, à doubler le cap de difficultés qu'une diplomatie inoins avisée n'eût pu surmonter.
Le pcrc de Cbambon était un chirurgien gradué, qui avait traversé la scène du monde sans y faire grand bruit.
Sa mère, Mario* Froussard, descendait du noble sire Etienne de Montaux, capitaine anobli par Louis XIV, pour avoir enlevé plusieurs drapeaux à l'ennemi, et mort plus tard au champ (rhonneur^
Nicolas Chambon (do Montanx) avait fait ses premières armes professionnelles en province , h Langres *. Aussitôt débarque à Paris, il suivit les cours du célèbre Petit, dont renseignement avait, à cette époque, une grande vogue.
* ï\ noqiili lo 21 tteptcinbro 174d, à nrcuvaDiicd en Chain|»âgne.
* \ù\\o ost déooininée Mario-Marguei ilc, dans la noUco, ptililice par 11. Victor Froussard, è Arcis-sur-Aube.
* Il fut tué en 1675, près du camp cummandé parTurcnnc, è deui lieues do Strasbourg.
< • Costa Langres qu'il avait eiercé la médecine avant do*vunir professer à Parli. • Mcmoires de UrïMolt loc. cit , p. lOè-lGS.
UN MÉDECIN, MAIIlE DE PARIS EN I793 125
Eq 1782, ses connaissances en physique faisaient désigner le docteur Chambon pour aller étudier, à Bourbonne-lcs-Bains, l'action de Télcctricité combinée avec les eaux minérales.
A la fin do 1792, il se trouvait à la tôte de Tadiniiiistration des iinpôls et linunces de la ville do Paris, quand, à la suite des massacres de septembre, Pétion vint à donner sa démission de maire.
Le parti de la Montagne portait comme candidat & cette périlleuse fonction Lullier*, procureur-syndic du département. Les modérés se proposaient de répartir leurs suffrages entre Chambonet M .d'Ormesson,neveu de Tancien premier président du Parlement de Paris. Trois sections n'envoyèrent pas leurs procès-verbaux: colle du Mail, ci-devant place de Louis XVI ; celle do Poissonnière et celle du Finistère, ci-devant des Gobelins. Les A 5 autres sections avaient fourni 11.365 votants: Chambon obtint 8.358 voix, et Luliier 3.906. On compta 101 voix nulles*. Proclamé maire de Paris dans la séance de la Commune du 2 décembre 1792, Chambon accepta ces fonctions sous la réserve de ne prendre possession de son poste qu'après avoir rendu ses comptes d'administrateur des hôpitaux. Installé le 8 du mois, il prêtait, ce jour-là même, le serment et recevait l'investilure.
* Louis-Marie LuIller avait succédé à Oorllielot, qui prenait la qualité de • docteur agrégé de la Faculté de Paris •• Monileur univenelt XV, 696.
126 I.B CABINET 8ECRBT DE L*ni8T0IRE
Dès les premiers Jours de son installation, Cliambon se trouvait aux prises avec de grosses difficultés. Le 6 décembre, un décret de la Convention avait cité le Roi à sa barre ^ En exécuiion de ce décret, on battait la générale le 11 décembre, dans tous les quartiers. Tous les hommes disponibles étaient rappelés sous les armes. La force armée devait être groupée sur divers points, partout où le roi avait à passer pour se rendre ;'i rAssembléc.
Le soir de son installation, Chambon réunit chez lui les membres de la Convention qui voulaient sauver les jours du Roi et se concertait avec eux sur la création d*uno garde départementale, destinée, on apparence, à mettre TAssemblée à l'abri des mouvements populaires, mais qui, en réalité, devait servir à protéger celui ([u^on ne désignait plus que sous les noms do « tyran » ou do « Louis Capct ». Le décret du maire fut rapporté le lendemain, et celui-ci dut aviser à d'autres moyens de salut.
Sous prétexte de préserver la Conciergerie, -menacée, disait-on, d'un envahissement imminent, Cliambon fit caserner à la mairie le 2^ bataillon do Marseille, muni d*une quantité considérable de cartouches^ pour parer à tout événement. La Convention, prévenue, enjoignit au bataillon des Marseillais de quitter Paris sans retard. Lo plan de Chambon était
1 Monileur univunel, 8 Uccoinbro 179i*